www.le-blog-de-jep.com

Mag à zine international.

24 août 1572, Massacre de la Saint-Barthélemy.

A1.jpg

Massacre de la Saint-Barthélemy à qui la faute ?

 

Les causes de ce massacre sont incertaines, les suppositions historiennes, multiples. Tellement de gens avaient des intérêts dans un tel massacre, à commencer par Louis II d’Espagne, qui voyait d’un très mauvais œil le projet de l’amiral de Coligny de faire campagne en Hollande pour libérer le pays du joug des Ibériques ; mais il était loin d’être le seul ; les Guise, entre autres, faisaient partie des opposants au protestantisme.  Finalement, c’est celui qui probablement avait le plus d’affinité avec ces derniers qui en portera seul (ou presque) la responsabilité de l’horreur devant l’histoire ; l’infortuné Charles IX.

 

Charles IX que l’on pourrait qualifier de « Roi malgré lui » n’était – selon ses propres dires – pas fait pour une destinée royale. Mais le destin en avait décidé autrement. Le jeune dauphin ira même jusqu’à dire : « Je ne voulais pas être roi, c’est à cause de mon père et mon frère décédés trop tôt que je le suis devenu. » Il est clair que ce jeune homme – il n’avait que 22 ans au moment des évènements – n’était pas du tout prêt à pareille destinée. D’ailleurs, il ne survivra qu’un an et demi à cela, devenant pratiquement fou quelques mois avant sa mort au Château de Vincennes le 30 mai 1574. Catherine de Médicis, la reine Mère, espérait secrètement une réconciliation entre catholiques et protestants, ainsi, le mariage de Henri de Navarre, futur Henri IV, avec Marguerite de Valois, sa fille et future reine Margot – le 18 de mois d’août, soit six jours avant le funeste jour – avait été arrangé en ce sens. Mais quatre jours plus tard, la tentative d’assassinat de l’amiral Gaspard de Coligny annihilera toute cette entreprise et tout espoir de réconciliation entre huguenots et catholiques. Qui en est ou en sont les commanditaires ? That is the question. Mais l’attentat en lui-même fut l’œuvre d’un certain Charles de Louviers, seigneur de Maurevert ; cet attentat devait exacerber la haine entre protestants et catholiques. Il n’est pas, non plus, interdit de penser que cette fameuse phrase lancée par l’amiral de Coligny, le jour du mariage d’Henri de Navarre, ne fut pas étrangère aux évènements qui devaient suivre. En entrant dans l’église – après la messe, cérémonie à laquelle il assista, si l’on peut dire, en dehors de Notre Dame –, il eut cette remarque teinté d’ironie, en regardant toutes les bannières prises à Jarnac et à Moncontour, il aurait dit : « Dans peu de temps elles seront arrachées et remplacées par d’autres plus agréables à regarder. » Je vous laisse imaginer les ressentiments du peuple français d’aujourd’hui si quelqu’un prononçait pareille prémonition, pour le moins présomptueuse à l’égard du drapeau et des emblèmes de la République française. Il ne fait guère de doute qu’une guerre civile éclaterait dans les jours, voire dans les heures qui suivraient. Et c’est ce qui s’est produit en ce fameux 24 août 1572.

 

En conclusion, même si nombre de points d’ombre subsistent en ce qui concerne les tenants et aboutissants de ce passage de notre histoire, il faut juste souligner une chose : c’est que peu importe le pays, le royaume ou quoi que ce soit d’autre ; si des gens sentent ou pressente qu’ils seront probablement victimes de substitution de leurs us et coutumes, voire de leur religion – donc de façon de vivre – par d’autres, il y a très, très peu de chance pour que cela se fasse dans le calme, la paix et la sérénité.

 

Emmanuel de La Tour

 

 



24/08/2015
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 18 autres membres