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Mag à zine international.

Cela s'est passé un 7 mars...

Samedi 07 mars 2015 - 16 Ventôse CCXXIII 

66eme  jour -  9eme semaine de l'année 2015 

 La cascade Victoria, située à la frontière séparant le Zimbabwe et la Zambie

 

Fêtes du jour : Félicité,

Aujourd'hui nous fêtons également les Félicitée, Felicity, Nathan, Natan, Nathane.

 

Dicton du jour :  

« Le jour de la Sainte-Félicité se voit venir avec gaieté. Car, on l'a toujours remarqué, c'est le plus beau jour de l'année. »

 

Citations sur l'histoire :

 

« Faites attention à l'Histoire officielle que l'imposture se charge de décrire. » 

 

 [Chateaubriand] Mémoires d'outre-tombe

 

 « Faire confiance à l’histoire c’est croire les criminels sur parole. »

 

 [Simone Veil]

 

 « L'Histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies. »

 

 [Alexis de Tocqueville]

 

Citations du jour : 

 

« L'eau que vous buvez a été pissée six fois par un diplodocus. »

[Paul-Émile Victor] 

 

« La seule chose qu'on est sûr de ne pas réussir est celle qu'on ne tente pas. »

[Paul-Émile Victor] 

 

« Pour faire la paix, il faut être deux : soi-même et le voisin d'en face. »

[Aristide Briand] 

 

« Je crains l'homme d'un seul livre. »

[Saint Thomas d’Aquin] 

 

« Sois sûr d'avoir raison, et va de l'avant. »

[Davy Crockett]  

 

« L'art disparaîtra à mesure que la vie aura plus d'équilibre. Nous n'aurons plus besoin de peintures et de sculptures, car nous vivrons au milieu de l'art réalisé. . »

[Piet Mondrian] 


7 mars 1980 : naufrage du pétrolier le Tanio au large de la Bretagne, entraînant la mort de huit marins.

 

Résultat de recherche d'images pour "Tanio"Ce pétrolier réalise une livraison de 27 000 tonnes de fioul no 2 entre l'Allemagne et l'Italie. Le parcours pour un tel voyage nécessite de passer par la Manche. Le 7 mars 1980, le Tanio est au large de l'île de Batz quand il se casse en deux. La partie avant dans laquelle se trouvent huit hommes d'équipages coule assez vite. La partie arrière se maintient à flot.

Les remorqueurs de haute mer Abeille Flandre et Abeille Languedoc sont envoyés pour porter assistance au pétrolier. Deux hommes d'équipage de l’Abeille Languedoc montent à bord, suivis par des militaires hélitreuillés.

L’Abeille Languedoc parvient à prendre en remorque la partie arrière du pétrolier alors qu'elle n'est plus qu'à un mille marin de hauts-fonds. La partie arrière est ensuite amenée dans le port du Havre où elle sera vidée.


Naissances : 

 

Joseph Nicéphore Niépce, né le 7 mars 1765 à Chalon-sur-Saône (actuelle Saône-et-Loire), décédé le 5 juillet 1833 à Saint-Loup-de-Varennes (Saône-et-Loire).

 

Ingénieur français, considéré comme étant l'inventeur de la photographie, appelée alors « procédé héliographique ». Il est aussi l'auteur de la plus ancienne prise de vue et du pyréolophore, le premier moteur à combustion interne du monde.

Résultat de recherche d'images pour "Joseph Nicéphore Niépce"Joseph Niépce naît en Bourgogne, sous le règne de Louis XV. Son père est avocat et gérant de biens, et porte le titre honorifique de conseiller du roi. Sa mère, née Claude Barault, est la fille d'un avocat. Très aisée, la famille possède des propriétés dispersées autour de Chalon-sur-Saône lui procurant des revenus élevés. Il adoptera le surnom de Nicéphore lors de la période révolutionnaire selon certains, quand d'autres, expliquent qu'il a choisi « Nicéphore » en 1787, après avoir été renvoyé d'un collège où il supervisait une classe.

De 1780 à 1788, ses études aux collèges des Oratoriens à Chalon-sur-Saône, Angers et Troyes font entrevoir pour Joseph une carrière ecclésiastique ; mais il semble que la vocation du jeune homme se soit émoussée. Il renonce à la prêtrise et s'engage dans l'armée révolutionnaire en 1792. Il s'installe à Nice et s'y marie avec Agnès Roméro qui met au monde Isidore en 1796. Dix ans plus tard, il est de retour en Bourgogne. À trente-six ans, Niépce retrouve sa terre natale, sa mère, sa sœur Claudine-Antoinette et ses deux frères Claude, l'aîné, et Bernard. Les années suivantes sont consacrées à la mise en valeur de ses propriétés et à ses inventions : le « pyréolophore » moteur à explosion breveté en 1807, qui, bien que jamais commercialisé, apporte une notoriété nationale à ses talents d'inventeur, partagée avec Claude. Il soumet un projet pour la rénovation de la machine hydraulique de Marly et mène des expériences sur la culture du pastel, dont le développement est favorisé par le blocus continental. Tous ces travaux, l'état de guerre permanent propre au premier Empire, le renchérissement de toutes choses amènent leur cortège de difficultés financières et Niépce contracte le premier d'une longue série d'emprunts. 1816 est l'année des premières recherches « héliographiques », menées conjointement à celles du pyréolophore. Fin 1817, son frère Claude part en Angleterre tenter de vendre leur moteur et continuer ses propres travaux sur le « mouvement perpétuel ». La correspondance des deux frères durant les onze années suivantes sera un véritable almanach de l'avancement des recherches et des premiers succès photographiques. En 1824, enfin, Nicéphore peut écrire à son frère : « La réussite est complète ».

Hélas la situation de la famille est catastrophique : les dettes s'élèvent à 1 800 000 francs, en 1887, et l'on songe sérieusement à vendre des propriétés pour rembourser des créanciers devenus impatients.

D'après la lettre à son frère Claude datée du 5 mai 1816, il semble que c'est à cette date que Nicéphore Niépce obtient un premier résultat significatif : une vue depuis sa fenêtre. Il s’agit d’un négatif que Niépce ne parvient pas à fixer. Après développement, le papier continue de se noircir. Il appelle cette image rétine : « je plaçai l'appareil dans la chambre où je travaille ; en face de la volière, les croisées ouvertes ; je fis l'expérience d'après le procédé que tu connais, Mon cher ami, et je vis sur le papier blanc toute la partie de la voliere qui pouvait être apperçue de la fenêtre et une légère image des croisées qui se trouvaient moins éclairées que les objets extérieurs. »

Une nature morte réalisée par Niépce et connue sous le titre La table servie a été considérée par certains chercheurs comme la première photographie, prise avant 1825. L'original, offert par le petit-fils de Nicéphore, Eugène Niépce, à la Société française de photographie en 1890, est aujourd'hui disparu. Il en subsiste une reproduction réalisée par la SFP en 1891. Les recherches de J.-L. Marignier ont, depuis, conclu qu'il s'agissait plus vraisemblablement d'une image prise en 1832 ou 1833 par un procédé original, le physautotype, mis au point par Niépce et Daguerre dans le cadre de leur collaboration entre 1829 et 1833.

En 1827, Niépce réalise la photographie intitulée le Point de vue du Gras, prise depuis la fenêtre de sa maison de Saint-Loup-de-Varennes, près de Chalon-sur-Saône. Il utilise pour cela une plaque d’étain et du bitume de Judée, provenant de l'asphalte des mines de Seyssel (Ain). Après avoir reconstitué le procédé dans les années 1990 et en s'appuyant sur les témoignages d'époque, J.-L. Marignier a estimé que le temps de pose avait dû être de plusieurs jours.

Parallèlement, l'inventeur lie ses premières relations avec le graveur Lemaître et l'ingénieur-opticien Vincent Chevalier, de Paris. C'est grâce à ce dernier que Louis Daguerre écrit une première lettre à Niépce en 1826. Les contacts entre les deux hommes sont peu fréquents : Niépce est assez méfiant, Daguerre plutôt pressant. Nicéphore envoie avec parcimonie des échantillons (parfois tronqués) de ses réussites tandis que Daguerre, lui, n'envoie que des promesses…

1827 est une année décisive. Bien que miné par des difficultés de tous ordres, Niépce prend conscience du degré d'achèvement de son invention et cherche des contacts pour la faire reconnaître et la perfectionner. Claude tombe toutefois gravement malade et il faut partir pour l'Angleterre où la situation est là aussi calamiteuse : épuisé par ses recherches, n'ayant pas réussi à négocier le pyréolophore, Claude sombre dans la démence et meurt peu après. Lors de leur passage à Paris, Niépce et sa femme nouent des relations avec des scientifiques, mais sans suite. Mêmes résultats en Angleterre malgré de flatteuses rencontres avec des membres de la Royal Academy.

Début 1828, retour à Chalon-sur-Saône, Daguerre se montre de plus en plus désireux de connaître de nouveaux résultats. Le premier projet d'association entre Niépce et Daguerre voit le jour en octobre 1829. Le but de l'association est de commercialiser les fruits de la nouvelle découverte, à parts égales. Niépce apporte son invention, Daguerre ses relations et son « industrie ». Au cours des années suivantes, la collaboration devient plus étroite : une correspondance s'établit entre Chalon-sur-Saône et Paris. On use même, pour préserver le secret, d'un code chiffré désignant les éléments utilisés (13=la chambre noire, 56=le Soleil, 5=le bitume de Judée, etc.). Ce code compte jusqu'à cent une références. Les lettres échangées montrent que Daguerre est surtout préoccupé de la gestion de son « diorama » et que les recherches sont essentiellement le fait de Niépce (bien que Daguerre parle de « nos » recherches).

En 1832 enfin, Daguerre réalise pour Niépce un bilan de ses propres travaux d'où il ressort que l'un et l'autre, avec les mêmes produits, obtiennent des résultats différents ; il est toutefois à noter — et cela n'est pas sans importance — que jamais Daguerre n'a pu montrer à Niépce le moindre résultat de ses essais. Mais les choses avancent. Début 1833, cependant, Daguerre, malade, suggère la remise à plus tard de certains essais. Le 5 juillet 1833 à sept heures du soir, Nicéphore Niépce meurt subitement dans sa maison de Saint-Loup-de-Varennes. Il repose au cimetière du village.

La première photo au monde (1826) : vue de la maison de Niépce

 

 

 

Le plus ancien cliché photographique connu a été réalisé en 1826 par Joseph Nicéphore Niépce. Le cliché manque bien évidemment de netteté, mais il s’agit avant tout d’un document historique.

Cette photographie représente une aile de la propriété de Niépce, dans le village de Saint-Loup-de-Varennes (Saône-et-Loire) où l’inventeur réalisait ses expériences.

 

 

 

 

Le 3 juillet 1839, François Arago présente à la chambre des Députés son rapport sur le Daguerréotype. Cette communication livre « à l'univers tout entier » le secret du procédé de Louis Daguerre. Arago oublie seulement de préciser que l'invention dont il est question est née depuis déjà quinze ans du génie d'un autre homme : Nicéphore Niépce. En 1841 commence une polémique sur la paternité de l'invention. Le fils de Nicéphore Niépce, Isidore Niépce, publie un livre intitulé Historique de la découverte improprement nommée daguerréotype. Il faudra quelques années pour que la paternité de l'invention, confisquée un temps par Daguerre soit définitivement rendue à Niépce.

Vers 1853, Abel Niépce de Saint-Victor améliore la technique de son oncle sous le nom d'héliogravure. 


Antoine César Becquerel : né à Châtillon-Coligny (Loiret), le 7 mars 1788,  décédé à Paris, le 18 janvier 1878 (à 89 ans).

 

Résultat de recherche d'images pour "Antoine César Becquerel"Physicien français, il étudie à l'École polytechnique (Promotion X1806). Il est officier du génie dans les campagnes d’Espagne et de France. Il quitte le service en 1815 et se consacre à des travaux scientifiques qui lui valent le titre de membre de l’Académie des sciences en 1829 et la chaire de professeur de physique au Muséum national d'histoire naturelle de Paris en 1837. Il fait de l’électrochimie appliquée aux arts l’objet de ses recherches et donne le premier l’idée des piles à courant constant. Il s’occupe également de physiologie et de climatologie et contribue à l'’amélioration du sol de la Sologne. Il devient membre étranger de la Royal Society en 1837. Fin 1839, son fils Edmond Becquerel présente à l’académie des sciences l’effet photovoltaïque.

Outre de nombreux mémoires, publiés dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences et dans les Annales de physique et de chimie, il a publié plusieurs ouvrages dont les principaux sont le Traité de l'électricité et du magnétisme (7 volumes, 1834-1840) et le Traité de physique appliquée à la chimie et aux sciences naturelles (2 volumes, 1847).

Son nom fait partie de la liste des soixante-douze noms de savants inscrits sur la tour Eiffel.


Pieter Cornelis Mondriaan, appelé Piet Mondrian à partir de 1912 : né le 7 mars 1872 à Amersfoort aux Pays-Bas, décédé le 1er février 1944 à New York aux Etats-Unis.

 

Résultat de recherche d'images pour "Piet Mondrian"Peintre néerlandais reconnu comme un des pionniers de l’abstraction. Il est, avec les Russes Vassily Kandinsky et Kasimir Malevitch, parmi les premiers peintres à s'être exprimé en utilisant un langage abstrait. La réputation de Mondrian s’est construite dès le début de sa carrière selon une représentation transcendantale de l'image (en particulier dans le paysage), basée sur l'épuration radicale du tableau. Toute trace de référence au naturel visible est progressivement évacuée au profit d'une vision de l'Universel. Mondrian privilégie l'économie de moyens pour faire jouer les paramètres qu'il a choisi. Cette méthode se manifeste depuis son interprétation de plus en plus abstraite du cubisme analytique de 1912 à 1914 à Paris, jusqu'à ce qu'en 1917, (de retour à Paris jusqu'en 1938) il concentre tous ses moyens sur la construction d'une composition équilibrée faite de formes réduites et allongées à des rectangles et quelques couleurs, placées sur une trame orthogonale, le tout décliné en séries jusqu'à la fin de sa vie. La rigueur de sa démarche et son évolution est évoquée dans ses écrits théoriques.

Mondrian est une des figures majeures de l'art moderne du XXe siècle, dans le monde de l'art moderne et aussi par son implication auprès d'architectes et de designers, dans des productions modernes, du mobilier jusqu'aux objets industriels de consommation courante, ou dans de nouveaux espaces, privés et publics.

Le père de Mondrian, instituteur, était aussi un pasteur calviniste, un homme exalté et qui dessinait souvent. Il encouragea son fils, mais faute de moyens s'opposa à ce que celui-ci s'inscrive, à vingt ans, en 1892, à l'Académie nationale des beaux arts d'Amsterdam. Mondrian a été initié par son oncle à la peinture de plein air, une innovation dans les années 1880, un héritage de Johan Barthold Jongkind et de l'école de La Haye. Dans la structure des paysages d'avant 1900 Mondrian vise des effets d'ensemble : effets de lumière, effets linéaires, groupes de troncs d'arbres et branches en contre-jour sont des motifs récurrents. Ce sont des qualités morales qui s'inscrivent dans ces choix de couleurs et ces motifs. L'art de tradition romantique-nordique produisit vers 1900 beaucoup de paysages de sous bois. En octobre 1892, il s'inscrit à l'Académie royale des beaux-arts d'Amsterdam. Plus généralement après 1900, les tableaux de Mondrian cherche à faire voir des idées, et semble proche du mouvement symboliste.

En 1938 il se réfugie à Londres, puis en 1940, suite aux bombardements de Londres s'embarque, en octobre, pour New York. Il y trouve une ville en correspondance avec ses tableaux, ne serait-ce que par son plan, mais aussi par son rythme. Depuis longtemps passionné par le jazz, il adopte avec enthousiasme le boogie-woogie et réalise plusieurs chefs-d’œuvre : Broadway Boogie-Woogie, New York City, et enfin Victory Boogie Woogie qui resta inachevé à sa mort.

Rapidement intégré au monde de l'art avec l’appui de Peggy Guggenheim et devint l'ami de Max Ernst. Il fut sollicité pour divers jurys d'expositions et à cette occasion fit remarquer à Peggy Guggenheim la valeur naissante de Jackson Pollock. Il fut aussi vite intégré avec les honneurs dans le groupe des American Abstract Artists. Du 21 mars au 13 mai 1945, le Museum Of Modern Art de New York lui rendait hommage avec un accrochage respectueux où le monde de l'art découvrit les peintures réalisées aux États-Unis. Construites sur le jeu orthogonal de lignes colorées, celles-ci acquirent dans ses derniers tableaux une vibration surprenante. Visible dès la phase d'étude, cette vibration était obtenue grâce à une mise en place par tâtonnement de petits morceaux de papiers, peints à l'huile, posés les uns à côté des autres, avec la fragilité des Post-it. Victory Boogie Woogie resta ainsi dans l'atelier dans cet état flottant, ouvert au public pendant les six semaines qui suivirent la mort de l'artiste.


Maurice Ravel, de son nom de baptême Joseph Maurice Ravel : né à Ciboure le 7 mars 1875, décédé à Paris le 28 décembre 1937.

 

Résultat de recherche d'images pour "Maurice Ravel"Compositeur français. Avec son aîné : Claude Debussy, Ravel fut la figure la plus influente de la musique française de son époque et le principal représentant du courant dit impressionniste au début du XXe siècle. Son œuvre, modeste en nombre d'opus (quatre-vingt-six œuvres originales, vingt-cinq œuvres orchestrées ou transcrites), est le fruit d'un héritage complexe s'étendant de Couperin et Rameau jusqu'aux couleurs et rythmes du jazz et d'influences multiples dont celle, récurrente, de l'Espagne.

Caractérisée par une grande diversité de genres, la production musicale de Ravel respecte dans son ensemble la tradition classique et s'étale sur une période créatrice de plus de quarante années qui la rendent contemporaine de celles de Fauré, Debussy et Poulenc, mais aussi de Stravinski, Prokofiev, Bartók ou Gershwin. La grande majorité de ses œuvres a intégré le répertoire de concert. Parmi celles-ci le ballet symphonique Daphnis et Chloé (1909-12), le Boléro (1928), les deux concertos pour piano et orchestre pour la main gauche (1929-31) et en sol majeur (1930-31) et l’orchestration des Tableaux d'une exposition de Moussorgski (1922) sont celles qui ont le plus contribué à sa renommée internationale. Reconnu comme un maître de l’orchestration et un artisan perfectionniste, cet homme à la personnalité complexe ne s'est jamais départi d'une sensibilité et d'une expressivité qui, selon Le Robert, lui firent évoquer dans son œuvre à la fois « les jeux les plus subtils de l’intelligence » et « les épanchements les plus secrets du cœur ».

Maurice Ravel est né quai de la Nivelle à Ciboure, près de Saint-Jean-de-Luz, dans les Basses-Pyrénées. Son père, Joseph Ravel (1832–1908), d'ascendance suisse et savoyarde, était un ingénieur renommé qui travailla notamment pour la construction de lignes de chemin de fer, l'industrie automobile et étendit les recherches d'Étienne Lenoir sur les moteurs à explosion. Sa mère, Marie Delouart-Ravel (1840–1917), femme au foyer, était d'origine basque, descendante d’une vieille famille espagnole (Deluarte). Il eut un frère, Édouard Ravel (1878–1960) avec lequel il eut toute sa vie de forts liens affectifs. En juin 1875, la famille Ravel se fixa définitivement à Paris. La légende qui veut que l’influence de l’Espagne sur l’imaginaire musical de Maurice Ravel soit liée à ses origines basques est donc exagérée, d’autant que le musicien ne retourna pas au Pays basque avant l’âge de vingt-cinq ans. En revanche, il revint régulièrement par la suite séjourner à Saint-Jean-de-Luz et dans ses environs pour y passer des vacances ou pour travailler. L’enfance de Ravel fut heureuse. Ses parents, attentionnés et cultivés, familiers des milieux artistiques, surent très tôt éveiller son don musical et encourager ses premiers pas. Le petit Maurice commença l’étude du piano à l’âge de six ans sous la férule du compositeur Henry Ghys (1839 - 1908) et reçut en 1887 ses premiers cours de composition de Charles René (harmonie et contrepoint). Le climat artistique et musical prodigieusement fécond de Paris à la fin du XIXe siècle ne pouvait que convenir à l’épanouissement de l'enfant Ravel qui, cependant, au désespoir de ses parents et de ses professeurs, reconnut plus tard avoir joint à ses nombreuses dispositions « la plus extrême paresse. »

Ses déboires au Prix de Rome n'avaient pas empêché Ravel, dès 1901, d'affirmer pour de bon sa personnalité musicale avec les Jeux d’eau pour piano, pièce d'inspiration lisztienne qui, la première, lui valut l'étiquette de musicien impressionniste. Très tôt dans sa carrière, Ravel fut comparé à Debussy avec une insistance qui tendit parfois à le faire passer pour un imitateur. Si l'impact de Debussy ne fut jamais démenti par Ravel, il ne resta pas à sens unique. Certains critiques musicaux aidant, en particulier Pierre Lalo du Temps, l'un des plus farouches adversaires de la musique de Ravel, cette influence mutuelle fut assez vite tournée en rivalité et fut mal ressentie par l'auteur de La Mer. Debussy et Ravel ne se fréquentèrent pas et leur relation, d'abord cordiale, devint très distante à partir de 1905.

Dès cette époque s'affirmèrent les traits ravéliens les plus caractéristiques : goût pour les sonorités hispaniques et orientales, pour l’exotisme et le fantastique, perfectionnisme, raffinement mélodique, virtuosité du piano. À la période particulièrement féconde qui s’étend de 1901 à 1908 appartiennent notamment le Quatuor à cordes en fa majeur (1902), les mélodies de Shéhérazade sur des poèmes de Tristan Klingsor (1904), les Miroirs et la Sonatine pour piano (1905), l'Introduction et allegro pour harpe (1906), les Histoires naturelles d'après Jules Renard (1906), la Rapsodie espagnole (1908), la suite pour piano Ma Mère l'Oye (1908) que Ravel dédia aux enfants de ses amis Ida et Cipa Godebski, puis son grand chef-d’œuvre pianistique, Gaspard de la nuit (1908), inspiré du recueil éponyme d’Aloysius Bertrand.

Avril 1909 trouva Ravel à Londres, chez Ralph Vaughan Williams, pour sa première tournée de concerts à l’étranger. Il put, à cette occasion, découvrir qu’il était déjà connu et apprécié outre-Manche. Il fut en 1910 (avec Charles Koechlin et Florent Schmitt notamment) l’un des fondateurs de la Société musicale indépendante (SMI) créée pour promouvoir la musique contemporaine, par opposition à la Société nationale de musique, plus conservatrice, alors présidée par Vincent d’Indy et liée à la Schola Cantorum. Dirigée à ses débuts par Gabriel Fauré, la S.M.I. fut très active jusqu'au milieu des années 1930, donna en première audition un grand nombre des œuvres de Ravel et contribua à faire connaître la musique de la jeune école française (Aubert, Caplet, Delage, Huré, Koechlin, Schmitt, etc.) et celle de compositeurs d'avant-garde alors peu diffusés en France (Ravel y invita notamment le jeune Béla Bartók).

Au début des années 1910, deux œuvres majeures donnèrent à Ravel des difficultés. L'Heure espagnole, premier ouvrage lyrique du compositeur, écrit sur un livret de Franc-Nohain, fut achevé en 1907 et créé en 1911. L'opéra fut mal accueilli par le public et surtout par la critique (le mot pornographie fut lâché). Ni l’humour savoureux du livret ni les hardiesses orchestrales de Ravel n’ont été compris. Parallèlement, pour répondre à une commande de Serge de Diaghilev dont les Ballets russes triomphaient à Paris, Ravel composa à partir de 1909 le ballet Daphnis et Chloé. Cette symphonie chorégraphique, qui utilise des chœurs sans paroles, est une vision de la Grèce antique que Ravel voulait proche de celle que les peintres français du XVIIIe siècle avaient donnée. L’argument de l’œuvre fut corédigé par Michel Fokine et Ravel lui-même. Il s’agit de l’œuvre la plus longue du compositeur (soixante-dix minutes environ), et celle dont la composition fut la plus laborieuse. Là encore l’accueil fut inégal après la création en juin 1912, deux ans après le triomphe du très novateur Oiseau de feu de Stravinski. Cette même année cependant, triomphèrent les ballets Ma Mère l'Oye et Adélaïde ou le langage des fleurs, tous deux des orchestrations d'œuvres antérieures.

Vers la même époque, en 1911, Ravel participa à la création de la Société Chopin, sur l'initiative de son ami le musicologue Édouard Ganche.

1913. Homme engagé, Ravel fut au nombre des défenseurs de Stravinski lors de la création tumultueuse du Sacre du printemps le 29 mai à Paris. Cette période qui précédait la guerre, Ravel la décrivit plus tard comme la plus heureuse de sa vie. Il habitait alors un appartement de la prestigieuse avenue Carnot, près de la place de l’Étoile.


Ivan Lendl : né le 7 mars 1960 à Ostrava.

 

Résultat de recherche d'images pour "Ivan Lendl"Joueur de tennis tchécoslovaque, et américain depuis 1992. Professionnel entre 1978 et 1994, il a remporté quatre-vingt-quatorze titres en simple sur le circuit ATP, dont huit tournois du Grand Chelem et cinq Masters. Il s'est particulièrement illustré à l’US Open, dont il a disputé huit finales consécutives et remporté trois titres entre 1985 et 1987, mais n'a en revanche jamais gagné le tournoi de Wimbledon. En 1980, il remporte la Coupe Davis avec l'équipe de Tchécoslovaquie.

Il atteint la première place mondiale pour la première fois le 28 février 1983, et termine numéro un au terme des saisons 1985, 1986, 1987 et 1989. Il a gagné cinq fois le Masters de tennis, performance que seuls Pete Sampras et Roger Federer ont réalisée depuis. Il est également détenteur du record de six titres au Masters 1000 du Canada. Meilleur joueur de l'histoire du tennis tchèque, il est membre de l'International Tennis Hall of Fame depuis 2001.

Lendl a marqué l'histoire du tennis par son jeu de fond de court, plus offensif que ceux de ses prédécesseurs (Björn Borg, Guillermo Vilas) mais aussi par son professionnalisme à toute épreuve. Ivan Lendl effectuait une préparation physique et stratégique très poussée avec son entraîneur l'Australien Tony Roche, ancien vainqueur de Roland-Garros 1966.

Le public, notamment français, soutenait peu Lendl, lui reprochant un côté antipathique. Lendl possède un des plus beaux palmarès de l'histoire du tennis moderne : 270 semaines numéro un mondial à l'ATP, 8 tournois du Grand Chelem, 147 titres (dont 94 enregistrés par l'ATP), 1 coupe Davis (en 1980).

John McEnroe, un de ses adversaires les plus acharnés, reconnaît dans sa biographie que Lendl était un adversaire redoutable qui transforma plus le tennis qu'aucun de ses contemporains immédiats.

L'approche extrêmement posée qu'adoptent certains pros d'aujourd'hui se situe dans la droite lignée de ce qui a fait d'Ivan Lendl un des plus grands champions du XXe siècle. Lendl fournit un travail de tous les instants et une approche méthodique parfaitement adaptée aux exigences du sport moderne.

Si elle peut aujourd'hui paraître classique, la préparation Lendl (que subit le jeune Sampras à l'hiver 1989-1990, peu avant son premier triomphe à l'US Open) détonnait dans les années 1980. Les joueurs de l'époque ne se refusaient ni sorties, ni boissons. Les standards minimaux de diététique étaient peu élevés à l'époque. Avec Lendl, tout a changé et le tennis est entré dans l'ère du professionnalisme.

Ivan Lendl, issu d'une famille de joueurs de tennis (sa mère était numéro un tchécoslovaque), fut le premier champion du monde juniors de l'histoire en 1978. Rapidement, il s'imposa sur le grand circuit où régnaient encore les 4 as de l'époque, Björn Borg, Jimmy Connors, John McEnroe et Guillermo Vilas. Vainqueur de 7 tournois en 1980, il atteignit sa première finale de Grand Chelem à Roland-Garros en 1981, où il prit deux sets à Björn Borg, qui remportait là son dernier titre du Grand Chelem. Jusqu'en 1984, Ivan Lendl traîna la réputation d'être ce que Connors appelait une « poule mouillée ». En effet, il parvenait à s'imposer très souvent sur le circuit avec 10 titres en 1981, 15 en 1982, 7 en 1983, mais échouait sans cesse en finale de Grand Chelem. Toutes ces victoires lui permettent de devenir numéro 1 mondial en février 1983, alors qu'il n'a pas encore remporté de tournoi du Grand Chelem.

Lendl avait échoué à l'US Open 1982 contre Connors, 1983 à nouveau contre Connors, en Australie la même année face à Wilander, ainsi qu'aux Masters 1980 et 1983. Comme grands titres, à la veille de la saison 1984, il ne comptait que deux Masters (1981, 1982) et une coupe Davis (1980).

Il concentre ses efforts sur Wimbledon, en vain. Le joueur de fond de court qu'il était ne pouvait rivaliser avec les excellents joueurs de gazon (McEnroe, Edberg et Becker). Avec sa finale à l'Open d'Australie en 1983, il comptabilise trois finales sur gazon. Il perd également la finale de l'US Open 1989, sa 8e consécutive à New York (record absolu).

Les dernières années ne sont qu'un lent recul : dernière finale en grand chelem face à Becker à l'Open d'Australie 1991, dernière demi-finale à l'US Open la même année face à Edberg, il quitte les 10 meilleurs mondiaux de mai à août 1992 (alors qu'il venait de prendre la nationalité américaine) puis en sort définitivement en août 1993 après le Masters de Cincinnati. À la suite de ses défaites précoces au premier tour de Roland-Garros contre le modeste Français Stéphane Huet 294e mondial et au deuxième à Wimbledon contre Arnaud Boetsch, rattrapé par des problèmes de dos, il abandonne le tennis professionnel au deuxième tour de l'US Open fin août 1994. Il était alors 30e au classement ATP. Il se reconvertit quelque temps dans le golf, où il ne connait guère de succès.


Décès :

 

Thomas d'Aquin : né en 1224/1225 au château de Roccasecca près d'Aquino, en Italie du Sud, décédé le 7 mars 1274 à l'abbaye de Fossanova près de Priverno dans le Latium.

 

Résultat de recherche d'images pour "Thomas d'Aquin"Religieux de l'ordre dominicain, célèbre pour son œuvre théologique et philosophique. Considéré comme l'un des principaux maîtres de la philosophie scolastique et de la théologie catholique, il a été canonisé le 18 juillet 1323, puis proclamé docteur de l'Église par Pie V, en 1567 et patron des universités, écoles et académies catholiques, par Léon XIII en 1880. Il est également un des patrons des libraires. Il est aussi qualifié du titre de « Docteur angélique ». Son corps est conservé sous le maître-autel de l'église de l'ancien couvent des dominicains de Toulouse.

Fils du comte Landulphe d'Aquino et de la comtesse Théodora d'Inverno, d'origine normande, Thomas naît en 1224/1225 au château de Roccasecca, dans le royaume de Sicile. La famille d'Aquin est une grande famille d'Italie, partisane du parti pontifical.

De 1230/1231 à 1239, il est oblat à l’abbaye bénédictine du Mont-Cassin. Il y demeure neuf ans, durant lesquels il apprend à lire et à écrire, ainsi que les rudiments de la grammaire et du latin, associés à une formation religieuse élémentaire.

À partir de 1239, Frédéric II, en lutte contre Grégoire IX, expulse les moines de l'abbaye. Sur le conseil de l'abbé, les parents de Thomas l'avaient déjà envoyé à Naples pour y poursuivre ses études au Studium regni (qui n'est pas une université, mais une académie locale), fondé par Frédéric II en 1220. Il y étudie auprès des maîtres les disciplines classiques du Trivium et du Quadrivium. Ce faisant, il rencontre des frères prêcheurs dont la vie et la vitalité apostolique l'attirent.

Son père meurt le 24 décembre 1243, rendant le jeune Thomas un peu plus libre de son destin. Il décide d'entrer dans l’ordre des dominicains en avril 1244, à l'âge de vingt ans, contre l’avis de sa famille qui veut en faire l'abbé du Mont-Cassin. Sa mère le fait alors enlever et l’assigne à résidence à Roccasecca où il demeure un an. Thomas ne changeant cependant pas d’avis, sa famille finit par accepter son choix.

En 1879, le pape Léon XIII, dans son l'encyclique Æterni Patris, a déclaré que les écrits de Thomas d'Aquin exprimaient adéquatement la doctrine de l'Église. Le Concile Vatican II (décret Optatam Totius sur la formation des prêtres, no 16) propose l'interprétation authentique de l'enseignement des papes sur le thomisme en demandant que la formation théologique des prêtres se fasse « avec Thomas d'Aquin pour maître ».

Dans la continuité du propos de l'Église catholique, Thomas d'Aquin a proposé, au XIIIe siècle, une œuvre théologique qui repose, par certains aspects, sur un essai de synthèse de la raison et de la foi, notamment lorsqu'il tente de concilier la pensée chrétienne et la philosophie d'Aristote, redécouvert par les scolastiques à la suite des traductions latines du XIIe siècle. Il distingue les vérités accessibles à la seule raison, de celles de la foi, définies comme une adhésion inconditionnelle à la Parole de Dieu. Il qualifie la philosophie de servante de la théologie (philosophia ancilla theologiae) afin d'exprimer comment les deux disciplines collaborent de manière 'subalternée' à la recherche de la connaissance de la vérité, chemin vers la béatitude.


Aristide Briand : né le 28 mars 1862 à Nantes, décédé le 7 mars 1932 à Paris.

 

Résultat de recherche d'images pour "Aristide Briand"Homme politique et diplomate français, il a été onze fois Président du Conseil et vingt fois ministre. Il a joué un rôle essentiel dans les relations internationales après la Première Guerre mondiale.

Il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1926, conjointement avec Gustav Stresemann, pour son action en faveur de la réconciliation entre la France et l'Allemagne (accords de Locarno, 1925). En 1928, poursuivant son rêve de paix par la sécurité collective, dont l'axe serait la Société des Nations, il signe avec l'Américain Frank Billings Kellogg le pacte Briand-Kellogg visant à mettre la guerre hors-la-loi. Mais sa construction diplomatique s'est écroulée dès le début des années 1930, marquées par la crise économique de 1929, la montée du nazisme et du nationalisme japonais.

Aristide Briand est issu d'une famille modeste. Il naît à Nantes au 12 de la rue du Marchix, donc dans un quartier très populaire et miséreux, au domicile et lieu de travail de ses parents, Pierre-Guillaume Briand et Madeleine Bouchaud, aubergistes. Deux ans après la naissance de leur fils, ils s'installent à Saint-Nazaire où ils gèrent plusieurs établissements, notamment « Le Grand Café ». Ils reviennent à Nantes en 1894.

Après avoir été élève du collège de Saint-Nazaire, Aristide Briand entre comme élève boursier au lycée de Nantes, maintenant appelé Lycée Clemenceau. Il fait une très bonne année scolaire, avec les premiers prix de version latine et de version grecque et les deuxièmes prix d'histoire et d'anglais, et le premier prix de version grecque au concours général. Aussi, il passe directement en rhétorique en 1878-1879 (il y obtient seulement 3 accessits). Durant ces années, il semble qu'il ait fait la connaissance de Jules Verne.

Après le baccalauréat, il entreprend des études de droit et devient clerc en revenant à Saint-Nazaire. C'est alors qu'il se lie d'amitié avec Eugène Courroné, directeur de la Démocratie de l'Ouest, et qu'il y écrit. Devenu directeur politique de l'Ouest Républicain, il s'engage en politique du côté des radicaux-socialistes. Il est élu conseiller municipal de Saint-Nazaire le 6 mai 1888 et démissionne le 22 février 1889. Il fait ensuite élire des « candidats-ouvriers » au sein du premier municipe socialiste de la ville.

D'août 1900 à novembre 1909, il est inscrit au Barreau de Pontoise. Son cabinet est installé près du lac d'Enghien, où il aime pêcher à la ligne avec ses amis, le dimanche. Célibataire, il multiplie les conquêtes ; il a eu un temps pour compagne la psychanalyste Marie Bonaparte, disciple de Freud.

Sa politique de rapprochement et de réconciliation avec l'Allemagne lui est reprochée. Jacques Bainville l'accuse d'oublier le « péril germanique » qu'il dénonce. Mais l'opinion française, majoritairement pacifique, l'approuve et l'acclame comme « pèlerin et apôtre de la paix », pensant que cette politique de paix a des chances de réussir. Mais il semble que Briand ait lui-même des doutes quant à la paix : « La paix, j'y travaille, mais je n'en suis pas le maître. S'il y a la guerre, il faut être prêt. ». Son successeur trouva une fortune de 23 millions de francs-or, « mois par mois, économisé sur les fonds spéciaux ».

Le grand reproche qui a été fait à la politique d'apaisement de Briand serait d’avoir défendu inlassablement une paix « impossible » à construire durablement à son époque, d'avoir tenté de rendre la guerre « hors-la-loi », d'avoir défendu le pacifisme.

D'autres personnalités ont partagé les positions pacifistes de Briand, même après l'arrivée au pouvoir d'Hitler (Briand est mort avant), et le réarmement de l'Allemagne : Marcel Déat clame qu'il ne veut pas « mourir pour Dantzig ». L'opinion publique française les suit : Édouard Daladier, signataire des accords de Munich, reçoit un triomphe à sa descente d'avion, alors qu'il pensait que la foule était là pour le lyncher.

Les diplomates français, notamment Alexis Leger (Saint-John Perse), secrétaire général du ministère des Affaires étrangères jusqu'en 1940 et ancien collaborateur de Briand, ont jusqu'au bout voulu croire possible une politique d'arbitrage et de désarmement menant à une réconciliation, voire à la naissance d'une fédération européenne.

Max Gallo le qualifie de « modèle le plus achevé de parlementaire français de la IIIe République », illustrant « l'incapacité de toute une classe politique à saisir la nouvelle donne qui change le jeu du monde ». Il pense que Briand (né en 1862), comme Pétain (né en 1856), étaient des hommes, nés sous le Second Empire, qui n'ont pas eu à « passer le témoin à des hommes » plus jeunes — morts dans les tranchées de 14-18 — et ils « tenaient encore la barre » dans les années 1930 et 1940. Finalement, de « trop vieux capitaines pour une mer déchaînée. Elle les a engloutis. »


Paul Eugène Victor dit Paul-Émile Victor, ou PEV : né le 28 juin 1907 à Genève – 7 mars 1995 à Bora-Bora.

 

Résultat de recherche d'images pour "Paul-Émile Victor"Explorateur polaire, scientifique, ethnologue, écrivain français, fondateur et patron des expéditions polaires françaises durant 29 ans. Paul-Émile Victor est fils d'Éric et Laure Victor, issus d'un milieu aisé d'origine juive de Bohême. Sa sœur Lily naît le 30 novembre 1908. Il passe une partie de son enfance à Saint-Claude dans le Haut-Jura où son père possède une usine de pipes, l'usine « Victor ». En 1919, Ses parents déménagent à Lons-le-Saunier, toujours dans le Jura, où son père crée une nouvelle usine de pipes (la fabrication de stylos viendra s'y ajouter plus tard).

1934 : à la suite d'une rencontre décisive avec le célèbre et très médiatique commandant et explorateur polaire français Jean-Baptiste Charcot, il organise sa première expédition polaire avec le Musée d'Ethnographie du Trocadéro de Paris et le directeur de ce musée : Paul Rivet, avec qui il s'embarque sur le Pourquoi-Pas ? du célèbre commandant. Il se fait débarquer avec trois compagnons, l'anthropologue Robert Gessain, le géologue Michel Perez et le cinéaste Fred Matter sur la côte est du Groenland pour sa première expédition polaire chez les Eskimos inuits de la ville d'Ammassalik. Au cours de cette première année passée avec les inuits, il apprendra à parler couramment leur langage.

1935 : à son retour en France, fort de son aura et de son sens de la communication exceptionnels, il acquiert du succès et de la notoriété médiatique grâce à de nombreuses conférences et articles dans des revues diverses sur ses aventures.

En 1936, il réalise l'exploit de traverser le Groenland en traîneaux à chiens, d'ouest en est, avec ses compagnons Robert Gessain, Michel Perez et le Danois Eigil Knuth. Arrivé à l'est, il reste quatorze mois seul à Kangerlussuatsiaq au sein d'une famille Inuits « comme un eskimo parmi les eskimo ». Aventure durant laquelle il a une liaison avec Doumidia, une jeune inuit.

À son retour en France, il rencontre un nouveau grand succès médiatique et scientifique grâce à ses nombreuses conférences et articles de presse et de revue diverses et publie pour le Musée de l'Homme les résultats de son étude ethnologique et ses nombreuses notes et dessins sur la culture traditionnelle groenlandaise entièrement organisée autour du phoque.

en 1938, avec Michel Perez et le commandant Flotard (armée des Alpes), il effectue un raid transalpin Nice / Chamonix en traîneaux à chiens pour démontrer, avec succès, que les techniques polaires peuvent pallier les problèmes de transport d'hommes et de matériel en cas d'hiver rigoureux. En 1939, il réalise une étude ethnologique en Laponie norvégienne, finlandaise, suédoise avec les docteurs Michel Latarjet et Raymond Latarjet.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé dans la marine française basée à Stockholm en Suède, il est à la fois officier de renseignement et officier de liaison avec la Finlande alliée jusqu'à l'armistice de 1940. Il quitte la France à l'automne 1940 et séjourne au Maroc puis en Martinique dans le cadre de missions ethnologiques, et arrive aux États-Unis en juillet 1941. Il s'engage alors dans l'US Air Force aux États-Unis comme lieutenant-instructeur, pilote et parachutiste. Il devient par la suite commandant d'une des escadrilles « recherche et sauvetage » de pilotes perdus en milieu polaire pour l'Alaska, le Canada et le Groenland et obtient à ce titre la double nationalité française et américaine.

En 1946, il est démobilisé en juillet et se marie le 30 du même mois avec Éliane Decrais dont il a un premier fils le 30 mai 1947, Jean-Christophe, puis les jumeaux Stéphane et Daphné le 6 novembre 1952.

 Le 28 février 1947 , après 13 ans d'exploration et d'ethnologie, Paul-Émile Victor s'oriente dans la direction des expéditions scientifiques en créant les Expéditions Polaires Françaises - EPF - Missions Paul-Émile Victor grâce à son fantastique charisme, à son don pour les relations publiques et avec l'appui entre autres des médias, du gouvernement et du député et ministre André Philip. Paul-Émile Victor dirige les Expéditions polaires françaises. Au cours de ces 29 ans, 150 expéditions sont menées, dix-sept d'entre elles qu'il vit et dirige personnellement en terre Adélie en Antarctique et quatorze au Groenland en Arctique avec, entre autres, comme caméraman : Samivel.

A 70 ans, il réalise son second rêve d'adolescent avec sa femme Colette et leur fils, ils s'installent sur leur motu vierge en Polynésie française, le Motu Tane (« l'île de l'homme » en langue tahitienne) où il passe sa retraite à rédiger ses mémoires, des articles... tout en jouant encore à l'occasion de son énorme aura médiatique dans des causes diverses et en recevant le gotha scientifique planétaire de passage dans son île paradisiaque.

En 1987, pour fêter ses 80 ans, il retourne en février en terre Adélie accompagné de quatre adolescents puis en avril-mai au pôle Nord avec l'expédition polaire en ULM de Hubert de Chevigny et Nicolas Hulot. Les quatre adolescents étaient son fils de 15 ans et trois étudiants français qui ont gagné un concours organisé par "les Explorations polaires françaises" et le journal Science et Vie. Philippe Castellant, 11 ans a gagné le premier prix. Les autres étaient Thomas Justin, 16 ans et Stéphanie Chiron, 15 ans. (source: La Depêche du Midi 27-2-1987 et The Mercury, Hobart, l'Australie 5-2-1987). En 1988, il est frappé par un accident vasculaire cérébral sur son île qui le paralyse à moitié, mais dont il récupère en grande partie. En 1989, création par son ami jurassien Pierre Marc et inauguration du « musée polaire Paul-Émile-Victor » à Prémanon, près des Rousses à 30 km de Saint-Claude dans le Jura franc-comtois de son enfance où il effectue de nombreux séjours lorsqu'il est en France. Ce musée devient en 1998 le « Centre polaire Paul-Émile-Victor ».

Le 7 mars 1995, il disparaît sur son île de Bora-Bora à l'âge de 87 ans et, selon ses dernières volontés, est immergé en haute mer avec les hommages de la Marine nationale à bord du bâtiment de transport léger de classe Champlain Dumont d'Urville


Stanley Kubrick : né le 26 juillet 1928 dans la ville de New York à Manhattan, et mort le 7 mars 1999 dans son manoir de Childwickbury, entre St Albans et Harpenden (Hertfordshire, nord de Londres).

 

Résultat de recherche d'images pour "stanley kubrick"Réalisateur, photographe, scénariste et producteur américain. Après des débuts dans la photographie, Kubrick, autodidacte, sera également son propre directeur de la photographie, producteur, scénariste ou encore monteur. Ses treize longs métrages en quarante-six ans de carrière l'imposent comme un cinéaste majeur du XXe siècle. Quatre de ses films sont classés dans le top-100 de l'American Film Institute. Actuellement, sept de ses films sont classés dans le top 250 de l'IMDB (Internet Movies DataBase).

Stanley Kubrick est issu d'une famille juive originaire d'Europe centrale habitant dans le quartier du Bronx. Son père, Jacques (Jacob) Leonard Kubrick (1901-1985), né aux États-Unis d'une mère roumaine et d'un père austro-hongrois, était cardiologue, pianiste et photographe amateur. Il apprend à son fils Stanley âgé de douze ans à jouer aux échecs. Cette passion suivra Stanley Kubrick toute sa vie. Sa mère Gertrude, née Perveler (1903-1985), chanteuse et danseuse, lui a donné le goût des livres et de la lecture. Il a une sœur cadette, Barbara, née en 1934. 

Pendant ses premières années de photographe de magazine, Kubrick fréquente assidûment les salles de cinéma. Ses goûts sont éclectiques, avec une préférence, comme il le dit en 1963 dans la revue Cinéma, pour le cinéma d'auteur européen comme Ingmar Bergman, Michelangelo Antonioni, Federico Fellini. Les films de Max Ophüls comme Le Plaisir ou Madame de... — mouvement complexe et sans heurt de la caméra, travelling — influencent le jeune Stanley Kubrick.

En 1950, l'autodidacte Stanley Kubrick, âgé de 22 ans, se décide à sauter le pas et se lance dans le cinéma. Pour lui, sa meilleure formation, ce sont les longues séances cinématographiques qu'il s'impose, des meilleurs films au pire des navets. « Je ne peux pas faire pire » se dit-il.

Dans ses premiers films, Kubrick fait tout lui-même : il est à la fois scénariste, cadreur, ingénieur du son, monteur et réalisateur.

Entre 1950 et 1951, Kubrick réalise deux documentaires, consacrés l'un à un boxeur, l'autre à un missionnaire. Il reprend l'idée de son photos-récit Prizefighter et réalise avec Alexander Singer, un camarade de classe, le court métrage Day of the Fight — une journée de la vie du boxeur Walter Cartier —, filmé comme un reportage. Autofinancé avec un budget de 3 900 $, le documentaire est vendu à RKO Pictures avec seulement 100 $ de bénéfice. Pour Flying Padre, Stanley Kubrick reprend la même idée et suit durant deux jours Fred Stadtmueller, un missionnaire catholique. D'une durée de 9 minutes, ce film est en partie financé et distribué par RKO.

Les deux documentaires sont des succès mineurs, mais Kubrick se fait remarquer par le brillant de sa photographie. Lui-même dira : « Même si mes deux premiers films étaient mauvais, ils étaient bien photographiés. »

En 1951, il divorce de Toba Metz. L'année suivante, à la demande de Richard de Rochemont, futur producteur de son premier film Fear and Desire, Kubrick est réalisateur d'une deuxième équipe sur une séquence d'un omnibus consacré à Abraham Lincoln. Par la suite, il réalise plusieurs épisodes, toujours en qualité d'assistant réalisateur. C'est en 1953 qu'il réalise son premier documentaire en couleurs, The Seafarers. Dans ce film promotionnel sur la marine marchande, on retrouve les travellings à la Max Ophüls.

En 1954, Le Baiser du tueur (Killer's Kiss), son second long-métrage, film très court tourné dans les rues de New York, raconte l'histoire d'un boxeur minable obligé de fuir la mafia. L’histoire manque d'originalité — c'est le seul scénario original écrit par Kubrick — mais ce film démontre son talent à jouer avec l'ombre et la lumière et confirme sa maîtrise technique dans la scène de règlement de comptes dans un entrepôt de mannequins.

Sa réalisation est récompensée par un Léopard d'or au Festival international du film de Locarno.

En 1963, Kubrick prépare son second film polémique et le premier opus d'une trilogie de films de science-fiction, Docteur Folamour ou : Comment j'ai appris à cesser de m'inquiéter et à aimer la bombe, considéré comme un chef-d'œuvre d'humour noir. Kubrick se tient constamment au courant de l’actualité et s’abonne à des revues militaires et scientifiques. Il lit le roman de Peter George, Red Alert, paru en Angleterre sous le titre de Two Hours to Doom. Il réfléchit depuis longtemps à une histoire où une guerre nucléaire serait déclenchée soit par accident, soit à cause de la folie d’un personnage. Le roman de Peter George correspond à ses attentes. Il s’associe avec Peter George et Terry Southern, scénariste d'Easy Rider, pour préparer le script, et travaille la photographie du film avec Weegee.

Le tournage débute le 26 janvier 1963, aux studios de Shepperton à Londres, pour s’achever quatre mois plus tard. La distribution comprend Peter Sellers qui tient les rôles du président des États-Unis, du docteur Folamour, ancien chercheur nazi et handicapé recruté par l'armée américaine (clin d'œil à la trajectoire de plusieurs scientifiques nazis, dont Wernher von Braun), et du colonel britannique Lionel Mandrake. Une très grande liberté d’improvisation est laissée à Peter Sellers, filmé par trois caméras, tandis que le reste de la distribution et l’équipe technique doivent observer une grande rigueur. Le film doit se conclure par une bataille de tartes à la crème dans la salle de guerre, avec le président et tous ses conseillers militaires. La scène est filmée, nécessitant des semaines de tournage, mais Kubrick décide de la retirer du montage final.

Farce burlesque où la guerre nucléaire totale est déclarée à la suite de l'action d'un commandant devenu fou et d'un système de défense automatique, ainsi que satire des milieux politico-militaires, ce nouveau film sort en pleine Guerre froide. Le risque de voir l’un des deux protagonistes employer l’arme atomique est élevé. Un problème de taille apparaît : un film réalisé par Sidney Lumet, Point limite, avec Henry Fonda dans le rôle principal, traitant du même sujet, est sur le point de sortir. Stanley Kubrick intente un procès pour plagiat, et obtient gain de cause. Le film de Lumet ne sortira qu’en octobre 1964 tandis que Docteur Folamour sort sur les écrans le 29 janvier 1964 et se trouve nommé pour quatre Oscars (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure adaptation cinématographique).

À partir de ce moment, installé définitivement en Angleterre, le cinéaste travaille de plus en plus lentement, poussant de plus en plus loin son perfectionnisme et sa volonté d'expérimentation technique. Il va passer cinq ans à développer son film suivant 2001, l'Odyssée de l'espace. Le 22 avril 1964, Kubrick rencontre Arthur C. Clarke au restaurant Trader Vic's du Plaza Hotel de New York. Pour imaginer le monolithe noir, clé de voûte du film, les deux coscénaristes font la tournée des galeries d'art le mois suivant leur rencontre. Selon le sémiologue français Alexandre Bourmeyster, ils se seraient inspirés des œuvres du peintre Georges Yatridès, alors mis en valeur par un des plus grands marchands de tableaux du moment, S.E. Johnson, qui exposait les œuvres de l'artiste de manière permanente aux International Galleries à Chicago..

Le tournage du film débute le 29 décembre 1965, sous le titre provisoire de Voyage au-delà des étoiles. Il se déroule dans un premier temps aux studios de Shepperton puis se poursuit aux Studios d'Elstree, plus proches de la villa où Kubrick a emménagé. MGM et Cinerama financent le film, dont le budget s’élève à six millions de dollars. Pour la première fois, le cinéaste interdit le plateau de tournage à la presse, ce qu’il fera systématiquement par la suite.

Artistiquement, 2001 a été un changement radical dans les films de science-fiction. Stanley Kubrick n’étant pas un partisan des films où les décors et les monstres sont en papier mâché ou en carton, il souhaite que les décors de son film soient techniquement réalisables dans le futur qu’il présente. C’est Tom Howard, lauréat de l’Oscar des meilleurs effets visuels en 1947 pour L'esprit s'amuse et en 1959 pour Les Aventures de Tom Pouce, qui est chargé de concevoir la savane préhistorique. Wally Veevers conçoit les véhicules spatiaux et le bus lunaire. On construit également une centrifugeuse de 750 000 dollars. Pour les effets spéciaux, Kubrick s’entoure d’éminents collaborateurs parmi lesquels Harry Lange, ancien conseiller de la NASA, et Marvin Minsky, directeur d’un laboratoire d’intelligence artificielle.

George Lucas, créateur de Star Wars, déclarera après la mort de Kubrick que si ce film n'avait pas été fait, il n’aurait probablement jamais réalisé sa saga. Kubrick reçoit l'Oscar des meilleurs effets visuels, le seul et unique Oscar de sa carrière, pour la qualité de son travail. Une équipe l'a aidé dans cette tâche, mais comme il est à la fois concepteur et créateur de quasiment tous les effets spéciaux du film, c'est à lui que l'on décerne la statuette. C'est également le début de la légende que le cinéaste va volontairement se forger : celle d'un homme qui, tel un ordinateur, enregistre une incroyable quantité d'informations, devenant un expert de la mise en scène et en maîtrisant parfaitement tous les rouages. Stanley Kubrick n'hésite pas à utiliser les dernières innovations techniques quand cela sert son œuvre : ordinateur et projection frontale pour 2001, éclairage à la lumière des bougies pour Barry Lyndon, grâce à un objectif Zeiss développé pour la NASA, ou encore steadicam pour Shining (The Shining).

Orange mécanique est un film à la violence et à l’érotisme prémonitoire réalisé en 1971, d’après le roman L'Orange mécanique de Anthony Burgess et adapté par Stanley Kubrick qui travaille seul. Le thème du double, cher à Kubrick, est encore une fois développé dans ce film, avec Alex qui représente l’inconscient de l’homme qui lutte entre le bien et le mal dans un monde qui s’effondre. Kubrick réalise le film très rapidement, caméra à l'épaule, et presque entièrement tourné dans la région de Londres.

Au XXIe siècle, dans une Angleterre où l'on ne sait plus comment enrayer l'escalade du crime, Alexandre de Large (Malcolm McDowell), le chef de la bande des droogs ou droogies, exerce avec sadisme une terreur aveugle sur fond de mouvement de la Symphonie no 9 de Beethoven.

En Angleterre, le film suscite une polémique importante, qui est aggravée par plusieurs faits divers où des délinquants, portant les mêmes costumes qu'Alex, déclarent s'inspirer directement du personnage principal du film. Dans un premier temps, Stanley Kubrick ne tient pas compte de ces faits divers mais les médias, frustrés par le manque d’interlocuteur, se retournent vers l’auteur du livre qui se retrouve seul à défendre un film auquel il n’a pas participé. Mais la controverse s’amplifie et, inquiété par les lettres de menaces de mort qu'il reçoit à son domicile, le réalisateur oblige la Warner à retirer le film des écrans du Royaume-Uni.

Élu meilleur film de l’année 1972 par le New York Film Critics Circle, Orange mécanique est l’un des plus gros succès de la Warner Bros. Pictures et reste à l'affiche durant soixante-deux semaines. « Il n’y a aucun doute qu’il serait agréable de voir un peu de folie dans les films, au moins ils seraient intéressants à regarder. Chez moi la folie est très contrôlée ! » déclarera Kubrick.

Après trois films de science-fiction, frustré de l’abandon par la Warner Bros de son projet sur Napoléon, prévu avec Jack Nicholson dans le rôle de l’empereur (Kubrick a une véritable passion pour Napoléon, il ne comprend pas comment un homme aussi intelligent a pu sombrer), Stanley Kubrick réalise son premier film historique à partir de la biographie d'un jeune Irlandais (Barry Lyndon) d'après le roman picaresque de William Makepeace Thackeray - le destin d'un jeune et intrigant Irlandais sans le sou, Redmond Barry (Ryan O'Neal), de son ascension pleine d'audace à sa déchéance.

La préparation du film dure un an. Le réalisateur veut tourner un film à l’esthétique proche des tableaux du XVIIIe siècle. La réalisation du film demande plus de 250 jours de tournage en Grande-Bretagne et en Allemagne au château de Hohenzollern, à Potsdam et au palais de Ludwigsbourg. À la fin du tournage, Kubrick et Ryan O'Neal sont définitivement fâchés. Les contraintes techniques imposées par le réalisateur font passer le budget du film de 2,5 millions à plus de 11 millions de dollars. Les critiques sont sévères envers le film qui est jugé trop long, trop lent, élitiste et ennuyeux. Il obtient cependant quatre Oscars : meilleure direction artistique, meilleure photographie, meilleurs costumes, meilleur arrangement musical.

Au fil de ses films, Kubrick ajoute de nouvelles techniques à sa réalisation qu'il ne cesse de perfectionner par la suite. C'est à cette époque qu'il se fait remarquer par le brillant de sa photographie. En 1956, dans L'Ultime Razzia, Kubrick fragmente l'histoire que seule la voix off très influencée par Citizen Kane d'Orson Welles permet de reconstituer.

À partir de 2001, l'Odyssée de l'espace, le cinéaste travaille de plus en plus lentement, poussant de plus en plus loin son perfectionnisme et sa volonté d'expérimentation technique. Pour son premier film en couleur, il va passer cinq ans à développer ce film, qui, par son esthétique et sa mise en scène, marque un tournant dans le cinéma mondial, en particulier dans le domaine de la science-fiction. Souhaitant une vision de l'espace éloignée des bandes dessinées et proche des observations scientifiques, il prend pour directeur de la photographie Geoffrey Unsworth, spécialisé dans la science-fiction. Celui-ci utilise le format Super Panavision 70 et bénéficie du perfectionnement de nouvelles techniques (socles, grues, perches, bras articulés), permettant rotations et mouvements aériens de la caméra comme si elle-même était en impesanteur. Il ajuste également, sur les conseils et avec l'aide d'astronautes et de spécialistes dans le domaine, ses éclairages pour être conforme à la volonté très précise du cinéaste. Le tournage nécessite quatre mois de travail pour les acteurs, et dix-huit pour les effets spéciaux.

Pour Barry Lyndon, le réalisateur veut tourner un film à l’esthétique proche des tableaux du XVIIIe siècle. Pour recréer les conditions de l'époque, les intérieurs sont éclairés à la bougie, le visage des acteurs maquillés de blanc, les cheveux ternis par la poudre. La réalisation du film demande plus de 250 jours. Pour retrouver les conditions de lumière dans les anciens châteaux anglais, le réalisateur s'astreint à un éclairage des scènes d'intérieur quasiment à la lueur des bougies. Il se procure un objectif d'appareil photo Zeiss d'une focale de 50 mm et une ouverture maximale de f/0.7, développé spécialement pour la NASA pour photographier l'alunissage de la capsule Apollo, mais encore jamais utilisé au cinéma. Il le fait monter sur une caméra réaménagée spécialement. Pour Kubrick ce n’est pas un gadget ou une lubie, le réalisateur veut préserver la patine, et l’ambiance d’un château dans la nuit du XVIIIe siècle. Il précise : « L'éclairage des films historiques m'a toujours semblé très faux. Une pièce entièrement éclairée aux bougies, c'est très beau et complètement différent de ce qu'on voyait d'habitude au cinéma. » Cette contrainte technique sera néfaste au budget du film qui passe de 2,5 millions à plus de 11 millions de dollars. Le diaphragme de l'objectif de très grande ouverture (f/0.7), limite considérablement la profondeur de champ de la scène. Le réalisateur utilise également le zoom et les longues focales, ce qui a pour effet d'« aplatir » l'image.



07/03/2015
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