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Argentine

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Paysage de Patagonie dans le sud de l'Argentine

 

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Drapeau de l'Argentine et position sur la carte du sud de l'Amérique latine

 

Blason

Blason de l'argentine

 


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Mauricio Macri, président de la République                                         Gabriela Michetti, vice-présidente

 

L’Argentine, pour beaucoup de gens à travers le monde, c’est le pays du tango, mais si l’on jette un regard sur son histoire, l’argentine c’est beaucoup plus que cela. Avec la découverte du Rio de la Plata en 1516 par Juan de Solis et la découverte du Détroit de Magellan en 1520, par le navigateur éponyme, la couronne espagnole associe cette partie du monde au vice-royaume des Indes. Les frontières se dessinent peu à peu, Buenos Aires est un port de contrebande qu’il leur faut contrôler mais sans lui conférer beaucoup d’importance pour éviter la concurrence avec les ports de la côte Pacifique. Devant la pression des portugais, le Rio de la Plata prend une importance stratégique et deviendra un vice-royaume. Suite aux tentatives des anglais de s’emparer de Buenos Aires et de contrôler le fleuve si important pour eux en terme de commerce après l’indépendance des États-Unis et l’invasion de l’Espagne par Napoléon, le processus d’indépendance va prendre forme et devenir effectif en 1816. S’en suivront des guerres civiles pour la prise de pouvoir jusqu’à la naissance de le République Argentine en 1862.

 

Le drapeau argentin fut dessiné par le général Manuel Belgrano. Les bandes bleues et blanches font référence aux cocardes de la même couleur distribuées le 25 mai 1810 lors du début de la guerre d'indépendance. Le drapeau devint officiel deux semaines après l'indépendance, le 25 juillet 1816, puis, en 1818 fut ajouté le soleil dit Sol de Mayo. Jusqu'au 25 juillet 1985, le drapeau avec le soleil, dit drapeau de guerre, était exclusif aux institutions officielles, alors que le drapeau sans le soleil était utilisé pour les manifestations ou institutions n'ayant pas un caractère formel. Désormais, le drapeau avec le soleil est utilisé partout.

 

Plusieurs années de guerre contre l'Empire espagnol permirent aux Argentins de se séparer définitivement de l'emprise des Bourbons. Les généraux José de San Martin, Manuel Belgrano et Martin Miguel de Güemes, entre autres, matèrent toute velléité espagnole de vouloir reprendre sa colonie. Au commandement d'une armée d'environ 4 000 soldats, San Martin réalisa une campagne prodigieuse. Il traversa la cordillère des Andes et, au Chili, il infligea des défaites cruciales à l'armée espagnole, d'abord à la Cuesta de Chacabuco et puis (avec des troupes chiliennes de Bernardo O'Higgins) à Maipu, près de Santiago du Chili, où les Argentins détruisirent définitivement l'armée royaliste stationnée au Chili ; La constitution sera proclamée en 1853, après la fin de la dictature de Juan Manuel de Rosas.

 

Les présidences se succédèrent entre 1930 et 1983, mais sur seize présidents, onze furent des militaires et plusieurs devenaient « présidents de facto » (par opposition à président élu). Juan Domingo Perón fit alors ses débuts en politique : lieutenant-colonel titulaire de quelques secrétariats d'État du gouvernement militaire établi en juin 1943, il fut élu président après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Celle-ci ayant entraîné l’affaiblissement de l’Occident, l'Argentine devint, vers 1950, la neuvième puissance économique mondiale. Après la guerre, de très nombreux nazis prirent le chemin de l’Argentine. Le péronisme était alors un mouvement national-populaire ; il encadrait la population argentine (syndicats, femmes, jeunes, ouvrier, etc.) en leur octroyant des droits et un statut. Le partage des richesses était dès lors moins déséquilibré, et la classe ouvrière argentine – qui ne s'est jamais tournée vers le marxisme ou le communisme – s'identifia au mouvement péroniste. Perón a donc cette dernière sous son contrôle, en partie grâce à la redistribution des richesses nationales. Cependant, l'opposition de la bourgeoisie était pour le moins active ; dès le retournement de la conjoncture économique, au début des années 1950, le dirigeant populiste va être amené à pratiquer l'autoritarisme pour continuer à contrôler l'État et le pays. Par ailleurs, sa deuxième femme (Perón était veuf depuis 1938) Eva Duarte Perón décédée, n'est plus là pour galvaniser la population. En 1955, un coup d'État le chassa du pouvoir (l'armée bombarda la place de Mai, tuant de nombreux civils). Désormais, l'Argentine entrait dans une période d'instabilité à la fois économique et politique. Le puissant mouvement péroniste était décapité mais devait renaître sous la forme clandestine (sabotage, grève, etc.). Les élites du pays, revenues au pouvoir, cherchèrent alors une impossible formule de démocratie sans péronisme. Les militaires organisèrent des élections, puis reprirent le pouvoir quelque temps après, et ce, à deux reprises. En 1966 eut lieu le coup d'État du général Juan Carlos Onganía. Ce dernier, partisan de la manière forte, va mettre en place un régime bureaucratique et autoritaire. En réaction à la violence, les mouvements sociaux, les syndicats, les étudiants et les ouvriers vont se battre contre le régime jusqu'à prendre conscience de sa faiblesse. La situation s'aggrava jusqu'à l'année 1969, quand éclata le Cordobazo (une explosion de violence spontanée à la ville de Cordoba durant laquelle les ouvriers et les étudiants furent les principaux protagonistes). Ce fut la première pueblada (il y en aura bien d'autres dans tout le pays) : la population s’attaquait aux symboles du pouvoir autoritaire (police…) mais aussi à ceux des multinationales étrangères. Le lendemain, le pays était paralysé par la grève générale. Désormais, même la classe moyenne, traditionnellement anti-péroniste, s'associait au rejet du pouvoir bureaucratique et autoritaire. Les militaires se retirèrent alors en bonne et due forme, essayant de ne pas perdre la face. Mais il était trop tard, et en 1973, la population assista à la fin du régime militaire. Des élections démocratiques furent organisées, les militaires furent conspués, la gauche révolutionnaire vit ses organisations de masses légalisées et ses militants prisonniers furent tous libérés. L'extrême-gauche gagna des espaces de pouvoir au sein de l'État. On pensait alors que les militaires ne reviendraient jamais.

 

Après le retour du général Perón en 1973, qui se solda par le massacre d’Ezeiza (affrontements entre la gauche et la droite péroniste), le pays s'enfonça dans une « guerre sale », qui commença, dans la province de Tucumán, dès l'opération Indépendance, qui impliquait la lutte contre la guérilla y compris l'enlèvement de partisans armés de la « révolution » et leur séjours dans des centres de détention clandestins, où ils étaient torturés. La grande majorité ne devait pas survivre. En mars 1976, un coup d'État dirigé par la junte militaire de Jorge Rafael Videla renversa la troisième femme de Perón, Isabel Martinez de Perón, ancienne vice-présidente de son époux, et sa veuve depuis 1974. La CONADEP (Commission nationale sur la disparition des personnes), fondée par le gouvernement démocratique de Raúl Ricardo Alfonsín, a estimé que la répression militaire avait fait un peu moins de 10 000 victimes, dont la majorité des « disparus ».

 

Afin de relancer sa popularité, la junte de Buenos Aires, dirigée depuis décembre 1981 par Leopoldo Galtieri, l’un des plus « durs », décida d’envahir les îles Malouines en 1982, provoquant ainsi la Guerre des Malouines contre le Royaume-Uni, alors dirigé par Margaret Thatcher. En raison de son anticommunisme viscéral et de la mise en place de l’opération Charly (pendant laquelle les services argentins ont transmis à leurs homologues d’Amérique centrale les techniques de la guerre sale : escadrons de la mort, torture systématique contre la population civile afin de la démoraliser, vols de la mort, etc.), Buenos Aires semblait penser pouvoir compter, à tort, sur le soutien de Ronald Reagan, nouvellement élu. La défaite lors de la guerre des Malouines précipita la chute du régime et favorisa une lente transition démocratique.

Raúl Alfonsín (1983-1989) fut le symbole même du retour à la démocratie en République argentine. Dans les premiers jours de son mandat, en 1983, il abrogea l’amnistie déclarée avant que les forces armées ne perdent le pouvoir et demanda de poursuivre neuf dirigeants de la junte militaire. Il nomma en même temps une commission nationale sur la disparition des personnes et en choisit les membres : dix citoyens de premier plan, connus pour leur rôle dans la défense des droits de l’Homme. Aux yeux du monde éclata la cruauté des crimes de la junte militaire argentine : quelque 10 000 personnes torturées puis exécutées clandestinement.

 

Mais si les principaux responsables de violations des droits de l'Homme durant le régime militaire furent jugés et condamnés, la pression de l'establishment militaire devait forcer Alfonsin à céder aux revendications des militaires. Trois ans plus tard, son gouvernement empêcha le jugement de nombreux autres responsables en instaurant les lois de pardon Punto Final et Obediencia Debida. La première prescrit les procès à venir et la seconde accordait l'amnistie aux officiers subalternes, responsables d'atrocités commises sous les ordres des chefs des forces armées. Depuis lors, plusieurs présidents se sont succédé : Carlos Menem (1989-1999), Fernando de la Rúa (1999-2001). Des lois d'amnistie furent votées sous Menem, notamment en raison de la rébellion de secteurs d’extrême droite dans l'armée (les Carapintadas, qui avaient tenté plusieurs coups d’État à la fin des années 1980). Un procès durant lequel comparaissaient les principaux responsables de la junte, ainsi que des Montoneros, se tint néanmoins en 1985 : ce fut le Procès des Juntes (Juicio a las Juntas). La décennie Menem fut marquée par une libéralisation de l’économie, menant à la modernisation de la plus grande partie du pays, à l'enrichissement d'une part importante de la population, mais aussi à l'apparition de groupes contestataires, les piqueteros, qui deviendront célèbres après la crise économique de la fin des années 1990. En effet, de 1990 à 1998 se produit le miracle argentin, caractérisé par un libéralisme radical (alignement du peso sur le dollar, privatisations, réformes économiques et sociales) qui eut pour effet une croissance économique exponentielle, se traduisant par un enrichissement et une modernisation jamais vus dans le pays. Le FMI aida beaucoup l'Argentine à se développer durant cette période. La consommation augmenta considérablement et les Argentins purent alors accéder aux mêmes biens matériels que les Européens : Internet, téléphonie mobile, l'électroménager moderne, etc. Cependant, ce libéralisme ne profitait pas à toute la population. Les laissés-pour-compte du miracle économique représentaient une part non négligeable dans l'Argentine des années 90 ; il y avait quelque chose comme 18 % de chômeurs en 1996.

 

Le choix de créer, dans les années 90, une caisse d’émission monétaire liée strictement au dollar, avait eu pour conséquence, lors de la hausse massive de celui-ci à la fin des années 1990, de provoquer un arrêt brusque des exportations argentines. Le Brésil avait dévalué fortement sa monnaie, et l'Argentine, son principal partenaire commercial, s'était retrouvée à sec de devises. Cette situation avait engendré une fuite de capitaux massive durant les mois d'août, septembre et octobre. La crise fut partiellement jugulée par un contrôle draconien des dépôts bancaires, appelé Corralito, basé sur l'obligation d'effectuer toutes les opérations financières à travers les banques et la restriction des retraits d'argent en numéraire. Le gros de la population n'étant pas bancarisé, la perception des rémunérations et salaires devenait un véritable casse-tête, ce qui provoqua une aggravation radicale de la crise en décembre 2001, provoquant un véritable chaos social et des émeutes des classes sociales les plus appauvries par la crise. La répression causa 31 morts, le ministre des Finances fut relevé de ses fonctions, mais cela ne suffit pas ; et le président signifia sa démission en s'enfuyant du palais du Gouvernement en hélicoptère. Le gouvernement, le FMI et la parité entre le peso et le dollar américain furent les thèmes les plus critiqués. En dix jours, quatre présidents se succédèrent (Camaño, Rodriguez Saa, Puerta, Duhalde), le gouvernement argentin se déclara en état de cessation de paiement, abrogea la loi consacrant l'intangibilité des dépôts bancaires (ce qui provoqua l’évaporation des dépôts des classes moyennes qui en avaient mais ne les avaient pas transférés) et par conséquent, un approfondissement de la crise économique. Le 6 janvier 2002, le nouveau gouvernement procéda à un gel total des avoirs bancaires, appelé Corralón et une dévaluation officielle du peso de 28 % par rapport au dollar, tandis que dans la rue, le dollar se changeait à 1,60 peso pour atteindre très vite plus de 3 pesos.

Le monde entier fut surpris par les événements de décembre 2001. Les médias ont montré un pays caractérisé par les pillages de magasins et les concerts de casseroles des classes moyennes. Mais ces représentations étaient simplistes et plus que subjectives. Les émeutes et les mobilisations n’étaient pas nées à la fin de l'année 2001. Dès 1989, une vague de saccages de magasins avait eu lieu, conséquence de l'hyperinflation. En décembre 1993, le pays avait connu des révoltes, notamment à Santiago del Estero. En 1996, les premiers piqueteros établissaient des barrages à Cutral-Co, dans la province de Neuquen. Mais les médias n'avaient laissé que très peu de visibilité à ces mouvements.

 

Eduardo Duhalde demeura à la tête du pays entre janvier 2002 et mai 2003 où il mit fin à la parité entre le peso argentin et le dollar américain et mit en place un plan économique productiviste. Il appela à des élections présidentielles anticipées en avril 2003 où il soutint le candidat péroniste de centre gauche Néstor Kirchner. Ce dernier fut élu par défaut à la suite du retrait de Carlos Menem au second tour. Néstor Kirchner exerça la fonction de président de la République argentine de 2003 à 2007. Il renégocia la dette du pays en 2005 (il refusa le remboursement de trois quarts des 100 milliards de dollars de dette extérieure). Il gela les tarifs énergétiques et du transport, et taxa très fortement les importations, il relança l’activité économique (+ 50 % en cinq ans) soutenue par les dépenses publiques, et doubla la masse salariale (de 2003 à 2007). Son épouse, Cristina Fernández de Kirchner, élue au premier tour le 28 octobre 2007 lui succéda le 10 décembre 2007. En 2008 la présidente fut confrontée à un lourd conflit social l'opposant aux agriculteurs et relatif, notamment, au niveau des taxes sur les exportations de soja. Les agriculteurs argentins s’engagèrent dans une grève de grande ampleur de commercialisation des céréales. En 2015, Mauricio Macri fut élu président.

 

Comme on peut le voir, l’Argentine connut un XXe siècle pour le moins mouvementé, avec des importantes victimes humaines, aussi, nous ne pouvons que nous réjouir de la voir aujourd’hui dans une sereine démocratie, et on imagine mal un retour au premier plan des juntes militaires.

 

 

 



23/09/2016
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