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Bhoutan

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Le Bhoutan, officiellement "Royaume du Bhoutan", est un pays d’Asie du Sud sans accès à la mer. Il est situé dans l’Est de la chaîne de l’Himalaya, enclavé entre l’Inde au sud, à l’est et à l’ouest, avec laquelle il partage 605 km de frontières terrestres, et la Chine (région autonome du Tibet) au nord avec 470 km de frontières. Plus à l'ouest, il est séparé du Népal par l'État indien du Sikkim, et plus au sud il est séparé du Bangladesh par les États indiens d'Assam et du Bengale-Occidental. Sa capitale et plus grande ville est Thimphou.

 

Nombre d’éléments : outils en pierre, armes, ou encore ruines de grandes structures en pierre témoignent de la présence humaine vers 2000 av. J.-C., même s’il n'existe pas de traces écrites.

Le Bhoutan aurait été peuplé entre 500 et 600 av. J.-C. par l'ethnie Monba, pratiquant la tradition animiste du bön. Cette culture aurait existé dans l'État de Lho Mon ("terres sombres du sud") ou Mon Yul ("terres sombres"). Le bouddhisme prit racine au VIIe siècle de notre ère. Le roi tibétain Songtsen Gampo (régnant de 627 à 649), converti au bouddhisme qui étendait l'empire tibétain jusqu'en Sikkim et au Bhoutan, ordonna la construction de deux temples bouddhistes, l'un à Jakar et l'autre à Kyichu (près de Paro, dans la vallée du Paro). Le bouddhisme se propaga véritablement dès 746, sous le roi Sindhu Raja (aussi appelé Künjom, Sendha Gyab, ou Chakhar Gyalpo), un roi indien exilé. Il établit un gouvernement au palais de Chakhar Gutho, dans le district de Bumthang. Le maître et saint indien Padmasambhava (aussi appelé Guru Rinpoche), arrive en 747. La plus grande partie de l'histoire bhoutanaise n'est pas très bien connue puisqu'un incendie qui a ravagé l'ancienne capitale, Punakha, en 1827 a détruit les archives.

 

Les jésuites portugais Cacella et Cabral furent les premiers Européens dont on peut attester la présence au Bhoutan. Ils y passèrent avant d'arriver au Tibet. Ils rencontrèrent Ngawang Namgyal, lui donna des armes à feu, de la poudre à canon et un télescope, ils offrirent également leurs services dans la lutte contre les Tibétains, ce que le Shabdrung déclina. Après presque huit mois dans la région, Cacella écrit une longue lettre du monastère de Chagri sur ses voyages. Elle contenait une des rares références contemporaines au Shabdrung. La mort de Ngawang Namgyal en 1651 resta secrète pendant 54 ans. Après une période de consolidation, le Bhoutan revit des conflits armés internes. En 1711 commença une guerre contre l'empire moghol et ses subedars, qui restaura Cooch Behar dans le sud. Dans le chaos qui s'ensuit, les Tibétains attaquèrent le Bhoutan en 1714, sans succès.

 

Au XVIIIe siècle, les Bhoutanais envahirent et occupèrent le royaume de Cooch Behar au sud. En 1772, Cooch Behar fit appel à la Compagnie anglaise des Indes orientales, qui l'aida à expulser les Bhoutanais et à attaqua le Bhoutan lui-même en 1774. Un traité de paix fut signé et le Bhoutan se replia sur ses frontières de 1730. La paix demeurait fragile : les escarmouches avec les Britanniques continuèrent pendant encore un siècle. Ces escarmouches mènèrent à la guerre du Bhoutan (1864-65) pour le contrôle des duars. Après sa défaite, le Bhoutan signa le traité de Sinchula avec l'Inde britannique. L'indemnité de guerre inclut la cession des Duars au Royaume-Uni en échange d'une rente de 50 000 roupies.

Dans les années 1870, une guerre civile entre les gouverneurs (penlop) des vallées rivales du Paro et du Tongsa déboucha sur la victoire d'Ugyen Wangchuck qui, soutenu par les Britanniques, instaura en 1907 la dynastie royale des Wangchuck. De sa base au centre du Bhoutan, Ugyen Wangchuck mit en échec ses rivaux politiques et unifia le pays après plusieurs guerres civiles et rébellions de 1882 à 1885.

 

Le 17 décembre 1907 (la fête nationale célébrée le 17 décembre commémore cet événement), Ugyen Wangchuck fut unanimement élu roi héréditaire du pays par une assemblée d'éminents moines bouddhistes, des fonctionnaires, et des chefs de familles nobles. Le gouvernement britannique reconnut la monarchie immédiatement. En 1910, le Bhoutan signa le traité de Punakha, qui le placait sous protectorat britannique (les Britanniques s'occupant des relations internationales mais s’abstenant de s’immiscer dans les affaires intérieures). Il ne parut pas affecter les relations du Bhoutan avec le Tibet. Après l'indépendance de l'Inde le 15 août 1947, le Bhoutan devint l'un des premiers pays à reconnaître l'indépendance du pays. Le 8 août 1949, un traité similaire à celui de 1910 fut signé avec l'Inde.

En 1953, le nouveau roi Jigme Dorji Wangchuck fonda la législature du pays (une assemblée nationale de 130 membres, appelée Tshogdu), afin de promouvoir un système de gouvernement plus démocratique. En 1965, il fonda le Conseil consultatif royal, et en 1968 le conseil des ministres. Il abolit le servage et l'esclavage en 1956 et opèra une réforme agraire.

Le Bhoutan devint membre des Nations unies en 1971 après avoir été membre observateur pour trois ans.

Le couronnement du quatrième roi, Jigme Singye Wangchuck, en 1974, fut l'occasion pour le royaume de s'ouvrir davantage sur le monde. Il introduisit plusieurs réformes politiques significatives. Il transfèra la plus grande partie de ses pouvoirs administratifs au conseil des ministres, et permit la motion de censure du roi par une majorité de deux-tiers de l'Assemblée nationale. Son règne vit aussi l'imposition de la culture bhoutanaise à l'ensemble du pays. En 1985, une loi priva de leur citoyenneté les Lhotshampa, population d'origine népalaise vivant dans les plaines du Sud ; leur langue fut interdite, ils durent porter la tenue vestimentaire drukpa. En septembre 1990, des manifestations contre la politique du gouvernement visant à éradiquer la culture, la langue, la religion et les tenues vestimentaires non drukpa, fut réprimées et se solda par 400 victimes. Des violences (vols, agressions, viols et meurtres) visant des citoyens bhoutanais d'origine népalaise, répandirent un climat de peur et d'insécurité qui déclencha, à partir de 1992, un exode des Lhotshampa vers l'Assam et le Bengale occidental en Inde et vers le Népal. 100 000 d'entre eux fuirent la répression. Toutefois, pour Françoise Pommaret, directeur de recherche spécialiste du Bhoutan, si certains expulsés le furent de façon illégitime, la majorité d'entre eux n'étaient pas originaires du Bhoutan, où ils sont arrivés ces dernières décennies, à la recherche de terres et de services sociaux inexistants au Népal. La plupart refusaient de parler le dzongkha, langue nationale du Bhoutan, et au nom de leur tradition de castes, ils méprisaient les autres communautés, ce qui était mal perçu par les ethnies bouddhistes. Contestant les chiffres, les autorités bhoutanaises affirmèrent que nombre de réfugiés ayant rejoint les camps ne venaient pas du Bhoutan, mais de l'Inde ou du Népal, pour bénéficier de l'aide internationale.

 

En 1999, le gouvernement leva l'interdiction sur la télévision et internet. Le Bhoutan devint ainsi l'un des derniers pays à avoir accès à la télévision. Dans un discours, le roi annonca que la télévision était un pas critique en avant pour la modernisation du Bhoutan, et qu'elle contribuera au bonheur national brut. Toutefois, il mit en garde contre « l'usage abusif » de la télévision, qui pourrait effacer certaines valeurs traditionnelles bhoutanaises. Une nouvelle constitution fut présentée en 2005. Le 17 décembre 2005, le roi du Bhoutan, Jigme Singye Wangchuck, annonça que le royaume se transformerait en une démocratie parlementaire en 2008 et qu’il abdiquerait à cette date en faveur du prince héritier Dasho Jigme Khesar Namgyel Wangchuck, son fils aîné, âgé de vingt-cinq ans en 2005. Il abdiqua le 14 décembre 2006 et délègua ses pouvoirs à son fils. Le 6 novembre 2008 Jigme Khesar Namgyel Wangchuck fut officiellement couronné cinquième roi du Bhoutan, et devint ainsi, à vingt-huit ans, le plus jeune roi de l'histoire du Bhoutan. Le 13 octobre 2011, il épousa une roturière, Jetsun Pema. Le projet de Constitution, en préparation depuis 2001, prévoyait la création d’un Parlement bicaméral, composé d’une Assemblée nationale de 75 membres et d’un Conseil national de 25 membres. Le chef de l’État demeurait le roi, mais il pourrait être destitué par un vote réunissant les voix des deux tiers des membres du Parlement. Les élections pour la chambre haute (le Conseil national) eurent lieu le 31 décembre 2007 et le 23 avril 2013, et celles pour la chambre basse (l'Assemblée nationale) le 24 mars 2008 et le 13 juillet 2013. Le 24 mars 2008, lors des premières élections législatives, le Parti vertueux du Bhoutan, dirigé par Jigme Thinley, âgé de 56 ans et formé aux États-Unis, remportait 44 sièges sur 47 de la chambre basse du Parlement, contre le Parti démocratique populaire. Jigme Thinley devint Premier ministre le 9 avril. Dans les élections de 2013, le Parti démocratique populaire remporta 32 sièges avec 54,88 % des suffrages.

 

L’une des particularités du Bhoutan est sa recherche du bonheur à travers l’amélioration de ce qu'il appelle le « bonheur national brut » ou BNB. Là où la majorité des gouvernements se basent sur la valeur du produit national brut (PNB) pour mesurer le niveau de richesse des citoyens, le Bhoutan a substitué le BNB pour mesurer le niveau de bonheur de ses habitants. Cet indice, instauré par le roi Jigme Singye Wangchuck en 1972, se base sur quatre principes fondamentaux, piliers du développement durable, à savoir :

-          La croissance et le développement économiques responsables ;

-          La conservation et la promotion de la culture bhoutanaise ;

-          La sauvegarde de l'environnement et la promotion du développement durable ;

-          La bonne gouvernance responsable.

Une première rencontre internationale sur la définition de la prospérité a eu lieu en 2004 à l’Université Saint-Francis-Xavier, au Canada. Sur les quatre cents personnes venant de plus de dix pays différents, plus d’une trentaine étaient bhoutanaises, dont des enseignants, des moines et des responsables politiques. Elle a été suivie de rencontres en 2007 (en Thaïlande), en 2008 (au Bhoutan) et en 2011 (à l'ONU).

Le discours sur le Bonheur national brut a été remis en cause par le Premier ministre nommé en juillet 2013, Tshering Tobgay, qui expliqua que le gouvernement précédent avait passé beaucoup plus de temps à en parler qu'à agir, et relèva que le pays était confronté à quatre grands défis : l'endettement, la monnaie, le chômage, dont celui des jeunes, et la perception d'une corruption croissante.

 

Le Bhoutan est une monarchie constitutionnelle, sont roi est Jigme Khesar Namgyel Wangchuck, son Premier minitre, Tshering Tobgay.

La devise du pays est : « Une Nation un peuple »

Son hymne national : « Druk tsendhen » (vidéo ci-dessous).  

 



17/12/2016
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