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Mag à zine international.

Cela s'est passé un 03 mars...

Mardi 03 mars 2015 - 12 Ventôse CCXXIII 

62ème jour - 9ème semaine de l'année 2015 

BEAU COUCHER DE SOLEIL 

 Fêtes du jour : Guénolé,

Aujourd'hui nous fêtons également les Gwénolé, Guénolée, Gwénola, Gwénolée, Arthellaïs,  Artélaïs, Arthélaïde, Athéna, Athénaïs, Athénaïse, Cunégonde, Cunigonde, Gervin, Gerwin, Gerwine, Marin, Camilla, Camilia, Camille, Camillette, Camillia, Milla, Cam, Camille, Camillo.

 

Dicton du jour :  

«  À la Saint-Guénolé, au taureau, ferme le pré. » 

 

Citations sur l'histoire :

 

« Faites attention à l'Histoire officielle que l'imposture se charge de décrire. » 

 [Chateaubriand] Mémoires d'outre-tombe

 

 « Faire confiance à l’histoire c’est croire les criminels sur parole. »

 [Simone Veil]

 

 « L'Histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies. »

 [Alexis de Tocqueville]

 

« Le talent de l'historien consiste à faire un ensemble vrai avec des traits qui ne sont vrais qu'à demi. »

 [Ernest Renan]

 

« Les hommes font leur histoire, même s'ils ne savent pas l'histoire qu'ils font. » 

[Raymond Aron] 

 

« L’histoire est la science du malheur des hommes. »

[Raymond Queneau]


Citations du jour :  

 

« Lorsqu'une porte se ferme, il y en a une qui s'ouvre. Malheureusement, nous perdons tellement de temps à contempler la porte fermée, que nous ne voyons pas celle qui vient de s'ouvrir. »

[Alexander Graham Bell]

 

« Il faut éviter de penser à ces difficultés que présente le monde, quelquefois. Sans ça, il deviendrait tout à fait irrespirable. »

 [Marguerite Duras

 

 « Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit. »

[Marguerite Duras]


3 mars 1918 : signature du traité de Brest-Litovsk.

 

Résultat de recherche d'images pour "traité de Brest-Litovsk"Le traité de Brest-Litovsk fut signé le 3 mars 1918 entre les gouvernements des empires centraux, menés par l'Empire allemand et la jeune république russe bolchevique, issue de la Révolution d'Octobre en Russie, dans la ville de Brest-Litovsk et mit fin aux combats sur le front de l'Est.

Dès le début de l'année 1917, la population russe, dans son immense majorité souhaite la fin de la Première Guerre mondiale. Ce désir de paix est une des causes immédiates des deux Révolutions russes.

Il faudra attendre la Révolution d'Octobre et l'arrivée au pouvoir des bolcheviks pour qu'un décret de paix soit ratifié par le Congrès des Soviets le 26 octobre 1917. Le 7 novembre, Trotsky, en tant que commissaire du Peuple aux Affaires étrangères, propose aux Alliés et aux Empires d'Europe centrale une paix générale ; le lendemain, le Reich est le seul belligérant à donner suite au télégramme envoyé la veille. Le 30 novembre, le nouveau gouvernement russe fait savoir son souhait de préparer une paix sans annexions ni indemnités. Pour l'Empire allemand, une paix séparée permettrait de se concentrer sur un front unique à l'ouest, où l'apport de troupes supplémentaires pourrait être décisif.

Au début du mois de décembre, les diplomates allemands et autrichiens espèrent la signature rapide d'un article, préalable à une paix de victoire sur le front oriental.

Les négociations ne débutent que le 9 décembre, par des pourparlers auxquels les Alliés ne prennent pas part.

Le Reich poursuit à l'encontre du gouvernement bolchevique les mêmes objectifs que ceux poursuivis à l'époque du Tsar ou du gouvernement provisoire. Le Reich défend la libre disposition des provinces baltes, de la Finlande, de l'Ukraine et du Caucase, autant de buts de guerre du Reich et de ses alliés. De plus, les militaires souhaitent pouvoir disposer de sources d'approvisionnement en métaux rares et en matières premières, minières pour l'industrie de guerre, et agricoles pour les populations du Reich et de ses alliés. Ainsi, au mois de décembre 1917, les représentants de l'industrie métallurgique du Reich expriment, dans un courrier adressé à Hindenburg, leurs objectifs en Russie : tous souhaitent la prise de contrôle par le Reich d'un certain nombre de bassins miniers, en Ukraine (ce qui donne à l'avance allemande en Ukraine en février 1918 une dimension non seulement politique mais surtout économique), dans le Caucase : Thyssen, par exemple, souhaite non seulement contrôler totalement les mines de manganèse de Tschiaturi, dans le Caucase russe, et de Krivoirog, mais aussi faciliter le transport des minerais extraits de ces mines vers le Reich.

À ces projets allemands et austro-hongrois, de nature à donner au Reich des bases solides en vue de la recherche de la puissance, répondent les projets bolcheviques, présentés le 25 décembre 1917 marqués par la volonté émancipatrice internationaliste de la recherche d'une paix sans annexion ni indemnité. Dans ces projets, semblent se couler les projets austro-allemands, préparés par Czernin, caduques avant même leur acceptation, en raison des conditions préalables ; ces propositions, qui leurrent une partie de la délégation russe, suscitent dans le Reich une forte opposition, de la presse comme du haut-commandement, ce qui oblige les représentants des puissances centrales à lever les dernières illusions russes, les 26 et 27 décembre 1917, par une formulation abrupte des objectifs allemands.

Les pourparlers débutent à Brest-Litovsk le 22 décembre 1917 entre la délégation russe conduite par Joffe (rapidement remplacé par Trotsky), et une délégation de représentants du Reich et de ses alliés, dans laquelle Ottokar Czernin, alors ministre austro-hongrois des Affaires étrangères, joue un rôle important.

Parallèlement aux négociations avec la Russie se déroulent des négociations avec l'Ukraine qui souhaite voir reconnaître son indépendance par les puissances centrales, mais en pleine guerre civile entre le gouvernement de Karkhov, d'inspiration bolchevik, et le gouvernement issu de la Rada. Le gouvernement du Reich propose la cession par l'Autriche-Hongrie de la Galicie orientale à la nouvelle république, ou au moins son autonomie au sein de l'Empire d'Autriche. Les négociations devant aboutir au traité sont menées sous la double pression de la double-monarchie et du gouvernement de la Rada. La double monarchie, au bord de la famine et de l'effondrement, selon Czernin, est pressée de conclure la paix dont elle espère l'assurance de livraisons de denrées alimentaires, quelles qu'en soient les conséquences à moyen ou à long terme, selon le mot même du ministre commun des Affaires étrangères, pour son pays : conscients de cette situation, les négociateurs ukrainiens, ne se considérant pas comme une puissance défaite, font ainsi monter les enchères, négociant la cession de vastes territoires en Galicie, dont la cession par Czernin, sous la pression de la situation alimentaire de la double monarchie, entraîne une grave crise politique en Autriche. Cependant, La Rada et son gouvernement ne sont pas en mesure de remplir les termes du traité, et voient surtout dans cet accord un moyen de reprendre le dessus dans la guerre civile qui l'oppose aux bolcheviks, qui viennent de prendre Kiev.

Mais l'Ukraine n'est pas le seul État avec lequel traitent les puissances centrales. Elles sont dans le même temps en pleines négociations de paix avec le pouvoir qui s'est mis en place en Russie après la Révolution d'Octobre.

Les négociations débutent dès le début du mois de décembre 1917, mais le 28 décembre, les Allemands exposent les revendications des puissances centrales à l'égard de la Russie, qui entraîne un arrêt des négociations, la délégation russe étant obligée de retourner à Petrograd pour consulter son gouvernement. Cependant, la prise en charge par le Reich de la défense des intérêts des puissances centrales crée des frictions au sein de l'alliance austro-allemande : le Reich souhaite faire durer les négociations le plus longtemps possible, afin de pouvoir négocier la cession, ou la mise sous tutelle, du plus grand nombre de territoires russes, tandis que les négociateurs austro-hongrois souhaitent la conclusion la plus rapide possible d'une paix qui garantit l'approvisionnement de la double monarchie en denrées alimentaires.

À la surprise générale, alors qu'Alliés et Allemands ne s'attendent pas à un retour de la délégation russe, celle-ci revient à la négociation, avec Trotski à sa tête. Ce dernier tente de donner un nouveau souffle aux négociations, utilisant la paix comme outil de propagande. Dans le même temps, il se montre coriace sur les cessions de territoires et sur les modalités d'organisation des plébiscites qui doivent avoir lieu, tente de mettre en place une propagande à destination des soldats allemands cantonnés sur le Front de l'Est.

Le 18 janvier, lassé des atermoiements et des longs discours des représentants russes, le général Hoffman, négociateur allemand, expose sans fard les revendications territoriale du Reich : les Pays baltes dans leur totalité, auxquels s'ajoute ce qui avait été demandé aux Russes lors des premières négociations, le 18 décembre, tandis que les diplomates de la double monarchie exposent les objectifs de cette dernière ; cette nouvelle demande cause une suspension des négociations, chaque négociateur retournant dans sa capitale.

Les dernières négociations, à la fin du mois de février 1918, se déroulent dans un climat marqué par l'augmentation constante des demandes allemandes, qui insistent sur le contrôle de l'Estonie et de la Livonie, en plus de ce qui avait été décidé, par la formulation de contre-propositions françaises, repoussées de justesse par une faible majorité des membres du comité central du POSDR et par le traité de paix avec l'Ukraine. En effet, le traité de paix avec l'Ukraine, qui reconnait l'existence du gouvernement de la Rada, mis à mal par la prise de Kiev par les troupes bolcheviques du gouvernement de Karkhov, n'est pas reconnu par le gouvernement russe, puisque, selon lui, l'Ukraine fait encore partie de la Russie, et reconnaitre son indépendance revient à s'immiscer dans les affaires intérieures russes.

Le 10 février, la délégation russe, en accord avec les dirigeants bolchéviques, refuse le traité proposé par l'Allemagne. Celui-ci en effet n'a rien de la « paix démocratique » sans annexions ni indemnités de guerre, reconnaissant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes demandé par les Bolcheviks. Ils espéraient ainsi montrer au monde entier que le nouveau pouvoir en Russie ne se place pas sur le terrain des luttes entre impérialistes qui ignorent les aspirations des populations.

Ils espéraient également que le réveil de la classe ouvrière allemande (qui n'intervient qu'après la reconnaissance de la défaite à l'Ouest, en novembre 1918), qui s'était déjà manifesté par des grèves importantes fin 1917 et début 1918, empêcherait les armées impériales de continuer les combats.

Cependant, la solution d'attente « ni guerre, ni paix » ne tient pas : la révolution tarde en Allemagne, et le 21 février les troupes allemandes reprennent leur avancée en Russie, occupent les pays baltes et l'Ukraine dont les ressources agricoles pourront compenser le blocus allié. Les Bolcheviks sont alors contraints par Lénine d'accepter les conditions humiliantes qui leur sont imposées.

Dans un contexte marqué par une alliée de plus en plus affaiblie par le conflit, par la publication de la proclamation de Lénine peu de temps après la prise du pouvoir par les Bolcheviks, et des 14 points du président Wilson, les Allemands et leurs alliés cherchent à mettre en œuvre une politique en apparence conforme aux droits des peuples. Ainsi, ils encouragent le séparatisme ukrainien, y compris en suscitant de nombreuses inquiétudes chez leur allié austro-hongrois ; dans les régions baltes, les militaires allemands suscitent des appels au secours des populations de Livonie, de Courlande et d'Estonie, en réalité des appels des membres de la noblesse et de la bourgeoisie germano-baltes en butte aux revendications des populations baltes, ce dont la gauche allemande n'est pas dupe.

Les Allemands encouragent également les nationalistes finlandais à se séparer de la République de Russie : à la demande du gouvernement replié, après la prise d'Helsinski par l'Armée rouge, à Vaasa, le Reich fournit non seulement des armes, mais aussi des soldats, recrutés parmi les chasseurs finlandais, rendus disponibles par un ordre de Ludendorff. Le gouvernement finlandais se rapproche du Reich, expose en novembre 1917 puis en février 1918, sa vision de l'avenir de la Finlande indépendante, appuyée sur le Reich. Au mois de février, le gouvernement finlandais demande l'assistance du Reich dans le conflit qui l'oppose aux bolcheviks finlandais. En échange d'accords politiques, militaires et économiques doivent être négociés, plaçant théoriquement les deux partenaires sur un pied d'égalité, mais en réalité intégrant la Finlande dans la zone d'influence allemande.

De plus, à partir du mois de février, la paix avec la nouvelle Ukraine signée, les puissances centrales disposent non seulement des richesses ukrainiennes, mais aussi d'un moyen de pression sur les négociateurs russes, puisqu'un traité de paix a été signé, et les dirigeants allemands ont à leur disposition un prétexte pour avancer vers l'Est. L'armistice avec la Russie n'étant valable que jusqu'au 17 février, l'avance allemande, qualifiée à l'occasion par Hoffmann, un des négociateurs allemands, de « promenade militaire en train et en auto » ou de guerre la plus comique qu'il a[it] vécue, tant cet officier est amusé par les modalités de l'avance allemande (un détachement légèrement armé embarque dans un train, prend la première ville sur la ligne, attend le détachement en charge de l'occupation, puis repart), reprend, malgré les réactions des dirigeants bolcheviks. En Ukraine, les troupes austro-allemandes doivent cependant compter avec une résistance de la Garde Rouge ukrainienne et de la légion tchécoslovaque et sur le caractère brouillon de l'avance autrichienne, visant Odessa. Cette avance incite davantage encore Lénine à accepter la paix en cours de négociation, craignant une nouvelle guerre étrangère et ses conséquences pour le gouvernement qu'il dirige, même si les troupes allemandes ont pour consigne de s'arrêter à Wenden, la ville de Narva, à 150 kilomètres de Pétrograd, est cependant atteinte par les troupes allemandes le 26 février.

Le 6 février, le traité de paix entre l'Ukraine et les puissances centrales, la paix alimentaire, selon le mot de Czernin, est signé, malgré l'opposition du gouvernement bolchevique russe et de celui de Karkhov, soutenu par ce dernier. Sa ratification est soumise, du côté autrichien, par les livraisons auxquelles s'est engagé le gouvernement de la Rada.

Le traité, que les représentants russes, revenus le 26 février, se refusent à examiner, est signé le 3 mars 1918, sous la pression de l'avance allemande qui a repris au mois de février. Il est ratifié le 18 mars par les Russes après de violentes discussions entre bolcheviks, alors que les discussions au Reichstag à Berlin portent sur les modalités de la reprise de l'avance allemande du mois de février.

 


3 mars 1931 : The Star-Spangled Banner devient l'hymne national américain.

 

Résultat de recherche d'images pour "The Star-Spangled Banner"The Star-Spangled Banner (La Bannière étoilée) est un poème écrit en 1814 par Francis Scott Key et qui constitue à présent l’hymne national des États-Unis. Avocat de 35 ans et poète amateur, Key l'a écrit après avoir assisté, pendant la guerre de 1812, au bombardement de Fort McHenry à Baltimore, dans le Maryland, par des navires de la Royal Navy britanniques entrés dans la baie de Chesapeake. Le texte rend hommage à la résistance héroïque de ceux qui défendirent le fort et qui furent en mesure de faire flotter le drapeau américain au sommet en dépit de l'acharnement de l'ennemi à y planter le sien.

Joué sur l’air de To Anacreon in Heaven, une chanson à boire d'un club de musiciens britanniques en hommage au poète bacchanal grec Anacréon, ce poème est devenu bien connu en tant que chant patriotique américain. Il a été reconnu pour un usage officiel par la marine américaine en 1889 et par la Maison-Blanche en 1916, et a été adopté comme hymne national par une résolution du Congrès en date du 3 mars 1931. La chanson se compose de quatre strophes, mais généralement seule la première strophe et le premier refrain sont chantés aujourd’hui.

En 1969, au Festival de Woodstock, Jimi Hendrix joua une version historique de The Star-Spangled Banner en solo, tout en distorsion, évoquant des lâchers de bombes (on est en pleine guerre du Viêt Nam, dénoncée par le courant de « contre-culture » dont Woodstock aura été un des moments forts).

Pour ce qui allait devenir sa dernière apparition publique, le chanteur Marvin Gaye, à l'occasion de la finale de NBA de 1983 en donna une version Soul.

En 2006, afin de venir en aide aux immigrants latino-américains aux États-Unis, Wyclef Jean enregistra Nuestro Himno, version en espagnol, avec de nombreux artistes.

To Anacreon In Heaven (acapella)  


3 mars 1961 : Hassan II devient roi du Maroc

 

Résultat de recherche d'images pour "hassan 2"Hassan II est le vingt et unième monarque de la dynastie alaouite, qui règne sur le Maroc depuis le milieu du XVIIe siècle ; il est le second qui ait porté le titre de roi (malek), au lieu de celui de sultan.

Selon la tradition, la lignée des Alaouites est originaire de Yanboô An Nakhil, oasis de la côte d’Arabie sur la mer Rouge et descend du prophète Mahomet par la voie de sa fille Fatima (d'où le titre de chérif et l'expression « empire chérifien » utilisée autrefois pour désigner le Maroc).

Le prince Moulay El-Hassan reçoit, au palais royal, les premiers enseignements de la science coranique. Après des études universitaires à Rabat et à Bordeaux (France), le roi obtient, en 1951, le diplôme d'études supérieures en droit public.

Moulay El-Hassan est très tôt initié aux arcanes du pouvoir et de la diplomatie. En 1943, il assiste, aux côtés de son père, à la conférence d'Anfa où il rencontre Sir Winston Churchill et Franklin Roosevelt. Cette conférence des Alliés se tenait à la veille de la libération de l'Europe. En 1947, le prince participe au voyage historique de Mohammed V à Tanger, et assiste au discours de son père qui, en pragmaticien, à la solde du protectorat des années durant, réalise - après conseil de Roosevelt - la portée des mouvements indépendantistes à travers le monde, réclame l'indépendance du pays, son unité, son intégrité territoriale et son adhésion à la Ligue arabe. Il lance lui-même un appel aux jeunes les invitant à se mobiliser pour la libération. En 1952, il participe au discours du Trône, considéré comme la charte du nationalisme marocain contre le protectorat.

L'année suivante, il est exilé avec le sultan en Corse à Zonza, puis à Madagascar, avant de partager, en novembre 1955, son triomphal retour dans le royaume. L'indépendance acquise en 1956, son père le nomme chef d'état-major des forces armées royales - il réprime, à ce titre, le soulèvement du Rif - avant de le proclamer officiellement prince héritier le 9 juillet 1957.

Le 3 mars 1961, à la mort de Mohammed V, Moulay El-Hassan est proclamé roi du Maroc.


Naissances : 

 

Alexander Graham Bell : 3 mars 1847 à Édimbourg en Écosse, décédé le 2 août 1922 à Beinn Bhreagh au Canada.

 

Scientifique, ingénieur et inventeur britanno-canadien, il est surtout connu pour l'invention du téléphone, pour laquelle l'antériorité d'Antonio Meucci a depuis été officiellement reconnue le 11 juin 2002 par la Chambre des représentants des États-Unis. Il a été lauréat de la Médaille Hughes en 1913.

Résultat de recherche d'images pour "Alexander Graham Bell"La mère et la femme (Mabel Gardiner Hubbard) d'Alexander Bell étaient sourdes, ce qui a sans nul doute encouragé Bell à consacrer sa vie à apprendre à parler aux sourds. Il était professeur de diction à l'université de Boston et un spécialiste de l'élocution, on dirait aujourd'hui phonologue ou phoniatre. Le père, le grand-père et le frère de Bell se sont joints à son travail sur l'élocution et la parole. Ses recherches sur l'audition et la parole l'ont conduit à construire des appareils auditifs, dont le couronnement aurait été le premier brevet pour un téléphone en 1876. Bell considéra par la suite son invention la plus connue comme une intrusion dans son travail de scientifique et refusa d'avoir un téléphone dans son laboratoire.

D'autres inventions marquèrent la vie d'Alexander Graham Bell : les travaux exploratoires en télécommunications optiques, l'hydroptère en aéronautique. En 1888, il devint l'un des membres fondateurs de la National Geographic Society.

Alexandre Bell est né à Édimbourg en Écosse. La résidence familiale se trouve au numéro 16, South Charlotte Street à Édimbourg ; une plaque commémorative y est apposée. Alexandre avait deux frères : Melvin James Bell (1845-1870) et Edward Charles Bell (1848-1867), tous deux morts de la tuberculose. Son père Alexander Melville Bell était professeur, et sa mère était Eliza Grace (née à Symonds). Alexandre, alors âgé de 10 ans, réclama à son père de pouvoir porter un deuxième prénom, comme ses frères. Son père accepta et lui permit, à l'occasion de son 11e anniversaire, le deuxième prénom "Graham". Il choisit ce prénom en raison de son admiration pour Alexandre Graham, un interne Canadien soigné par son père, qui devint un ami de la famille.

Dès son plus jeune âge, Bell disposait d'une grande curiosité pour le monde qui l'entourait, il fit ainsi collection d'espèces de plantes et réalisa déjà ses premières expériences. Son meilleur ami était Ben Herdman, un voisin, dont la famille travaillait dans un moulin. Alexandre et Ben allaient souvent au moulin. Le jeune Alexandre demanda ce qui devait être amélioré au moulin. On lui expliqua que le blé devait être décortiqué à l'aide d'un procédé complexe et laborieux. Alexander, à l'âge de 12 ans, construisit un appareil qui combinait des palettes tournantes et un ensemble de brosses à ongles, inventant ainsi une simple machine pour le décorticage du grain. Cette machine fut utilisée avec succès, et ce pendant plusieurs années. En retour, John Herdman donna aux deux garçons un petit atelier où « inventer ».

Bell montra également très jeune un vif intérêt, et un talent, pour l'art, la poésie et la musique, intérêts encouragés par sa mère. Il apprit le piano sans professeur ni manuel, et devint le pianiste familial. Bien que d'un naturel calme et introspectif, il faisait couramment des "blagues vocales" et de la ventriloquie pour divertir la famille. Bell fut très affecté par la surdité graduelle de sa mère (elle commença à perdre l'audition quand Bell avait 12 ans) et apprit un petit manuel de langue des signes. Ainsi, il pouvait s'asseoir à côté d'elle et converser silencieusement dans le salon familial. Il développa également une technique de parler par des sons clairs et modulés directement sur le front de sa mère, ce qui lui permettait d'entendre son fils relativement clairement. La préoccupation de Bell au sujet de la surdité de sa mère, le conduisit à étudier l'acoustique.

Alexander Graham Bell est initialement attiré par la musique. Il s’en détourne cependant au profit d’études sur la phonétique, suivant les traces de son père et probablement touché par les problèmes de surdité dont souffrait sa mère. Après des études à l'université d'Oxford (Angleterre), il s’établit au Canada en 1870, puis aux États-Unis d’Amérique un an plus tard. Il fonde en 1872 une école pour les malentendants et débute ses travaux qui aboutiront au téléphone. Convaincu de pouvoir transformer les ondes sonores en impulsions électriques dès 1874, il réalise son rêve en 1876. L’invention connaît rapidement un succès retentissant qui aboutit en 1877 à la création de la compagnie téléphonique Bell. La fortune aidant, Bell fonde le Volta Laboratory et se tourne alors vers d’autres champs d’expérimentations, jetant les bases du gramophone, s’intéressant à l’aviation, et aux transports nautiques. Il crée également la "National Geographic Society", dont il est président de 1897 à 1903. 

Bell est décédé des complications du diabète, le 2 août 1922, dans son domaine privé de Beinn Bhreagh, en Nouvelle-Écosse, à l'âge de 75 ans. Bell a également été atteint de l'anémie pernicieuse. Sa dernière vision de la terre qu'il avait habitée, fut un clair de lune sur la montagne à deux heures du matin. Assistant son mari après sa longue maladie, Mabel a murmuré: « ne me quitte pas ». En guise de réplique, Bell a tracé le signe « non » et a expiré.


Charles Ponzi : né le 3 mars 1882 à Lugo, dans la province de Ravenne, en Émilie-Romagne, en Italie, décédé le 18 janvier 1949 à Rio de Janeiro, au Brésil.

 

Résultat de recherche d'images pour "Charles Ponzi"Escroc italien, concepteur d'un mode d'escroquerie élaboré sur une chaîne d'emprunt. Cette technique d'escroquerie, punie depuis longtemps comme délit, maintenant appelée « chaîne de Ponzi » (ou « pyramide de Ponzi ») repose sur un système relativement simple : les intérêts versés aux épargnants sont prélevés sur les sommes placées par les souscripteurs suivants. Pour que les recettes continuent à couvrir les engagements, il faut une croissance des souscriptions. Dès que celle-ci se ralentit, la cessation de paiement fait découvrir le système de cavalerie.

Ponzi arrive à Boston le 15 novembre 1903 à bord du S.S. Vancouver. Selon ses propos à un journaliste du The New York Times, il n’avait que 2,50 $ en poche, ayant perdu toutes ses économies au jeu pendant la traversée. Notons que beaucoup de détails de la vie de Ponzi proviennent de ses déclarations, ce qui les rend sujets à caution, compte tenu de son sens de l’affabulation. À Boston, il occupe plusieurs emplois, dont celui de garçon dans un restaurant d’où il sera congédié au motif de vol.

Il apprend qu’un de ses compatriotes, Luigi Zarossi, s’est installé à Montréal et y a prospéré grâce au commerce de cigares. Charles Ponzi quitte Boston pour Montréal en juillet 1907 avec un dollar en poche. Zarossi a toujours sa boutique de cigares, rue Saint-Jacques ; il a également mis sur pied une institution financière, la Banca Zarossi qui vise à encaisser les économies des immigrants italiens. Pour attirer les déposants, Zarossi offre 6 % d’intérêt, alors que les autres banques n’offrent que 2 %. Ponzi y obtient un emploi en se faisant passer pour Charles Bianchi, un parent de la riche famille Bianchi (famille totalement fictive) en Italie. Il entre comme caissier avant d’y assumer des fonctions plus importantes. Il constate rapidement que Zarossi ne peut offrir un taux aussi élevé qu’en puisant à même l’argent des nouveaux déposants, et que si tous les déposants réclamaient leur argent, ce serait la faillite. Quand en 1908, les déposants commencent à avoir des doutes, Zarossi s’enfuit au Mexique avec la caisse, laissant femme et enfants à Montréal.

Bien que Ponzi ait pu jouer un rôle dans la fraude de Zarossi, aucune accusation ne sera portée contre lui et c’est la modique somme de 423,58 $ qui lui vaudra la prison : il se présente un jour chez un ancien client de Zarossi, Canadian Warehousing, subtilise un chéquier et se fait à lui-même un chèque de 423,58 $ en contrefaisant la signature du directeur de l’agence, Damien Fournier. Démasqué, il est condamné à trois ans d’incarcération à la prison de St-Vincent-de-Paul. Après vingt mois, il est relâché, mais dans les mois qui suivent, il est à nouveau arrêté pour avoir tenté de faire entrer illégalement des ouvriers italiens aux États-Unis. Il purgera une peine de deux ans dans une prison d’Atlanta.

À sa sortie de prison, Ponzi retourne à Boston où il organise alors la grande fraude qui porte son nom, le système de Ponzi, un système pyramidal dont l’envergure dépassera largement celle de la Banca Zarossi. Il promettait à l’investisseur un intérêt de 50 % en 45 jours et de 100 % en 90 jours. Les profits étaient censés provenir d'une spéculation sur les International postal reply coupons (coupon-réponse international). La rapidité de la croissance de la bulle ainsi produite n’aura d’égale que la déconfiture des investisseurs lorsque celle-ci éclatera en août 1920. Environ 40 000 personnes avaient investi 15 millions de dollars, dont seulement un tiers leur fut redistribué.
Dénoncé dans le Boston Post, sous le coup de plusieurs investigations fédérales et de l'état, il se rend aux autorités le 12 août 1920. Dans le procès fédéral qui s'ensuit, Ponzi plaide coupable et sera condamné à 5 ans de prison. Libéré après 3 ans et demi, il devra alors faire face à des charges au niveau de l'état du Massachusetts.
Le procès va jusqu'en cour suprême des Etats-Unis, et il est à nouveau condamné pour une autre partie de la même affaire à une peine de 7 à 9 ans de prison. Entre temps il se rend en Floride où il reprend ses arnaques et est condamné à un an de prison en 1926.

Quand il est libéré en 1934, le gouvernement donne l’ordre de l'expulser en Italie où il organise plusieurs arnaques, sans grand succès. Benito Mussolini lui offre un poste à la section financière du gouvernement, mais son comportement sans scrupule le force à fuir vers le Brésil non sans avoir subtilisé un montant non divulgué au Trésor italien. Pour le reste de sa vie, il vit d’expédients, faisant à l’occasion de la traduction. Il publie également dans les années 1930 son autobiographie : The Rise of Mr Ponzi. Après plusieurs accidents de santé qui le laissèrent pratiquement aveugle, il meurt, complètement ruiné dans un hôpital public de Rio de Janeiro, le 18 janvier 1949.


Décès : 

 

Marguerite Duras, nom de plume de Marguerite Germaine Marie Donnadieu : née le 4 avril 1914 à Gia Định (près de Saïgon), alors en Indochine française, décédée le 3 mars 1996 à Paris.

 

Résultat de recherche d'images pour "Marguerite Duras"Dramaturge, écrivaine, scénariste et réalisatrice française, Par la diversité et la modernité de son œuvre, qui renouvelle le genre romanesque et bouscule les conventions théâtrales et cinématographiques, elle est un auteur important de la seconde moitié du XXe siècle, quelles que soient les critiques qui aient pu être adressées à ses œuvres.

En 1950, elle est révélée par un roman d'inspiration autobiographique, Un barrage contre le Pacifique. Associée, dans un premier temps, au mouvement du Nouveau Roman, elle publie ensuite régulièrement des romans qui font connaître sa voix particulière avec la déstructuration des phrases, des personnages, de l'action et du temps, et ses thèmes comme l'attente, l'amour, la sensualité féminine ou l'alcool : Moderato cantabile (1958), Le Ravissement de Lol V. Stein (1964), Le Vice-Consul (1966), La Maladie de la mort (1982), Yann Andréa Steiner (1992), dédié à son dernier compagnon Yann Andréa, écrivain, qui après sa mort deviendra son exécuteur littéraire, ou encore Écrire (1993).

Elle rencontre un immense succès public avec L'Amant, prix Goncourt en 1984, autofiction sur les expériences sexuelles et amoureuses de son adolescence dans l'Indochine des années 1930, qu'elle réécrira en 1991 sous le titre de L'Amant de la Chine du Nord.

Elle écrit aussi pour le théâtre, souvent des adaptations de ses romans comme Le Square paru en 1955 et représenté en 1957, ainsi que de nouvelles pièces, telle Savannah Bay en 1982, et pour le cinéma : elle écrit en 1959 le scénario et les dialogues du film Hiroshima mon amour d'Alain Resnais, qui lui vaut d'être nommée pour l'Oscar du meilleur scénario original à la 33e cérémonie des Oscars et dont elle publie la transcription en 1960. Elle réalise elle-même des films originaux comme India Song, en 1975, avec Delphine Seyrig, Le Camion, en 1977, avec Gérard Depardieu, ou encore Les Enfants, en 1985, avec Daniel Gélin.

 

Ses parents se sont portés volontaires pour travailler dans les colonies de Cochinchine. Son père, Henri Donnadieu (parfois prénommé Émile), est directeur de l’école de Gia Dinh (Saïgon), sa mère, Marie, institutrice. Ils ont trois enfants : Pierre, Paul et Marguerite.

Gravement malade, son père part se faire hospitaliser en métropole, il y meurt le 4 décembre 1921 à l'âge de 49 ans. Il est inhumé dans le petit cimetière de Lévignac-de-Guyenne, près de Duras, en Lot-et-Garonne.

Bénéficiant d’un congé administratif, son épouse retourne en métropole avec ses trois enfants. Ils habitent pendant deux ans dans la maison familiale du Platier, dans la commune de Pardaillan, près de Duras.

En juin 1924, Marie Donnadieu repart avec ses enfants rejoindre sa nouvelle affectation à Phnom-Penh au Cambodge. Elle ne veut pas y rester et est envoyée à Vinh Long, puis à Sadec et à Saïgon. En 1928, lasse de cette vie de nomade, elle achète, poussée par l’administration coloniale, une terre à Sadec, dans le delta du Mékong. Cette terre inculte, perpétuellement inondée, ne donne rien, et Marie, ruinée, doit reprendre l’enseignement. Cette expérience marquera profondément Marguerite, et va lui inspirer nombre d'images fortes de son œuvre (Un barrage contre le Pacifique, L'Amant, L'Amant de la Chine du Nord, L'Éden Cinéma).

En 1930, elle entre en pension au lycée Chasseloup Laubat de Saïgon, pour suivre ses études secondaires. Son baccalauréat de philosophie acquis, Marguerite quitte l’Indochine en 1931, et poursuit ses études en France, dans une école privée, l’École technique Scientia à Auteuil dirigée alors par Charles-Jérémie Hemardinquer puis retourne en Indochine en 1932.

Revenue à Paris, elle s'inscrit à la faculté de droit, rue Saint-Jacques et dit suivre des cours de mathématiques spéciales. En janvier 1936, elle fait la connaissance de Robert Antelme. Après avoir terminé sa licence et obtenu son diplôme de sciences politiques, elle trouve un emploi de secrétaire au ministère des Colonies début juin 1938. Robert Antelme est mobilisé dans l'armée à la fin de l'été. Duras et Antelme se marient le 23 septembre 1939.

Marguerite Donnadieu cosigne, au printemps 1940, avec Philippe Roques, L'Empire français, une commande de propagande du ministre Georges Mandel dans lequel est cité Jules Ferry : « On ne peut pas mêler cette race jaune à notre race blanche », il est du devoir « des races supérieures de civiliser les races inférieures ». Marguerite Duras désavouera ce livre signé Marguerite Donnadieu. Elle démissionne du ministère en novembre 1940.

Dans la capitale occupée, Robert est engagé à la préfecture de police de Paris. Le couple s'installe rue Saint-Benoît, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. Marguerite est enceinte. Elle accouche d'un garçon mort-né dont elle ne saura jamais faire le deuil. En 1942, elle est recrutée comme secrétaire générale du Comité d’organisation du livre. Elle y préside un comité de lecteurs chargé d'autoriser, ou non, l'attribution aux éditeurs agréés par Vichy d'un quota de papier, qui est très rationné – travail contrôlé par les Allemands. C'est là qu'elle fait la connaissance de Dominique Aury et de Dionys Mascolo, qui devient son amant. Au mois de décembre, elle apprend la mort de son frère Paul, en Indochine.

En 1943, l’appartement du couple devient un lieu de rencontres informelles où des intellectuels comme Jorge Semprun discutent littérature et politique, le groupe de la rue Saint-Benoît. Marguerite se met à l'écriture et publie son premier roman Les Impudents. Elle le signe du nom de Duras, le village où se trouve la maison paternelle. Robert Dionys et elle-même, se mettant au service de la Résistance, se lient à François Mitterrand, alias Morland, qui dirige le RNPG, réseau qui fabrique des faux papiers pour les prisonniers de guerre évadés. Vis-à-vis de la Collaboration, Marguerite Duras s'emploie à un jeu entriste. Au COIACL, elle représente Bernard Faÿ, directeur toujours absent, et acteur majeur de la persécution des maçons. Elle entretient des relations professionnelles avec le principal assistant de Karl Epting, le professeur de philosophie « francophile » et lieutenant détaché Gerhard Heller. Elle s'affiche chez l'écrivain pro-hitlérien Ramon Fernandez, dont la femme, Betty, anime un brillant salon.

Le 1er juin 1944, son groupe tombe dans un guet-apens. Robert Antelme est arrêté par la Gestapo, secourue par Mitterrand, Marguerite Duras s'échappe. Au lendemain du débarquement des alliés, elle apprend que son mari a été emmené à Compiègne d’où partent les trains pour les camps de concentration. Robert est déporté à Dachau. Marguerite entretient une relation ambiguë avec Charles Delval, un agent de la Gestapo qui a fait arrêter son mari et qu'elle aurait séduit pour sauver ce dernier. À la Libération, elle le fera arrêter et condamner à mort. En août, Paris se libère. Début septembre, Betty Fernandez est tondue et internée avec Marie Laurencin à Drancy par les gendarmes français, le 17 septembre, Marguerite les fait libérer. Betty sera un personnage de L'Amant, l'épuration des maîtresses de soldat allemands faisant le sujet central de Hiroshima mon amour.

A cette époque elle écrit les Cahiers de la Guerre qui serviront de contenu au livre La Douleur publié en 1985. À l’automne, elle s’inscrit au Parti communiste français, son nouveau roman, La Vie tranquille, est publié en décembre. Marguerite attend le retour de son époux. Alors que la Libération se poursuit, Dionys, en avril 1945, aidé par Mitterrand, va chercher Robert au camp de Dachau et le trouve moribond. Ces douze mois où elle le soigne, avec le secours d'un médecin, Marguerite Duras les racontera dans La Douleur et Robert Antelme dans L'Espèce humaine.

En 1945, elle fonde avec son mari les éphémères éditions de la Cité Universelle, qui publieront trois ouvrages : L'An zéro de l'Allemagne d'Edgar Morin (1946), les Œuvres de Saint-Just présenté par Dionys Mascolo (1946) et L'Espèce humaine de Robert Antelme (1947). Le couple divorce le 24 avril 1947. Duras épouse Dionys Mascolo, dont elle se sépare quelques années après. Jean, leur fils, naît le 30 juin 1947.

En 1950, la guerre d'Indochine contraint la mère de Marguerite à revenir en France. Début mars, un des camarades, qui serait Jorge Semprún, dénonce Marguerite Duras auprès du Comité central du PCF : elle aurait, lors d'une soirée en compagnie d'autres écrivains, formulé de nombreuses critiques à l'égard de Louis Aragon. Il lui est reproché des « inconvenances envers certains membres du Parti et une ironie trop appuyée ». Un soupçon généralisé s'installe et Marguerite Duras décide de ne plus reprendre sa carte de militante, et déclare que le Parti cherche à salir sa réputation en lui donnant une image sulfureuse. Dès lors, « les rumeurs se multiplient : esprit politique pervers, Duras serait aussi une traînée qui fréquente assidûment les boîtes de nuits (...) une traîtresse du Parti, décadente petite-bourgeoise. » Le 8 mars, elle reçoit une lettre qui lui signifie son exclusion pour tentative de sabotage du Parti par usage de l'insulte et de la calomnie, fréquentation de trotskistes et fréquentation des boîtes de nuit. Dans une ultime lettre adressée au Parti, elle écrit : « je reste profondément communiste, ai-je besoin de dire dans ces conditions que je ne m'associerai jamais à rien qui puisse nuire au Parti. »

Malgré sa rupture avec le Parti communiste, Marguerite Duras s'engage dans de nombreuses causes, la lutte contre la guerre d'Algérie, la revendication du droit à l'avortement.

La même année, son roman d'inspiration autobiographique, Un barrage contre le Pacifique, paraît en juin, il est sélectionné pour le prix Goncourt, mais le manque de peu.

En 1954, elle participe au comité des intellectuels contre la poursuite de la guerre en Algérie.

Dans les années 1950, Marguerite Duras collabore également au magazine Elle, sous le pseudonyme de Marie-Joséphine Legrand.

Elle se sépare de Dionys Mascolo en 1956 et rencontre Gérard Jarlot, journaliste à France-Dimanche, en 1957, année où meurt sa mère. Jarlot travaille avec elle pour diverses adaptations cinématographiques et théâtrales. Pour la première fois, un de ses romans est adapté au cinéma, le Barrage contre le Pacifique que réalise René Clément.

En 1958, elle travaille pour des cinéastes en écrivant le scénario de Hiroshima mon amour avec Alain Resnais puis celui d’Une aussi longue absence pour Henri Colpi. La même année, elle participe à la revue Le 14 juillet, fondée par Dionys Mascolo, en opposition à la prise de pouvoir par de Gaulle.

En automne 1960, elle milite activement contre la guerre d'Algérie, et signe le Manifeste des 121. La même année, elle devient membre du jury du prix Médicis. En 1961, sa relation avec Gérard Jarlot prend fin. En 1963, elle achète un appartement dans l'ancien hôtel « Les Roches noires » à Trouville-sur-Mer. Elle reçoit son premier succès au théâtre avec Des journées entières dans les arbres, joué par Madeleine Renaud en 1965. Ses talents multiples la font maintenant reconnaître dans trois domaines : littéraire, cinématographique et théâtral. Elle met en scène des personnages puisés dans la lecture des faits divers. Elle innove sur le déplacement des acteurs, sur la musicalité des mots et des silences. Fatiguée par l'alcool, elle fait une cure et s'arrête de boire. Pendant « les évènements » de mai 1968, elle se trouve en première ligne au côté des étudiants contestataires et participe activement au comités des écrivains-étudiants.

Marguerite Duras aborde la réalisation cinématographique parce qu’elle est insatisfaite des adaptations que l’on fait de ses romans. Elle tourne en 1966 son premier film La Musica, coréalisé avec Paul Seban, puis Détruire, dit-elle, en 1969. Ce titre évocateur définit son cinéma : celui du jeu des images, des voix et de la musique. « Ce n'est pas la peine d'aller à Calcutta, à Melbourne ou à Vancouver, tout est dans les Yvelines, à Neauphle. Tout est partout. Tout est à Trouville […] Dans Paris aussi j'ai envie de tourner, […] L'Asie à s'y méprendre, je sais où elle est à Paris… » (Les Yeux verts). Le 5 avril 1971, elle signe, avec notamment Simone de Beauvoir, Delphine Seyrig et Jeanne Moreau, le Manifeste des 343, réclamant l'abolition de la loi contre l'avortement.

Elle tourne ensuite Nathalie Granger, dans sa maison de Neauphle-le-Château, India Song, dans le Palais Rothschild à Boulogne, avec la musique de Carlos d’Alessio. Comme dans son travail pour le théâtre, elle réalise des œuvres expérimentales. Par le décalage entre l'image et le texte écrit, elle veut montrer que le cinéma n’est pas forcément narratif : La Femme du Gange est composé de plans fixes, Son nom de Venise dans Calcutta désert est filmé dans les ruines désertes du palais Rothschild en reprenant sa bande son d'India Song, Les Mains négatives, où elle lit son texte sur des vues de Paris désert la nuit. La limite extrême est atteinte dans L'Homme atlantique, avec sa voix sur une image complètement noire pendant trente minutes sur quarante. Après un voyage en Israël, en 1978, elle réalise Césarée, où elle évoque la ville antique sur des images du jardin des Tuileries.

Duras vit alors seule dans sa maison de Neauphle-le-Château. Depuis 1975, elle a renoué périodiquement avec l’alcool. Elle rencontre Jean Pierre Ceton au festival de cinéma de Hyères 1979 qui lui parle d'un groupe d'amis de Caen (dont Yann), elle préfacera son premier roman Rauque la ville. En 1980, elle est transportée à l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye et reste hospitalisée pendant cinq semaines. À son retour, elle écrit à Yann Lemée (dit Yann Andréa), un jeune admirateur rencontré cinq ans plus tôt à Caen — à l’issue d’une projection-débat d’India Song. Après six mois d’abstinence, elle sombre une nouvelle fois dans l’alcool. Serge July, rédacteur en chef de Libération, lui propose d’y tenir une chronique hebdomadaire tout l’été. Un soir, Yann Lemée lui téléphone. Ils se retrouvent à Trouville-sur-Mer. Elle l’héberge, en fait son compagnon et lui donne le nom de Yann Andréa.

En 1981, elle va au Canada pour une série de conférences de presse à Montréal et filme L’Homme atlantique en prenant son compagnon comme acteur. Parce que sa main tremble, Yann écrit sous sa dictée La Maladie de la mort. Elle accepte de faire une cure de désintoxication à l’Hôpital américain de Neuilly en octobre 1982. L'année suivante, Duras dirige Bulle Ogier et Madeleine Renaud dans la pièce de théâtre, Savannah Bay, qu'elle a écrite pour cette dernière.

En 1984, L’Amant est publié et obtient le prix Goncourt. C'est un succès mondial. Il fait d'elle l'un des écrivains vivants les plus lus. En 1985, elle soulève l’hostilité et déclenche la polémique en prenant position dans une affaire judiciaire qui captive l'opinion publique : l’affaire Grégory. Dans une tribune du quotidien Libération du 17 juillet, elle se montre convaincue que la mère, la « sublime, forcément sublime Christine V. », est coupable du meurtre de son enfant, trouvé noyé dans la Vologne en octobre 1984. De nouveau prisonnière de l’alcool, elle tente en 1987 de donner une explication à son alcoolisme dans son livre, La Vie matérielle.

Après avoir vainement tenté l'expérience chez Gallimard et Minuit, Marguerite Duras devient éditrice aux éditions P.O.L. au sein desquelles elle dirige une collection littéraire nommée « Outside ». Paul Otchakovsky-Laurens, directeur de la maison, déclare : « L'idée est venue tout naturellement. Elle me disait qu'elle voulait aider de jeunes auteurs à se faire connaître. Elle voulait les publier et les protéger. Je lui ai donné carte blanche. » Après avoir aidé à la publication d'une dizaine d'œuvres dont celles de Catherine de Richaud, Nicole Couderc et Jean Pierre Ceton, l'expérience cesse en raison de désaccords littéraires entre Duras et la maison P.O.L.

En mai 1987, Marguerite Duras citée comme témoin au procès de Klaus Barbie refuse de comparaître. En juin de la même année, elle publie La Vie matérielle, suivi en septembre par Emily L.

L'Amant devient un projet de film du producteur Claude Berri. À la demande de ce dernier, elle s'attelle à l'écriture du scénario, bientôt interrompu par une nouvelle hospitalisation, le 17 octobre 1988. Souffrant de crise d'emphysème et subissant une trachéotomie, elle est plongée dans un coma artificiel dont elle ne s'éveille que cinq mois plus tard.

Pendant ce temps, le réalisateur Jean-Jacques Annaud contacté, accepte de réaliser le film et en commence l’adaptation. Marguerite Duras sort de l'hôpital en automne 1989 et reprend le projet en cours en rencontrant le cinéaste. La collaboration tourne court et le film se fait sans elle. Se sentant dépossédée de son histoire, elle s'empresse de la réécrire : L'Amant de la Chine du Nord est publié en 1991, juste avant la sortie du film. Duras a désormais des difficultés physiques pour écrire. Cependant, d’autres livres paraissent ; ils sont dictés ou retranscrits. C'est le cas de Yann Andréa Steiner (1992) et d'Écrire (1993).

En 1995, paraît l'ultime opus C'est tout, un ensemble de propos recueillis par Yann Andréa (réédition définitive, 1999). La même année, Le Square entre au répertoire de la Comédie-Française.

Le dimanche 3 mars 1996, à huit heures, Marguerite meurt au troisième étage du 5 rue Saint-Benoît. Elle allait avoir quatre-vingt-deux ans. Les obsèques ont lieu le 7 mars, en l’église Saint-Germain-des-Prés. Elle est enterrée au cimetière du Montparnasse. Sur sa tombe, son nom de plume, deux dates et ses initiales : M D.


03/03/2015
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