www.le-blog-de-jep.com

Mag à zine international.

Angola

2.png

Luanda, capitale de l'Angola

 

 

3.png

José Eduardo dos Santos, président de la République d'Angola depuis 1979

 

L’Angola, en forme longue la République d'Angola, est un pays du sud-ouest de l'Afrique, avec au nord la République démocratique du Congo, au Sud la Namibie, à l’est la Zambie et à l’ouest l’océan Atlantique. Cette ancienne colonie portugaise est membre de la communauté des pays de langue portugaise.

 

L’histoire de l’Angola débute avec les peuples de langue khoïsan, et se perdure avec l’immigration et l’occupation du futur territoire angolais par les peuples de langue bantoue au XIème siècle. Les premiers nommés vivaient de chasse et cueillettes, ils ne connaissaient ni le métal, ni l’agriculture. Leurs sociétés n’étaient pas hiérarchisées, mais égalitaires. Les peuples de langue bantoue, quant à eux, commencèrent à émigrer par vagues successives depuis le golfe de Guinée et atteignirent la région dans les premiers siècles après l'an 1000. Les Khoïsans furent progressivement absorbés ou repoussés vers le sud où des petits groupes résiduels existent encore aujourd'hui. Les Bantous constituèrent au long des siècles toute une série d'ethnies, normalement divisées en sous-groupes. Chaque ethnie ou sous-groupe s’identifie à un ancêtre mythique, mais ces ethnies ne cessent d’évoluer avec leurs lignages et autres clivages donnant souvent naissance à d’autres sous-groupes parfois antagonistes. Les Bantous imposèrent une société hiérarchique et apportèrent la métallurgie et l’agriculture. Les terres étaient invendables, et de fait, propriété collective. L’esclavage était déjà connu, et était même juridique, les prisonniers de guerre ou les criminels devenant des esclaves temporaires. Assez tôt se formèrent des unités politiques d'envergure, dont les plus connues sont le Royaume Kongo et le Royaume Luanda. Les Bakongo arrivèrent à créer une civilisation puissante. Leur royaume finit par dominer le nord-est de l'Angola actuelle, l'ouest de la République démocratique du Congo et de la République du Congo ainsi que le sud du Gabon. Il était à son apogée lors de l’arrivée des Européens, grâce à l’échange d’objets de fer (armes, houes) contre de l’ivoire avec les peuples de l’intérieur. Le souverain, le mani-kongo, vivait dans une vaste capitale, Mbanza-Kongo (le fort des Kongo). Les Bakongo utilisaient les coquillages comme monnaie, et le tissage des habits avec du raphia ou du cuir ainsi que le travail du métal étaient réservés aux aristocrates : les mani vangu-vangu.

 

Le Léopard est considéré comme un animal sacré, symbole de l’intelligence. Nombreux furent les dignitaires à porter un chapeau léopard en guise de couronne ; le congolais Mobutu Sese Seko fut certainement celui qui a le plus contribué à rendre cette coiffe célèbre. Au sud de ce royaume, les Ambundu (dont une partie était liée au mani-kongo) constituaient plusieurs états, notamment Ndongo (dont le roi porte le titre de Ngola, d’où le pays tirera plus tard son nom) et Matamba. Au nord-est s'imposa le Royaume Lunda dont le centre se trouvait dans l'extrême sud (Katanga devenu Shaba) de la République démocratique du Congo. Au centre du pays, sur les plateaux, se forma une autre importante ethnie, les Ovimbundu, constituée également de plusieurs états. Ceux-ci soumirent pendant certaines périodes des petites ethnies vivant plus à l'est et leur imposèrent un tribut (esclaves, bétail, métaux). Leur langue, l’umbundu, se répandit comme langue commerciale dans l’est du pays. À l'ouest, les Ovimbundu assimilèrent progressivement les populations vivant entre les montagnes et la mer. Au sud, des Ovimbundu se constituèrent toute une série de peuples – surtout les Nyaneka-Nkhumbi, qui combinaient agriculture et élevage, ainsi que les Ovambo qui vivaient de l’élevage, du commerce de sel et de fer.

 

Vers 1482, l'explorateur portugais Diogo Cão atteignit le Cap du Loup à l'embouchure du fleuve Congo. Les Portugais débarquèrent et gravèrent le blason du Portugal sur le rocher de Matadi (en République démocratique du Congo). Ils érigèrent une croix sur les côtes angolaises (padrão). Les Portugais tirèrent d'abord profit de la stupeur des Africains ; voyant pour la première fois des hommes blancs avec des armes à feu inconnues. Le mani-kongo fut alphabétisé et converti, tandis que des collèges jésuites furent construits. Les Portugais formèrent aussi des tailleurs de pierres. Mbanza Kongo fut rebaptisé São Salvador (Saint-Sauveur) de Kongo. La majeure partie de la population vit néanmoins le christianisme comme une magie supplémentaire des nobles. Une guerre civile entre pro et anti-Portugais éclata en 1506 et se termina avec la victoire des premiers. Les Portugais apprirent aussi aux Bakongos à fabriquer et à utiliser des arquebuses et des mousquets à mèches. Le fleuve que les Bakongos appelaient Nzadi ou Nzere prit le nom de Zaïre en portugais.

 

Le royaume Kongo est alors à son apogée et compte environ quatre millions d'habitants et est donc plus peuplé que le Portugal (1,5 million). Les relations entre Portugais et Kongos d'abord égalitaires – échange d'ivoire contre armes à feu – tournèrent vers une mainmise des Portugais qui, désireux de s'approprier les mines d'or et se procurer des esclaves à destination de leurs colonies du Brésil, employèrent la force. Les Portugais poussèrent les Bakongos à faire la guerre contre les ethnies voisines afin de capturer des esclaves et les échanger contre des produits manufacturés. En 1567, le comptoir négrier de Luanda fut construit au sud du Royaume du Congo, en territoire habité par les Akwambundu « Mundu du Nord ». C'est à partir de cette tête de pont que les portugais commencèrent à canaliser les gros du trafic d'esclaves et occupèrent un territoire (au début assez limité) auquel ils donnèrent le nom d'Angola. Mais en 1568, les Bayakas, razzieurs nomades, parvinrent à prendre São Salvador et les Portugais durent intervenir avec les premiers canons. Après cet échec, les Bakongos et les Portugais se brouillèrent, ces derniers prirent même des sujets du mani-kongo (roi) comme esclaves. Un attentat contre ce dernier fut même ourdi mais échoua. En 1630, les Hollandais expulsèrent les Portugais de Luanda. Les esclaves furent alors déportés vers des plantations brésiliennes. Les côtes angolaises devenaient dès lors, le plus fameux comptoir négrier d´Afrique.

 

En 1650, les colons portugais du Brésil parvinrent à chasser les Hollandais. La guerre entre Kongos et Portugais reprit pour ne se terminer qu’en 1668. Le mani-kongo fut décapité durant la bataille d’Ambuila et le royaume du Kongo commença à se décomposer. Les Européens avaient la maîtrise de l'armement ; ils possédaient des arquebuses à rouet qui leur permettaient de tirer plusieurs coups de suite, des armures et des canons, alors que les Africains, certes plus nombreux, n'avaient que des fusils à mèche, des lances, des flèches, des machettes, des boucliers, des haches et des massues. Les Kongos de l'actuel Congo-Kinshasa furent moins touchés par la traite, car les négriers portugais avaient peur des rapides sur le fleuve Congo. Au cours du XVIe siècle, les Kwanyamas, venus du sud s'installèrent le long du fleuve Cunene. En 1671, les Portugais dominèrent les armées Mbundu et leur imposèrent un quota d'esclaves à fournir.

 

L'Angola fut le premier pays africain à connaître le colonialisme européen. Le pays devint un vaste territoire de chasse aux esclaves à destination du Brésil et de Cuba. On estime que, du XVIe siècle au XIXe siècle, quatre millions d'entre eux auraient survécu au voyage et seraient devenus des esclaves au Brésil avant de devenir des citoyens du pays. Durant toute la période esclavagiste, l'Angola resta lié au Brésil en qualité de pourvoyeur d’esclaves pour les plantations, les mines, etc. Les colons portugais et brésiliens s'installèrent sur les côtes et se mélangèrent à la population noire pour consolider l'Angola comme possession portugaise, les Portugais y fondèrent des villes comme Luanda (1575) ou Benguela qui disposaient de prisons pour garder les esclaves jusqu'à leur embarquement. Une importante communauté métissée se développa, sa culture mêlant les coutumes africaines à celles des Portugais. En 1836, les Portugais interdirent la Traite des Noirs. L'Angola aura été le pays le plus dépeuplé par la traite. Vers la fin du XIXe siècle apparurent les Tchokwés, une ethnie apparentée aux Lundas, fournissant de l'ivoire aux Européens par l'intermédiaire des ethnies côtières. À la toute fin du XIXe siècle, les Portugais commencèrent à développer l'intérieur du pays, mais la conquête du reste de l'Angola fut lente. En 1920, après plus de 174 campagnes militaires, le Portugal contrôlait tout le pays. Au cours de cette conquista, les Portugais sauront user des guerres interethniques entre Africains. Les Portugais construisirent un chemin de fer de Luanda vers l'intérieur et développèrent la culture du café, du sucre, la sylviculture, l'extraction du fer et du diamant ; l'exploitation du pétrole, quant à elle, commença en 1954.

 

En 1951, l'Angola devint une « province d'outre-mer ». Les Angolais pouvaient devenir des « citoyens portugais » moyennant certaines conditions. Cependant, les mouvements d'opposition grandirent, des partis politiques tels que le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) un mouvement d'orientation marxiste, expression des métis et des citadins et l'UNPA furent créés en 1956. Le 4 février 1961, les membres du MPLA attaquèrent la prison de Luanda afin de libérer les prisonniers politiques et massacrèrent 2 000 colons portugais. Les représailles de l'armée portugaise firent 10 000 victimes dans la communauté noire, et des centaines de milliers d'Angolais durent fuir vers le Congo-Léopoldville (actuelle République démocratique du Congo). Cette « insurrection de Luanda » assimilée à une véritable « prise de la Bastille » déclencha la guerre d'indépendance.

 

Durant cette guerre, le Portugal est présent avec un contingent d'environ 200 000 hommes venus de métropole et des corps de colons volontaires. Trois groupes armés se constituent en face :

-          Le MPLA d'Agostinho Neto ;

-          le FNLA d'Holden Roberto, soutenu par le Congo de Mobutu et les États-Unis, la Chine, Israël, la France, la Roumanie ;

-          l'UNITA de Jonas Savimbi expression de l'ethnie Ovimbundu soutenue par les États-Unis.

 

Le Portugal n'envisage pas de décoloniser l'Angola mais de l'intégrer comme province. En effet ce Brésil avorté avait un rôle clé dans l'économie portugaise : fournir des devises fortes (diamant, pétrole), des matières premières bon marché pour l'industrie (coton, sucre, café, bois), la politique du président Salazar étant basée sur une substitution des importations. Il constituait également un réservoir de travailleurs forcés. Dès 1962, le FNLA forma un gouvernement angolais en exil à Léopoldville. L'ONU condamna les massacres portugais et reconnut le droit du peuple angolais à l'indépendance. Pour calmer les mouvements indépendantistes, le Portugal abolit le travail forcé en 1962, et accepta d'investir plus d'argent en Angola. En effet, l'effectif des enseignants quadrupla entre 1961 et 1974. Cependant, la plupart des élèves du secondaire, étaient toujours blancs. La métropole offrit la citoyenneté portugaise à tous les Angolais ; si certains l'acceptèrent et émigrèrent au Portugal à la recherche d'un meilleur niveau de vie, d'autres la rejetèrent par conviction nationaliste. Lisbonne chercha un soutien étranger en ouvrant sa colonie aux capitaux étrangers, l'exploitation du pétrole fut confiée aux entreprises française et américaines, celle du diamant aux Belges (encore maîtres du Congo voisin) et aux Sud-Africains. Ceci marqua un tournant dans l'histoire africaine, les puissances coloniales perdirent petit à petit pied sur le continent, pas seulement au profit des Africains, mais aussi de nouvelles puissances impériales. Le Portugal imposa alors un service militaire et envoya des centaines de milliers de soldats pour tenir l'Angola ; 3300 soldats portugais mourront en 14 ans de guerre tandis que dans d'autres provinces d'outre-mer, au Mozambique et en Guinée, se déclenchaient des guerres du même type. L'effort de guerre absorbera 40 % du budget de l'État. Le Portugal devint pays d'émigration et devra faire venir de la main-d'œuvre africaine. Le 25 avril 1974, un groupe de capitaines de l'armée portugaise, regroupé dans le Mouvement des Forces Armées, et qui avait participé à la guerre coloniale, prit le pouvoir à Lisbonne, où il fut largement soutenu par la population et renversa le régime dictatorial de Marcelo Caetano. Cette révolution, connue sous le nom de « révolution des Œillets », permit la fin de la guerre coloniale entre le Portugal et ses colonies. En janvier 1975, les nouvelles autorités portugaises réunirent les représentants des trois mouvements indépendantistes pour établir les paramètres du partage du pouvoir dans l'ex-colonie entre ces mouvements dans la perspective de l'indépendance de l'Angola. Malgré les « accords d'Alvor », la transition de l'Angola vers l'indépendance ne se fit pas de façon pacifique. Dans plusieurs quartiers de Luanda, les civils noirs commencèrent à s'en prendre aux colons, et les troupes des trois mouvements commencèrent à se battre les unes contre les autres pour le contrôle de la capitale. La ville sombra alors dans l'émeute et les pillages. Entre janvier et novembre 1975, les troupes portugaises repartirent vers Lisbonne, avec 300 000 colons dans ce qui fut l'un des plus grands ponts aériens au monde. Au cours de l'été 1975, le MPLA remporta la guerre des villes et expulsa les deux autres mouvements (FNLA et UNITA) de la capitale et des principales villes.

 

Le 11 novembre 1975, jour convenu pour l'indépendance, les autorités portugaises descendirent pour la dernière fois le drapeau portugais du Palais du gouverneur civil, et le soir même, Agostinho Neto proclamait l'indépendance de la République populaire d’Angola, avec en fond sonore le bruit des combats à quelques kilomètres de Luanda. Dès lors, le pays est déjà entré dans une longue guerre civile qui aurait dû se terminer avec la signature des « accords de Bicesse », le 31 mai 1991 ; mais qui perdura jusqu'en 2002.



 

 Quand on entend ces rythmes, et que l'on voit la manière de danser de la femme, on comprend tout de suite d'où la samba tire ses origines.

 

 



05/09/2016
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 18 autres membres