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Mag à zine international.

Cela s'est passé un 18 mars..

Mercredi 18 mars 2015 - 27 Ventôse CCXXIII 

77eme  jour - 11eme semaine de l'année 2015 

  

 

Fêtes du jour : Cyrille,

Aujourd'hui nous fêtons également les Ciryl, Cyril, Cyrile, Cyrill, Cyriel, Cyriele, Cyrielle, Cyrilla, Cyrillia, Léobard, Narcisse, Marthe, Salvator.

Dicton du jour :  

« À la Saint-Cyrille, une fleur blanche pour mille. »

 

Citations sur l'histoire :

« Faites attention à l'Histoire officielle que l'imposture se charge de décrire. » 

[Chateaubriand] Mémoires d'outre-tombe

 

 « Faire confiance à l’histoire c’est croire les criminels sur parole. »

 [Simone Veil]

 

 « L'Histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies. »

 [Alexis de Tocqueville]

 

Citations du jour : 

 

« Il a raté son bac du premier coup. »

 [Jean-Marie Gourio]

 

« L’émeraude ne perd pas de sa valeur faute de louanges. »

[Marc-Aurèle]

 

« L'homme ordinaire est exigeant avec les autres. L'homme exceptionnel est exigeant avec lui-même. »

[Marc-Aurèle] 

 

« Lecture, une bonne façon de s'enrichir sans voler personne. »

[Arlette Laguiller]

 

« Si tu veux que quelque chose soit fait, fais-le toi-même. »

[Luc Besson]  

 

« Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste chatîment ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races ! »

[Jacques de Molay] 


Évènements :  

 

18 mars 1871 : début de la Commune de Paris.

 

Résultat de recherche d'images pour "commune de paris"La Commune de Paris est une période insurrectionnelle de l'histoire de Paris qui dura un peu plus de deux mois, du 18 mars 1871 à la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871. Cette insurrection contre le gouvernement, issu de l'Assemblée nationale qui venait d'être élue au suffrage universel, ébaucha pour la ville, une organisation proche de l'autogestion. Elle est pour partie une réaction à la défaite française de la guerre franco-prussienne de 1870 et à la capitulation de Paris.

En juillet 1870, Napoléon III entreprend contre la Prusse une guerre mal préparée, qui le conduit rapidement à la défaite. Le 4 septembre 1870, à la suite d'une journée d'émeute parisienne, l'Empire est renversé. Un gouvernement de défense nationale s'installe à l'hôtel de ville de Paris officiellement pour poursuivre la guerre contre les États allemands, dont les troupes occupent le nord du pays. Selon certaines interprétations, dont celle de l'historien Henri Guillemin, ce gouvernement issu de la classe dominante aurait surtout œuvré à signer la capitulation et à faire accepter la défaite aux Français dans le but d'enrayer la menace du socialisme parisien, qui sans l'aide des Allemands aurait été incontrôlable.

Paris est assiégée et connaît une grave famine au cours de l'hiver 1870-1871. Les Français, humiliés, apprennent que l'Empire allemand a été proclamé dans la galerie des Glaces du château de Versailles le 18 janvier 1871. Le 28 janvier 1871, Jules Favre signe avec le chancelier allemand Bismarck un armistice qui prévoit, outre l'arrêt des hostilités pour une période de quinze jours renouvelables, la convocation d'une assemblée nationale chargée notamment de décider de la poursuite de la guerre ou de la conclusion de la paix.

Les événements font monter la tension à Paris au sein du peuple où se retrouve « ce qui a produit la sans-culotterie en 1792-1794 : ébénistes, tanneurs, cordonniers, tailleurs, maçons, charpentiers, etc. »

Les élections du 8 février, organisées dans la précipitation pour ratifier au plus vite l'armistice, envoient une forte proportion de monarchistes (400 députés), candidats des listes « pour la paix », à l'Assemblée nationale. La plus grande partie des élus de Paris sont des républicains des listes « pour la guerre », souvent extrémistes. En effet, le peuple parisien pense s'être correctement défendu et ne se considère pas comme vaincu. Il existe un fossé grandissant, confinant parfois à l'exaspération, entre les provinces et la capitale.

La guerre de 1870 a profondément marqué la ville, qui a subi un siège très dur et dont la population a souffert de la faim. L'armistice de janvier 1871 paraît insupportable aux Parisiens, qui ont résisté à l'ennemi pendant près de quatre mois. « Les insurgés vibraient d'un patriotisme de gauche que la honte de la défaite exaspérait. »

L'attitude du gouvernement n'est pas conciliante, notamment lorsqu'il nomme trois bonapartistes aux postes de préfet de police : Louis Ernest Valentin ; chef de la Garde nationale, le général Aurelle de Paladines ; et gouverneur, le général Vinoy, nominations vécues comme une provocation par les Parisiens. Le 9 mars 1871, le préfet de police interdit les principaux journaux d'extrême gauche, dont Le Cri du peuple de Jules Vallès.

L'attitude de l'Assemblée, royaliste et pacifiste, qualifiée d'« assemblée de ruraux » par les Parisiens, contribue à l'exacerbation des tensions. Le 10 mars 1871, elle transfère son siège de Paris à Versailles parce qu'elle voit, à juste titre, dans Paris « le chef-lieu de la révolution organisée, la capitale de l'idée révolutionnaire ». Par une loi du même jour, elle met fin au moratoire sur les effets de commerce, acculant à la faillite des milliers d'artisans et de commerçants, et supprime la solde d'un franc cinquante par jour payée aux gardes nationaux.

De 1804 à 1870, la France a vécu principalement sous des régimes politiques plus ou moins autoritaires : Premier Empire, Restauration, Monarchie de Juillet, Second Empire. Le régime républicain et la démocratie n'ont été que des expériences passagères.

La Commune de Paris trouve sa source dans un élan républicain se référant à la Première République et au gouvernement révolutionnaire de la Commune de 1792, ainsi qu'à l'insurrection populaire de juin 1848, sous la Deuxième République, qui a été réprimée de façon sanglante par le gouvernement issu de la Révolution de février 1848.

Les archives de la répression qui frappa l'insurrection permettent de dresser le portrait social des communards. L'insurgé-type de 1871 est un travailleur parisien, un homme d'une trentaine d'années. Parmi ces insurgés, on rencontre principalement les ouvriers du bâtiment, les journaliers, et les travailleurs du métal, ouvriers d'ateliers ou de petites fabriques. Ils forment respectivement 17 %, 16 % et 10 % du total. Viennent ensuite les employés (8 %), les cordonniers-savetiers (5 %), les marchands de vin (4 %) et les ouvriers du livre (3 %), fortement politisés. Ainsi, de petits patrons côtoient des salariés : aux yeux des marxistes, il n'y a pas eu de lutte des classes au sens "moderne" du terme. « Des femmes, elles aussi, prennent part à la lutte et s'organisent au sein de comités et de clubs ».

L’écrivain Maxime du Camp, témoin hostile de la Commune, fait, en 1881, une description sévère des insurgés. « Malgré certaines apparences et malgré leur uniforme, les bataillons fédérés n’étaient point une armée; c’était une multitude indisciplinée, raisonneuse, que l’alcoolisme ravageait. Dans toutes les luttes qu’ils engagèrent, même à forces triples, contre l’armée de Versailles, ils furent battus. Lors du combat suprême commencé le 21 mai et terminé le 28, malgré les positions formidables qu’ils occupaient, malgré les abris qui les protégeaient, malgré les refuges que leur offraient les rues, les ruelles, les maisons à double issue, malgré leur énorme artillerie, malgré leur nombre, ils furent vaincus par nos soldats marchant à découvert. Plus d’une cause leur a infligé une infériorité qui devait nécessairement amener leur défaite : au point de vue technique, ils ne savaient pas obéir, et l’on ne savait pas les commander; au point de vue moral, la plupart ne savaient pas pourquoi ils se battaient; presque tous trouvaient le métier fort dur et ne le faisaient qu’en rechignant. »

Adolphe Thiers avait commandé la construction des fortifications qui entouraient Paris alors qu'il était ministre de Louis-Philippe. Il avait conçu cette enceinte pour défendre la ville contre des ennemis. Durant la Révolution de 1848, Thiers avait vainement proposé ce plan au roi Louis-Philippe pour briser la révolution parisienne.

Le 17 mars 1871, Adolphe Thiers et son gouvernement, évaluant mal l'état d'esprit des Parisiens, envoient au cours de la nuit la troupe sous le commandement du général Lecomte s'emparer des canons de la Garde nationale sur la butte Montmartre. Le général Lecomte est capturé par les insurgés et fusillé le lendemain avec le général Clément-Thomas, malgré la demande de protection du maire du 18e arrondissement, Georges Clemenceau. Ce même jour, Thiers organise l'arrestation de Blanqui qui se reposait chez un ami médecin à Bretenoux (Lot). De là, il le fait transférer en Bretagne, sous surveillance militaire, avec ordre de tirer en cas d'évasion.

Quand le gouvernement décide de désarmer les Parisiens, ceux-ci se sentent directement menacés. Il s'agit de leur soustraire les 227 canons entreposés à Belleville et à Montmartre. Les Parisiens considèrent comme leur propriété ces canons qu'ils ont eux-mêmes payés par souscription lors de la guerre contre la Prusse. Ils se voient sans défense vis-à-vis d'éventuelles attaques des troupes gouvernementales (comme en juin 1848). Cependant ils disposent de près de 500 000 fusils.

À Montmartre, Belleville, Ménilmontant, l'armée réussit sans difficulté à reprendre les canons. Cependant il faut les transporter et les chevaux manquent. Une note du 16 mars 1871 du 3e bureau au ministre de la Guerre a pressé la réaffectation des 1 800 chevaux disponibles. Ce 18 mars, donc, l'armée attend les chevaux. On tente même de descendre les canons à bras d’homme. À Montmartre, au matin, le peuple parisien s'éveille et s'oppose à la troupe venue chercher les canons. Puis, rapidement, celle-ci fraternise avec lui. Un peu partout dans Paris, la population s'en prend aux représentants supposés du gouvernement, élève des barricades et fraternise avec la troupe. Deux généraux, Lecomte, déjà cité et Clément-Thomas, qui avait participé à la répression du soulèvement de juin 1848, sont fusillés rue des Rosiers, malgré les ordres contraires du Comité de vigilance de Montmartre et l'intervention du maire du 18e arrondissement, Clemenceau. C'est le début de l'insurrection.

Thiers gagne Versailles. Des Parisiens (100 000 selon Thiers), surtout habitants des quartiers aisés de l'ouest parisien ou fonctionnaires, l'y suivent. Il semble qu'au cours des semaines suivantes, une bonne moitié de la population parisienne avait quitté la capitale. 


18 mars 1967 : naufrage du Torrey Canyon.

 

Résultat de recherche d'images pour "torrey canyon 1967"Le Torrey Canyon est un pétrolier dont le naufrage est survenu le 18 mars 1967. Ce pétrolier de la filiale libérienne de l'Union Oil Company of California, compagnie américaine, armé par une filiale américaine de l’Union Oil Company of California, chargé de 120 000 tonnes de brut, s’échoue entre les îles Sorlingues et la côte britannique. Malgré une mobilisation de tous les moyens de lutte disponibles, plusieurs nappes de pétrole dérivent dans la Manche, venant toucher les côtes britanniques et françaises. Il se révélera plus tard que certains des dispersants utilisés pour la lutte étaient plus toxiques que le pétrole.

Cet accident fait découvrir à l’Europe un risque qui avait été négligé. Il donne naissance aux premiers éléments des politiques française, britannique et européenne de prévention et de lutte contre les grandes marées noires.

L’échouement du Torrey Canyon fut l’une des fortunes de mer les plus célèbres du XXe siècle, à l’origine d’une catastrophe écologique majeure et sans précédent dans l’histoire du transport maritime. Cette catastrophe fut à la base d’une prise de conscience, par les populations européennes, du fait qu’une telle catastrophe puisse toucher leurs côtes.

Le Torrey Canyon appareille du golfe Persique via le cap de Bonne-Espérance vers les îles Canaries et navigue à une vitesse moyenne de 16 nœuds. Il passe entre l’île de Tenerife et la Grande Canarie l’après-midi du 14 mars et prend alors une route fond au 018° pour passer à 5 milles des îles Sorlingues. L’objectif est de prendre la marée du 18 mars au soir à l’entrée du port de Milford Haven. Sinon, il devra attendre jusqu’au 24 mars, date de la prochaine marée favorable. Le dernier point au sextant est fait le 17 mars à midi, et place le navire à moins de 300 milles au sud des îles Sorlingues sur la route estimée.

Le capitaine laisse pour consigne de nuit de l’appeler dès que les îles Sorlingues apparaissent au radar ou au plus tard à h 0. Il part se coucher à h 40 le 18 mars.

À h 0, le second capitaine prend le quart, le pilote automatique étant calé au cap gyro 018°, et la vitesse estimée est de 15,5 nœuds. Le vent est de force 5 et la mer peu agitée. Le vent et le courant n’ont pas été pris en compte dans les calculs d’estime.

À environ h 0 le second capitaine allume le radar et le règle sur l’échelle 40 milles.

Conformément aux ordres il appelle le commandant à h 0 et lui dit que les îles Sorlingues n’apparaissent pas encore sur le radar. Vers h 30 elles apparaissent sur l’avant bâbord à environ 24 milles, le vent et le courant ont déporté le navire à l’est de la position estimée.

À h 55 le second capitaine prend la décision de venir au 006° droit sur Bishop Rock, il en informe rapidement le commandant, et la réponse de ce dernier est expéditive : « Qui vous a dit de prendre cette décision ? ». Il demande alors si pour un retour au 018° les îles Sorlingues resteraient claires. La réponse fut : « Peut-être ». Brusquement le capitaine ordonne de revenir au cap initial, le second exécute. À la suite de cette conversation le commandant monte à la passerelle vers h 0. À ce moment, le navire aurait été à 18 milles légèrement au sud-ouest de Sainte Marie, et à 28 milles des Seven Stones.

À h 0, changement de quart : le commandant, le lieutenant et un matelot expérimenté prennent le quart. Le lieutenant est alors chargé de la navigation, le pilote automatique est enclenché.

À h 15, le Torrey Canyon passe les Sorlingues. Le commandant manœuvre sur tribord, en direction de Seven Stones, afin d’éviter les filets des navires de pêche, se rapprochant d’autant plus du rocher. À l’issue de cette manœuvre d’évitement des navires de pêche, le commandant remet le pilote automatique en fonction, et va à la table à carte afin de vérifier la route et les dangers qui s’y trouvent. Le point de h 38 ne sera pas accepté par le commandant, le lieutenant l’ayant déterminé par un seul relèvement/distance. Le point suivant à h 40 semble être plus juste et permet de positionner le navire dans le sud de Stone Rock au 198,5 ° à 2,5 milles. À ce moment le courant et le vent ne sont toujours pas estimés par le lieutenant de quart. Le danger étant proche il devient nécessaire de manœuvrer pour éviter l’échouement. Le commandant ordonne au matelot de changer de route et de venir au nord. En hâte il passe en manuel vient à gauche au 000° et revient en auto pilote.

Après un nouveau positionnement radar la route amène toujours sur le récif. Une route d’urgence doit alors être adoptée. Il faut maintenant venir au 340°, le pilote auto est stoppé, le mode manuel est mis en fonction, le commandant fait de nouveau un point radar et se rend sur la table à carte. Le matelot crie au commandant que les clics indiquant le passage des degrés ne s’entendent pas, mais le capitaine ne l’entend pas. Tout à coup, le commandant se rend compte qu’il n’entend pas ces fameux clics. Comme c’était déjà arrivé auparavant il fonce pour vérifier les fusibles. Ceux-ci ne sont pas grillés.

Il cherche alors à vérifier le bon fonctionnement de la pompe hydraulique, une avarie qui s’était déjà produite auparavant aussi. Pour cela il téléphone à la machine, dans son empressement il appelle la cuisine, le cuisinier lui dit : « Oh ! Capitaine, le petit-déjeuner est servi »…

Le commandant vérifie alors le commutateur du pilote automatique et réalise quel est le problème, le pilote est encore sur automatique, il passe alors la barre en manuel et change de cap. Trop tard, à 17 nœuds, le Torrey Canyon prend de plein fouet Pollard’s Rock qui fait partie du récif de Seven Stones, et se déchire sur 6 citernes.

L'une des conséquences directes du naufrage du Torrey Canyon fut l'adoption le 29 novembre 1969 à Bruxelles de la Convention internationale sur l'intervention en haute mer en cas d'accident entraînant ou pouvant entraîner une pollution par les hydrocarbures.

En effet, le naufrage du Torrey Canyon ayant eu lieu dans des eaux internationales (à l'époque), selon la loi du pavillon l'intervention des avions de la RAF était illégitime puisque le navire était sous pavillon libérien.

La convention de Bruxelles de 1969 va donc définir les modalités et les conditions d'intervention en haute mer, en stipulant notamment dans son article 1 que : « Les Parties à la présente Convention peuvent prendre en haute mer les mesures nécessaires pour prévenir, atténuer ou éliminer les dangers graves et imminents que présentent pour leurs côtes ou intérêts connexes une pollution ou une menace de pollution des eaux de la mer par les hydrocarbures à la suite d’un accident de mer ou des actions afférentes à un tel accident, susceptibles selon toute vraisemblance d’avoir des conséquences dommageables très importantes. »

Avec la convention internationale sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures, signée le même jour à Bruxelles, l'on assiste à l'édification du premier véritable système juridique international visant à encadrer les pollutions maritimes par les hydrocarbures. Ces deux conventions menèrent en outre à la mise en place des Fonds internationaux d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures (FIPOL), fonds visant à indemniser les victimes des pollutions par les hydrocarbures et qui permit à titre d'exemple le versement de 52 millions d'euros aux victimes du naufrage du navire Erika en 1999.


18 mars 2014 : La République de Crimée est rattachée à la Fédération de Russie.

 

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La République de Crimée est un sujet de la Fédération de Russie créé le 18 mars 2014 à partir d'une partie de la précédente et éphémère République de Crimée qui a été rattachée à la Russie après avoir fait sécession de l'Ukraine une semaine auparavant.

Son statut de sujet fédéral est défini par un traité russo-criméen du 18 mars 2014 faisant suite au décret du gouvernement russe signé le 17 mars qui reconnaissait la République de Crimée comme un « État souverain ». L'Ukraine continue à revendiquer la péninsule de Crimée comme une partie de son territoire, souveraineté reconnue par les membres de l'OTAN et la plupart des pays limitrophes.

 

 

                                                                                                                                                      Armoiries de la Crimée

La République de Crimée est située en Europe de l'Est, au bord de la mer Noire, dans le Sud de la Russie. Elle occupe la quasi-totalité de la Crimée, le reste de la péninsule étant constitué de la ville fédérale de Sébastopol. Elle est frontalière de l'Ukraine située au nord, au-delà de l'isthme de Perekop. La République de Crimée ne possède pas de continuité territoriale directe avec le reste de la Russie. Un pont au-dessus du détroit de Kertch est en projet. Mesurant 26 081 km2, sa superficie est légèrement inférieure à celle de l'ancienne République de Crimée puisque la municipalité de Sébastopol est séparée de l'ancien pays et possède le statut de ville fédérale ; elle occupe le même territoire que celui de la République autonome de Crimée.

Selon les études socio-linguistiques de l'Université Laval au Québec, réalisées en 2001, près de 40 % de la population n'est pas Russe.

En marge de la révolte ukrainienne de 2014 se développe la crise de Crimée. Elle atteint son paroxysme le 11 mars lorsque le Conseil suprême de Crimée proclame l'indépendance de la République autonome de Crimée, très vite rejointe par la municipalité de Sébastopol, par sécession de la République d'Ukraine. Ces deux entités administratives forment ainsi la République de Crimée qui couvre la totalité de la péninsule et dont la volonté exprimée par son gouvernement et par une très grande majorité de la population, essentiellement russophone, est le rattachement à la Russie. En conséquence, le nouvel État majoritairement non reconnu organise un référendum le 16 mars au cours duquel 96,77 % des votants s'expriment en faveur de l'option pro-russe.

Le 18 mars, la République de Crimée et la Russie signent un traité confirmant le rattachement officiel de la république à la Fédération de Russie ; Sébastopol est détachée de la nouvelle république et forme une ville fédérale. Le lendemain, la cour constitutionnelle russe reconnait à l'unanimité la conformité de ce traité à la constitution russe. Les deux chambres de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie, la Douma et le Conseil de la Fédération, ratifient le traité, respectivement les 20 et 21 mars, entérinant l'entrée de la République de Crimée dans la Fédération de Russie selon le droit russe.

La République de Crimée est, en vertu de l'accord signé le 18 mars 2014, un sujet de la Fédération de Russie, avec le statut de république. Ce statut est notamment reconnu par la Russie, la Biélorussie, l'Afghanistan, la Syrie et le Venezuela. De nombreux pays considèrent que seule la République autonome de Crimée, entité administrative de l'Ukraine, est légitime.

À la suite du véto opposé le 15 mars 2014 par la Russie contre une proposition de résolution rédigée par les États-Unis au Conseil de sécurité des Nations unies, l'Assemblée générale des Nations-Unies adopte le 27 mars 2014 une résolution non-contraignante relative à l'intégrité territoriale de l'Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues et déclare le référendum du 16 mars 2014 non valide.

Depuis son adhésion à la Russie et jusqu'au 1er janvier 2015, la Crimée entame une période de transition au cours de laquelle devront être réglées les questions liées à l'intégration de la République de Crimée et de Sébastopol dans les systèmes économiques, financiers et juridiques russes. Selon le quotidien Vedomosti, la Crimée pourrait en outre se voir accorder un statut de zone économique spéciale pour stimuler son développement social et économique. Du point de vue de la nationalité, tous les habitants de la République de Crimée auront la possibilité d'obtenir la citoyenneté russe, sauf s'ils la refusent et déclarent vouloir en conserver une autre.

Le 12 avril 2014, la nouvelle constitution de la République de Crimée entre en vigueur à la suite d'un vote du Parlement criméen. Celle-ci prévoit notamment que la République de Crimée constitue désormais une partie intégrante de la Fédération de Russie et donne le statut de langues officielles au russe, à l'ukrainien et au tatar de Crimée. 


Naissances : 

 

Rudolf Christian Karl Diesel (en allemand : [ˈʁuːdɔlf ˈkʁɪstjan ˈkaʁl ˈdiːzəl]) : né le 18 mars 1858 à Paris et disparu dans la nuit du 29 au 30 septembre 1913 lors d'une traversée de la mer du Nord.

 

Résultat de recherche d'images pour "rudolf diesel"Ingénieur allemand, Rudolf Diesel est l'inventeur du moteur à combustion interne portant son nom, conçu pour fonctionner avec de l'huile végétale et non avec du gazole. Diesel nomma initialement ce moteur, le « moteur à l'huile ».

Rudolf Diesel est également un grand ingénieur thermicien, un connaisseur des arts, un linguiste et un théoricien social. Les inventions de Diesel ont trois points communs : elles portent sur le transfert de chaleur par des procédés physiques naturels ou des lois, sont empreintes d'une forte marque créatrice de conception mécanique, et elles ont d'abord été motivées par l'inventeur du concept sociologique de besoin. Le moteur Diesel fut conçu à l'origine comme une installation facilement adaptable aux coûts d'utilisation des combustibles disponibles localement, afin de permettre aux artisans indépendants de mieux supporter la concurrence des grandes industries, à cette époque pratiquement monopolisées par la principale source d'énergie : le charbon, le carburant du moteur à vapeur.

Rudolf Diesel disparait mystérieusement en mer alors qu'il traverse la Mer du Nord à bord du paquebot Dresden, entre Anvers et Harwich, quelques mois avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Rudolf Diesel (Rodolphe Chrétien Charles pour l'état civil) est né à Paris en France, au no 38 rue Notre-Dame-de-Nazareth en 1858, le deuxième d'une fratrie de trois enfants : Louise l'ainée, Rudolf et Emma. Ses parents sont des immigrés vivant en France. Théodor Diesel, un relieur de métier, avait quitté sa ville natale d'Augsbourg, en 1848.

Diesel passe sa petite enfance en France, mais à la suite du déclenchement de la guerre franco-prussienne en 1870, la famille est forcée de quitter son pays, et émigre à Londres. Cependant, avant la fin de la guerre, la mère de Rudolf l'envoie à l'âge de douze ans vivre à Augsbourg avec son oncle et sa tante, Barbara et Christoph Barnickel pour qu'il puisse apprendre à parler allemand et visiter le Königliche Kreis-Gewerbsschule, où son oncle enseigne les mathématiques.

À l'âge de quatorze ans, Rudolf écrit à ses parents pour leur signifier son envie de devenir ingénieur. Après avoir terminé son éducation primaire en tête de sa classe en 1873, il s'inscrit à la récente École industrielle d'Augsbourg. Plus tard, en 1875, il recevra une bourse de mérite de la Königlichen Polytechnikums zu München, où il avait accepté d'entrer contre la volonté de ses parents qui auraient préféré qu'il commençât à gagner sa vie. Diesel n'est pas en mesure d'obtenir son diplôme en juillet 1879 en raison d'un combat avec la fièvre typhoïde. S'il attend la prochaine date d'examen, il rassemble néanmoins l'expérience pratique en génie mécanique à la Maschinenfabrik Gebrüder Sulzer à Winterthour, en Suisse. Diesel est ainsi diplômé avec les plu s hautes distinctions de son maître d'étude de Munich en janvier 1880, et revient à Paris, où il aide son ancien professeur Carl von Linde à la conception et la construction d'un moyen moderne de réfrigération. Rudolf Diesel devient le directeur de l'usine à peine un an plus tard.

Durant la dernière décennie du XIXe siècle, il développe l'idée d'un moteur à allumage par compression. Il s'agit de chauffer le contenu d'un piston par une compression afin que le carburant qui y est injecté produise une explosion. La difficulté technique réside dans la fabrication de pistons très résistants, et dans la mise en place d'une injection qui survient exactement au bon moment. Il obtient un brevet pour ce procédé le 23 février 1893. De 1893 à 1897, Rudolf Diesel est financé conjointement par Heinrich von Buz, directeur de l'usine MAN à Augsbourg et l'industriel Alfred Krupp pour la réalisation de son moteur. Au début de 1897 il construit un prototype fonctionnel, qui deviendra le « moteur Diesel ». Son brevet est déposé sous le nom de « moteur à huile lourde », car c'est avec ce produit, alors très bon marché par rapport à l'essence, qu'il fonctionne. Les huiles lourdes sont des résidus de la distillation du pétrole brut après extraction des produits utilisés à l'époque : un tout petit peu d'essence, beaucoup de pétrole lampant et de produits de graissage (huiles et graisses). Pour la compression initiale, il est obligé d'utiliser une machine à vapeur au démarrage. Mais il arrive à s'en passer par la suite.

Le premier moteur commercialisé, présenté en 1900 à l'Exposition universelle de Paris, a une cylindrée de 1 960 cm3 tournant à 172 tr/min, et développe une puissance de 14,7 kW. Malgré son système d'injection par pompe à air, ce moteur a un rendement assez intéressant : CSE (consommation spécifique) de 335 g/kWh (à titre d'exemple, les poids-lourds les plus récents ont une CSE entre 250 et 200 g/kWh). Le Français Lucien-Eugène Inchauspé (1867-1930), en 1924, invente la pompe à injection, et en fait un moteur performant. Et la production par Robert Bosch permet un développement rapide de ces moteurs. Les premières automobiles de tourisme à moteur Diesel sont une Mercedes en 1936, puis la Peugeot 402 en 1938.

Le faible coût du combustible de ce moteur le rendit économiquement intéressant pour la propulsion navale. C'est un navire marchand danois, le Selandia, qui en fut équipé le premier en 1912. En 1903, une péniche nommée Le Petit Pierre est équipée d'un moteur de type Diesel, construit par Sautter-Harlé, et adapté par Frédéric Dyckhoff. Elle navigue avec succès sur le canal de la Marne au Rhin. En juin 1897 avait été créée, avec son siège à Bar-le-Duc (Meuse), la Société française des moteurs Diesel à combustion interne, au capital de 1 200 000 francs, dont la moitié des parts sociales attribuées à Rudolph Diesel rémunèrent ses apports en industrie.

Entre 1911 et 1912, il déclare que « le moteur Diesel peut être alimenté avec des huiles végétales et sera en mesure de contribuer fortement au développement de l'agriculture des pays qui l'utiliseront » et prédit que « l'utilisation d'huiles végétales comme combustible liquide pour moteurs peut sembler insignifiante aujourd'hui », mais que « ces huiles deviendront bientôt aussi importantes que le pétrole et le goudron de charbon ».

Rudolf Diesel disparaît dans des circonstances mystérieuses à bord du paquebot à vapeur allemand Dresden dans la nuit du 29 septembre 1913. Passager, il avait appareillé d'Anvers pour une réunion « Diesel Manufacturing Ltd » à Londres. Après avoir soupé avec ses collaborateurs, il se retire dans sa cabine vers 22 h, laissant pour consigne d'être réveillé le lendemain à h 15. Ses collaborateurs trouvent le lendemain sa cabine vide et son lit non défait. Il n'a plus jamais été vu en vie depuis. Dix jours plus tard, l'équipage du bateau néerlandais Coertsen découvre le cadavre d'un homme flottant sur la mer. Le corps est dans un tel état de décomposition que le capitaine refuse qu'il soit transporté à bord. Néanmoins, les marins récupèrent des objets personnels (pilule, portefeuille, couteau de poche, lunettes) du défunt, puis le corps est abandonné à la mer. Le 13 octobre, ces objets sont identifiés par le fils de Rudolf, Eugen Diesel, comme appartenant à son père.

De nombreuses hypothèses ont été émises sur cette disparition, s'agissant d'un ingénieur allemand, auteur d'une invention déjà reconnue comme majeure et partant travailler en Angleterre pour l'amirauté britannique alors que les tensions internationales qui conduiront à la Première Guerre mondiale s'étaient déjà manifestées. Des théories complotistes remettent notamment en cause la thèse du suicide, évoquant la possibilité d'un assassinat par le complexe militaro-industriel. Peu de temps après sa disparition, son épouse Martha découvre dans un sac qu'il lui avait donné juste avant son départ, 200 000 marks allemands et des documents comptables qui indiquent que leurs comptes bancaires sont pratiquement vides, aussi cherchait-il à conclure de nouveaux contrats avec l'Angleterre et la France. Dans le journal que Rudolf Diesel avait apporté avec lui sur le bateau, une mystérieuse croix est dessinée sur la date du 29 septembre 1913 alors qu'il avait peu de temps auparavant écrit une lettre enjouée à sa femme.

Son destin et sa disparition tragique et mystérieuse peuvent être comparés à ceux de Louis Aimé Augustin Le Prince, entre autres, dont les inventions étaient également bien en avance sur son temps. 


Frederik Willem de Klerk : né le 18 mars 1936 à Johannesburg.

 

Résultat de recherche d'images pour "Frederik Willem de Klerk"Avocat, homme politique et ancien chef d'État sud-africain, membre du Parti national, député de la ville de Vereeniging de 1972 à 1978, plusieurs fois ministre dans les gouvernements de Pieter Willem Botha de 1978 à 1989, président du Parti national de 1989 à 1997 et président de la République d'Afrique du Sud de 1989 à 1994.

Dernier président blanc de l'Afrique du Sud, il mena les réformes qui mirent fin à la politique d'apartheid en 1991 et les négociations constitutionnelles avec le Congrès national africain de Nelson Mandela qui aboutirent au premier gouvernement multiracial du pays.

En 1993, il reçoit le prix Nobel de la paix conjointement avec Nelson Mandela. De 1994 à 1996, il est l'un des deux vice-présidents de la République d'Afrique du Sud sous la présidence de Nelson Mandela.

F. W. de Klerk est né à Johannesburg en 1936. Sa famille, dont le nom dérive du patronyme français « Le Clerc », « Le Clercq » ou « de Clercq » est d'origine huguenote. Celle-ci s'est installée dans le pays en 1686, soit quelques mois après la révocation de l’édit de Nantes, et a participé à plusieurs évènements de l'histoire afrikaner. Ses ancêtres ont notamment pris part au grand Trek dans le convoi mené par Piet Retief afin d'échapper à la domination britannique. En 1838, trois membres de la famille de Klerk furent aussi tués avec Retief dans le Kraal du roi zoulou Dingane. Plus tard, durant la seconde guerre des Boers (1899-1902), le grand-père de F. W. de Klerk fut fait prisonnier à deux reprises par les Britanniques avant d'être l'un des membres fondateurs du parti national en 1914 au côté de James Barry Hertzog.

Membre de l’Église réformée hollandaise, F. W. de Klerk est le fils cadet de Jan de Klerk, directeur d'école puis ministre avec divers portefeuilles (1954-1969) et président du Sénat (1969-1976), ainsi que le neveu de JG Strijdom, chef du gouvernement sud-africain de 1954 à 1958. Son frère aîné, Wimpi de Klerk, sera analyste politique et cofondateur du parti démocratique en 1989.

Lycéen à Krugersdorp, dans la banlieue de Johannesburg, F. W. de Klerk est diplômé en droit avec mention de l’université de Potchefstroom en 1958. En 1959, il épouse Marike Willemse (1937-2001) avec qui il élèvera trois enfants (adoptés). Le couple F. W. et Marike de Klerk divorcera en 1998.

C'est durant ses études universitaires qu'il adhère au Parti national et devient membre du Broederbond.

Avocat à Vereeniging dans le sud du Transvaal, il refuse en 1972 la chaire de droit public à l'université de Potchefstroom pour se présenter aux élections générales.

Frederik Willem de Klerk assure l'intérim de la présidence à partir du 15 août 1989 et organise des élections générales anticipées le 6 septembre 1989. Le Parti national remporte ces élections sur un programme réformiste mais est sérieusement accroché sur sa droite par le Parti conservateur d'Andries Treurnicht.

Connu pour son goût de la négociation, « la rigidité est mauvaise (...) je crois à la persuasion », il va assurer en douceur la fin du régime de l'apartheid. Dès le 28 août 1989, il se rend en Zambie pour discuter avec le président Kenneth Kaunda, dont le pays abritait l'état-major et plusieurs camps de l'ANC (Congrès national africain). Il y rencontre en secret les représentants de l'ANC, mais aussi des diplomates soviétiques.

Après de multiples négociations confidentielles, et l'intervention des représentants des pays africains dits, de la « ligne de front », il annonce en février 1990, la légalisation du Congrès national africain (African National Congress, ANC) ainsi que la libération de son chef historique, Nelson Mandela.

Il entame également une tournée internationale qui le conduit, entre autres, en France où il rencontre le président François Mitterrand, lequel n'avait pas reçu en 1986 le président Pieter Botha qui était venu commémorer les soldats sud-africains morts pendant la Première Guerre mondiale en France.

Ses négociations suivies avec Nelson Mandela leur valent conjointement, en 1993, l'obtention du Prix Nobel de la Paix.

Il met en place, en 1991, la Commission Goldstone, officiellement d'enquête concernant la prévention des violences publiques et de l'intimidation, afin d'examiner d'éventuels cas de violences émanant de groupes opposés aux négociations sur le démantèlement de l'apartheid et, si possible, à les prévenir.

En mars 1992, à la suite des coups de boutoir de l'extrême-droite et à une succession de défaites lors d'élections partielles, il fait entériner par référendum la poursuite des négociations constitutionnelles par la population blanche (68 % d'approbation).

Les négociations aboutissent à l'établissement d'une constitution provisoire et aux premières élections multiraciales en avril 1994, à la suite desquelles le nouveau Parlement élit Nelson Mandela à la présidence de la République.

En 1994, à la suite des élections générales remportées par l'ANC, Frederik Willem de Klerk assure avec Thabo Mbeki l'un des deux nouveaux postes de vice-président.

Lors de ces élections, le Parti national de De Klerk recueille 20 % des suffrages au niveau national, la majorité des voix et la direction de la nouvelle province du Cap-Occidental.

En 1996, de Klerk démissionne de la vice-présidence et met fin à la participation du Parti national aux fonctions gouvernementales.


Arlette Laguiller (lagɥije) : née le 18 mars 1940 dans le 14e arrondissement de Paris.

 

Résultat de recherche d'images pour "Arlette Laguiller"Femme politique française d'extrême gauche. Porte-parole du mouvement trotskiste Lutte ouvrière, elle fut la première femme à s'être présentée à une élection présidentielle française ; elle détient, à ce jour, le record du nombre de candidatures à ce scrutin avec six candidatures consécutives entre 1974 et 2007, et des scores allant de 1,33 à 5,72 % des suffrages. Elle fut députée européenne de 1999 à 2004.

Arlette Yvonne Laguiller est née dans une famille ouvrière des Lilas marquée par la Seconde Guerre mondiale et les bombardements. Ils vivent à cinq dans un pavillon, d'une pièce cuisine, sans douche. Sa mère, catholique, lui fait faire sa première communion. Son père, Louis, était avant la guerre employé d'assurance, puis fait prisonnier durant la guerre en 1940 et libéré sanitaire fin 1942. Sa santé restera fragile suite à cette période de détention. Par la suite, il sera manœuvre dans différentes entreprises, en alternance avec des périodes de chômage. Son père Louis était aussi séminariste, avant de devenir athée, et aimait à se définir anarchiste et lui transmit son goût pour la lecture et la discussion politique.

Enfant, elle s'occupe notamment de ses frères en raison de la santé fragile de ses parents. En 1956, bien qu'elle ne milite pas encore, elle forge ses premières notions politiques, à travers deux faits marquant : l'insurrection de Budapest et l'opération Mousquetaire ; les événements en Hongrie marquaient les dérives du stalinisme, tandis que la situation en Égypte soulignait selon elle les dérives du capitalisme et de l'impérialisme avec l'union de la France, du Royaume-Uni et d'Israël pour envahir le canal de Suez, nationalisé par le colonel Nasser. Elle s'intéresse ensuite à Léon Trotski, qui la fait adhérer au trotskisme.

Elle obtient un BEPC au collège des Lilas avant de commencer à travailler dans une agence du Crédit lyonnais, à 16 ans, comme mécanographe. En 1963, elle est mutée au siège central et y reste durant toute sa vie professionnelle en tant qu'employée et militante syndicale. Alors qu'elle est cadre depuis plusieurs années, elle part à la retraite en 2000.

En 1960, elle participe à sa première action, contre la guerre d'Algérie. Elle adhère au Parti socialiste unifié (PSU) avant de rejoindre l'organisation trotskiste Voix ouvrière. Vers 22-23 ans, elle commence à découvrir les écrits de Karl Marx, Gueorgui Plekhanov, Friedrich Engels, Rosa Luxemburg. Elle milite aussi à la CGT dans les années 1960 et en est écartée pour ses idées révolutionnaires. Après la révolte étudiante et la grève générale de "Mai 1968", les organisations d'extrême gauche, dont Voix ouvrière, sont dissoutes par décret de Charles de Gaulle. Elle participe à la formation de Lutte ouvrière le 26 juin 1968, puis est choisie, à 33 ans, pour en être la porte-parole nationale aux élections législatives de 1973. 

L'année suivante éclate la grève qui de février à avril s’étendra à tout le secteur bancaire. Avec ses camarades elle convainc la majorité des grévistes du siège à l’idée de la grève active, dirigée par les employés combatifs eux-mêmes, organisés au travers de comités de grèves qu’ils ont eux-mêmes élus. La grève sera un succès. Ce même mois d’avril, à nouveau comme porte-parole de Lutte ouvrière, elle deviendra la première femme candidate à l’élection présidentielle.

Militante syndicale et politique, elle est reconduite chaque année dans ses fonctions de porte-parole de Lutte ouvrière et représente le mouvement à toutes les élections. Elle se revendique d'extrême gauche.

Dans les élections, elle défend un programme de défense des intérêts du monde du travail. En 1995, elle défendait ce qu'elle appelait un « programme d'urgence » pour les travailleurs, qui contenait des revendications comme l'interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices, et la levée des secrets bancaires et commerciaux. Elle affirmait que les travailleurs ne pouvaient « compter ni sur la droite, ouvertement au service du grand patronat, ni sur la gauche, hypocritement servile envers lui ».

Lors de l'élection présidentielle française de 2007, elle défend un programme de défense des travailleurs qui met l'accent sur les trois problèmes qu'elle estime vitaux pour le « monde du travail » : le logement, l'emploi et les salaires. Elle défend la nécessité de prendre sur les profits des entreprises pour créer des emplois, augmenter les salaires et financer la construction de logements sociaux.

Députée européenne de 1999 à 2004, ses interventions au Parlement européen se sont tournées contre les mécanismes capitalistes et la loi du marché, contre la diminution des salaires et des minima sociaux. Elle y a appartenu au groupe Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL) et était membre de la commission de l'emploi et des affaires sociales, membre suppléante de la commission de développement et de la coopération, et membre suppléante de la délégation à la commission parlementaire mixte UE-Lituanie.

Pour le deuxième tour du 19 mai 1974 puis du 10 mai 1981 qui a vu la victoire de François Mitterrand, elle a appelé les travailleurs à voter pour celui-ci « sans réserves mais sans illusion », « par solidarité avec les millions d'électeurs de gauche, de travailleurs, de gens du peuple, qui souhaitaient mettre fin à des années et des années de pouvoir politique de la droite et qui espéraient beaucoup de la gauche ». En 1988 et 1995, elle ne donne pas de consigne de vote au second tour pour « ne pas cautionner la politique des gouvernements de gauche », estimant que la politique de la gauche au gouvernement « avait suffisamment démontré que les travailleurs n'avaient rien à attendre du Parti socialiste au pouvoir ». En 2002, elle refuse d'appeler à voter pour Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen lors du second tour de l'élection présidentielle. En 2007, elle appelle à soutenir Ségolène Royal au deuxième tour.


Luc Besson : né le 18 mars 1959 dans le 15e arrondissement de Paris.

 

Résultat de recherche d'images pour "Luc Besson"Réalisateur, producteur et scénariste français, il s'est démarqué avec les films Le Grand Bleu, Nikita, Léon, Le Cinquième Élément, Jeanne d'Arc, Arthur et les Minimoys, The Lady et Lucy. En tant que producteur avec sa société de production Europa Corp, il est surtout connu pour les séries de films Taxi, Taken et Le Transporteur.

Fils unique, Luc Besson passe son enfance auprès de parents instructeurs en plongée sous-marine au Club Méditerranée, entre la Grèce et l'ex-Yougoslavie. Un accident l'empêche de poursuivre la plongée à haut niveau.

Il commence dans le cinéma en multipliant les postes d'assistant réalisateur en France et aux États-Unis, avant de mettre en scène son premier long métrage, un film de science-fiction coécrit avec Pierre Jolivet qui évoque la survie d'êtres humains dans un monde post-apocalyptique. Le Dernier Combat, tourné en CinémaScope et en noir et blanc (fortement inspiré par La Jetée de Chris Marker, 1962), lui vaut d'être distingué au festival d'Avoriaz en 1983 et lui permet de signer un contrat avec la Gaumont pour réaliser deux ans plus tard Subway, interprété notamment par Isabelle Adjani et Christophe Lambert. Récompensé par trois Césars, ce film impose sa griffe visuelle et donne à voir un univers graphiquement sophistiqué, très proche de la bande dessinée et du vidéoclip que certains apparentent au cinéma du look.

Fort de ce succès, il entreprend la réalisation d'une œuvre qui lui tient à cœur : Le Grand Bleu. Mal reçue au Festival de Cannes 1988, elle devient un phénomène de société faisant dix millions d'entrées et devenant l'objet de nombreuses analyses qui tentent d'expliquer son succès auprès du public et plus particulièrement auprès des jeunes. Son style proche de l'esthétique publicitaire installe un fossé entre le réalisateur et le monde de la critique.

Bien que la critique éreinte Besson, le public est au rendez-vous pour ses films suivants : Nikita en 1990 et Léon en 1994, qui renouvellent le genre grand public du film de tueurs. Ces deux productions assoient par ailleurs définitivement sa popularité en France et lui apportent la célébrité sur le plan international. Atlantis, en 1991, obtient en revanche un succès moindre.

En 1994, lors de la 20e cérémonie des César, il décide de boycotter la cérémonie suite à la remise du césar du meilleur film étranger à Quatre mariages et un enterrement de Mike Newell à la place de La liste de Schindler de Steven Spielberg.

En 1997, il se lance avec le groupe Gaumont dans un ambitieux projet de science-fiction : Le Cinquième Élément. Il s'installe alors à Los Angeles avec son épouse, la comédienne Maïwenn et leur fille Shanna. Visant explicitement le marché américain, il place en tête d'affiche Bruce Willis, Milla Jovovich et Gary Oldman dans une histoire au canevas traditionnel de fin du monde évitée de justesse, traitée dans un mélange d'humour, d'ironie et de grand spectacle. Les décors et l'apparence des créatures du film sont dessinés par Mœbius et Jean-Claude Mézières, les costumes sont conçus par Jean-Paul Gaultier. Cette superproduction devient l'un des plus gros succès commerciaux d'un film français aux États-Unis (battu depuis par Taken de Pierre Morel). En couronnement de ce triomphe, Besson reçoit le César du meilleur réalisateur en 1998.

En 1999, sa version de Jeanne d'Arc, interprétée par sa nouvelle compagne et épouse Milla Jovovitch, rassemble trois millions de spectateurs en salles. L'année suivante, il se voit confier la présidence du jury au 53e festival de Cannes.

Les années 2000 seront essentiellement marquées par ses activités de producteur. Il ne revient à la réalisation qu'en 2005 avec Angel-A puis l'année d'après avec son tout premier film d'animation adapté de son livre pour enfants : Arthur et les Minimoys, qui bénéficie d'un budget colossal pour sa promotion et pour le lancement de plusieurs produits dérivés. Le film connaît deux suites : Arthur et la vengeance de Maltazard et Arthur et la guerre des deux mondes.

En 2006 il préside le jury des longs-métrages du Festival international du film de Shanghai.

En 2009, il signe dans le journal Le Monde une tribune par laquelle il soutient le projet de loi « Création et Internet ».

En 2010, Besson adapte la série de bandes dessinées de Jacques Tardi, Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, avec Louise Bourgoin dans le rôle-titre. La même année il est président du jury du Festival international du film de Moscou.

Dès l'été 2010, il débute en secret le tournage de son film The Lady en Thaïlande. Le film est un film biographique sur la femme politique birmane Aung San Suu Kyi, retenue à l'époque en résidence surveillée par le gouvernement birman. C'est l'actrice malaisienne Michelle Yeoh qui tient le rôle principal du film. Le long métrage sort en salles, en France, le 30 novembre 2011.

Il dirige ensuite Robert De Niro dans une adaptation du roman Malavita de Tonino Benacquista dans un film éponyme sorti en 2013.

Il reprend ensuite son projet de science-fiction de longue date, intitulé Lucy, avec Scarlett Johansson dans le rôle principal, alors qu'Angelina Jolie était évoquée depuis le début. Le tournage débute en septembre 2013, après celui de Captain America : Le Soldat de l'hiver, et a lieu à Paris, la Cité du cinéma, Étretat et à Taipei.


Décès :

 

Jacques de Molay : né entre 1244 et 1249, décédé le 18 mars 1314.

 

Résultat de recherche d'images pour "Jacques de Molay"Vingt troisième et dernier grand maître de l'ordre du Temple.

Après avoir combattu en Terre sainte, il est élu à la tête de l’ordre en 1292. À cette date, l'ordre est en crise après la mort de nombreux frères et dignitaires lors de la chute des dernières positions des États latin d'Orient et de Saint-Jean-d'Acre en mai 1291. La défense de ces lieux étant la raison d'être des Templiers, leur réputation est affaiblie. Jacques de Molay consacre son magistère à réorganiser l'ordre en Orient et en Occident, à préparer la reconquête des lieux saints et à nouer des alliances solides en Europe. C'est dans cette dernière tâche qu'il échoue. En 1307 il est arrêté à Paris sur ordre de Philippe le Bel, qui accuse les Templiers d'hérésie et de pratiques obscènes. Après quelques hésitations, le pape Clément V et les autres souverains chrétiens ne le soutiennent pas. À la suite d'un procès peu équitable, Jacques de Molay est exécuté en mars 1314 sur un bûcher dressé sur l'île aux Juifs à Paris.

La fin dramatique de Jacques de Molay a inspiré légendes et fictions tournant en particulier autour de la malédiction qu'il aurait lancée contre Philippe le Bel et Clément V. La plus célèbre est la suite romanesque historique Les Rois maudits de Maurice Druon en 1955.

Jacques de Molay est reçu dans l'ordre en 1265 à la commanderie de Beaune par Humbert de Pairaud, qui occupe le poste de « Visiteur de France et d'Angleterre », et en présence d'Amaury de La Roche, maître en France et ami du roi de France Louis IX. Comme le veut la règle, l'aspirant est reçu devant l'ensemble des frères présents, on lui fait lecture de ses devoirs et de ses vœux, puis on lui remet le manteau de l'ordre. Quarante-deux ans plus tard, lors de son procès, il va devoir répondre de l'accusation d'avoir participé à cette occasion à un rituel initiatique scandaleux.

Aucun document n'a été retrouvé permettant de connaître les premières années de Jacques au sein de l'ordre, ni sa carrière, ni les lieux où il a résidé. Pour l'historienne Barbara Frale, il était probablement un proche du grand maître Guillaume de Beaujeu, une hypothèse que l'historien Alain Demurger ne suit pas car on manquerait de documents pour l'attester. Quoi qu'il en soit, Jacques devient templier au moment où la Terre sainte et les positions de l'ordre sont menacées par les Mamelouks. Il est donc rapidement envoyé en Orient en tant que chevalier, combattant, entre 1266 et 1271 au plus tard.

En 1291, les Mamelouks mènent une offensive décisive contre les Francs en Terre sainte. Après un siège de deux mois, Saint-Jean-d'Acre tombe et le grand maître Guillaume de Beaujeu, qui défend la ville en personne, est blessé mortellement. Les dernières positions franques sont évacuées ou prises dans les mois qui suivent. Les Templiers comme les autres s'enfuient vers Chypre, royaume franc où l'ordre est solidement implanté. Jacques de Molay participe à ces derniers combats et à l'évacuation vers Chypre.

Après la mort de Guillaume de Beaujeu, Thibaud Gaudin est élu à la tête de l'ordre. Sa mort précoce au début de l'année 1292 oblige les Templiers à une nouvelle élection. L'ordre procède donc comme le veut leur règle à la réunion d'un chapitre à Chypre. Un collège de treize électeurs doit proposer des noms de frères capables d'assumer la fonction. Celle-ci est disputée par Hugues de Pairaud et Jacques de Molay. Ce dernier est élu en avril 1292 grâce au soutien des Comtois et des Bourguignons, assez nombreux sur l'île à cette date.

Comme de nombreux frères et dirigeants sont morts lors de la perte de la Terre sainte, Jacques procède à de nombreuses nominations avec l'accord du chapitre : Baudouin de Landrin est nommé maréchal, Berenguer de Saint-Just commandeur de la terre, Guillaume de la Tour turcopolier, Raymond de Barber sous-maréchal, Marin de Lou trésorier et d'autres postes de moindre importance. De nombreux Bourguignons et Aragonais sont promus, ce qui donne une indication sur les inclinaisons politiques du nouveau grand maître.

La priorité du nouveau grand maître est religieuse et militaire, pour l'historien Alain Demurger : « il croit à la croisade, à la reconquête de Jérusalem […] la croisade n'est pas en 1300 un idéal mort. Jérusalem n'est pas un objectif de doux rêveur, Jacques de Molay en a une expérience pratique ».

Il doit également se consacrer de toute urgence à la protection des États chrétiens subsistants : Chypre et l'Arménie. Ces deux royaumes sont sous la menace d'une attaque mamelouk. En 1298, le château de Roche-Guillaume, situé en Arménie mais défendu par les Templiers est pris par les Mamelouks. Jacques de Molay et le grand maître des Hospitaliers Guillaume de Villaret se rendent en Arménie pour défendre le royaume.

À cette date, le rapport de forces entre chrétiens et Mamelouks penche nettement en faveur de ces derniers qui ne cessent de progresser. Les chrétiens peuvent cependant compter sur les Mongols de Perse dirigés par Mahmud Ghazan Khan dont l'expansionnisme les pousse à convoiter les terres mameloukes. Le khan envoie un ambassadeur à Nicosie en 1300 pour nouer une alliance. Le roi de Chypre, le roi d'Arménie et Jacques de Molay décident de l'escorter jusqu'au pape pour appuyer l'idée d'une alliance.

En attendant les résultats de cette initiative diplomatique, Henri II, Guillaume de Villaret et Jacques de Molay lèvent une flotte en vue d'un raid sur l’Égypte. Les chrétiens, à bord de seize galères et d'une dizaine de petits navires, sont accompagnés d'un émissaire mongol. En juillet 1300, ils pillent Rosette et Alexandrie avant de regagner Chypre. Le butin est considérable et les chrétiens ont envoyé un signe fort à Mahmud Ghazan, démontrant leur détermination à engager le combat projeté. Le chef mongol leur envoie par la suite un message pour les prévenir qu'il a l'intention de lancer bientôt sa campagne et les invite à débarquer en Arménie pour organiser une offensive commune.

Le roi de Chypre envoie une armée en Arménie accompagnée de 300 chevaliers des deux ordres dirigés par les grands maîtres en personne. Ils prennent d'assaut l'île d'Arouad, proche de la côte syrienne, avec pour objectif de la transformer en base pour leurs futures opérations. Ils prennent ensuite la cité portuaire de Tortose, pillent la région, capturent de nombreux musulmans qu'ils revendent comme esclaves en Arménie en attendant l'arrivée des Mongols. Cependant, Mahmud Ghazan tombe malade et renonce à sa campagne. Les chrétiens décident dès lors de rentrer à Chypre mais Jacques de Molay laisse une garnison templière à Arouad avec l'espoir de relancer une offensive l'année suivante. À partir de l'île, il organise de nombreux raids sur les terres musulmanes. En septembre 1302, l'île est pourtant reprise par les Mamelouks, qui exécutent la plupart des templiers présents sur place.

Fin 1306, le pape Clément V, alors installé en France, convoque les grands maîtres pour organiser avec eux la prochaine croisade et leur faire part de son projet d'unir les deux ordres. Jacques de Molay présente un plan ambitieux issu de son expérience : pour lui, il est inutile d'envoyer des petites armées guerroyer contre les musulmans de même qu'il est inutile de prendre appui sur l'Arménie qui est un royaume trop faible. Il suggère le départ en croisade de l'ensemble des souverains d'occident sous la direction papale, avec une armée d'au moins 20 000 hommes, les républiques italiennes fournissant le transport. Il cherche aussi à faire condamner par le pape le commerce que pratiquent les Italiens avec les musulmans. Concernant l'union des ordres, Jacques de Molay rejette toute idée de fusion.

Peu après son arrivée, le grand maître reçoit des nouvelles inquiétantes : le roi de France Philippe le Bel serait en train d'accumuler des charges contre son ordre, d'anciens templiers témoigneraient de manquements à la charité (richesse et avarice de l'ordre), de comportements dépravés et, beaucoup plus grave, de pratiques hérétiques. De Molay n'apprécie pas Philippe, responsable de la mort de Boniface VIII lors de l'attentat d'Anagni. C'est de plus un ennemi de l'Aragon, principal allié des templiers, et enfin un roi agressif qui cherche à contrôler l’Église — avec succès, puisqu'il contraint Clément à s'installer dans son royaume — et les ordres religieux afin de mettre la main sur leur patrimoine lorsque l'occasion s'en présente. En outre, Philippe le Bel a emprunté des sommes importantes auprès du Temple et ne règle pas ses dettes.

Pour couper court aux rumeurs et à l'enquête des Français, Jacques de Molay demande une enquête pontificale à Clément V. Ce dernier la lui accorde le 24 août 1307. Philippe le Bel n'attend pas les résultats de l'enquête et hâte l'arrestation à l’abbaye Notre-Dame-La-Royale, près de Pontoise, le jour de la fête de l’exaltation de la Sainte-Croix. Il dépêche des messagers le 14 septembre 1307 à tous ses sénéchaux et baillis, leur ordonnant de procéder à la saisie de tous les biens mobiliers et immobiliers des templiers ainsi qu'à leur arrestation massive en France au cours d'une même journée, le vendredi 13 octobre 1307. L'ordre est également donné de ne rien divulguer de cette opération avant le jour prévu. Le but est clair, il s'agit de profiter du fait que les templiers sont disséminés sur tout le territoire et ainsi d'éviter qu'alarmés par l'arrestation de certains de leurs frères, ils ne se regroupent et ne deviennent alors difficiles à arrêter.

Jacques de Molay ne semble pas prendre trop aux sérieux les menaces françaises. L'enquête menée par Guillaume de Nogaret n'ayant recueilli que des témoignages provenant de templiers chassés de l'ordre à cause de leur mauvaise conduite, il considère que leur parole est de peu de poids. Le 12 octobre 1307, Jacques de Molay se rend à Paris pour assister aux obsèques de Catherine de Courtenay, épouse de Charles de Valois, frère du roi. Il est reçu avec tous les honneurs dus à son rang. Le lendemain, le vendredi 13 octobre, le piège se referme comme prévu et Jacques de Molay et sa suite sont arrêtés, les biens du Temple saisis.

Le nombre des personnes arrêtées est difficile à préciser, car les documents ne les recensent pas avec précision. Les procès-verbaux des interrogatoires de la fin octobre indiquent 138 membres de l'ordre arrêtés à Paris, ainsi que 94 en province. La commission pontificale de 1310-1311 interroge quelque 231 templiers, et on en compte 546 détenus dans une trentaine de lieux en 1310.

Dès qu'il apprend la nouvelle de l'arrestation des templiers, Clément V se précipite à Poitiers afin de commander la tenue d'un consistoire. L'objectif est de mettre en place un tribunal où le pape et ses cardinaux pourront entendre les plaintes et les accusations Hugues de Pairaud, maître de France, se rendant à ce tribunal pour témoigner en compagnie de seize ou dix-sept frères de l'ordre, est pourtant arrêté et emmené à Loches. Le consistoire dure plusieurs jours et le pape décide finalement de s'opposer au roi. Il écrit d'ailleurs à Philippe le Bel le 27 octobre 1307 pour signifier son indignation devant l'arrestation des templiers et le mépris dont le roi a fait preuve en agissant de la sorte. Il s'agit d'une atteinte directe aux prérogatives papales et Clément V en est parfaitement conscient : l'initiative de l'enquête a certes été prise au nom de l'Inquisition, par l'entremise de Guillaume Humbert, mais elle a été commandée par un prince séculier et non par le pape. De fait, le combat que ce dernier commence à mener pour la défense de l'ordre a aussi pour but la sauvegarde de l'indépendance et de l'autorité du Saint-Siège.

En décembre 1313, le pape nomme une nouvelle commission de trois cardinaux pour juger Jacques de Molay, Hugues de Pairaud, maître de France, Geoffroy de Gonneville, maître d’Aquitaine et de Poitou, et Geoffroy de Charnay, maître de Normandie. En mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay reviennent sur leurs aveux et clament leur innocence et celle du Temple. En conséquence, les juges condamnent Pairaud et Gonneville à la prison à vie, Molay et Charnay au bûcher, condamnés comme relaps pour être retombés dans leurs erreurs. Philippe les livre aux flammes le jour même, sur l'île aux Juifs. Geoffroi de Paris, clerc royal et présent lors du bûcher, rapporte l'attitude et les dernières paroles du grand maître :« Le maître, qui vit le feu prêt, s'est dépouillé immédiatement sans peur, et se mit tout nu en sa chemise. Il ne trembla à aucun moment, bien qu'on le tire et bouscule. Ils l'ont pris pour le lier au poteau, et lui, souriant et joyeux, se laisse faire. Ils lui attachent les mains, mais il leur dit : « Seigneurs au moins, laissez-moi joindre un peu mes mains, et vers Dieu faire oraison, Car c'en est le temps et la saison. Je vois ici mon jugement, où mourir me convient librement. Dieu sait qui a tort et a péché, le malheur s'abattra bientôt sur ceux qui nous condamnent à tort. Dieu vengera notre mort. Seigneur sachez que, en vérité, tous ceux qui nous sont contraires par nous auront à souffrir. En cette foi je veux mourir. Voici ma foi, et je vous prie, que devers la Vierge Marie, dont notre Seigneur le Christ fut né, mon visage vous tournerez ». On lui a accordé sa requête. Et la mort le prit si doucement que chacun s'en émerveilla »

 

— Geoffroi de Paris, Chronique métrique de Philippe le Bel.

Geoffroy de Charnay monte sur le bûcher après lui et prend la parole pour faire l'éloge du grand maître, mort en martyr. Un autre chroniqueur, un Florentin affirmant tenir ses informations d'un parent témoin de la scène, rapporte que les ossements des morts sont recueillis dans la nuit par des religieux et mis à l'abri dans des lieux saints.



17/03/2015
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