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Mag à zine international.

La Mère Theresa du XXIème siècle

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La Mère Theresa du XXIème siècle

 

     La Mère Theresa du XXIème siècle existe, elle s’appelle Marguerite Barankitse.

 

     Marguerite Barankitse, alias Maggy (aussi surnommée l’Ange du Burundi), est née à Ruyigi dans l’Est du Burundi, à 167 km de Bujumbura la capitale. Marguerite est Tutsie, deuxième groupe ethnique du pays après les Hutus. Il en est de même au Rwanda voisin ; les deux pays présentant une certaine similitude du fait qu’avant 1962, ils n’en formaient qu’un ; sous le nom de Ruanda-Urundi et constituait, à l’époque, la 7ème province du Congo belge. C’est finalement en 1962 que le Rwanda et le Burundi devinrent deux états distincts. Et ces deux pays furent secoués par la même guerre interethnique dans les années 90.

     Maggy a commencé à abriter et à nourrir 25 enfants le 25 octobre 1993, l'une des pires journées de la guerre civile du Burundi. Cette même année, elle a failli mourir sous les coups de machette hutue. Avec l'aide d'amis européens et burundais, elle organise un réseau qui parvient à venir en aide à un nombre d'enfants sans cesse plus grand. En mai 1994, l'évêque de Ruyigi prête une école qui sera transformée en un refuge pour enfants nommé « Maison Shalom ». Ses activités s'étendent à d'autres villes comme Butezi et Gisuru, où elle ouvre d'autres centres pour enfants. Maggy a mobilisé des mécènes, et même l'armée belge, pour bâtir un hôpital avec dispensaire, consultations, bloc opératoire, pavillons pour convalescents, etc. L'établissement n'est pas réservé aux seuls orphelins mais est ouvert à tous. Chloé, une des filles que Maggy avait adoptées lorsqu'elle avait 16 ans, obtint son diplôme de médecine en 2005 en Italie, et depuis, elle se consacre à l'hôpital de la « Maison Shalom ». En 2004, on estimait à 20 000 le nombre d'enfants ayant bénéficié de son aide directement ou indirectement. L'étendue de son action, ainsi que le fait qu'elle accueille les enfants indépendamment de leur origine tutsie ou hutue lui ont valu une immense reconnaissance de par le monde entier :

-         En décembre 1998, médaille de Défenseur des droits de l'homme attribuée par le gouvernement français dans le cadre des cérémonies de la célébration du 50ème anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. À ce jour, dix personnes ont reçu cette distinction, dont le Dalaï-lama et Rigoberta Menchu.

- Le 28 février 2000 : Trophée du courage décerné par le mensuel Afrique International.

- En juin 2000 : Prix Shalom de la ville d’Eistät en Allemagne.

- En Février 2001 : Prix de Solidarité de la ville de Brême en Allemagne.

- En Novembre 2001 : Prix Nord-Sud du Conseil de l'Europe en même temps que l'ancien président du Portugal Mario SOARES.

- En mars 2003 : deuxième prix de Juan Maria Brandes.

- Prix de la Défense du droit d'asile et la Solidarité avec les réfugiés à Madrid en Espagne.

- Le 23 avril 2003 : Prix Nobel des enfants par la reine Sylvia de Suède.

- Février 2004 : docteur honoris causa de L'Université catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve en Belgique.

- En Mai 2004 : Four Freedom award décerné par Franklin Eleanor Roosevelt Institute, décerné également à Koffi Annan, secrétaire des Nations Unies, pour le travail de protection des droits des enfants.

- En Juin 2004 : Voices of Courage Award de la Women's Commission for Women and Children aux États-Unis.

- En Juin 2005, Distinction Nansen pour les Refugiés par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Refugiés (UNHCR).

- En Novembre 2005 : Prix Madame Figaro.

- En Décembre 2006 : Prix de Terre des Hommes Galicia.

- Le 30 septembre 2007 : Prix international "Ator pal mont" sur la migration féminine en Italie.

- Le 18 novembre 2008: Opus Prize décerné aux USA par l'Université de Seattle et par la fondation Opus Prize.

- Le 27 février 2009 : Médaille de Chevalier de la Légion d’honneur décernée par la France.

- Le 19 novembre 2009 : The Guardian achievements in international development award 2009.

- Le 30 janvier 2010 : Prix Frédéric II décerné par la commune d'Andria (Italie).

- Le 29 septembre 2011 : docteur honoris causa de L'Université catholique de Lille en France.

- Le 24 novembre 2011 : Marguerite Barankitse reçoit des mains de Kofi Annan le Prix pour la Prévention des conflits, décerné annuellement par la Fondation Chirac, la fondation créée par l'ancien chef de l'État Français Jacques Chirac pour œuvrer en faveur de la paix dans le monde.

 

   Le 13 mai 2015, la population burundaise descend dans la rue pour exprimer son mécontentement quant à la décision de Pierre Nkurunziza – le président du Burundi de briguer un troisième mandat, faisant fi de la constitution qui limite à deux les mandats présidentiels. Un mystérieux coup d’Etat était annoncé avant d’être rapidement contré, suivi d’arrestations, de limogeages de responsables politiques et de la traque de leaders de la société civile. Et pour cause, la grande majorité de ces derniers avaient pris position contre la décision jugée illégale du Président. Maggy, fait partie de ces « contestataires »,  cette femme exceptionnelle, surnommée « maman nationale » de milliers d’enfants orphelins auxquels elle a permis et permet toujours de grandir dans la dignité, depuis qu’elle a elle-même été confrontée à l’horreur et failli être tuée.

     A ce jour, le président sortant Pierre Nkurunziza a été réélu et mène une chasse aux sorcières digne des plus grands doctrinaires de la planète.

     Selon le site catholique belge Info Catho, ces dernières semaines, Maggy Barankitse a visité les hôpitaux pour porter des vivres aux blessés des affrontements et s’est rendue dans les prisons, où elle a dénoncé les conditions de détention. « Cela a suffi pour la placer en tête de la liste noire des personnes recherchées et pour être cataloguée comme impliquée dans le coup d’État militaire manqué », a déclaré l’un de ses amis. Des intimidations sont également parvenues à des membres de sa famille, à des amis, aux salariés de « Maison Shalom » et de l’hôpital qu’elle a fondé. Les membres de sa famille ont dû fuir et Maggy Barankitse est désormais contrainte de se cacher en lieu sûr. Souhaitons que le Burundi retrouve une certaine "normalité" et que Maggy puisse continuer son œuvre dans la paix (shalom) et la sérénité, car ses enfants ont besoin de leur "Ange du Burundi".

 

Emmanuel de La Tour

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29/08/2015
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