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Mag à zine international.

Cela s'est passé un 15 mars...

Dimanche 15 mars 2015 - 24 Ventôse CCXXIII 

74eme  jour - 10eme semaine de l'année 2015  

  Journée internationale des droits des consommateurs

 

Fêtes du jour : Louise,

Aujourd'hui nous fêtons également les Lois, Loïs, Loisa, Loïsa, Loïse, Lou, Louisa, Louisane, Louisanne, Louise-Anne, Louise-Marie, Louisette, Louison, Lou-Anne, Louanne, Loys, Luisa, Luiza, Marie-Louise, Clément-Marie, William, Bill, Billy, Will, Willi, Williams, Wilian, Willie, Willis, Willy, Willyam, Willys, Wilson, Lucrèce, Zacharie, Zachary, Zakaria.

 

Dicton du jour :  

« À la Saint-Zacharie, il y a des corbeaux gris. »

 

Citations sur l'histoire :

 

« Faites attention à l'Histoire officielle que l'imposture se charge de décrire. » 

[Chateaubriand] Mémoires d'outre-tombe

 

 « Faire confiance à l’histoire c’est croire les criminels sur parole. »

 [Simone Veil]

 

 « L'Histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies. »

 [Alexis de Tocqueville]

 

Citations du jour : 

 

« Alea jacta est : le sort est jeté. »

[Jules César] 

 

« Demandez-vous quel serait l'état d'une maison où les jeunes gens mépriseraient les vieillards ; l'état des écoles, si les disciples ne respectaient pas les maîtres ; comment des malades pourraient recouvrer la santé, s'ils n'obéissaient pas aux médecins ; quelle sécurité pourraient avoir ceux qui naviguent, si les matelots n'écoutaient pas les pilotes. La nature a établi deux lois nécessaires au salut des hommes : les uns doivent commander, les autres obéir. Sans ces lois, il n'est rien qui puisse durer même un instant. »

[Jules César] 

 

« La guerre confère aux conquérants le droit d'imposer n'importe quelle condition aux vaincus. »

 

[Jules César] 

 

« Veni, vidi, vici (Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu). »

[Jules César]  

 

« Si les femmes n’existaient pas, tout l’argent du monde ne servirait à rien. »

[Aristote Onassis] 


Évènements : 

 

15 mars 2003 : Hu Jintao devient président de la République populaire de Chine.

 

Résultat de recherche d'images pour "Hu Jintao"Hu Jintao (chinois simplifié : 胡锦涛 ; pinyin : Hú Jǐntāo), né le 21 décembre 1942 à Taizhou, Jiangsu (à environ 300 km à l’ouest de Shanghai), est un homme politique, secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) du 15 novembre 2002 au 15 novembre 2012 et président de la République populaire de Chine du 15 mars 2003 au 14 mars 2013, en ayant été réélu le 15 mars 2008 par l'Assemblée nationale populaire.

Il a été choisi quatre fois par le Time sur sa liste des cent personnes les plus influentes au monde. Fin novembre 2010, il a été élu la personnalité la plus influente du monde, selon le nouveau classement publié par le magazine Forbes.

Né dans une famille de commerçants du centre de l'Anhui, Hu Jintao effectue ses études dans le département d’hydro-électricité à l’université Tsinghua de Pékin. Il adhère au parti communiste en 1964 et alterne ensuite des séjours dans la capitale et dans les régions pauvres de l’Ouest. Instructeur politique à son université entre 1965 et 1968 — en pleine Révolution culturelle — il fait un premier séjour au Gansu en 1968 et un deuxième en 1974.

Hu y est très apprécié de Song Ping, secrétaire du Comité provincial et « conservateur » influent à Pékin, qui devient son protecteur et l'envoie en stage à l’École centrale du parti vers 1980-81. En 1981 Hu Jintao rencontre Hu Deping le fils de Hu Yaobang. Lors du XIIe Congrès du parti (septembre 1982), Hu Jintao devient — avant l’âge de 40 ans — membre suppléant du Comité central et premier Secrétaire national de la Ligue des Jeunesses communistes.

Apprécié par Zhao Ziyang, le nouveau chef réformiste du parti, il est nommé, le 9 décembre 1988, avec le soutien de Deng Xiaoping, au poste de secrétaire du PCC dans la région autonome du Tibet, laquelle connaît des troubles depuis 18 mois, troubles qu'il réprimera. Selon Ronald D. Schwartz, professeur en sociologie agrégé à l'Université Memorial de Terre-Neuve au Canada, s'il remplaça Wu Jinghua, bien vu des Tibétains, officiellement pour raison de santé, l'éviction de ce dernier serait liée à son incapacité à contenir les manifestations au Tibet. Sa nomination signifie la poursuite de la politique de réformes au Tibet. Dès son arrivée le 12 janvier 1989, il annonce un ensemble de projets de développement comportant un accroissement des investissements et mettant l'accent sur le développement de l'économie marchande. Le 18 janvier, il en appelle au respect des coutumes et de la religion locales et à la promotion de la langue tibétaine. Deux mois après sa nomination, et contre l'avis de Zhao Ziyang, il fait transférer au Tibet une dizaine de milliers de militaires. Dans son ouvrage Tibet, Tibet, une histoire personnelle d'un pays perdu, l'historien Patrick French note que Hu Jintao passa à Pékin les deux dernières années de son mandat de secrétaire du Parti communiste de la région autonome du Tibet. Il quitte ce poste en novembre 1992.

À l’automne de 1992, Deng Xiaoping s’intéresse à lui de près et décide de le propulser vers le sommet. Désigné par Deng comme le « noyau de la quatrième génération de dirigeants », Hu Jintao est nommé membre du Comité permanent du Bureau politique du PCC et du Secrétariat du Comité central, nominations sanctionnées par le XIVe Congrès du parti en octobre 1992 (14e Politburo).

Dans sa marche vers le sommet, Hu Jintao est nommé en outre président de l’École centrale du Parti (en octobre 1993), vice-président de la République (mars 1998) et premier vice-président de la Commission militaire centrale (en 1999), au sein du 15e Politburo, puis du 16e et du 17e

Il est élu Secrétaire général du Parti communiste chinois le 15 novembre 2002 et est réélu pour 5 ans le 22 octobre 2007. Il est élu président de la République populaire de Chine le 15 mars 2003 et est réélu pour 5 ans le 15 mars 2008 par l'Assemblée nationale populaire.


Naissances : 

 

Charles Nungesser : né à Paris le 15 mars 1892, décédé quelque part dans l'Atlantique Nord ou en Amérique du Nord le 8 mai 1927.

 

Résultat de recherche d'images pour "Charles Nungesser"As de l'aviation française pendant la Première Guerre mondiale, il disparut avec François Coli lors d'une tentative de traversée Paris-New York sans escale à bord de L'Oiseau blanc.

Charles Eugène Jules Marie Nungesser est né dans le 10e arrondissement de Paris et passe son enfance à Valenciennes, ville dont sa mère, Laure Prignet, est originaire. Il est élève de l'école nationale professionnelle d'Armentières (Nord) de 1905 à 1907 ; une plaque lui rend hommage dans le hall d'honneur de cette prestigieuse école qui est devenue le lycée Gustave Eiffel. Nungesser part à l'âge de quinze ans en Amérique du Sud, où il exerce différents métiers : cow-boy, boxeur, pilote de course automobile. Il découvre également l'aviation naissante et commence à piloter.

Revenu en France avant la déclaration de guerre, il s'engage au 2e régiment de hussards, où il obtient la médaille militaire après dix jours de combat. Il parvient, après avoir passé seul les lignes ennemies, à capturer une automobile Mors et à tuer les quatre officiers prussiens, puis à ramener la voiture au quartier-général de sa division avec des plans trouvés sur les officiers prussiens. Son général le surnomme « le hussard de la Mors » en référence à cet exploit (et bien sûr aux Hussards de la mort) et l'autorise à passer dans l'aviation. Il est cité à l'ordre de l'armée :« Le 3 septembre [1914], son officier ayant été blessé au cours d’une reconnaissance, le mit d’abord à l’abri ; puis, avec l’aide de quelques fantassins, après avoir mis les officiers qui l’occupaient hors de combat, s’empara d’une auto et rapporta les papiers qu’elle contenait en traversant une région battue par les feux de l’ennemi. »

Il intègre à Dunkerque l'escadrille VB 106, dans laquelle il pilote un bombardier Voisin III et accomplit 53 missions de bombardement. Mais il s'en sert aussi à l'occasion pour faire la chasse des avions qu'il croise : le 30 juillet 1915, il abat un Albatros allemand au cours d'un vol d'essai, ce qui lui vaut la Croix de Guerre et une mutation dans l'escadrille de chasse N 65 (équipée de Nieuport « Bébé ») basée à Nancy. À plusieurs reprises, il termine des patrouilles de chasse par des acrobaties au-dessus de son terrain, ce qui lui vaut huit jours d'arrêts. Sa punition est toutefois levée lorsqu'il abat un biplace Albatros le 28 novembre 1915.

En février 1916, il est grièvement blessé en s'écrasant au décollage aux commandes d'un prototype d'avion de chasse de type Ponnier. Le manche à balai lui traverse le palais et lui fracasse la mâchoire, et il se fracture les deux jambes. Le 28 mars, il sort de l'hôpital sur des béquilles, refuse sa réforme et retourne à son escadrille. Il doit alors se faire porter et extraire de son avion.

Il participe à la bataille de Verdun et y remporte dix victoires, jusqu'au 22 juillet 1916, avant de survoler le front de la Somme. C'est là qu'il fait peindre sans doute pour la première fois son insigne personnel sur son Nieuport 17 : une tête de mort aux tibias entrecroisés, surmontée par un cercueil entouré de deux chandeliers, le tout dessiné dans un cœur noir. Il remporte neuf autres victoires homologuées sur la Somme avant la fin de l'année 1916, portant son total à 21, avec notamment un « triplé » le 26 septembre.

Mais son état de santé est très précaire depuis son accident de février 1916, auquel s'ajoutent diverses blessures en combat. Il doit repartir à l'hôpital et ne parvient à en sortir qu'après avoir négocié un accord avec ses médecins et l'état-major : il devra retourner à l'hôpital après chacun de ses vols pour y suivre son traitement. Il est détaché à l'escadrille VB 116, une escadrille de bombardement qu'il rejoint avec son chasseur Nieuport à Dunkerque au mois de mai 1917. Cette escadrille a la particularité d'être à côté d'un hôpital. Il remporte neuf autres victoires avant la fin de l'année 1917.

Son état de santé s'améliorant, il peut rejoindre son escadrille, la N 65. Mais à peine est-il de retour qu'il est victime d'un grave accident de voiture, en octobre 1917, dans lequel périt son fidèle mécanicien Roger Pochon, qui était au volant. Nungesser retourne à l'hôpital. Jusqu'à la fin de la guerre, malgré ses lourds handicaps physiques, il continue d'accumuler les succès, mais se fait dépasser par René Fonck et Georges Guynemer en nombre de victoires.

Le 15 août 1918, il abat plusieurs Drachens et remporte sa 43e victoire homologuée, qui est aussi la dernière.

Sur proposition du sous-secrétaire d'État à l'Aéronautique, Nungesser monte à Orly une école de pilotage où l'aviatrice Hélène Boucher fait ses premiers vols. Mais l'école fait faillite. Il part alors en tournée exhibition (55 représentations aux États-Unis) où il reconstitue ses principaux combats.

L'aviation connaît alors un développement important et les pilotes chevronnés mènent des raids pour battre tous les records, encouragés par des initiatives telles que le prix Orteig de 25 000 dollars offert au premier aviateur à réussir la traversée de l'Atlantique entre New York et Paris. En 1919, les Britanniques John Alcock et Arhtur W. Brown réalisent la première traversée par avion de l'Atlantique Nord entre Terre-Neuve et l'Irlande.

En 1927, dévoré par le besoin de se surpasser, Nungesser forme avec François Coli le projet de rallier Paris à New York, sans même s'inscrire au prix Orteig. Depuis 1923, François Coli envisageait un vol transatlantique sans escale avec son camarade de guerre Paul Tarascon. À la suite d'une blessure en vol, ce dernier abandonne le projet, laissant la voie libre à Nungesser.

Résultat de recherche d'images pour "Charles Nungesser"Le duo décolle de l'aéroport du Bourget le 8 mai 1927, à destination de New York, à bord de L'Oiseau blanc, un biplan Levasseur frappé de l'insigne de guerre de Nungesser. Leur avion, qui est aperçu pour la dernière fois au large des côtes irlandaises, n'atteindra jamais New York. Au cours des années, plusieurs enquêtes et investigations furent entreprises afin d'éclaircir le mystère de la disparition de Nungesser et Coli. L'appareil n'ayant jamais été retrouvé, l'hypothèse communément acceptée voudrait que l'avion se soit abîmé en mer du fait d'une violente tempête ou du manque de carburant. Depuis les années 1980, des recherches ont été menées dans l'État américain du Maine, à Terre-Neuve et chaque année depuis 2009 à Saint-Pierre-et-Miquelon où, selon Bernard Decré, les aviateurs auraient pu être abattus par des trafiquants d'alcool ou des garde-côtes, Saint-Pierre étant alors un haut lieu de la contrebande vers les États-Unis soumis à la Prohibition.

Deux semaines après la disparition de L'Oiseau blanc, l'aviateur américain Charles Lindbergh réussit la première traversée transatlantique de New York à Paris. Le public français, encore en deuil de Nungesser et Coli, célébra toutefois avec enthousiasme la performance de Lindbergh.


Philippe de Broca : né le 15 mars 1933 à Paris, décédé le 26 novembre 2004 à Neuilly-sur-Seine, enterré en Bretagne à Sauzon (Belle-Île-en-Mer), avec pour épitaphe: « J'ai bien ri ». 

 

Résultat de recherche d'images pour "Philippe de Broca"Cinéaste français. Il réalisa 30 longs métrages dont certains furent d’immenses succès comme L’Homme de Rio, Le Magnifique ou Le Bossu. Son œuvre englobe le film à grand spectacle, historique et sentimental comme Chouans ou Le Roi de Cœur, et la comédie où le héros dynamique et désinvolte est prêt à toutes les aventures pour fuir le quotidien moderne comme Le Cavaleur, Le Diable par la queue et L’Africain. Son nom est associé au comédien Jean-Paul Belmondo avec qui il signera 6 films mais aussi Jean-Pierre Cassel, Philippe Noiret, et Jean Rochefort.

Fils d’un industriel du cinéma et petit-fils d’Alexis de Broca, peintre de renom, Philippe de Broca fait ses études à l’école technique de photographie et de cinématographie (école Vaugirard à Paris) dont il sort diplômé en 1953. Il effectue son service militaire au service cinématographique des armées (SCA) en Allemagne puis en Algérie comme chef operateur ou réalisateur de courts métrages. Très affecté par la guerre, il se jure de montrer dans ses futurs films la vie sous son meilleur jour « parce que le rire est la meilleure défense contre les drames de la vie. » De retour à la vie civile il part dans une expédition de camions Berliet en Afrique qu’il traverse du nord au sud avant de rentrer à Paris.

Il débute comme stagiaire d’Henri Decoin avant de devenir l’assistant de Claude Chabrol (Le Beau Serge, Les Cousins, À double tour), de François Truffaut (Les 400 coups) et de Pierre Schoendoerffer (Ramuntcho) . En 1959, Claude Chabrol lui produit son premier film Les jeux de l’amour avec Jean-Pierre Cassel. Il poursuivra sa complicité avec Cassel dans Le Farceur (1961), L’Amant de 5 jours (1961) et Un Monsieur de Compagnie (1965).

Son premier succès commercial arrive avec Cartouche tourné en 1962, qui associe désormais deux noms dans la carrière de Philippe de Broca : Jean-Paul Belmondo comme acteur et Alexandre Mnouchkine comme producteur. La consécration internationale est acquise avec L’homme de Rio en 1964, Les tribulations d’un chinois en Chine en 1965, Le Magnifique en 1973 et L’Incorrigible en 1975. En 1966, il co-écrit, réalise et produit Le Roi de cœur. Cette parodie de la guerre de 1914, que certains cinéphiles considèrent comme son chef-d’œuvre, est un échec commercial et personnel qui l’atteindra.

Il poursuit sa carrière en retrouvant la comédie, qui n’est en apparence que du pur divertissement avec Le Diable par la queue interprété par Yves Montand en 1969, puis Tendre Poulet en 1978 et On a volé la cuisse de Jupiter en 1980 avec Philippe Noiret et Annie Girardot, et enfin Le Cavaleur en 1979 avec Jean Rochefort.

En 1988, son film Chouans avec Sophie Marceau et Philippe Noiret qui est une mise en question des philosophies de l’histoire, ne rencontre pas le succès escompté.

Il réalise alors une dizaine de téléfilms appréciant la rapidité des tournages et la vie d’équipe avant de renouer avec le succès en adaptant Le Bossu pour Daniel Auteuil en 1997.

En 2004 Philippe de Broca tourne l’adaptation de Vipère au poing avec Jacques Villeret et Catherine Frot. Ce sera son dernier rendez-vous réussi avec le public qu’il ne savourera pas ; rattrapé par un cancer il décédera le 26 novembre 2004. Son œuvre durant toute sa carrière alternera entre deux tendances : les films à grand spectacle comme Cartouche, Le Roi de cœur ou Le Bossu, et la comédie d’aventures vive, rythmée et contemporaine comme L'Homme de Rio, Le Magnifique ou Le Cavaleur. Pourtant cette classification ne s’applique que non sans mal à l’œuvre de Philippe de Broca, car l’homme détestant la convention aime à brouiller les pistes entre le réel et l’imaginaire. Son cinéma que l’on croyait léger devient pour les cinéphiles un cinéma qui pense et qui interpelle sur la société de la deuxième partie du XXe siècle.

La fidélité à ses acteurs, constante que l’on retrouve dans ses films, s’applique aussi pour des collaborations fidèles avec les auteurs Daniel Boulanger et Michel Audiard et une complicité musicale exceptionnelle avec Georges Delerue.

Aujourd’hui Philippe de Broca est reconnu par la jeune génération de réalisateurs qui ne cesse de faire référence à son œuvre.


Décès :

 

Jules César (latin : Caius Iulius Caesar IV à sa naissance, Imperator Iulius Caesar Divus après sa mort) : né à Rome le 12 ou le 13 juillet 100 av. J.-C. et mort le 15 mars 44 av. J.-C. (aux Ides de Mars), dans la même ville.

 

Résultat de recherche d'images pour "Jules César"Général, homme politique et écrivain romain, son destin exceptionnel marqua le monde romain et l'histoire universelle. Ambitieux et brillant, il s’appuya sur le courant réformateur et démagogue pour son ascension politique ; stratège et tacticien habile, il repoussa les frontières romaines jusqu’au Rhin et à l’océan Atlantique en conquérant la Gaule, puis utilisa ses légions pour s’emparer du pouvoir. Il se fit nommer dictateur à vie, et fut assassiné peu après par une conspiration de sénateurs. Il fut divinisé et son fils adoptif Octave, vainqueur de Marc Antoine, acheva la réforme de la République romaine, qui laissa place au principat et à l’Empire romain.

César affirmait avoir pour ancêtre Iule (ou Ascagne), fils d’Énée et de Créuse, amené en Italie par son père après la chute de Troie. Ce fondateur d’Albe la Longue était considéré comme le créateur de la vieille famille des Iulii qui, selon l’empereur Claude, se joignit ensuite aux patriciens de Rome. Par ce lignage, César revendiqua, lorsqu’il prononça l’éloge funèbre de sa tante Julia, une ascendance remontant à Vénus dont il célébrera les vertus génitrices (Vénus Genitrix).

En réalité les Iulii historiquement connus furent une famille patricienne d'importance mineure, qui exerça quelques consulats mais ne faisait pas partie, au Ier siècle av. J.-C., de la cinquantaine de familles de la nobilitas qui fournissaient la plupart des consuls. Les Julii connurent des revers de fortune, et Jules César grandit dans une insula assez modeste du bas quartier de Subure, de mauvaise réputation.

Caius Julius César naît vers 100 av. J.-C., fils de Caius Julius Caesar III et d’Aurelia Cotta, également d’origine patricienne. Malgré les sources historiques, la date précise de cette naissance reste incertaine : le 12 juillet ou le 13 juillet 100 av. J.-C. ou 102 av. J.-C.

Selon Tacite, en mêlant dévouement maternel et ferme discipline, sa mère Aurelia donne à Caius et ses deux sœurs Julia une éducation exemplaire. Cicéron attribuera à cette éducation familiale et à des études assidues l’élégance du latin de César et la qualité de son éloquence. Plutarque et Suétone souligneront aussi son art des relations en société tout au long de sa vie : amabilité et politesse envers ses hôtes, prodigalité sans retenue, savoir-vivre et bonne tenue dans les banquets (Caton, qui pourtant le déteste, lui accorde qu’il est le seul ambitieux qui ne s’enivre pas), conversation brillante et cultivée. Ces qualités de séduction seront ses premiers atouts dans la vie publique romaine.

Son père, Caius Julius Caesar III, ne dépasse pas, dans sa carrière politique, le rang de préteur en 92 av. J.-C., et meurt subitement un matin en mettant ses chaussures ; César est alors âgé de quinze ans. Son oncle, Sextus Julius Caesar III, obtient le consulat en 91 av. J.-C. mais meurt au siège d’Asculum lors de la Guerre sociale.

César développe activement ses relations, dépensant beaucoup en réceptions, et entame le parcours politique classique (cursus honorum) : tribun militaire, questeur en 69 av. J.-C. en Espagne, puis édile en 65 av. J.-C., il capte la faveur du peuple en rétablissant le pouvoir des tribuns de la plèbe et en relevant les statues de Marius. Chargé de l’organisation des jeux, il emprunte massivement pour en donner de spectaculaires, alignant selon Plutarque le nombre record de 320 paires de gladiateurs.

Parallèlement, César poursuit son activité judiciaire, pour des causes qui flattent le courant des populares. En 64 av. J.-C., il intente des procès contre d’anciens partisans de Sylla, fait condamner Lucius Liscius et Lucius Bellienus, payés pour avoir ramené la tête de proscrits. Mais il échoue contre Catilina, les jurés se refusant à condamner un membre de la vieille famille des Cornelii. L’année suivante en 63 av. J.-C., avec l’aide du tribun de la plèbe Titus Labiénus, César tente un coup juridique extravagant en accusant de haute trahison le vieux sénateur syllanien Gaius Rabirius pour des faits anciens de trente-sept ans : le meurtre du tribun de la plèbe Saturninus. L’affaire est sans précédent depuis le légendaire procès d’Horace. Cicéron assure la défense de Rabirius (Pro Rabirio), mais les deux juges désignés par le préteur ne sont autres que César lui-même et son cousin Sextus. Rabirius est condamné, mais fait appel au peuple romain, son jugement devant les comices est reporté puis l’affaire est finalement abandonnée.

César se fait élire en 63 av. J.-C. au titre de pontifex maximus grâce à une campagne financée par Crassus. Il dépense d’importantes sommes d’argent et contracte de nombreuses dettes, afin de remporter les suffrages des comices tributes, contre deux anciens consuls (Servilius Isauricus et Q. Catulus), plus âgés et expérimentés que lui. Selon l’usage, César s’installe dans la demeure du pontife à la Regia, et exercera la fonction de grand Pontife jusqu’à sa mort.

Désigné préteur urbain pour l’année suivante au moment de la conjuration de Catilina (63 av. J.-C.), il ne fait rien pour la prévenir et est soupçonné de connivence. Salluste, qui est un partisan de César, attribue ces soupçons à des manœuvres calomnieuses de Q. Catulus et C. Pison, adversaires politiques de César. Appien considère pour sa part que Cicéron n’ose pas mettre en cause César en raison de sa popularité. Lors du vote au Sénat sur le sort des complices de Catilina, César s’oppose à leur exécution immédiate qu'il considère illégale, et propose de répartir les conjurés à travers les prisons des municipes, mais son avis est mis en minorité après l'intervention de Caton.

Envoyé comme propréteur en Bétique (Espagne) en 60 av. J.-C., il ne peut partir qu’après avoir donné des cautions à ses créanciers. Son départ précipité de Rome est motivé par sa volonté d’échapper à une action judiciaire éventuellement engagée à la fin de sa charge. César mène son premier commandement par une offensive contre les peuples ibères encore insoumis. Après avoir pacifié la province, il revient à Rome afin d’y défiler en triomphe pour son succès militaire puis de briguer le consulat. Mais les préparatifs du triomphe lui imposent de stationner hors de Rome, tandis qu’il doit y être présent pour poser sa candidature dans les délais. Il demande une dérogation, que Caton fait traîner en palabres. César doit choisir, et renonce à son triomphe pour viser le consulat.

L’homme le plus en vue à cette date est Pompée, après sa victoire en Orient contre le roi Mithridate VI Eupator. Cette campagne a permis à Rome de s’étendre en Bithynie, au Pont et en Syrie. Pompée revient couvert de gloire avec ses légions, mais conformément à la règle, il les licencie après avoir reçu le triomphe, en 61 av. J.-C..

Au faîte de la gloire, Pompée demande des terres pour ses anciens soldats et la confirmation des avantages qu’il a promis pour les cités et princes d’Orient, mais le Sénat refuse. César exploite opportunément la déception de Pompée, le rapproche de Crassus, et forme avec eux le premier triumvirat. Cet accord secret scelle une alliance entre les trois hommes, chacun s’abstenant de réaliser des actions nuisibles à l’un des trois. César renforce peu après cette alliance en mariant sa fille Julia à Pompée.

Premier triumvirat.

Grâce au financement de sa campagne électorale par Crassus, César est élu consul en 59 av. J.-C., en ralliant notamment à sa cause Lucius Lucceius un de ses éventuels compétiteurs. Durant son mandat, il ne laisse à son collègue le conservateur Marcus Calpurnius Bibulus qu’une ombre d’autorité. Bibulus et Caton multiplient les actions d’obstruction contre César, mais ils sont chassés du forum lors de la promulgation d’une loi agraire. À la suite de cet incident, Bibulus se retire chez lui jusqu’à la fin de son mandat, laissant le pouvoir à César qui l’exerce seul. L’historien romain Suétone rapporte quelques vers décrivant la situation politique : « Ce que César a fait, qui d’entre nous l’ignore ? - Ce qu’a fait Bibulus, moi je le cherche encore. »

César peut désormais légiférer comme un tribun, selon l’expression de Plutarque, satisfaire les revendications des populares, rendre des gages à Pompée et gagner de nouveaux soutiens auprès des chevaliers et des provinciaux : passant outre les protestations des sénateurs Lucullus et Caton, il fait ratifier les initiatives de Pompée qui avait réorganisé les principautés du Moyen-Orient sans demander l’avis du Sénat ; il promulgue plusieurs lois agraires : distribution aux vétérans de Pompée de parcelles des terres publiques (l’ager publicus), faisant de Capoue une colonie romaine, achat de terres à des particuliers qui sont ensuite distribuées à 20 000 citoyens pauvres. La diminution d’un tiers du fermage dû par les publicains à l’État est une aubaine pour les chevaliers, affairistes et banquiers (lex de publicanis). Sa loi contre la concussion (lex Iulia de repetundis) permet enfin de sanctionner d’amendes les gouverneurs de province qui monnayent leurs interventions ou se livrent à des exactions financières. Enfin, il place le Sénat sous le contrôle de l’opinion publique, en faisant publier les comptes rendus de séance (Actus senatus).

Cette activité politique va de pair avec une activité mondaine soutenue : Suétone prête à César, entre autres maîtresses, les épouses de Crassus et Pompée, et, ce qui paraît mieux attesté, Servilia la demi-sœur de Caton. Plus officiellement, César épouse Calpurnia, fille de Calpurnius Pison, consul désigné pour l’année suivante, ce qui lui assure une future protection politique. César se fait un autre allié dans la personne de Clodius Pulcher, qui avait pourtant courtisé sa précédente épouse, en satisfaisant une requête qui lui tenait à cœur : troquer son rang de patricien pour celui de plébéien et postuler ainsi à l’élection de tribun de la plèbe.

César profite de sa popularité pour préparer l’étape suivante de sa carrière : normalement, le Sénat prolonge le mandat d’un consul par le proconsulat d’une province pour un an. César contourne cette règle avec l’aide du tribun de la plèbe Publius Vatinius : celui-ci fait voter par le peuple un plébiscite qui confie à César, et pour cinq ans, deux provinces, la Gaule cisalpine et l’Illyrie, avec le commandement de trois légions (lex Vatinia). Pour sauver une apparence d’autorité, le Sénat lui accorde en plus la Gaule transalpine et une quatrième légion.

Suétone rapporte que César, se vantant devant le Sénat d’être enfin parvenu à ses objectifs, et promettant une victoire éclatante en Gaule, reçut un outrage d’un de ses nombreux adversaires qui s’écria « Cela ne sera pas facile à une femme ». César répliqua que cela n’avait pas empêché Sémiramis de régner sur l’Assyrie, et les Amazones de posséder jadis une grande partie de l’Asie.

En nommant lui-même les magistrats supérieurs, César arrête le cycle corrupteur des campagnes électorales ruineuses financées par l’extorsion financière sur les provinces, et soulage enfin la charge de celles-ci ; mais ceci réduit les profits des brasseurs d’argent que sont les publicains et remplace la compétition politique par un arbitraire et une flagornerie indigne qui suscitent des oppositions : pour l’année 44 av. J.-C., César désigne Marc Antoine comme consul, Marcus Junius Brutus et Cassius comme préteurs. Selon Plutarque, la déception de Cassius qui espérait le consulat est une des raisons qui l’amènent à comploter. Tous les historiens romains le présentent comme l’instigateur principal du complot contre César. Cassius regroupe peu à peu une coterie d’opposants, d’anciens pompéiens graciés par César, mais également, notent les historiens modernes, des césariens qui ont servi lors de la guerre des Gaules, notamment Decimus Junius Brutus Albinus, qui aurait joué un rôle majeur et plusieurs autres. Ces derniers redoutent vraisemblablement l’expédition militaire que prépare César contre les Parthes qui serait suivie d’un retour par la Scythie et la Germanie.

Résultat de recherche d'images pour "Jules César funérailles"Les comploteurs cherchent en Marcus Junius Brutus le chef symbolique idéal : il porte le nom mythique de Brutus qui chassa Tarquin le Superbe, le dernier roi qui régna sur Rome en tyran. Neveu et admirateur de Caton, Brutus, souvent tenu pour stoïcien, mais en réalité bien plus proche de l'Académie, pouvait de surcroît trouver dans ses convictions philosophiques des raisons d'agir contre un « tyran ». Il a épousé Porcia, fille de Caton et veuve de Bibulus, et par conséquent il est l’héritier moral des derniers républicains. Toutefois, César l’a comblé de faveurs et l’a nommé préteur urbain. Les comploteurs mènent donc une approche psychologique : ils parsèment chaque jour le tribunal que préside Brutus de messages anonymes qui invoquent le Brutus chasseur de roi : « Brutus, tu dors, tu n’es pas le vrai Brutus ! ». Ensuite, Cassius convainc Brutus d’agir contre César. Présenter Brutus comme l’inspirateur du complot contre César permet de fédérer d’autres opposants.

Les rumeurs de complot parviennent à César, qui ne s’en soucie pas, répondant qu’il est au courant, ou même en plaisante : quand on l'informe que Brutus complote, César rétorque en se pinçant « Il attendra bien la fin de cette carcasse ! ». Le 14 février 44 av. J.-C., le Sénat confère à César la dictature perpétuelle. Son pouvoir est désormais sans limite, même l’intercessio des tribuns ne peut s’exercer sur son imperium. Tout espoir d’une abdication comme celle de Sylla et d’un retour à la République d’avant la guerre disparaît. César prend alors des décisions surprenantes : il décrète une amnistie générale, et licencie sa garde personnelle.

Autre inconséquence aux yeux des historiens romains, César néglige les présages : avertissements des devins, mise en garde pour la période allant jusqu’aux Ides de Mars, cauchemar de son épouse Calpurnia la veille des ides. Tout au plus, apprenant les signes néfastes observés sur les victimes offertes en préliminaire de la réunion au sénat, César se résout à ne prendre aucune décision importante ce jour-là.

Les conjurés ont prévu leur attentat aux Ides de Mars (15 mars de l’an 44 av. J.-C.), au début de la réunion du Sénat dans la Curia Pompeia sur le Champ de Mars. Seul César est visé, Marc Antoine qui accompagne César est attiré à l’écart par des faux solliciteurs, tandis que César est entouré par le groupe des conjurés. Métellus s’assure que César ne porte aucune protection, et tous l’assaillent : il tombe percé de 23 coups de poignard. Le coup ultime vient de Brutus. Les derniers mots de César auraient été pour ce dernier, en grec, et non en latin comme on l'affirma à l'époque moderne « Toi aussi, mon fils ».

Pas moins de onze auteurs antiques ont rapporté l’attentat, avec plus ou moins de détails. Si le fait est bien connu, l’analyse de ses causes est délicate. Officiellement, les conjurés ont éliminé César pour l’empêcher de devenir roi et pour sauver la République. L’accusation d’aspirer à la royauté était le procès d’intention quasi rituel des conservateurs romains pour éliminer tout homme politique trop favorable aux revendications populaires. Les écrivains romains ont relevé comme autant d’indices ce qui peut étayer cette suspicion :

  • Des rumeurs circulent disant que César recevrait le titre de roi pour son expédition en Orient, car selon la prophétie des Livres sibyllins, seul un roi pouvait vaincre les Parthes.
  • De retour d’Albe, César est salué du nom de roi par ses partisans, ce qui agite la foule. Il rétorque qu’il ne s’appelle pas Roi mais César, et il poursuit son chemin mécontent.
  • Lorsque les sénateurs viennent à la tribune du forum lui annoncer les nouveaux honneurs qu’ils lui ont votés, il ne se lève pas, manquant au respect dû au Sénat.
  • Le 15 février de la fête des Lupercales, Marc Antoine propose à César le diadème royal, que celui-ci repousse sous les acclamations de la foule. Marc Antoine insiste, et le refus de César est de nouveau applaudi. César fit porter ce diadème au temple de Jupiter Capitolin.
  • Un matin on trouve des statues de César couronnées du bandeau royal. Deux tribuns de la plèbe interviennent, les enlèvent et arrêtent des césariens qui avaient salué César du nom de roi. César réagit en destituant ces tribuns.

Plutarque affirme que César voulait détruire la République et devenir roi. Parmi les historiens modernes, Jérôme Carcopino suit cet avis, et Joël Schmidt voit dans cette liste autant de gestes voulus par César pour sonder l’opinion romaine sur l’idée de le couronner roi. D’autres historiens modernes sont plus circonspects dans l’interprétation des éléments cités par Plutarque et Suétone : pour Marcel Le Glay, il est difficile de séparer la réalité et la rumeur, et si César n’a pas voulu lui-même la royauté, certains dans son entourage l’ont voulu, et les Romains l’ont cru ou ont feint de le croire. Christol et Nony rappellent que César « sut toujours donner le change sur ses intentions réelles » et considèrent que ce problème n’est pas soluble. Plus encore, Ronald Syme estime que ce problème « n’a pas à être posé. César fut tué pour ce qu’il était, non pour ce qu’il aurait pu devenir. En revêtant la dictature à vie, il semblait écarter tout espoir de retour à un gouvernement normal et constitutionnel. Le présent était insupportable, l’avenir bouché. ».

Mais Suétone complique les analyses sur la fin de César en ouvrant une autre piste : César aurait eu la mort qu’il souhaitait. Là encore, Suétone produit ses indices :

  • selon certains de ses parents, il n’aurait pas tenu à vivre davantage, et aurait préféré succomber aux complots plutôt que d’être toujours sur ses gardes
  • lors d’un banquet chez Lépide, à la question philosophique sur le genre de fin que l’on préférait, César avait répondu « soudaine et inattendue ».
  • le licenciement de sa garde personnelle, un mois avant, qui l’exposait sans protection.
  • l’indifférence aux avertissements sur les complots, et aux prédictions défavorables.

César désigna dans son testament trois héritiers, les petits-fils de ses sœurs, à savoir Octave, Lucius Pinarius Scarpus et Quintus Pedius. Il légua les trois quarts de son héritage au premier et le quart restant aux deux autres. Dans la dernière clause de son testament, César adopta Octave, le futur empereur Auguste, et lui donna son nom. Enfin, il légua au peuple romain ses jardins près du Tibre et trois cents sesterces par tête.
Le 20 mars, un bûcher fut dressé sur le champ de Mars, près de la tombe de sa fille Julia, et l’on imagine évidemment l’effet dramatique de cette proximité. Le corps du César, couché sur un lit d’ivoire tendu de pourpre et d’or, fut d’abord déposé dans une chapelle dorée, édifiée sur le forum, devant la tribune aux harangues. À sa tête, sa toge ensanglantée était exposée sur un trophée. Comme le corps reposait, face vers le ciel, et ne pouvait être vu, on éleva au-dessus de lui une effigie de cire grandeur nature, afin que la foule pût contempler les vingt-trois blessures (trente-cinq selon d’autres auteurs) qui lui avaient été sauvagement infligées au corps et au visage. Pour souligner l’ignominie de ce crime, Marc Antoine fit lire, en guise d’oraison funèbre, la liste des honneurs qui avaient été dévolus à César, ainsi que le serment qu’avaient prêté les sénateurs de défendre sa vie. On chanta des vers parmi lesquels revenaient, pour susciter la compassion, une citation empruntée au Jugement des Armes de Pacuvius : « Fallait-il les sauver pour qu’ils devinssent mes meurtriers ? » Compte tenu de la mansuétude dont César avait obstinément fait preuve à l’égard de Brutus, c’était particulièrement bien choisi.

Chavirée par l’habile et pathétique mise en scène, la foule en colère entassa autour du lit funèbre le bois arraché aux boutiques avoisinantes, et tout ce qui lui tombait sous la main pour construire un bûcher d’apothéose, comme elle l’avait fait quelques années plus tôt pour les funérailles de Clodius. Les vétérans de ses légions y jetèrent leurs armes et certaines femmes les bijoux qu’elles portaient. Les Juifs, qui n’oubliaient pas que César leur avait permis de relever les murs de Jérusalem abattus par Pompée, se réunirent plusieurs nuits de suite autour de son tombeau pour le pleurer.

Résultat de recherche d'images pour "Jules César funérailles"On raconte que lorsque Caius Matius organisa des jeux funéraires en juillet -44 à l’occasion de l’anniversaire de sa naissance, la comète de César se mit à briller dans le ciel (apparition également attestée par les astronomes chinois) et l’Etna entra en éruption, faisant de sa mort un bouleversement cosmique. À l’emplacement où il fut incinéré, son petit-neveu et fils adoptif, le futur Auguste, fit ériger un temple. De nos jours, on vient parfois de fort loin pour y déposer quelques fleurs, un poème, une bougie et perpétuer le souvenir de celui qui voulut être « le premier dans Rome »… La plaque commémorative apposée par la ville à l’intention des visiteurs, emprunte à Appien son récit de l’événement :

« … Et on le ramena sur le Forum, là où se trouvait l’ancien palais des rois de Rome ; les plébéiens rassemblèrent tous les objets de bois et tous les bancs dont regorgeait le Forum, et toutes sortes d’autres choses analogues, puis par-dessus mirent les ornements très abondants de la procession, plusieurs rapportèrent encore de chez eux quantité de couronnes et de décorations militaires : ensuite ils allumèrent le bûcher et passèrent la nuit en foule auprès de lui ; c’est là qu’un premier autel fut érigé, et que maintenant se trouve le temple de César, qui, juge-t-on, mérite d’être honoré comme un dieu… »


Aristote Socrate Onassis (en grec Αριστοτέλης Σωκράτης Ωνάσης / Aristotélis Sokrátis Onásis) : né le 15 janvier 1906 à Smyrne, Empire ottoman, décédé le 15 mars 1975 à Neuilly-sur-Seine, France.

 

Résultat de recherche d'images pour "Aristote Socrate Onassis"Célèbre armateur grec du XXe siècle et l'une des personnalités les plus marquantes de la vie mondaine internationale des années 1950 aux années 1970. Il fut l'amant de Maria Callas et l'époux de Jacqueline Kennedy de 1968 jusqu'à sa mort.

Né dans l'Empire ottoman, dans le quartier grec de Smyrne (aujourd'hui Izmir en Turquie), Aristote Onassis est le fils de Socrate Onassis, un important négociant en tabac qui a fait fortune en s'installant avec ses frères dans cette ville cosmopolite et commerçante. Socrate Onassis est un des plus riches citoyens de la ville : outre ses activités de négociant et banquier à ses heures, il est le Président de la banque locale et de l'hôpital. Si la date de décès d'Aristote Onassis ne pose aucun problème, il en va tout autrement de sa date de naissance. En effet, comme les archives de Smyrne ont brûlé pendant l'incendie de 1922, il est quasiment impossible de retrouver sa véritable date de naissance. Deux suppositions : 1900 (comme inscrit sur son passeport argentin) et 1906 (selon son passeport grec). Plus vraisemblablement, en fonction des témoignages, et par recoupement, on peut penser qu'Aristote Onassis est né en janvier 1906.

La famille habite une grande maison à flanc de colline et sur la côte, dans le quartier de Karatas, au sud de Smyrne. L'enfance d’« Aristo », comme sa famille le surnomme, est heureuse, jusqu'à ce que sa mère meure des suites d'une insuffisance rénale, alors qu'il n'a que 6 ans. Dès lors, il est élevé par sa grand-mère.

Le jeune Aristote ne se montre pas très doué pour les études. Son père avait rêvé pour lui d'un parcours dans les universités les plus prestigieuses d'Europe. Le fils ne veut rien savoir. Il préfère passer son temps dans les bureaux ou les entrepôts paternels. Pour se détendre, il pratique l'aviron, la natation, et devient un sportif assidu.

Tout cela est remis en cause en 1922. Cette année-là, les Turcs ont décidé de chasser d'Asie Mineure toute présence grecque. Pendant les terribles journées du 8 au 17 septembre 1922, Smyrne est détruite dans le feu et dans le sang par l'armée de Mustapha Kemal. Une partie de la famille Onassis est massacrée, comme beaucoup d'autres. Le père d'Aristote est arrêté et envoyé dans un camp de prisonniers. La maison familiale est réquisitionnée pour y loger un général turc, ce qui entraîne le départ des femmes pour un camp de transfert. Dans cette ville livrée aux massacres, où les hommes âgés de 17 à 45 ans sont déportés dans les camps de travail d'où la plupart ne sont jamais revenus, le jeune Aristote Onassis, qui n'a pas encore dix-sept ans, réussit pourtant à sauver sa vie. C'est lui-même qui a évoqué cet épisode dramatique : resté pour rendre service au général turc et à son aide de camp, il obtient un laissez-passer de James Loden Park, le vice-consul des États-Unis à Smyrne, document qui lui permet d'accéder à la zone de la marine américaine. Avec l'aide de Park, sa famille est embarquée sur un navire et transportée à Lesbos ; lui-même trouve un peu plus tard un passage sur un destroyer américain, et s'attache ensuite à faire sortir son père de prison. Noyés dans le flot des réfugiés, Aristote et sa famille arrivent à Athènes, où vit l'oncle Homère Onassis. Ne trouvant pas de travail, en froid avec sa famille, et surtout avec son oncle, Aristote décide de partir. Comme nombre d'autres Grecs, il émigre en Argentine en 1923 à bord du « Tomaso di Savoya », un paquebot chargé d'émigrants italiens.

Là, après avoir exercé plusieurs petits métiers pour survivre, il commence par vendre des balles de tabac que son père lui expédie d'Athènes, puis, avec ses premiers gains, ouvre une manufacture de tabac. Grâce à Carlos Gardel, rencontré par hasard dans un café, et surtout à la cantatrice italienne Claudia Muzio, de passage à Buenos Aires, qui tous deux achètent régulièrement les cigarettes fabriquées par les employés d'Onassis, l'affaire se développe. En moins de cinq ans, Aristote Onassis gagne son premier million de dollars.

Passionné par les bateaux, c'est dans ce domaine qu'il investit ses gains en achetant six cargos en 1931 à bas prix au gouvernement canadien. Les débuts sont difficiles. Pourtant, il fait rapidement fortune. Aristote Onassis est aidé par un compatriote nommé Costas Gratsos, rencontré dans une boîte de nuit de Buenos Aires. Gratsos séduit Onassis par sa pondération, et ses connaissances maritimes.

Confronté à des tracasseries administratives, Onassis décide de faire immatriculer ses navires au Panama. L'avantage est de réduire dans des proportions importantes le montant des impôts et des taxes. En fait, Aristote Onassis invente là le pavillon de complaisance. L'argent qu'il économise sur les impôts lui permet d'acheter au gouvernement canadien six vieux cargos, il les repeint, les confie à des marins grecs - les moins chers du marché - et commence à faire du fret maritime entre les deux parties de l'Amérique. En 1934, à bord d'un luxueux paquebot de croisière, il fait la connaissance d'Ingeborg Dedichen qui devient sa maîtresse. Le père de cette jeune femme est un riche armateur scandinave, et c'est à Göteborg, qu'Aristote Onassis fait construire un premier pétrolier, l’Ariston, dont le tonnage, 15 000 tonneaux, dépasse tout ce qui se fait à l'époque. Son lancement en 1938 marque une date importante dans l'industrie navale. Le tanker est exceptionnel par ses dimensions et par ses aménagements intérieurs : suite avec deux chambres à coucher et piscine.

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, Aristote Onassis pressent les besoins énormes qui se font sentir un peu partout dans le monde concernant le transport et l'énergie. Avec son sens aigu des affaires, il acquiert en 1946, pour 750 000 dollars, dix anciennes frégates canadiennes ; parce qu'il n'a jamais cessé de se sentir Grec, il propose au gouvernement grec de les convertir en paquebots de transport de ligne entre les îles de la mer Égée, se réservant le monopole des liaisons. Mais il ne reçoit pas de réponse.

Le 28 décembre 1946, Onassis épouse Athina Livanos, alors âgée de 17 ans, fille de celui que l'on considérait comme le « patriarche » des grands armateurs de l'époque, Stavros Livanos, tandis que son rival Stávros Níarchos épouse aussitôt la sœur d’Athina, Eugenia, afin d’éviter qu’Onassis ne s'empare de toute la flotte des Livanós. Onassis a deux enfants avec Athiná : Alexandre, né le 30 avril 1948 à New York et Christina, née le 11 décembre 1950 à New York (elle meurt d’un œdème pulmonaire le 19 novembre 1988 à Buenos Aires).

Les contrats obtenus l'amènent à développer sa flotte. Il s’adresse aux chantiers navals allemands pour la construction de pétroliers de plus en plus gros. En 1953, il lance le Tina Onassis, le plus gros pétrolier du monde. Dès 1953, Onassis et Niarchos possèdent à eux deux une flotte marchande qui se classe au 3e rang mondial, avec un total de 13 millions de tonnes. À l'été 1953, Onassis devient le principal actionnaire de la Société des bains de mer (SBM) de Monaco qui possède ou dirige le célèbre Casino de Monte-Carlo, l'Hôtel de Paris, les jardins et la plupart des affaires de la principauté. L'Olympic Maritime, la holding grâce à laquelle Onassis contrôle ses affaires, s'installe au-dessus du port de Monte-Carlo, où va mouiller bientôt le yacht d'Onassis, le fabuleux « Christina O » ; cette société emploie une centaine de personnes qui contrôlent les mouvements de ses navires qui sillonnent les mers du monde entier. Grâce aux capitaux qu'il apporte, Onassis relance la principauté et permet à Rainier III de mener sa politique de développement. C'est à partir de cette date qu’Onassis devient une personnalité en vue de la coterie internationale, apportant à la vie mondaine et luxueuse de la Côte d'Azur sa simplicité, son humour et le prestige dont il est auréolé.

En 1954, Onassis est poursuivi par les autorités américaines pour non-respect d'une loi selon laquelle tous les bateaux américains doivent appartenir à un citoyen américain. Arrêté et humilié par les autorités américaines, il est traité comme un gangster. Un accord est quand même trouvé, et Onassis s'acquitte d'une amende de plusieurs millions de dollars. Il gardera, à la suite de cet épisode, une rancune tenace envers les États-Unis, rancune qui n'est sans doute pas étrangère à sa présence aux obsèques officielles du président John Kennedy et plus tard, à sa décision d'épouser Jackie Kennedy.

En 1957, Onassis crée la société Olympic Aviation, qui devient la compagnie aérienne grecque Olympic Airways. Le ménage d’Onassis bat de l'aile, et en 1959, il rencontre María Cállas dont il sera l'amant jusqu'en 1968. Il quittera sa femme Athina pour elle. Certains biographes de Callas rapportent que de leur liaison serait issu un enfant, Omerio Langrini, prématuré et mort quelques heures après sa naissance. Mais d'autres mettent en doute son existence.

En 1966, Rainier III décide de se débarrasser de lui. Du jour au lendemain, il fait adopter une loi qui permet l'augmentation du capital de la SBM. Onassis devient minoritaire. Là aussi, les négociations sont délicates, mais un arrangement est trouvé in extremis ; Onassis quitte Monaco. Qu'importe, il préfère séjourner sur son île de Skorpios, achetée à l'automne 1964. Les relations entre Onassis et Maria Callas défraient la chronique. Sur son yacht le « Christina O », il entreprend des croisières chaque été, avec une liste d'invités des plus prestigieux : ce sont les célébrités du monde entier, entre autres Marlène Dietrich, Greta Garbo, Ava Gardner, mais aussi la Begum Aga Khan, l'ex-roi Farouk d'Égypte et sir Winston Churchill, avec lequel il noue amitié. En 1962, il y recevra entre autres Jacqueline Bouvier Kennedy, la femme du président américain Kennedy. Il délaisse Maria Callas pour elle et l'épouse le 20 octobre 1968.

Néanmoins, malgré cette vie privée tapageuse, Onassis devient l'un des hommes les plus riches et les plus puissants du monde. Promoteur des super tankers, il en possède plus de 100 à sa mort.

Son fils Alexandre, passionné d'aviation, devient le patron d'Olympic Aviation. Sous son impulsion, la société se développe rapidement et devient une compagnie aérienne de tout premier plan. Mais tout s'écroule le 22 janvier 1973 : Alexandre, héritier désigné de l'empire de son père, se tue au décollage de son avion à Athènes. Après sa mort, son père, profondément affecté, se retire peu à peu du monde, sa santé se dégradant rapidement. En mémoire d'Alexandre, Onassis met en place la « Fondation Alexandre Onassis » qui soutient la recherche, les sciences et l'éducation, avec des visées humanistes. Onassis ne parvient pas à faire le deuil de son fils et se désintéresse progressivement de la vie. La dernière femme venue lui rendre visite lorsque, malade, il est déjà hospitalisé, est Maria Callas. Le 15 mars 1975, à 69 ans, il meurt d'une myasthénie à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine. Il est enterré sur son île privée de Skorpios.



14/03/2015
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