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Mag à zine international.

Massacre de la Saint-Barthélemy

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Ce que fait l’État islamique de nos jours est quasi-similaire à ce que faisaient les ultras catholiques et protestants au Moyen Âge. La Saint-Barthélemy est l’archétype même de la cruauté des gens de cette époque ; ainsi que de la bêtise des guerres de religion qui ont ravagé le royaume de France dans la seconde moitié du XVIe siècle, avec l’affrontement des catholiques et protestants, appelés aussi huguenots (luthériens jusqu’en 1560). On tue des gens que l’on connait, parfois même très bien, ce sont des voisins, des amis, parfois même des cousins, pour une même Église, mais de branche différente. Ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que ce sont ceux au milieu qui en souffrent le plus parfois, car dans les catholiques et les protestants de l’époque, il n’y avait pas que des fanatiques ; loin s’en faut. Il en est de même de nos jours où une poignée d’exaltés sont en train d’entraîner le monde dans un bain de sang de grande ampleur.

 

Que s’est-il passé en ce dimanche 24 août 1572 ? Pour le comprendre, il convient de faire une analepse de cet épisode de l'histoire. Nous sommes en 1562, et les esprits s’échauffent, depuis quelques années, les protestants s’imposent de plus en plus en Europe, et cela ne plait pas à tout le monde, surtout pas aux catholiques. Le 17 janvier 1562, Catherine de Médicis promulgue l'Édit de Janvier 1562 (ou édit de tolérance), qui constitue une véritable révolution, puisqu'il autorise la liberté de conscience et la liberté de culte pour les protestants, à la condition que ceux-ci restituent tous les lieux de culte dont ils s'étaient emparés et que les offices se déroulent en dehors des villes closes. Le 1er mars 1562 c’est le massacre de Wassy. François de Guise, revenant de Lorraine, se rend compte que les protestants de Wassy, ville close, célèbrent leur culte dans la ville, et non en dehors comme le stipule l'Édit de Janvier. Il charge avec ses troupes et tue 74 protestants, en blesse une centaine parmi les quelque 1 200 regroupés dans une grange ; débute alors la première des huit guerres de religion qui devaient ravager la France en cette seconde moitié du XVIe siècle. L’assassinat de François 1er de Lorraine, 2ème duc de Guise, chef des catholiques durant la première guerre de religion (à ne pas confondre avec l’autre : François 1er d’Orléans, et son fameux Marignan 1515, il en était juste le filleul), le 24 février 1563, pendant le siège d'Orléans, ne va pas arranger les choses. Les catholiques jurent alors que leur chef sera vengé. Pourtant, la paix de Saint-Germain-en-Laye met fin à la troisième guerre de religion, le 8 août 1570, et semble cette fois apporter l’apaisement définitif dans le beau royaume de France, mais ce n’est qu’une illusion. Il va sans dire que cet embrasement confessionnel a des forts relents politiques. Car derrière cette guerre de religion, l’Angleterre et l’Espagne, se livrent à une guerre par proxy (pour employé une expression moderne), avec le financement des huguenots par la Perfide Albion à l’appui ; Un peu comme de nos jours en fait, avec le financement de l’Etat islamique par l’Arabie Saoudite et le Qatar, bien appuyé par les Etats-Unis et certains pays occidentaux. Comme nous pouvons le constater : rien de nouveau sous le ciel de l’humanité.

Pourtant, en signe d’apaisement, Catherine de Médicis a la « merveilleuse idée » de marier sa fille Margueritte de France ou Margueritte de Valois (Reine Margot), à Henri III de Navarre, futur roi Henri IV et protestant, converti six fois, selon les circonstances ; cela, au détriment du duc Henri de Lorraine, 3ème duc de Guise, catholique, chef de la sainte ligue et particulièrement aimé des Parisiens. Il va sans dire que ces derniers voient d’un très mauvais œil ce mariage. Le dit mariage est célébré le 18 août 1572, soit six jours avant le massacre – petite particularité de cette union, elle a lieu sur le parvis de Notre Dame, et  l’époux ne participe pas à la messe de son propre mariage, en tant que protestant, il demeure en dehors de la cathédrale (église paroissiale royale au Moyen Âge), durant la cérémonie. Quatre jours plus tard, l’amiral Gaspard de Coligny – chef de file des protestants, particulièrement apprécié de Charles IX, qui l’appelle même « Père » ; au grand dam de la reine-mère – est victime d’un attentat à l’arquebuse de la part de  Charles de Louviers, seigneur de Maurevert – qui avait abattu le chef calviniste Vaudrez de Mouy en 1569. Il tire sur Coligny depuis une maison appartenant aux Guise. Les historiens sont encore partagés sur l'identité du commanditaire de cet attentat, les principaux suspects étant : Catherine de Médicis, en personne ; les Guise ; et le duc d'Albe, qui aurait agi pour le compte de Philippe II d’Espagne. Le roi envoie son chirurgien personnel, Ambroise Paré, pour apporter les premiers soins à la victime. Il se rend en personne, accompagné de sa mère et son frère, au chevet du blessé, lui promettant justice.

Mais l’assassinat de tous les chefs protestants fut alors décidé et, dans la nuit du 23 au 24 août 1572, eut lieu le massacre de la Saint-Barthélemy ; ceci malgré les vives protestations du roi, qui finit quand même par céder, mais dira : « Oui, mais alors, tuez-les tous, qu’il n’en reste plus un seul pour me le reprocher ». Coligny fut achevé dans son lit, à coups de dague, par Charles Danowitz dit Besme, capitaine originaire de Bohême ; son corps fut jeté par la fenêtre, émasculé et décapité dans la cour, toujours par Besme. Le corps fut ensuite porté jusqu'à la Seine, avant d'être traîné dans les rues par des enfants, puis pendu au gibet de Montfaucon, (lieu des exécutions ordinaires) où il fut exhibé, pendu par les pieds. François de Montmorency, son cousin – qui, bien que catholique, était proche des protestants –, fit ensuite décrocher son cadavre du gibet en toute discrétion. Le massacre se poursuivit durant toute la journée sous le tocsin qui sonna du début, jusqu’à onze heure du matin. Mais le massacre en lui-même se perpétuera jusqu’en septembre, et ceci dans toutes les régions de France. Le bilan de cette nuit sanglante se situera entre 2000 et 3000 mille victimes.

 

Il est à souhaiter que nous ne connaissions pas une autre Saint-Barthélemy, dont la cruauté n'a d'égale que sa bêtise crasse. Nous somme maintenant à l'aube du XXIème siècle, comment concevoir que nous puissions nous comporter comme des moyenâgeux, cela est juste impensableUn tel retour en arrière nous forcerait à nous poser des questions sur l'intelligence humaine.  

 

Emmanuel de la Tour

 

 

 



24/08/2016
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