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Mag à zine international.

Afghanistan

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 Lac Banda E amir

 

 

J’ai décidé de vous faire découvrir le monde à travers l’histoire des pays qui le composent. Pour ce faire, nous allons procéder par ordre alphabétique. Bien entendu, je ne pourrai pas faire un livre sur chaque pays, mais un condensé de son histoire relativement courte pour ne pas ennuyer tout le monde, alors Suivez-moi et allons à la découverte des pays de ce monde avec le premier sur la liste alphabétique : l’Afghanistan.

 

Son nom résonne péjorativement, en cause, les évènements qui se sont déroulés dans les années 90 et qui, hélas, perdurent. Mais l’Afghanistan ce n’est pas le pays des talibans, ni de la guerre permanente d’aujourd’hui, c’est un pays très ancien avec des traditions ancestrales.

Ce pays a une histoire que l’on pourrait qualifier de mouvementée, en cause, son emplacement géographique qui fait de lui un carrefour de l’Asie centrale. Situé sur les routes commerciales, il sera l’objet de convoitises multiples au cours des siècles. Aujourd’hui encore, l’Afghanistan demeure un enjeu stratégique majeur.

 

De nombreux royaumes se sont succédé sur ce territoire : l’Empire perse ; Alexandre le Grand ; Gengis Khan ; et au cours du XXème, Il fut longtemps un des pays de l’ex URSS. A la chute du Mur de Berlin, le pays a retrouvé son indépendance mais pas la paix pour autant. Car sitôt les Soviétiques partis, il recevait la visite des talibans (étudiants). Ces derniers devaient s’emparer du pays en 1996 et y instaurer la charia jusqu’à ce que les Américains, et quelques pays alliés – dont la France – viennent leur rendre une petite visite de courtoisie, et les déloger du pays. La situation depuis la mi-2002 semble se stabiliser, même si l’insécurité reste présente dans des régions hors du contrôle du nouveau gouvernement, tandis que les zones sous contrôle de la coalition sont la cible d’attentats.

 

Ce statut de carrefour de l’Asie centrale fera de ce pays, une convoitise permanente. Ainsi, après l’effondrement des royaumes grecs et un bref contrôle exercé par l’empereur Ashoka, le peuple Yuezhi, avec à sa tête le chef Kujula Kadphisès s’empare du pays et se taille un gigantesque Empire qui sera nommé l’Empire kouchan. Son territoire s’étendait de l’Iran actuel jusqu’en Inde, probablement plus loin que Delhi et de la mer d’Oman jusqu’à la mer d’Aral. Pour beaucoup d’historiens, c’est grâce à cet Empire kouchan et plus précisément à son empereur Kanishka 1er que le bouddhisme a pu s’étendre jusqu’en Chine, en Corée et au Japon par les voies commerciales et non par des conquêtes militaires.

 

Les premières armées arabo-musulmanes répondent à l’agression des Sassanide de Perse et défient le puissant voisin à la bataille d’al-Qadisiyya. La déroute des sassanides ouvre la voie à la jeune armée musulmane qui finit par absorber le grand Empire dont l’Afghanistan faisait partie intégrante. L’islamisation de l’essentiel du pays a pris plus de 200 ans. La résistance légendaire des shahs de Kaboul, encore bouddhistes, l’a considérablement retardée. La région du Nourestân a été la dernière région du pays à se convertir à l’islam. En effet, les Nouristanis ne sont majoritairement musulmans que depuis le XIXe siècle, soit plus de 1 200 ans après les toutes premières conquêtes arabes.

 

Les Afghans menèrent de nombreuses batailles contre les envahisseurs qu’ils aient été perses, indiens, russes ou britanniques. Ces derniers ont notamment subi en Afghanistan des défaites marquantes, en particulier celles de Gandamak en 1842[] où le 44e régiment britannique fut totalement anéanti et de bataille de Maiwand où le 66e régiment n’a compté que quelques survivants. L’Afghanistan fut le seul État asiatique avec le Japon à tenir tête aux puissances coloniales européennes. Son histoire et sa création comme État tampon entre les possessions anglaises et russes ne se comprend pas sans une analyse géopolitique du Grand jeu des Puissances, réactivé au début du XXIe siècle, dans un contexte de contrôle des routes pétrolières et gazières. Dans les années 60, le pays était résolument tourné vers la modernité, mais cette modernité connut un coup d’arrêt dans les années 80, ponctué – après la chute de Kaboul lors de la guerre civile afghane en 1992 – par  la proclamation de l’État Islamique d’Afghanistan par l'Alliance du Nord (dirigée par le général Massoud).

Aujourd’hui, le pays n’en finit plus de panser ses plaies, et les perspectives ne sont pas des plus encourageantes. Beaucoup redoute l’après retrait des Américains et craignent un Irak bis. 

 

 



21/07/2016
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