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Mag à zine international.

Cela s'est passé un 19 février...

JEUDI 19 février 2015 - 30 Pluviôse CCXXIII 

50ème jour - 8ème semaine de l'année 2015   

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Joyeux nouvel an aux Chinois ! en ce début de l'année du chèvre.

Fêtes du jour : Gabin,

Aujourd'hui nous fêtons également les Gabia, Gabien, Gabinia, Gabinien, Gabinienne, Philothée.

 

Dicton du jour :  

« À la saint Gabin, la fin de l'hiver n'est plus très loin. » 

 

Citations sur l'histoire :

 

« Faites attention à l'Histoire officielle que l'imposture se charge de décrire. » 

 [Chateaubriand] Mémoires d'outre-tombe

 

 « Faire confiance à l’histoire c’est croire les criminels sur parole. »

 [Simone Veil]

 

 « L'Histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies. »

 [Alexis de Tocqueville]

 

« Le talent de l'historien consiste à faire un ensemble vrai avec des traits qui ne sont vrais qu'à demi. »

 [Ernest Renan]

 

« Les hommes font leur histoire, même s'ils ne savent pas l'histoire qu'ils font. » 

[Raymond Aron] 


Citations du jour : 

 

« Je boirai du lait le jour où les vaches mangeront du raisin. »

[Jean Gabin

 

« Quoi que l'on dise, quoi que l'on fasse, Le temps s'enfuit et tout s'efface. »

 [Charles Trenet]

 

« Les mathématiques ne sont écrites que pour les mathématiciens. »

[Nicolas Copernic] 


19 février 197 : début de la bataille de Lugdunum (Lyon).  

 

Résultat de recherche d'images pour "début de la bataille de Lugdunum"La bataille de Lugdunum (également appelée Bataille de Lyon) opposa les armées de l'empereur romain Septime Sévère et de l'usurpateur romain Clodius Albinus les 19-20 février 197 à Lugdunum.

Après la mort de l'empereur Pertinax en 193, une lutte s'engage pour sa succession. L'empereur de Rome, Didius Julianus, doit faire face à un prétendant, le commandant des légions pannoniennes Septime Sévère. Avant d'aller à Rome, Sévère fait alliance avec le puissant commandant des légions de Bretagne, Clodius Albinus, lui promettant le titre de César. Après avoir éliminé Didius en 193, Pescennius Niger en 194, et après une campagne en Orient en 195, Sévère attribua à son fils le titre de César. Cette nomination entraîne la rupture de son alliance avec Albinus qui est déclaré ennemi public par le Sénat.

En 196, après avoir été acclamé empereur par ses troupes, Clodius Albinus marche sur la Gaule. D'après l'historien Dion Cassius, jusqu'à 150 000 hommes prennent part à l’affrontement dans chaque camp. Ce nombre est très probablement exagéré car cela signifierait que près des trois-quarts des troupes de l'empire romain de l'époque y auraient participé. Albinus emmene vraisemblablement tous ses effectifs de Bretagne, soit trois légions et des troupes auxiliaires. De Gaule, il envoie des messagers demander des subsistances et de l’argent. Il installe son quartier général à Lugdunum, incorporant la XIIIe cohorte urbaine qui servait de garnison dans cette capitale provinciale. Il y est rejoint par Lucius Novius Rufus, le gouverneur de Tarraconaise et par la VIIe légion Gemina.

L’année 196 se passe en escarmouches dans différents secteurs. Albinus attaque les forces de la province de Germanie dirigées par Virius Lupus. Il les bat mais cette victoire ne fut pas suffisante pour les convaincre de leur intérêt à changer de camp. Albinus envisage ensuite d'envahir l'Italie, mais Sévère a paré à cette éventualité en renforçant les garnisons protégeant les cols alpins.

Durant l'hiver 196-197, Sévère rassemble ses forces le long du Danube et marche vers la Gaule, où, à sa grande surprise Albinus dispose de troupes équivalentes aux siennes. Les deux armées s'affrontent d'abord à Tinurtium (Tournus), où Sévère bien que vainqueur ne peut obtenir une victoire décisive.

L'armée d'Albinus fait retraite vers Lugdunum et celle de Sévère la suit. La bataille frontale et décisive commence le 11e jour avant les calendes de mars (19 février 197). D’après tous les narrateurs, l’issue de la bataille est longtemps incertaine. Selon Dion Cassius l’aile gauche d’Albinus finit par plier et se retirer dans son camp, immédiatement attaquée par les soldats de Sévère. De son côté, l’aile droite feint une attaque pour lancer ses traits, suivie d’un repli et attire les sévériens dans un secteur piégé de tranchées dissimulées où ils tombent en désordre et commencent à se faire massacrer. Sévère intervient avec ses prétoriens, mais tombe de cheval, frappé par une balle de fronde en plomb selon l’Histoire Auguste. Se relevant il déchira son manteau impérial, tira son épée et se jetant parmi les fuyards parvint à les arrêter et à les ramener au combat. Hérodien donne une version moins glorieuse : l’armée d’Albinus est en train de l'emporter dans le secteur commandé par Septime Sévère, qui en se repliant tombe de cheval et doit abandonner son manteau impérial pour n’être pas reconnu.

Le cours de la bataille est renversé par l’intervention décisive de la cavalerie de Laetus qui contre-attaque de flanc les troupes d’Albinus. Celles-ci se croyant victorieuses ne sont plus en ordre de bataille et se débandent après une brève résistance. Les troupes de Sévère les poursuivent jusqu’à Lugdunum (Lyon) et les massacrent dans le cul-de-sac que constitue le confluent de la Saône et du Rhône. Hérodien et Dion Cassius insinuent tous deux que Laetus aurait attendu pour intervenir que l’affaire tourne mal pour Sévère, dans l’espoir de se faire proclamer empereur à sa place.


19 février 1790 : éxécution, par pendaison de Thomas de Mahy de Favras, Marquis de Favras.

 

Favorable à une profonde réforme de l'État royal et en particulier à la réforme des finances royales et de l'administration royale, le marquis de Favras est cependant hostile à toute contestation de l'autorité royale . Dans le contexte tendu qui suit la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, le Marquis de Favras aurait de ce fait commencé à élaborer un plan de contre-révolution, mais les journées des 5 et 6 octobre 1789 vont l'obliger à revoir ses projets. Lors de ces journées il se fit remarquer en proposant de réunir des hommes et des chevaux afin de protéger Versailles et le roi des émeutiers, ce qui échoua. Il escorta alors Louis XVI et sa famille jusqu'à Paris afin de le protéger de la foule agitée.

 

Résultat de recherche d'images pour "éxécution, par pendaison de Thomas de Mahy de Favras"Après les journées des 5 et 6 octobre 1789 et l'arrivée du roi à Paris, le Marquis de Favras et de sa famille s'installent dans un pieds à terre mis à leur disposition par Monsieur Le Roy de la Roullé , ancien conseiller au Parlement de Paris et fidèle ami de la famille tandis que celui-ci séjournait dans ses terres auvergnates . Il leur proposa d'ailleurs de venir le rejoindre , craignant que le Marquis ne se laisse happer par l'agitation révolutionnaire. Il n'en fut rien. Thomas de Mahy de Favras élabora le projet de lever une garnison capable de protéger le roi et sa famille en cas d'émeute. Il fit appel à deux racoleurs nommés Tourcaty et Morel ainsi qu'à un officier des gardes françaises nommé Marquier, fervent royaliste a qui il remet un pamphlet intitulé « Ouvrez donc les yeux » dont il aura charge de transmettre à ses hommes dans le but de les recruter. À la suite des dénonciations de ses racoleurs, il est placé sous surveillance et ses projets furent révélés. Dans la nuit du 24 au 25 décembre 1789 le marquis de Favras est mis en état d'arrestation ainsi que son épouse la princesse de Anhalt. Des billets furent diffusés dans tout Paris l'accusant lui et le comte de Provence, non sans une certaine complaisance, d'avoir ourdi un complot destiné à faire évader le roi, assassiner La Fayette et Jean Sylvain Bailly, susciter une révolte, bloquer et affamer Paris. D'après Tulard, La Fayette aurait monté l'affaire pour mettre en cause le comte de Provence mais la provocation n'aboutit pas. Il en résulte que Monsieur se rendit à l'hôtel de ville le lendemain et y prononça un discours où il affirma que son lien avec Favras ne tient qu'à son souhait de contracter un emprunt afin de financer ses frais de maison, chose invraisemblable au vu de sa fortune qui fait de lui un des plus riches particuliers de France. Dans sa captivité, la marquise de Favras aurait en réalité révélée à Jacques-Mathieu Augeard que le marquis de Favras s'était coalisé avec plusieurs gentilshommes dont le comte de Luxembourg, le comte de la Châtre, le marquis de Lévis etc, ainsi que Monsieur dans le dessin de sauver le roi, et à cette fin, ce dernier aurait mandaté Favras de négocier un emprunt de deux millions avec le banquier Chomel.

 

Le tribunal du Châtelet est chargé d'instruire le procès de Thomas Mahy de Favras. Son procès fut l'occasion de violentes émeutes jusqu'aux abords de sa prison tant le sujet était devenu brûlant à Paris. Ce dernier, rassuré par le soutien du comte de Provence, s'obstine à innocenter le futur Louis XVIII et se déclare prêt à endosser la responsabilité du projet d'évasion du roi. Durant son procès, Favras sut se défendre avec calme et présence d'esprit . Louis-Marie Prudhomme écrivit sur lui que Dans tout le cours de sa défense, il ne perdit jamais cette attitude qui convient a l'innocence, et il répondit a toutes les questions avec netteté et sans embarras. Mais lorsqu'il entend le réquisitoire de l'avocat général qui demandait pour lui la sentence de mort, il comprend que le comte de Provence s'était joué de lui et, dès lors, il songe à dénoncer ses complices. Il informe un lieutenant civil par un écrit rédigé de sa main que non seulement le comte de Provence était le principal incitateur du complot, mais que Marie-Antoinette d'Autriche elle-même s'y trouvait mêlée. Antoine Omer Talon sait être convaincant. Il demande à Thomas Mahy de Favras de faire le sacrifice de sa vie en lui certifiant que la « terre serait légère à ses enfants », que de toute façon, même si, grâce à ses déclarations, il réussissait à échapper à la potence, des vengeurs sauraient l'atteindre où qu'il se trouve.

 

Selon une autre source, Omer Talon lui aurait donné sa parole qu'une lettre lui apporterait la grâce de Louis XVI à l'instant où il monterait les marches de l'échafaud. Thomas Mahy de Favras est mené en place de Grève ; et il usa de tous les moyens pour faire reculer le moment de son exécution, dans l'attente du courrier promis. Mais il attendit en vain.

 

Le 19 février 1790, Thomas de Mahy de Favras eut en effet à faire amende honorable devant Notre-Dame de Paris, dicta son testament durant plus de quatre heures à l'hôtel de ville, laissant patienter la foule venue nombreuse pour assister à son exécution, puis fut conduit à la potence dressée en place de Grève. Outre son confesseur fut dépêché un second clerc, l'abbé le duc, fils naturel de Louis XV. Voyant qu'aucun secours ne lui sera apporté, Favras sembla songer à révéler ce dont Antoine Omer Talon avait eu vent, mais cet abbé aurait glissé à ses oreilles qu'il devait se soumettre au sort qui lui est réservé au nom de la famille royale et de sa famille, ce qui finalement le dissuada de parler. Il fut alors pendu. L'abbé Le Duc aurait aussitôt accouru au Palais du Luxembourg où résidait alors le comte de Provence pour lui transmettre la nouvelle du décès de Favras. Monsieur qui reçu cela avec soulagement aurait dit alors en se frottant les mains Allons, nous pouvons nous mettre à table et souper de bon appétit, ce qu'il fit effectivement. La légende raconte que, après avoir pratiqué une saignée sur le marquis de Favras il se soit réveillé pour un court instant, ouvrant les yeux et rendant un dernier soupir.

 

Le marquis de Favras fut inhumé au cimetière Saint-Jean en Grève jusqu'en 1804, date de sa destruction à l'occasion de laquelle ses ossements furent transportés aux catacombes. La marquise de Favras n'apprendra son exécution que le lendemain, de la bouche d'un marchand de journaux qui criait la nouvelle sous la fenêtre à barreaux de sa cellule.


Naissances :

 

Nicolas Copernic (polonais : Mikołaj Kopernik [miˈkɔwaj kɔˈpɜrnik], allemand : Nikolaus Kopernikus, latin : Nicolaus Copernicus Torinensis/Thorunensis/Torunensis) : né le 19 février 1473 à Toruń, Prusse royale (Royaume de Pologne) et mort le 24 mai 1543 à Frombork, Prusse royale (Royaume de Pologne).

 

Résultat de recherche d'images pour "Nicolas Copernic"Chanoine, médecin et astronome polonais. Il est célèbre pour avoir développé et défendu la théorie de l'héliocentrisme selon laquelle le Soleil se trouve au centre de l'Univers et la Terre tourne autour de lui contre la croyance répandue que cette dernière était centrale et immobile. Les conséquences de cette théorie dans le changement profond des points de vue scientifique, philosophique et religieux qu'elle impose sont baptisées révolution copernicienne.

Nicolas Copernic naît le 19 février 1473 dans une famille riche de la ville hanséatique de Toruń (Thorn), en Poméranie. Son père, prénommé également Nicolas, est un bourgeois de Cracovie venu s'établir à Thorn peu avant l'annexion de la région par le royaume de Pologne, et suffisamment intégré pour y devenir échevin. Sa mère, Barbara Watzelrode (ou Watzenrode) est d'une ancienne famille de Thorn, probablement originaire de Silésie. Il est recueilli par son oncle maternel, futur évêque de Varmie (en allemand : Ermland), Lukas Watzelrode (ou Lucas Watzenrode) à la suite du décès de son père (vers 1483).

Celui-ci veille sur son neveu et s'assure qu'il fréquente les meilleures écoles et universités ; en 1491, il devient étudiant à l'Université de Cracovie (actuellement l'université jagellonne de Cracovie) où il étudie les mathématiques et l'astronomie (quadrivium), mais aussi la médecine et le droit, tout en suivant probablement le trivium, cours habituel de la Faculté des arts (centré sur la dialectique et la philosophie). Il quitte cette université après trois ou quatre ans, trop tôt pour obtenir un diplôme.

Il retourne alors chez son oncle, qui tente de le faire élire chanoine au chapitre de la cathédrale de Frombork. Sans attendre la confirmation de son élection (en 1497), il se rend en 1496 en Italie où il étudie à l'université de Bologne le droit canonique puis le droit civil, mais aussi la médecine et la philosophie. Il y apprend de plus le grec, qui lui servira grandement pour étudier les sources de la science antique. À Bologne, il loge chez l'astronome Domenico Maria Novara, qui est l'un des premiers à remettre en cause l'autorité de Ptolémée.

Selon Rheticus, « il fut moins le disciple que l'assistant et le témoin des observations du très savant Dominicus Maria ». C'est ainsi que Copernic fit la première observation dont nous avons connaissance, celle de l'occultation de l'étoile Aldébaran par la Lune, le 9 mars 1497.

En 1500, il donne, d'après Rheticus, une conférence sur l'astronomie à Rome, et y observe une éclipse partielle de lune. Le chanoine Copernic se rend l'année suivante au chapitre de la cathédrale de Frombork, où on lui accorde une absence supplémentaire de deux ans pour étudier la médecine. Il poursuit donc ses études en médecine et droit à l'université de Padoue, réputée pour son enseignement de médecine. Mais c'est à Ferrare, le 31 mai 1503, qu'il obtient le titre de docteur en droit canon (le doctorat de médecine aurait nécessité trois années d'études). À la fin de ses études, en 1503, il quitte définitivement l'Italie et réintègre son diocèse. 


Sócrates Brasileiro Sampaio de Souza Vieira de Oliveira, plus connu simplement comme Sócrates et surnommé le « docteur » :  né le 19 février 1954 à Belém et mort le 4 décembre 2011 à São Paulo.

 

Résultat de recherche d'images pour "Sócrates Brasileiro Sampaio de Souza Vieira de Oliveira"Footballeur, milieu de terrain international brésilien, titulaire d'un doctorat en médecine et politiquement engagé pour la démocratie, il a exercé comme spécialiste en médecine sportive et a été consultant après sa carrière sportive. Il fut avec Zé Maria, Wladimir et Walter Casagrande l'un des leaders de la démocratie corinthiane. Sócrates etait le frère aîné de Raí, lui aussi ancien capitaine de la Seleção

 

Sócrates reste un des plus grands joueurs de l'histoire du football brésilien. Milieu de terrain longiligne et élégant, reconnaissable sur le terrain à sa barbe et à son port altier, Socrates était surtout un joueur doté d'une grande technique et d'une parfaite vision du jeu.

Sócrates a débuté sa carrière dans le club de Riberão Preto en 1974. En 1978, il rejoint les SC Corinthians où il fera l'essentiel de sa carrière. Outre ses remarquables qualités de joueur, Sócrates se distingue aux Corinthians par son engagement politique.

Sócrates se met également en évidence sous le maillot de l'équipe nationale du Brésil. Il obtient 60 sélections et marque 22 buts entre 1979 et 1986. Il dispute les coupes du monde 1982 (en tant que capitaine) et 1986 mais, malgré une génération de grande qualité et un jeu qui enchante les spectateurs, le Brésil de Sócrates ne parviendra pas à remporter le titre mondial. Il fut aussi sélectionné dans l'équipe FIFA en 1982. Il participe au quart de finale France - Brésil de 1986, et rate en cette occasion son tir au but. 


Décès : 

 

Charles Trenet, né le 18 mai 1913 à Narbonne et mort le 19 février 2001 à Créteil.

 

Résultat de recherche d'images pour "Charles Trenet"Auteur-compositeur-interprète français, surnommé « le Fou chantant », il est l'auteur de près de mille chansons, dont certaines, comme La Mer, Y'a d'la joie, L'Âme des poètes, ou encore Douce France, demeurent des succès populaires intemporels, au-delà même de la francophonie.

Charles Trenet est né trois ans après son frère Antoine, dans la maison de ses parents Lucien Trenet et Marie-Louise Caussat, au 2, rue Anatole-France – maison devenue aujourd'hui le Musée Charles Trenet, au 13, avenue Charles-Trenet. Son père est mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, mais sa famille garde le niveau de vie de la bourgeoisie de province grâce à son grand-père maternel Auguste, marchand de bois qui s'est opportunément reconverti en tonnelier et fournit en vin les soldats toujours en guerre.

En 1920, ses parents divorcent. Charles partage alors son enfance entre Narbonne où réside sa mère, et Saint-Chinian où habite son père, Lucien, notaire et violoniste amateur. Plus tard, Trenet évoquera sa vision de la féminité en Narbonne comme celle de la masculinité pour Perpignan. Il développe sa sensibilité à la musique et au rythme grâce à sa mère qui joue au piano le morceau Hindustan et écoute sur le phonographe familial des standards de jazz de George Gershwin, et aussi grâce à son père qui a découvert ces rythmes par les soldats américains lors de la Première Guerre mondiale.

Charles et son frère Antoine sont placés dans un collège religieux à Béziers. « L'école était libre mais pas moi » confie-t-il plus tard. Le poète garde de ses années de pensionnat le souvenir douloureux de l'absence maternelle, thème récurrent dans son œuvre (Le Petit Pensionnaire, L'Abbé à l'Harmonium, Vrai vrai vrai…).

Trenet découvre le théâtre, la poésie et le sens du canular grâce à Albert Bausil, poète de Perpignan, ami de son père qui y a acheté une étude de notaire en 1922, et de son journal hebdomadaire « Le Coq catalan », dont le titre est déjà un calembour (coq à talent). Dès l'âge de treize ans, il publie des poèmes dans ce journal sous le pseudonyme de « Charles » ou « Jacques Blondeau », et joue dans différentes pièces. Pendant deux ans, il dévore les ouvrages de poésie de la bibliothèque de Bausil, développant sa culture littéraire.

En 1928, après avoir été renvoyé du lycée à la suite d'une injure envers le surveillant général, Trenet quitte Perpignan pour Berlin, où vivent sa mère Marie-Louise et son second mari, le réalisateur Benno Vigny, tandis que son père se remarie avec une certaine Françoise. Pendant dix mois, il fréquente une école d'art et rencontre des célébrités allemandes, amies de son beau-père, comme Kurt Weill ou Fritz Lang, et voyage également à Vienne et Prague aux côtés de sa mère. À seize ans, à son retour en France, il se rapproche du poète Albert Bausil. Il se destine à la peinture – son premier vernissage a eu lieu en 1927 –, prépare un roman, Dodo Manières, qui sera publié en 1939, et s'identifie totalement au monde des arts.

Au début des années 1930, il quitte Narbonne pour Paris dans le but de poursuivre dans le journalisme, tout en ayant convaincu son père qu'il y étudie à l'école des arts décoratifs le dessin et l'architecture, comme son grand-père architecte. Pour gagner sa vie à son arrivée à Paris, il réussit à travailler dans les studios de cinéma Pathé-Nathan, en tant qu'accessoiriste : il est chargé de faire les « claquettes » annonçant le début d'une scène.

En octobre 1936, Charles Trenet est appelé sous les drapeaux à la base d'Istres. Il participe à quelques galas en solo, dont l'un à Marseille au cabaret du Grand Hôtel Noailles, à l'occasion duquel il est surnommé le « Fou chantant ». C'est à ce moment de sa carrière qu'il compose et écrit ses chansons les plus célèbres : Y'a d'la joie, Je chante, Fleur bleue. Ces chansons sont – dans un premier temps – confiées à d'autres interprètes : Y'a d'la joie est d'abord chantée par Maurice Chevalier au Casino de Paris, dans la revue Paris en joie, pour l'Exposition internationale de février 1937, puis dans le film L'Homme du jour, de Julien Duvivier. La Valse à tout le monde est interprétée par Fréhel, et Quel beau dimanche par Lys Gauty. Isolé et éloigné de Paris, Charles Trenet parvient à se faire muter à la base de Vélizy dans les Yvelines.

Libéré du service militaire en décembre 1937, il commence véritablement sa carrière en solo par une première séance d'enregistrement chez Columbia : Je chante et Fleur bleue. En janvier 1938, Trenet grave Y'a d'la joie et se réapproprie « son » œuvre par la même occasion. En mars 1938 vient son premier grand triomphe sur la scène d'un music-hall, à l'A.B.C.. Il chante également au micro de Radio Cité, notamment le titre Boum !, pour lequel il reçoit sa première consécration : le Grand Prix de Disque.

En 1938, il tourne en vedette dans les films La Route enchantée et Je chante. N'aimant pas son visage poupin, il se crêpe les cheveux, visse sur sa tête un chapeau de feutre mou rabattu en arrière, s'habille avec un complet-veston bleu et plante un œillet rouge à sa boutonnière : le « Fou chantant » entame dès lors une longue tournée internationale qui le conduit en Angleterre, en Espagne, en Italie, au Maroc, en Grèce, en Turquie et en Égypte.

La Seconde Guerre mondiale éclate et Trenet est mobilisé. Les journaux annoncent même officiellement sa mort ! Il donne une entrevue, en août 1940 au quotidien l'Éclaireur de Nice, dans laquelle il déclare : « C'est la troisième fois qu'on me tue. Je n'arrive pas à comprendre les raisons pour lesquelles on veut me trucider par persuasion. »

Pendant l'occupation, Trenet se consacre essentiellement au cinéma et joue dans six films dont Je chante, Romance de Paris et Adieu Léonard. Écrit par Jacques Prévert en collaboration avec son frère Pierre et réalisé par ce dernier, Adieu Léonard est le seul de ces films à rester dans la mémoire des cinéphiles. Sa carrière cinématographique prend fin avec la guerre.

En 1945, Trenet part pour une tournée au Québec puis à New York, où il connaît un assez grand succès, en parcourant pendant près de deux ans le continent américain, du Brésil au Canada. Ce dernier voyage lui inspire plusieurs chansons, notamment Dans les pharmacies et Dans les rues de Québec. Jusqu'en 1954, il parcourt le monde de concert en concert, sans s'arrêter d'écrire et de composer.

En 1954, Trenet rentre à Paris où le public ne l'a pas oublié. Ses nouveaux succès comme La Mer – écrite dans le train entre Perpignan et Montpellier – ou Nationale 7 confortent sa notoriété. D'autres grandes chansons datent des années 1950 : La Folle Complainte – bien que d'un aspect extravagant, l'une de ses œuvres parmi les plus riches –, Moi, j'aime le music-hall et L'Âme des poètes.

Au début des années 1960, avec la vague yéyé, Charles Trenet se fait plus rare sur scène. Ces années sont pour lui l'occasion de se consacrer à la peinture et l'écriture. Il publie le roman Un Noir éblouissant (chez Grasset). En 1968, Trenet a cinquante-cinq ans et trente années de carrière, qu'il envisage de fêter sur la scène de Bobino, mais les événements de mai 68 le font renoncer, et c'est au Don Camilo qu'il effectue une rentrée discrète. Son grand retour se fait l'année suivante au Théâtre de la Ville.

Il reprend la route des studios et de la scène en 1971 pour faire ses adieux à l'Olympia en 1975. Il a alors soixante-deux ans. Affecté par la mort de sa mère en 1979, il s’enferme dans le silence et retourne dans sa propriété du sud de la France.

Le producteur québécois Gilbert Rozon, qui admire Trenet, se met alors en tête de relancer sa carrière, et finit par le convaincre. Charles Trenet revient à la scène en 1983 à l'occasion du Festival Juste pour rire de Montréal. Il ne la quittera plus. En 1987, âgé de soixante-quatorze ans, il obtient un grand succès au Printemps de Bourges, où Jacques Higelin, inconditionnel des chansons de Trenet, l'a déjà présenté – voire imposé – lors du premier festival, à l'époque résolument rock, en 1977.

Les années passent, mais « le Fou chantant » reste indémodable et inépuisable. Il fête ses quatre-vingts ans sur scène à l'Opéra Bastille en mai 1993 devant de nombreux admirateurs, dont le président de la République française François Mitterrand. En 1999, il est fait membre de l'Académie des beaux-arts après avoir été refusé à l'Académie française en 1983. Il enregistre sa dernière chanson Les poètes descendent dans la rue en studio, le 5 mars 1999, avec des musiciens de l'Orchestre philharmonique de Radio France, à l'occasion de la première édition du Printemps des Poètes. Son dernier concert a lieu, en novembre 1999, salle Pleyel à Paris, où il donne trois récitals, chantant assis.

Fatigué, Charles Trenet se retire chez lui, où deux accidents cardio-vasculaires successifs l'épuisent. Transporté à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, il meurt le 19 février 2001, à l'âge de quatre-vingt-sept ans. Le corps de Charles Trenet est incinéré et ses cendres sont déposées au cimetière de l'ouest de Narbonne, dans le caveau familial en simple ciment.

Il a légué quelques années plus tôt la totalité de son patrimoine à Georges El Assidi, qui fut son secrétaire particulier pendant près de vingt ans. Selon Lucienne Trenet (demi-sœur de Charles), et Wulfran Trenet (fils de Claude et neveu de Charles), Georges El Assidi aurait dilapidé l'héritage, et ils contestent en 2008 le testament signé du 28 décembre 1999 en assignant Georges El Assidi pour « abus de faiblesse, extorsion, violence et homicide volontaires ». L'affaire aboutit à un non-lieu. Un second procès en appel se tient depuis le 31 janvier 2013. La Cour d'appel rejette la demande d'annulation du testament le 6 mars 2013.



18/02/2015
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