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Biélorussie

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La Biélorussie ou le Bélarus, est un pays d'Europe orientale sans accès à la mer, bordé à l'ouest par la Pologne, au nord par la Lettonie et la Lituanie, à l'est par la Russie et au sud par l'Ukraine. Avec une population de 9 577 552 habitants, la Biélorussie, connaît une des densités de population les plus faibles du continent, 46 hab./km2. Le Biélorusse vit majoritairement en milieu urbain ; les plus grandes villes du pays sont Minsk (la capitale), Gomel, Grodno, Moguilev, Brest, Vitebsk et Bobrouïsk. Si le pays fait partie du foyer d'origine des langues slaves, et si l'ancienne Polésie est une région historique autrefois incluse dans de grandes puissances telles le Grand-duché de Lituanie ou l'Empire russe, la Biélorussie est un État jeune. Les Biélorusses ne prirent réellement conscience de leur spécificité qu'au XIXe siècle et ne furent connus par le reste du monde que lorsque leur pays devint une république de l'URSS. Le pays est considéré par certains gouvernements et médias occidentaux comme étant le dernier régime autoritaire d'Europe, la vague de démocratisation des pays d'Europe centrale et orientale consécutive à la chute des régimes communistes en Europe ayant été rapidement réprimée dès 1992 sous la présidence de Stanislaw Chouchkievitch. L'actuel président biélorusse Alexandre Loukachenko ainsi que la majorité de ses proches collaborateurs sont interdits de visa au sein de l'UE et des États-Unis depuis février 2011 en raison de leurs pratiques politiques qualifiées de dictatoriales et répressives.

 

Le sud de la Biélorussie fut pendant l’Antiquité le berceau des Protoslaves. D’après les fouilles archéologiques, ceux-ci se concentraient entre la Vistule, le haut-Dniestr et le haut-Dniepr. Les peuples slaves se dispersèrent lors des Grandes invasions et s’installèrent dans toute la moitié orientale de l’Europe, où ils constituèrent ensuite une multitude d’États, qui furent évangélisés par la suite. L'ancêtre de la Biélorussie, la principauté de Polotsk, est mentionnée pour la première fois au Xe siècle. C'est alors un État peuplé par des Slaves de l'Est. En 1067, Minsk apparaît dans les chroniques. La principauté est incluse en 1129 dans la Rus' de Kiev. Lors de la séparation des Églises d'Orient et d'Occident, leurs souverains et populations choisissent l'obédience orthodoxe. Les invasions des Mongols et de la Horde d'or au XIIIe siècle provoquent la chute de la Rus' de Kiev et sa dislocation en une multitude de petits fiefs. La principauté de Polotsk, sur le déclin, intègre le Grand-duché de Lituanie, capable de la protéger d'autres invasions. Le Grand-Duché est majoritairement constitué des actuelles Lituanie et Biélorussie ; ses autres territoires sont le Nord de l'Ukraine et la région de Smolensk. En 1386, le Grand-duché de Lituanie s'unit au Royaume de Pologne et, en 1569, les deux États formèrent la République des Deux Nations. Minsk, Brest, Polotsk, Vitebsk, Navahrudak et Mstsislaw sont chefs-lieux de voïévodies. Le découpage administratif de l'époque préfigura celui des voblasts de la Biélorussie d'aujourd'hui. Au début du XVIIIe siècle, lors de la grande guerre du Nord, la Biélorussie actuelle fut traversée par les armées belligérantes : suédoise, puis russe. Le pays déclina. La Russie, la Prusse et l'Autriche profitèrent de la fragilité politique qui paralysait la République des Deux Nations pour procéder à son partage en 1772, 1793, puis 1795. La Biélorussie fut alors progressivement annexée par l'Empire russe. Vitebsk, Polotsk et Gomel furent rattachées en 1772, Minsk en 1793 et Brest en 1795. Le dernier territoire, Grodno, fut incorporé en 1808. Le pays fut envahi par les troupes de Napoléon Ier en 1812. Quelques mois plus tard, les Français durent retraverser la Biélorussie et connurent là un des épisodes les plus éprouvants de la campagne de Russie, le passage de la Bérézina. Une mission française a conduit sur ce site une première campagne de fouilles en 2012, au moment du bicentenaire. La recherche de vestiges des ponts et des fosses communes des soldats de la Grande Armée a fourni de nombreuses informations, permettant une seconde campagne en 2013. Tout au long du XIXe siècle, la Biélorussie subit fortement l'influence de la culture russe. L'importance de Minsk devint incontestable et la ville fut le foyer de la résistance culturelle biélorusse. Comme les autres régions industrielles de l'Empire, Minsk connut les premiers mouvements ouvriers et accueillit en 1898 le premier congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie.

 

Pendant la Première Guerre mondiale, la Biélorussie fut le théâtre de combats entre les Allemands et les Russes et le front se stabilisa sur une ligne allant de Pinsk à Braslaw. Après le traité de Brest-Litovsk entre l'empire allemand et le gouvernement de Lénine, la Biélorussie se proclama indépendante le 25 mars 1918 et devint la République populaire biélorusse : Minsk fut choisie comme capitale. Mais la Russie soviétique n'accepta pas cette indépendance et envahit le pays. Le traité de Riga, signé le 18 mars 1921, après la guerre soviéto-polonaise, partagea le territoire de la Biélorussie en deux : la partie occidentale fut attribuée à la Deuxième République de Pologne, la partie orientale devient la République socialiste soviétique de Biélorussie en 1922, lors de la création de l'Union des républiques socialistes soviétiques. En septembre 1939, la Biélorussie polonaise fut le point de rencontre des forces allemandes, qui prirent Brest, et des Soviétiques qui envahirent le pays par l'est. Les nazis remirent la ville et la forteresse aux Soviétiques. La Biélorussie ex-polonaise intègra alors la Biélorussie soviétique. Le 22 juin 1941, la Biélorussie fut envahie par les nazis. 24 octobre 1945, la Biélorussie devint membre de l’Organisation des Nations unies, ainsi que l'Ukraine. L'Union soviétique disposa ainsi, artificiellement, de trois voix à l'Assemblée générale des Nations unies. Ce fut une récompense concédée par les Alliés pour les efforts de guerre exceptionnels. À la proposition de Joseph Staline de doter chaque république socialiste soviétique d'un siège à l'ONU, Franklin D. Roosevelt proposa d'en faire autant pour chacun des quarante-huit États des États-Unis. On en resta finalement sur ce compromis pour les seules Biélorussie et Ukraine. Le pays, meurtri par la guerre, se relèva peu-à-peu ; l'industrialisation massive orchestrée par le régime stalinien permit la reconstruction des villes avant le début des années 1960. Le 26 avril 1986, la Biélorussie fut touchée par la catastrophe de Tchernobyl. Le pays (qui ne possède aucune centrale nucléaire) reçut environ 70 % des retombées radioactives de la centrale ukrainienne voisine, avec une contamination « en tache de léopard ». Deux millions de Biélorusses dont 500 000 enfants vivaient dans les zones contaminées. Les populations ne furent pas évacuées et généralement très peu informées. Signe du changement, le pape Jean-Paul II nomma en 1989 le premier évêque catholique biélorusse depuis la guerre. Peu de temps après, le 27 juillet 1990, la Biélorussie proclama sa « souveraineté ». Le 25 août 1991 l'indépendance de la Biélorussie fut déclarée, Stanislaw Chouchkievitch en devient le chef de l’État élu en septembre. Le 8 décembre 1991 furent signés les accords de Minsk qui créaient la Communauté des États indépendants regroupant la Russie et l'Ukraine, puis douze des autres anciennes républiques soviétiques. Minsk fut choisie pour accueillir le siège de l'organisation et la Biélorussie rejoignit la CEI le 21 décembre. Après le bref intermède démocratique de 1991-1992, la Biélorussie présenta le 12 mars 1993 sa candidature au Conseil de l'Europe, mais entre-temps les apparatchiks pro-russes reprirent violemment le pays en main, ce qui retarda sine die l'étude de cette candidature : la Biélorussie n'en est toujours pas membre et c'est le seul État européen à ne pas en faire partie. Le pays n'est pas accepté en raison de sa non abolition de la peine de mort, de son régime peu démocratique, et, dans cette voie, Alexandre Loukachenko forma un rapport qui mèna à la destitution de Stanislaw Chouchkievitch pour corruption. Loukachenko fut élu le 10 juillet 1994 président de la République avec 80 % des voix, il dota la Biélorussie d'une nouvelle constitution « sur mesure ». Il appuya sa politique sur la nostalgie du communisme et sur un régime autoritaire. En 1995 et à la suite du référendum organisé par Alexandre Loukachenko, le drapeau de la Biélorussie reprit à nouveau les couleurs de celui de la République socialiste soviétique de Biélorussie. La Biélorussie fut également l'une des rares anciennes républiques issues de l'ancienne Union soviétique, avec la Transnistrie, à maintenir le nom de KGB pour sa police politique. En 1996, Loukachenko signa un accord de partenariat avec la Russie et visita la France pour la première fois. Il fit amender la constitution après un référendum, renforçant le pouvoir présidentiel et allongeant la durée du mandat de deux ans. En 1997, le traité d’union russo-biélorusse fut signé à Moscou. Ce traité permit à Alexandre Loukachenko, et Boris Eltsine, d'envisager une union politique et monétaire entre la Russie et la Biélorussie. Le traité instaura aussi des tarifs préférentiels entre les deux pays pour le commerce, ce qui évita à la Biélorussie la pénurie. En 1998, la « Crise des résidences » secoua les relations diplomatiques entre les pays occidentaux et la Biélorussie : les ambassadeurs occidentaux furent rappelés à la suite de pressions subies en vue de les expulser de la zone résidentielle de Drozdy jouxtant la résidence du président. Il fallut attendre 1999 pour qu'un compromis soit trouvé et que les ambassadeurs européens et des États-Unis retournent à Minsk. Le 16 mai 1999, l’opposition organisa une élection présidentielle non officielle à la date correspondant à la fin du mandat du président Alexandre Loukachenko selon les termes précédant la modification de la constitution. L'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000 freina le processus de rapprochement entre Russie et Biélorussie, à cause de mauvaises relations avec Loukachenko, notamment sur la question des prix du gaz. Alexandre Loukachenko fut réélu haut la main en 2001, en 2006 (alors que le KGB biélorusse, en dehors de tout contrôle judiciaire, menaçait de peine de mort les « terroristes » qui oseraient manifester contre les résultats du scrutin) puis en 2010 malgré une opposition inspirée par la révolution orange ukrainienne, mais beaucoup plus faible numériquement. La constitution de 1994 fit de la Biélorussie un État laïc. Les religions principales sont le christianisme orthodoxe et le catholicisme (notamment chez la minorité polonaise).

 

Le pays n’a pas de devise nationale, son hymne est My Bielaroussy (littéralement « Nous les biélorusses »).

 

 



24/12/2016
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