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Mag à zine international.

Cela s'est passé un 9 mars...

Lundi 09 mars 2015 - 18 Ventôse CCXXIII 

67eme  jour - 10eme semaine de l'année 2015 

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Fêtes du jour : Françoise,

Aujourd'hui nous fêtons également les Franca, Frances, Francesca, Francie, Fanchette, Fanchon, Fannie, Fanny, Fany, Franseza, Fant, Soazig.

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Dicton du jour :  

« Semé à la sainte-Françoise, ton grain aura du poids. »

 

Citations sur l'histoire :

 

« Faites attention à l'Histoire officielle que l'imposture se charge de décrire. » 

[Chateaubriand] Mémoires d'outre-tombe

 

 « Faire confiance à l’histoire c’est croire les criminels sur parole. »

 [Simone Veil]

 

 « L'Histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies. »

 [Alexis de Tocqueville]

 

Citations du jour : 

 

« Les femmes qui veulent être les égales des hommes manquent sérieusement d’ambition. »

[Jean-Marc Reiser]

 

« Le silence est la seule chose en or que les femmes détestent. »

[Mary Wilson Little] 

 

 « Les femmes, sitôt qu'elles sont trois, sont deux contre une. » 

[Paul Léautaud] 

 

« Les jambes permettent aux hommes de marcher, et aux femmes, de faire leur chemin. »

 [Alphonse Allais] 

 

 « Le "e" de femmes se prononçant "a", il comprit, dès l'école, qu'avec les femmes ce serait compliqué. »

[Bernard Pivot] 

 

« Tu as vu des femmes qui aiment les pauvres ? »

[Marcel Pagnol] 

 

« Soldats de la Légion étrangère, votre drapeau n’a pas de plis assez amples pour contenir tous vos titres de gloire. »

[Général DELIGNY] 

 

« Dieu n'existe pas, je ne l'ai pas rencontré. »

[Youri Alexeïevitch Gagarine] (Au retour du premier vol dans l'espace de l'Homme).

 

« La grande famille du cinéma, ça n'existe pas. C'est un milieu où tout le monde se déteste»

[Ornella Muti]  

 

« Méfie-toi des hommes de petite taille: ils sont butés et arrogants. »

[Mazarin] 


9 mars 1451 : Louis XI épouse Charlotte de Savoie.

 

Résultat de recherche d'images pour "Louis XI épouse Charlotte de Savoie"Le dauphin Louis de France, futur Louis XI, révolté contre son père le roi Charles VII et réfugié dans ses états du Dauphiné, négocie en secret avec Louis Ier de Savoie qui accepte de lui donner sa fille en mariage. Le contrat est signé le 14 février 1451, à Genève, chez les Franciscains.

Le mariage est célébré le 9 mars 1451 à Chambéry, par procuration, puis le 2 avril à Grenoble. Charlotte de Savoie a 6 ans (ou plus probablement 9, voir plus haut). L'âge légal du mariage des filles est fixé par l'Église catholique à 12 ans. Le dauphin Louis n'a probablement pas obtenu la dispense pontificale nécessaire à son union.

Pour fuir la colère de son père, Louis se réfugie avec sa jeune épouse à la cour de Philippe III le Bon, duc de Bourgogne, qui leur octroie le château de Genappe. Le mariage n'ayant pas été dénoncé, il est valide mais le premier des enfants du couple ne naîtra pas avant que la princesse fut nubile, c'est-à-dire à partir de 14 ans à l'époque.

Elle donne naissance à huit enfants dont seulement trois atteindront l'âge adulte : Anne de France (future Anne de Beaujeu et régente du royaume), Sainte Jeanne de France, future épouse de Louis XII et le futur Charles VIII. Louis XI veillera à l'éducation de son fils Charles, et Charlotte à l'éducation de ses filles.


9 mars 1796 : Joséphine épouse civilement Napoléon Bonaparte.

 

Résultat de recherche d'images pour "Joséphine de Beauharnais le mariage"C'est presque par miracle qu'elle évite la guillotine tant elle s'était (assez naïvement) exposée pour sauver des royalistes et bien qu'elle ait placé son fils Eugène en apprentissage chez un menuisier pour masquer leur origine sociale. Emprisonnée elle aussi à la prison des Carmes, le 21 avril (2 floréal), Joséphine en sort le 6 août 1794 (19 thermidor an II), peut-être grâce à l'intervention de Thérésa Cabarrus, marquise de Fontenay et pour l'heure épouse de Tallien ou à celle du scribe du Comité de sûreté générale, Charles La Bussière, qui, amoureux d'elle, fait disparaître son acte d'accusation.

À sa sortie de prison, sa beauté et ses amitiés lui ouvrent les portes des salons à la mode. Elle est alors tellement pauvre qu'on la dispense, comme les autres, lors des soirées, d'apporter son pain comme cela se faisait alors. Malgré sa pauvreté, la citoyenne Beauharnais s'arrange toujours pour être bien mise, contractant des dettes dont elle règle les plus criantes en jouant probablement de ses charmes. Au fil des mois, elle s'arrange aussi pour récupérer les biens d'Alexandre grâce à Barras. À l'été 1795, elle va louer un petit hôtel particulier, rue Chantereine, à Paris, qui va lui permettre de mieux vivre « selon son rang ».

Nouant une grande amitié avec Thérésa Tallien, elle passe pour être une des « reines » du Directoire, et devient la maîtresse de Barras dont elle était éprise mais qui était déjà marié. Elle est alors une femme entretenue par ses nombreux amants. Mais Barras, se détachant d'elle, cherche à s'en débarrasser et lui présente, dans son propre hôtel lors d'un dîner le 15 octobre 1795, un officier en disponibilité, Napoléon Bonaparte, censé lui apporter une certaine stabilité financière et une position convenable dans le monde. La veuve Beauharnais accepte ce mariage sans amour de sa part, mais convaincue des capacités de son époux à se tailler une place dans les sphères les plus hautes du pouvoir. Celui-ci, très épris, jaloux et possessif, transforme le deuxième prénom de sa promise, Josèphe, en Joséphine peut-être pour ne pas avoir à prononcer un prénom déjà susurré par trop d'amants.

Joséphine épouse civilement Napoléon Bonaparte le 9 mars 1796 à Paris, ce dernier lui donnant pour cadeau de noces une bague en émail noir avec cette légende : « Au destin ». Il a vingt-sept ans, elle en a officiellement six de plus. Les deux époux trichent tous les deux sur leur âge, Joséphine se rajeunissant de quatre ans et Napoléon se vieillissant de deux ans. Le surlendemain, Bonaparte, qui a été nommé par Barras général en chef de l'armée d'Italie, part prendre son commandement. Joséphine, qui reste à Paris quelques mois, va traficoter en tirant de substantiels revenus sur des marchés de fournitures plutôt douteux avec l'armée, afin de subvenir à ses goûts luxueux. L'entente avec sa belle-famille est des plus mauvaises; la sœur préférée de Napoléon, Pauline, qui a le même âge qu'Hortense, l'appelle « la vieille ». Mais surtout Napoléon ne l'a pas encore présentée à sa mère, qui, pour le moment, habite Marseille. 


9 mars 1831 : Louis-Philippe crée la Légion étrangère.

 

Résultat de recherche d'images pour "Légion étrangère"La Légion étrangère est créée par ordonnance du 9 mars 1831 par le roi des Français Louis-Philippe, à l'instigation du maréchal Soult, ministre de la Guerre. Elle rassemble, à cette date, différents corps étrangers de l'armée française, dont les gardes suisses, issus de la paix perpétuelle signée après la bataille de Marignan, le régiment Hohenlohe. Cette troupe nouvelle est destinée à combattre hors du Royaume (en Algérie). À l'origine, la Légion étrangère ne peut combattre qu'en dehors du territoire continental du Royaume ; la Première Guerre mondiale en sera la première exception.

La loi du 9 mars 1831 autorise la formation d'une légion d'étrangers en France, et de corps militaires composés d'indigènes et d'étrangers, hors du territoire continental :

  1. Il pourra être formé dans l'intérieur du royaume une légion d'étrangers ; mais elle ne pourra être employée que hors du territoire continental du Royaume.
  2. Les généraux en chef, commandant les pays occupés par les armées françaises hors du territoire continental, pourront être autorisés à former des corps militaires composés d'indigènes et d'étrangers.

Les premiers cantonnements des dépôts de la légion sont implantés à Langres, Bar-le-Duc, Agen et Auxerre. les anciens des Gardes suisses et du régiment Hohenlohe sont placés dans le 1er bataillon. les 2e et 3e reçoivent les Suisses et les Allemands, le 4e est réservé aux Espagnols et Portugais, le 5e aux Sardes et Italiens, le 6e aux Belges et Hollandais, et le 7e  aux Polonais.

La Légion constitue un moyen très efficace pour retirer les éléments les plus « indésirables » de la société française du XIXe siècle. Dans ses rangs, une population interlope où se sont trouvés parfois des meurtriers, des évadés, des mendiants, des criminels de droit commun mais surtout des immigrés non désirés, opposants au Régime.

Résultat de recherche d'images pour "Légion étrangère"À l'origine le légionnaire est très mal formé, peu ou pas payé, et reçoit le plus sommaire en matière d'équipement, de vêtements et de nourriture. La motivation des hommes est alors au plus bas, car les raisons de rejoindre la Légion sont le plus souvent le désespoir et l'instinct de survie plutôt que le patriotisme. Certains légionnaires tentent très probablement d'échapper à de graves problèmes. Les conditions de vie et de travail sont terribles et les premières campagnes provoquent de lourdes pertes. En conséquence, les désertions posent un problème important à la Légion. Forger une force de combat efficace à partir d'un groupe de soldats peu motivés, représente une entreprise des plus difficiles. Dans ce but, la Légion développe d'emblée une discipline stricte, dépassant celle imposée à l'armée française régulière.

Le 16 décembre 1835, après le passage de la Légion étrangère dans les rangs de l'armée espagnole, Louis-Philippe décide de la création d'une nouvelle Légion afin de renforcer les troupes françaises en Algérie. Trois bataillons sont alors créés pour combler le vide laissé par les départs en Espagne. En 1840, deux autres, les 4e et 5e, sont formés à Pau et à Perpignan avec les survivants de l'aventure espagnole, cristinos comme carlistes. Ces bataillons viennent rapidement compléter le dispositif et renforcer les troupes françaises de l'armée d'Afrique.


9 mars 1986 :  Mário Soares devient le 17e président de la République portugaise.

 

Résultat de recherche d'images pour "Mário Soares"En 1968, il est arrêté par la police secrète du régime (PIDE) et un tribunal militaire le condamne à être banni dans la colonie portugaise de São Tomé dans le Golfe de Guinée. Puis, il est exilé en 1970 et s'installe en France, où il enseigne dans les universités de Vincennes (Paris 8), La Sorbonne et Rennes. Il y rejoint un mouvement portugais en exil, l'Action socialiste portugaise, qui devient le Parti socialiste le 19 avril 1973. Soares en est élu secrétaire général.

Le 1er mai 1974, après la Révolution des œillets du 25 avril, il revient de son exil à Paris et est accueilli avec d'autres exilés en héros.

Au sein du gouvernement provisoire dirigé par le Mouvement des forces armées (MFA), Soares est ministre des négociations outre-mer, chargé d'organiser l'indépendance des colonies de l'empire portugais.

Cependant, le MFA est accusé de faire alliance avec le Parti communiste portugais pour prendre le contrôle du gouvernement dans son ensemble. Le Premier ministre, Vasco dos Santos Gonçalves, et deux généraux (Francisco da Costa Gomes et Otelo Saraiva de Carvalho) tentent de prendre le pouvoir. S'opposent à eux des manifestations et des grèves dans le Nord conservateur du pays ; Soares et les socialistes s'opposent aux communistes et au MFA. En septembre 1975, Gonçalves est contraint à la démission.

Soares est alors nommé ministre des affaires étrangères en 1975 et les premières élections démocratiques ont lieu en avril 1976. Les socialistes remportant la majorité relative des sièges au Parlement, Soares devient le Premier ministre et dirige les deux premiers gouvernements constitutionnels jusqu'en août 1978. Cependant, à cause de l'hostilité entre socialistes et communistes, il gouverne sans majorité absolue et doit finalement démissionner en 1978.

Entre 1978 et 1983, se succèdent plusieurs gouvernements conservateurs. Soares dirige le neuvième gouvernement constitutionnel jusqu'en 1985. C'est lui qui négocie les conditions de l'adhésion du Portugal dans la Communauté économique européenne.

Les élections législatives d'octobre 1985 sont décevantes pour le Parti socialiste et Mario Soares remet la démission de son gouvernement. Il est remplacé au poste de Premier ministre par Aníbal Cavaco Silva.

Il accomplit deux mandats comme président du Portugal de 1986 à 1996. Soares est le premier chef d'État civil depuis soixante ans. Dans cette fonction dont la principale prérogative est de veiller sur les institutions, Soares promeut les droits de l'homme au Portugal et dans le monde.


9 mars 1996 : Jorge Fernando Branco de Sampaio devient le 18e président de la République portugaise.

 

Résultat de recherche d'images pour "Jorge Fernando Branco de Sampaio"Né à Lisbonne, Jorge Sampaio achève sa formation juridique et politique à l’université de cette ville, où il se distingue comme l’un des principaux dirigeants du mouvement étudiant d’opposition à l'Estado Novo (dénomination donnée par Salazar au type d'État qu’il avait créé) dans les années 1961-1962. Avocat ayant acquis une solide réputation dans les prétoires, il intervient dans quelques-uns des procès politiques les plus retentissants des années 1960 et 1970.

Après la Révolution des Œillets du 25 avril 1974, qui instaure la démocratie dans le pays, il est le cofondateur du mouvement de la Gauche socialiste, alternative aux grands partis, avant de finir par intégrer le Parti socialiste en 1978. En 1979, il est élu député — il sera réélu en 1980, 1985, 1987 et 1991. À l’issue du dernier gouvernement de Mário Soares et de la déroute socialiste aux élections législatives, il affirme son leadership et devient secrétaire général du parti en 1987.

Élu maire de Lisbonne en 1989, et réélu en 1993, Jorge Sampaio remporte l’élection présidentielle face au social-démocrate Aníbal Cavaco Silva, avec 53,83 % des voix, en janvier 1996, au premier tour de scrutin. Soutenant une politique de lutte contre le chômage, mais aussi d’approfondissement des acquis sociaux (augmentation du salaire minimum et diminution de la durée hebdomadaire de travail), le président Sampaio, européen convaincu, fait en sorte que le Portugal satisfasse avec succès aux critères de convergence afin d’intégrer l’Union économique et monétaire (UEM) et d’adopter la monnaie unique, ce qui se réalise en 1998. Adepte de la « présidence ouverte », à l’instar de Mário Soares, il quitte régulièrement la résidence officielle du président de la République pour vivre au contact de la population pendant une quinzaine de jours.

En janvier 2001, Jorge Sampaio est réélu à la tête du Portugal au premier tour de scrutin avec 55,76 % des suffrages exprimés. Le 30 novembre 2004, il décide de dissoudre le Parlement et de convoquer des élections anticipées pour mettre fin à la « crise de crédibilité » que traverse selon lui le gouvernement du social-démocrate Pedro Santana Lopes. Le scrutin de février 2005 voit le retour au gouvernement des socialistes, qui obtiennent la majorité absolue. Mais en janvier 2006, à la fin du mandat de Jorge Sampaio, une cohabitation se met en place avec l’élection du premier président de droite depuis la Révolution des Œillets, Aníbal Cavaco Silva.


Naissances : 

 

Amerigo Vespucci (ou Americo Vespucci), né le 9 mars 1454 à Florence en Italie et mort le 22 février 1512 à Séville en Espagne.

 

Résultat de recherche d'images pour "Amerigo Vespucci"Navigateur florentin qui travailla au service du Royaume de Portugal et de la Couronne de Castille. Il est considéré comme le premier européen à comprendre que les terres découvertes par Christophe Colomb faisaient partie d'un nouveau continent ; c'est pour cette raison que le cartographe Martin Waldseemüller, dans son planisphère de 1507 utilisa le nom d'« America » en son honneur comme appellation pour le Nouveau Monde. L'histoire souvent fantaisiste et contradictoire de ses voyages l'indique comme une des figures les plus controversées de l'ère des Grandes découvertes.

Le roi Ferdinand chargea Vicente Yáñez Pinzón de lancer une expédition pour trouver le passage par l'occident aux îles de l'Especiería, à bord d'une flottille dont les navires seraient construits en Biscaye. Vespucci se chargea de fournir les provisions pour la flotte et fut nommé capitaine de l'un des bateaux. En revanche, bien que tous ses préparatifs furent terminés à temps, les bateaux ne quittèrent jamais la Castille, puisque la rivalité entre Ferdinand et le nouveau roi de Castille, Philippe le Beau, introduisit une série de retards et d'incertitudes dans le projet qui finit annulé.

Vers 1506, Vespucci s'était converti en un personnage indispensable à la Casa de Contratación à Séville, organisant et fournissant des expéditions à destination des Indes. Fin 1507 et début 1508, on lui ordonna de transporter un chargement d'or à la cour et fut convoqué par le roi pour participer à une réunion de cosmographes et de navigateurs avec Yáñez Pinzón, Juan de la Cosa et Juan Díaz de Solís. Cette réunion eut lieu en février 1508, appelée assemblée de Burgos, présidée par le roi Ferdinand, qui avait récupéré le contrôle de la Castille avec la mort de son gendre Philippe. Là-bas, il fut décidé de reprendre les plans d'exploration du Nouveau Monde, surtout concernant le Passage du Sud, qui avaient perdu de la force pendant l'interrègne des Habsbourg. Le Roi commissionna Yáñez Pinzón et Díaz de Solís pour la recherche de ce chemin vers l'Especiería. Vespucci se vit octroyer un nouveau rôle qui le maintiendrait sur la terre ferme : le 22 mars, le roi Ferdinand le nomma « Pilote majeur de Castille », dépendant de la Casa de Contratación. Ses fonctions seraient celles d'enseigner les habilités de navigation (surtout le maniement du quadrant et de l'astrolabe), la cosmographie et le pilotage dans la nouvelle école navale de la ville ; de suivre et qualifier le progrès des apprentis ; d'appliquer des sanctions pour violation des normes ; d'inspecter les instruments de navigation et d'enquêter sur les problèmes en relation avec l'activité. De plus, il avait à sa charge la responsabilité des registres cartographiques et hydrographiques, la confection du Padrón Real, la carte où figuraient tous les nouvelles découvertes étant un travail central.

Le roi le nomma pilote majeur pour qu'il initie les pilotes espagnols à l'usage de méthodes astronomiques de navigation, remplaçant ses vieilles pratiques d'estime, et pour qu'il les examine, s'assurant de leurs compétences. Vespucci se plaindrait ensuite que ses élèves étaient réticents à apprendre leurs leçons. L'historien Felipe Fernández-Armesto pense que les techniques astronomiques proposées par le florentin étaient « essentiellement inutiles », du à l'insuffisance technique des instruments de l'époque et que les pilotes andalous avaient raison de se sentir humiliés d'avoir à être examinés par quelqu'un avec si peu d'expérience dans la navigation. Vespucci n'arriva jamais à compléter le Padrón Real et on ne conserva aucune œuvre cartographique de lui, bien qu'il fut réprimandé en 1510 pour avoir vendu des cartes de straperlo.

Amerigo continua de fournir les expéditions d'exploration et il investit en 1509 dans l'établissement d'une colonie à Veragua, qui fut un désastre, accompagné d'importantes pertes économiques. On attribue à Vespucci l'idée de construire en Biscaye des bateaux avec la coque revêtue de plomb pour leur donner une meilleures résistance aux récifs et bancs de sable des eaux des Caraïbes.

Comme pilote majeur, il avait un salaire de 75 000 maravédis annuels, qui lui permettaient de vivre de manière commode, mais sans grand luxe. Il vivait dans une maison de la Rue du Roi, louée à son voisin l'évêque Juan Rodríguez de Fonseca. Il avait deux domestiques blancs et cinq esclaves : quatre femmes et un homme. L'une d'elles, appelée Isabel, des Canaries, donna naissance à un garçon et une fille dans cette même maison. En se basant sur certains indices du testament de Vespucci, Consuelo Varela Bueno n'écarte pas l'hypothèse que, comme il était courant à cette époque, ce furent les enfants du navigateur.

Amerigo Vespucci mourut le 22 février 1512. Dans son unique testament connu, il légua tous ses biens de Séville à sa femme, incluant 144 000 maravédis, que d'une part les héritiers de Berardi lui devaient, et d'autre part, dans une moindre quantité, que Juan de la Cosa lui devait ; ses biens de Florence à sa mère, si elle était toujours vivante, et sinon à ses frères Antonio et Bernardo ; ses vêtements, livres et instruments (dont un astrolabe de métal) à son neveu Juan Vespucci, fils de son frère Antonio. Il nomma des exécuteurs testamentaires au marchand florentin Piero Rondinelli et au chanoine Manuel Castaño. Son épouse reçut une pension de la Couronne grâce au décret royal du 28 mars 1512, au compte des services donnés par son mari comme pilote majeur. À la mort de María Cerezo, un décret du 26 décembre 1524 octroya le reste de la pension à sa sœur Catalina, ce qui prouve qu'il ne donna pas de fils héritiers.


Iouri ou Youri Alexeïevitch Gagarine (en russe : Ю́рий Алексе́евич Гага́рин), né le 9 mars 1934, décédé le 27 mars 1968.

 

Résultat de recherche d'images pour "Youri Alexeïevitch Gagarine"Premier homme à avoir effectué un vol dans l'espace au cours de la mission Vostok 1 le 12 avril 1961, dans le cadre du programme spatial soviétique, Youri Gagarine acquiert une notoriété internationale et est décoré de nombreuses distinctions dont celle de Héros de l'Union soviétique et de la médaille de l'ordre de Lénine, les plus hautes distinctions soviétiques. La mission Vostok 1 fut son seul voyage spatial, mais il fut aussi doublure de secours pour la mission Soyouz 1. Il meurt à 34 ans lors du crash de son Mig 15. Son nom a été donné à un cratère lunaire et à un astéroïde.

Youri Gagarine naît en 1934 à Klouchino, près de Gjatsk (oblast de Smolensk), dans le nord-ouest de la Russie. Les parents de Youri travaillent dans la ferme collective d'un kolkhoze. Son père, Alexeï Ivanovitch Gagarine (1902–1973), est charpentier ; sa mère, Anna Timofeïevna Matveïeva (1903–1984), qui est issue d'une famille d'ingénieurs de Saint-Pétersbourg, capitale culturelle du pays, occupe l'emploi de laitière. Elle essaie de communiquer son goût de la lecture à ses quatre enfants. La vie est rude dans ce village dépourvu d'électricité et d'eau courante.

En 1941, la guerre avec l'Allemagne éclate. Youri, qui est le troisième des enfants Gagarine, a alors sept ans. Le village est bombardé, ses ressources épuisées par les réfugiés qui affluent à la suite de la première bataille de Smolensk puis, fin 1942, est occupé par les troupes allemandes avant que la famille n'ait eu le temps de s'enfuir. Le cadet de Youri, Boris, subit un début de pendaison avant d'être relâché à moitié mort à cause des supplications de sa mère. La sœur de Youri est blessée par un Allemand avec une faux et son père est si gravement battu après avoir tenté de saboter un moulin qu'il reste définitivement invalide. La famille est expulsée de son logement par les soldats allemands et doit creuser un abri primitif dans lequel elle est obligée de vivre. En 1943, Valentin et Zoya, ses frère et sœur aînés, sont emmenés dans un camp de travail forcé en Pologne par les SS ; là-bas, ils parviennent à survivre, puis à s'échapper avant de rejoindre les troupes soviétiques. Les parents n'apprendront qu'ils sont toujours en vie qu'à la fin de la guerre. La famille de Youri survit sous les bombardements et la famine. Malgré les risques, Youri se livre comme les autres enfants du village à de petits sabotages de la machine de guerre allemande. Youri est témoin d'un évènement qui le marque et va jouer un rôle important dans son destin : un chasseur soviétique endommagé se pose près du village et un avion de secours vient récupérer le pilote peu après. Les enfants du village attirés par le spectacle se pressent sur les lieux. Youri est fasciné par l'avion et les pilotes, dont l'un prend le temps de lui montrer comment fonctionnent les commandes dans le cockpit.

Au printemps 1944, les troupes soviétiques avancent après l'offensive du Dniepr et le village est libéré de l'occupant. Mais les habitations sont détruites, le bétail exterminé ou emporté. La famille Gagarine décide de s'installer à Gjatsk, bien que cette ville soit dans le même état de destruction que Klouchino, et s'y construit une habitation. Youri, qui n'a plus fréquenté l'école depuis le début de la guerre, reprend les cours. C'est alors un enfant turbulent, qui entre de plus en plus fréquemment en conflit avec son père. Celui-ci ne supporte pas la contradiction et veut que ses enfants apprennent son métier. De son côté, Youri veut échapper à la vie pesante du village et annonce en 1949 à ses parents qu'il ne souhaite pas devenir charpentier et qu'il les quitte pour suivre des études dans un autre domaine. Son père tente de le faire revenir sur sa décision puis le laisse partir en lui demandant de ne pas ternir le nom des Gagarine. Youri va à Moscou, où vit un oncle susceptible de l'aider à trouver une place dans un collège. Il veut devenir gymnaste, mais il ne trouve pas de place et entre finalement dans une école d'apprentissage d'une fonderie à Lioubertsy, dans la banlieue de Moscou. Malgré le handicap de sa petite taille, il se distingue et est sélectionné pour entrer à l'Institut technico-industriel de Saratov dans le sud-est de la Russie. Cette école forme des techniciens dans le domaine du machinisme agricole et il en suit les cours durant quatre années. Il a l'occasion à l'époque de suivre une formation de gymnaste mais, réaliste, préfère opter pour une formation lui garantissant une carrière.

À Saratov, il adhère dès qu'il le peut au club de pilotage amateur de la ville, car il n'a pas oublié sa fascination d'enfance. Dès son premier vol à bord d'un Yak-18, il décide qu'il sera aviateur. Par la suite il mène de front ses études à l'institut de Saratov et une formation pratique et théorique de pilote. En octobre 1955, il décide de franchir le pas : il abandonne ses études à l'Institut, contre l'avis de son père qui lui reproche de gaspiller l'argent de l'État, et rentre comme cadet dans une école de pilotage militaire. Son instructeur est impressionné par ses capacités et le recommande pour l'école militaire de pilotage K. E. Vorochilov d'Orenbourg. Dans cette ville, au cours d'un bal d'étudiants, il rencontre une infirmière, Valentina Goriatcheva. Il l'épouse un an plus tard, en octobre 1957, avant d'obtenir son diplôme de pilote de chasse sur MiG-15. Il est alors affecté dans une escadrille de chasseurs-intercepteurs à la base aérienne de Luostari située dans la région de Petchenga dans l'oblast de Mourmansk près de la frontière norvégienne au nord du cercle Arctique. Les conditions de vie sont dures pour le jeune couple mais leur première fille, Lena, naît en avril 1959. Leur deuxième fille, Galina, naît en mars 1961, 36 jours avant le vol de son père.

En juin 1959 le processus de sélection des premiers cosmonautes du programme spatial soviétique est lancé. Les responsables ont décidé de rechercher leurs candidats parmi les pilotes de l'armée de l'air car ils sont déjà, par leur métier, accoutumés à subir des accélérations importantes, sauter en parachute, etc. Contrairement aux Américains, qui ont sélectionné des pilotes seniors, les responsables soviétiques ont décidé de choisir des pilotes relativement novices, ayant entre 25 et 30 ans, en grande partie parce que les vaisseaux spatiaux doivent être entièrement automatisés et que les cosmonautes doivent essentiellement avoir un rôle d'observateur. Compte tenu de l'espace restreint disponible dans la future capsule spatiale les recrues ne doivent pas mesurer plus de 1,70 à 1,75 mètre ; Gagarine, qui mesure 1,58 mètre satisfait ce critère. Après une première sélection sur dossier portant sur des critères physiques et une série d'entretiens visant à cerner leur personnalité, 200 pilotes sont sélectionnés, parmi lesquels Youri Gagarine. Celui-ci franchit également la deuxième étape de la sélection qui réduit en février 1960 le nombre d'élus à vingt. Il y a cinq dérogations à la règle de l'âge parmi les vingt sélectionnés, dont Vladimir Komarov. À l'époque de sa sélection Gagarine est un pilote junior avec 250 heures de vol sur MiG-15. Gagarine ne doit dire à personne, y compris sa femme, la nature du programme pour lequel il a été sélectionné.

Un médecin de l'armée de l'air ayant participé à sa sélection évalue sa personnalité : « Modeste ; embarrassé lorsque son humour lui fait tenir des propos un peu trop osés ; haut degré de développement intellectuel évident ; mémoire fantastique ; se distingue de ses collègues par sa perception aiguë de l'environnement y compris à longue distance ; dispose d'une imagination très développée ; réactions rapides ; persévérant ; se prépare de manière assidue à ses activités et exercices d'entraînement, parvient à maîtriser avec facilité la mécanique céleste et les formules mathématiques et excelle dans les mathématiques supérieures ; n'hésite pas à défendre son opinion s'il pense avoir raison ; comprend mieux la vie que beaucoup de ses amis. » Gagarine est également le candidat favori de ses pairs. Quand on demande aux vingt candidats de voter anonymement pour celui qu'ils aimeraient voir voler le premier, tous sauf trois votent pour Gagarine. Un de ses pairs, le futur cosmonaute Ievgueni Khrounov, se rappellera par la suite que Gagarine avait une extraordinaire capacité de concentration et pouvait, si nécessaire, être très exigeant vis-à-vis de lui-même et des autres. Il s'agissait là d'une caractéristique de sa personnalité beaucoup plus importante que celle révélée par son fameux sourire.

Comme les installations pour l'entraînement des pilotes ont à cette époque une capacité limitée, il est décidé le 30 mai de préparer en priorité un groupe de six pilotes (TsPK-1). Ceux-ci sont choisis, entre autres, sur des critères physiques, les plus grands étant écartés. Gagarine suit comme les autres apprentis cosmonautes un entraînement physique, effectue des sauts en parachute, s'entraîne sur un simulateur de la capsule Vostok, passe en centrifugeuse et reçoit une formation de base sur le fonctionnement des fusées et des vaisseaux spatiaux. En janvier 1961, le groupe passe devant une commission présidée par le général Nicolaï Kamanine. Celui-ci occupera au cours de la décennie suivante le poste de commandant du corps des cosmonautes. À l'issue des examens trois pilotes sont sélectionnés : Gagarine, Guerman Titov et Grigori Nelioubov. À ce stade, Gagarine est déjà donné favori par tous ceux qui le côtoient, et il est remarqué par Sergueï Korolev, le responsable du programme spatial habité soviétique. Titov est plus cultivé et beaucoup plus expansif que Gagarine, mais a un caractère rebelle. Le troisième sélectionné, Grigori Nelioubov, est sans doute le plus doué sur le plan technique, mais il est considéré comme trop rebelle par les sélectionneurs les plus conservateurs. Il ne volera jamais et, après avoir été licencié à la suite d'un problème d'alcool, il se suicidera en 1966.

Le choix final se fait entre Gagarine et Titov. Le responsable de l'Union soviétique Nikita Khrouchtchev, à qui on demande sa préférence, les met sur un pied d'égalité et c'est finalement la commission de Kamanine qui tranche en faveur de Gagarine. La meilleure résistance physique de Titov, qui en fait un candidat idéal pour le deuxième vol programmé qui est beaucoup plus long, ainsi que ses origines sociales, peuvent également avoir joué contre lui : il est issu des classes moyennes alors que Gagarine a des origines beaucoup plus humbles et incarne à ce titre « l'idéal de l'égalité soviétique » . La deuxième fille de Gagarine, Galya, nait en mars 1961, un mois avant le vol. L'entraînement est alors si intense qu'il a peu de temps à consacrer à sa fille et à sa famille. Sa femme, qui est supposée ne pas encore connaître l'objectif de son entraînement, a deviné ce qui se prépare, ce qui accentue la pression sur le couple. La mort accidentelle du cosmonaute Valentin Bondarenko, lors d'un entraînement fin mars, ne ralentit pas les préparatifs. Titov et Gagarine ne sont informés qu'une semaine avant le lancement de la décision de la commission. Déçu, Titov ne manifeste pas de signe de mécontentement, mais il ne félicite pas pour autant Gagarine.

Deux jours avant de décoller, Gagarine écrit une lettre à sa femme en évoquant un échec possible de son vol car on estime à l'époque ses chances de réussite à 50 %. Le vol Vostok 1, qui doit emporter le premier homme dans l'espace, est lancé depuis le cosmodrome de Baïkonour utilisé depuis les débuts de l'ère spatiale soviétique. Ce site aujourd'hui situé au Kazakhstan fait à l'époque partie du territoire de l'Union soviétique. Tout a été préparé en cas d'imprévu : une orbite qui permet un aérofreinage au bout de deux à sept jours en cas de panne du système d'atterrissage, un protocole pour le cosmonaute en cas d'atterrissage dans un pays étranger, des provisions pour treize jours et une balise pour repérer le site d'atterrissage. À la différence des précédentes missions, il n'y a pas de système d'autodestruction pour empêcher une puissance rivale de s'emparer de la technologie embarquée, tous les membres de la commission d'État s'y étant opposés, à l'exception du représentant du KGB. En cas d'échec et malgré la nature secrète du programme spatial soviétique, la primauté a été donnée à la sécurité du cosmonaute sur les considérations politiques, en annonçant via les médias son atterrissage dans un pays étranger ou en mer afin de faciliter l'organisation des secours.

Sergueï Korolev n'a pas fermé l'œil durant la nuit qui précède le lancement du 12 avril 1961 : il redoute une panne du troisième étage de la fusée précipitant le vaisseau dans les eaux glacées au sud du cap Horn. Youri Gagarine de son côté, est réveillé à h 30 du matin après une nuit de sommeil parfaite. Après un déjeuner léger à base d'aliments en tube, des techniciens l'aident à enfiler sa combinaison spatiale SK-1 orange. Suivant une superstition commune chez les pilotes soviétiques, Gagarine ne s'est pas rasé. Korolev vient embrasser Gagarine qui plaisante avec lui avant son décollage et tente de rassurer son responsable très inquiet. Korolev lui dit qu'il espère le voir un jour marcher sur la Lune. Le vol doit être entièrement automatique et les commandes de vol sont bloquées. En cas d'urgence, Gagarine doit ouvrir une enveloppe qui contient un code qu'il tapera pour libérer les commandes. Cette procédure est violée par Korolev lui-même qui souffle le code dans le creux de l'oreille de Gagarine mais il a été précédé par plusieurs techniciens qui ont fait de même n'hésitant pas, ainsi, à risquer leur emploi. Korolev, qui s'est installé dans le bunker de commandement, et est en liaison avec le cosmonaute, n'est pas rassuré car le taux de succès du lanceur est de 50 % sur seize lancements : il prend des tranquillisants quelques minutes avant le tir. Gagarine déclarera plus tard : « Bien sûr que j'étais nerveux - seul un robot n'aurait pas été nerveux à un tel moment et dans une telle situation ».

Il n'y a pas de compte à rebours comme pour les vols américains, le vol est lancé à l'heure prévue. À l'instant du départ, le pouls de Gagarine passe brutalement de 64 à 157 battements par minute mais il s'exclame joyeusement « Et c’est parti ! (Поехали! [Poïekhali!]) ». Il est h 07 (heure de Moscou, h 07 GMT). Alors que la fusée s'élève, Gagarine signale qu'il ressent l'accélération croissante mais affirme ne pas en souffrir. À Korolev qui lui demande comment il va, il répond de manière humoristique : « Bien, et vous ? ». Il ressent des difficultés à parler lorsque l'accélération atteint g. Le système télémétrique qui affiche la progression du vaisseau donne quelques frayeurs au responsable du programme en indiquant par moments une trajectoire alarmante après la mise à feu du troisième étage. Environ deux minutes après le décollage, la coiffe aérodynamique qui recouvre le vaisseau est larguée comme prévu et le hublot situé à hauteur des pieds de Gagarine est démasqué. Celui-ci s'exclame : « Je vois les nuages. Le site d'atterrissage... C’est magnifique ! Quelle beauté ».

Onze minutes après le lancement, le vaisseau est inséré en orbite et entame une révolution autour de la Terre qui va durer 1 heure et 48 minutes, à une altitude moyenne de 250 kilomètres (327 km et périgée : 180 km). L'orbite est beaucoup plus haute que prévu, avec un apogée supérieur de 70 km, ce qui fait craindre au centre de contrôle une mission plus longue si les rétrofusées ne fonctionnent pas. Gagarine devient le premier homme à voyager dans l'espace et le premier homme à effectuer une orbite autour de la Terre, accomplissant la prédiction de Constantin Tsiolkovski, père de l'astronautique moderne, qui avait annoncé en 1935 que le premier homme dans l'espace serait russe : « Je n'ai aucune difficulté à imaginer le premier homme vainquant la gravité terrestre et fonçant dans l'espace. Il est russe et citoyen de l'Union soviétique ; son métier le plus probable est pilote; il est courageux mais dénué de témérité. Je vois son franc visage russe ». Gagarine est ému par la beauté de la Terre, bleue, ronde et à l'atmosphère si ténue. Il expérimente l'impesanteur et constate qu'il peut manger, boire et travailler normalement même s'il doit arrêter la rédaction de son journal de bord ayant perdu son crayon qui s'est envolé dans un coin de la cabine, la vis qui devait le retenir par un fil s'étant desserrée. Il arrive à la conclusion que l'apesanteur ne gêne pas le travail humain dans l'espace. Il passe son temps en orbite à observer la Terre et contrôler ses instruments. Aucune expérience n'est prévue. Comme les spécialistes avaient des doutes sur les capacités d'un homme soumis à l'apesanteur, l'ensemble des opérations est déclenché depuis le sol. Le vol se déroulant normalement, Gagarine n'a pas l'occasion de prendre le contrôle manuel. Pour les échanges radio avec le sol, Gagarine répond sous le code de « Kedr » (Кедр), désignant le cèdre, tandis que le sol répond à l'appellation Aube-1 (Zaria-I ; Заря-I). L'agence TASS officialise 55 minutes après le lancement la mise en orbite de Gagarine, qui à cette occasion est promu major (il était premier-lieutenant). Les services de renseignement américains savent un peu avant l'annonce qu'un vol habité a lieu grâce à une de leurs stations d'écoute située en Alaska. Lorsque sa mère entend la nouvelle à la radio à Gjatsk, elle se met à pleurer, répétant sans cesse « Qu'est ce qu'il a fait et où est-il allé ? ». Alors qu'il arrive au-dessus de l'océan Pacifique, Gagarine passe dans l'ombre de la Terre pour sa première et seule « nuit » en orbite et est émerveillé par la beauté de l'espace étoilé.

Après une orbite complète, les rétrofusées du vaisseau sont mises à feu pour le freiner et déclencher la rentrée atmosphérique et le retour sur Terre ; mais cette manœuvre ne se passe pas comme prévu : le vaisseau subit une secousse brutale puis commence à tourner sur son axe à la vitesse de 30 degrés par seconde. Gagarine rapporte « Tout tournait. Je voyais d'abord l'Afrique, puis l'horizon, puis le ciel. J'avais à peine le temps de protéger mes yeux des rayons du soleil. J'ai mis mes jambes de manière à couvrir le hublot sans avoir à fermer les stores. » Les charges pyrotechniques censées séparer complètement le module de descente dans lequel se trouvait Gagarine du module de service contenant les appareillages devenus inutiles n'avaient pas complètement rempli leur office : le module de service, plus dense, tombait en premier tout en restant attaché à la cabine de Gagarine par quelques câbles. Le vaisseau était conçu pour présenter son bouclier thermique tourné vers l'avant, là où le freinage aérodynamique porte la coque à des températures extrêmes. Mais dans cette configuration anormale, Vostok 1 exposait à la chaleur les parties de la coque moins bien protégées. Gagarine décrit ainsi cette phase de sa descente vers la Terre : « le vaisseau spatial était entouré de flammes, [...] j'étais un nuage de feu qui fonçait vers la Terre ». La situation est critique mais Gagarine qui en a conscience reste d'un calme olympien, calculant qu'il atterrirait en URSS et transmet par radio à la Terre que tout va bien. Finalement, 10 minutes après le déclenchement de la rentrée atmosphérique, l'augmentation de la pression aérodynamique parvient à rompre les derniers câbles qui maintiennent les deux modules solidaires. Rétrospectivement, des experts occidentaux ont estimé que l'incident n'aurait pas mis la mission en péril. Gagarine est secoué dans tous les sens pendant la descente alors qu'il décrit une capsule entourée d'une lumière violette, les craquements et la chaleur. Quand la décélération atteint son pic à 10 g, la vue de Gagarine se brouille quelques secondes mais la capsule ralentit sa rotation. À quelques kilomètres du sol, en application d'une procédure commune à tous les vaisseaux Vostok, Gagarine s'éjecte de la capsule : il effectue le reste de sa descente en parachute car, pour des raisons de poids, on n'a pas pu installer sur le vaisseau Vostok des rétrofusées permettant de réduire suffisamment la vitesse résiduelle à l'atterrissage. Alors qu'il largue le siège avec lequel il a été éjecté et ouvre son parachute, Gagarine reconnait immédiatement le paysage qui défile sous ses pieds : c'est une région près de la Volga où il a effectué son entraînement de parachutiste. Son parachute de secours s'ouvre de manière dangereuse en plus du parachute principal, mais reste heureusement sous lui sans s'emmêler avec ce dernier. Descendant enfin en sécurité, Gagarine se met à chanter pour lui-même. Il se pose vers 10 h 55 (heure de Moscou, h 55 GMT) dans un champ près d'un ravin non loin dans la région de la ville de Saratov : le premier vol habité a duré 108 minutes dont 89 en orbite terrestre.

Juste après son atterrissage, il met six minutes avant de pouvoir ouvrir la valve d'air de son scaphandre qui lui permet de respirer à nouveau l'air de la Terre. Sa préoccupation principale est ensuite de pouvoir signaler qu'il est sain et sauf. Pendant ce temps, c'est un Khrouchtchev enthousiaste qui demande par téléphone plusieurs fois à Korolev si Gagarine est vivant. Gagarine rencontre une paysanne dont la fille commence à fuir et doit les rassurer en criant « Je suis un ami, je suis soviétique ! ». Il utilise le téléphone du camp d'agriculteurs pour avertir les secours. Son vaisseau a atterri à trois kilomètres de là et des enfants des villages environnants sont déjà entrés à l'intérieur, finissant les restes de nourriture en tube qui s'y trouvaient.

Le 14 avril, Youri Gagarine est reçu triomphalement à Moscou, sur la place Rouge, par Krouchtchev, Léonid Brejnev et la plupart des responsables soviétiques. Le vol spatial de Gagarine a un retentissement énorme en URSS et dans le monde entier. L'Union soviétique avait généralement pour les puissances occidentales une image de pays arriéré : celle-ci est complètement effacée par la réussite du programme spatial soviétique qui est à son pinacle et par l'événement qu'est dans l'histoire de l'humanité l'envoi du premier homme dans l'espace. Pour Asif A. Siddiqi, historien spécialiste du programme spatial soviétique, la réussite est d'autant plus impressionnante qu'elle intervient seize ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale qui a laissé une URSS exsangue et ravagée, avec une industrie en ruine et 25 millions de morts, donc très désavantagée vis-à-vis des États-Unis, qui n'avaient pas eu à subir la guerre sur leur territoire.

La réaction américaine est courtoise et le vice-président Lyndon Johnson présente ses félicitations annonçant que « le vol courageux et pionnier de Youri Gagarine dans l'espace a ouvert de nouveaux horizons et créé un brillant exemple pour les cosmonautes des deux pays », mais le président John Fitzgerald Kennedy annonce dans une conférence de presse que les États-Unis n'essayeraient pas de rattraper l'URSS dans la course à l'espace mais les battraient dans des domaines d'activité plus profitables à long terme à l'humanité. Le Washington Post demande, quant à lui, une mobilisation générale pour battre l'URSS. Werner von Braun, directeur de la NASA et un des pères de l’astronautique américaine, déclare que « pour rester au niveau, les États-Unis devront courir comme un diable ». Kennedy revient cependant vite sur sa décision et le vol de Gagarine relance la course à l'espace. Le 25 mai, il annonce dans un discours historique que les États-Unis enverront un homme sur la Lune avant la fin de la décennie.

Avant que Gagarine n'entame à la suite de son vol une tournée mondiale utilisée à des fins de propagande politique, les dirigeants soviétiques lui imposent de révéler le moins de détails possible sur le programme spatial, jusqu'à éluder sa taille pour ne pas dévoiler les caractéristiques de la capsule. Pour que le vol orbital soit homologué, les autorités soviétiques annoncent que Gagarine est revenu au sol à bord de la capsule et masquent le fait qu'il s'est parachuté. Le déroulement réel sera connu à la fin des années 1990 avec la libéralisation du régime russe. Lorsqu'il est interrogé par les journalistes étrangers, ses réponses sont souvent évasives et il est obligé de mentir : on ne sait rien à l'époque de l'emplacement exact de sa base de lancement qui est toutefois connu par les services secrets américains grâce à leur station radar en Turquie. Les Soviétiques indiquent un lieu près de la ville de Baïkonour, qui est en fait à 360 km de la base de lancement. Le nom du responsable du programme spatial soviétique, Sergueï Korolev, reste également secret. Celui-ci n'apparaît pas dans les commémorations ; on laisse croire qu'un vénérable membre de l'Académie des sciences dont les liens avec le programme spatial sont très ténus est le père de l'astronautique soviétique. Pour récompenser ceux qui ont participé à cet exploit, près de sept mille personnes reçoivent divers médailles et titres et un certain nombre le titre de Héros de l'Union soviétique, mais seuls ceux qui font partie des instances dirigeantes, dont le premier secrétaire Khrouchtchev, sont officiellement nommés. Les cinq véritables responsables du programme sont récompensés mais restent dans l'ombre.


Jean-Jacques Debout, né le 9 mars 1940 dans le XIIe arrondissement de Paris.

 

Auteur-compositeur-interprète français. Il est marié à la comédienne et chanteuse Chantal Goya. Ils ont deux enfants, Jean-Paul et Clarisse.

 

Résultat de recherche d'images pour "jean jacques debout"Il passe son enfance à Saint-Mandé avec ses parents et ses deux sœurs aînées puis fréquente le collège de Juilly et a pour camarades Jean-Paul Goude et Jacques Mesrine, le futur ennemi public numéro 1. Le jeune garçon se passionne alors pour la musique et intègre une chorale. Sa grand-mère, collaboratrice à L'Humanité l'inscrit à un concours de chant organisé sur la Place du Tertre. Il interprète un classique de Charles Trenet qui y assiste en personne et félicite le jeune homme pour sa prestation en recommandant à Patachou de l'engager comme artiste dans son établissement. Vers 17 ans, il occupe un emploi de coursier au sein des Éditions musicales Raoul Breton. En 1957, il se produit au Théâtre des Capucines avec Micheline Dax et Nicole Croisille dans Cocktail sexy ou folie furieuse. Maurice Vidalin et Jacques Datin le convainquent d'enregistrer Les Boutons dorés qu'ils viennent d'écrire à son intention, inspirés par son histoire de pensionnaire côtoyant les orphelins de la guerre. Nous sommes en 1959. C'est un succès qui installe le chanteur, pour qui Charles Aznavour écrit quelques chansons.

Son service militaire l'éloigne un temps des studios et freine sa carrière prometteuse. À son retour, les donnes du métier sont bouleversées. La décennie des sixties débute et le phénomène yé-yé prend de l'ampleur. Il écrit pour Sylvie Vartan et Johnny Hallyday respectivement les chansons Tous mes copains et Pour moi la vie va commencer. Il fait également la connaissance de Chantal Goya, jeune vedette du film de Jean-Luc Godard Masculin féminin à qui il dédie Nos doigts se sont croisés, titre avec lequel sa carrière reprend véritablement en remportant, en 1964, la première Rose d'Or d'Antibes. Chantal Goya et Jean-Jacques Debout se marient le 25 février 1966 à Nogent-sur-Marne. Ils ont deux enfants, Jean-Paul, aujourd’hui peintre, et Clarisse, photographe, ainsi que quatre petits-enfants.

En 1970, il compose les chansons pour "la Revue" de Roland Petit au Casino de Paris, avec Zizi Jeanmaire. En 1971, Jean-Jacques monte Double V, un opéra trop en avance sur son temps qui n'obtient qu'un succès d'estime. Pire, il a intégralement reversé ses droits d'auteur pour sauver le Théâtre du Châtelet menacé de disparition. Cette production influencera malgré tout la troupe du Big Bazar. C'est alors qu'il collabore avec Maritie et Gilbert Carpentier pour lesquels il imagine des grands shows autour d'une vedette. Ceux consacrés à Sylvie Vartan connaissent un tel succès qu'ils sont vendus dans plus de cent pays et sortent sous forme d'albums 33 tours après leur passage à la télévision (Je chante pour Swanee, Tout au fond des tiroirs). En 1973, Jean-Jacques signe un nouveau succès personnel avec "Redeviens Virginie". Puis avec Chantal Goya, il invente le music-hall pour enfants. Ainsi naît La Forêt magique, d'où surgit une pléiade de personnages issus de contes traditionnels, de la commedia dell'arte, de l'univers de Walt Disney ou de l'imaginaire de Jean-Jacques Debout qui trousse à son épouse un vaste répertoire de mélodies savamment orchestrées avec des textes poétiques, parfois surréalistes (Un lapin, dans la veine de Georges Brassens). Après l'Olympia, dès 1980, tous les deux ans, un spectacle est offert et prend de plus en plus la forme d'une véritable comédie musicale (Le Soulier qui vole, 1981 - La Planète merveilleuse, 1982 - Le Mystérieux Voyage, 1984) grâce à une intrigue construite, des costumes de l'Opéra de Paris, des ballets soignés en nombre servis dans des décors majestueux. L'ascension fulgurante et constante de leur parcours ne manque pas d'attiser des jalousies. Les critiques qui ne tarissaient pas d'éloges prennent peu à peu un ton acide, pas même constructif. Le couple Goya-Debout est attendu au tournant. Plus ou moins conscient, il continue cependant sur sa lancée à investir toujours plus d'argent dans la production, spectacle après spectacle, pour concrétiser sur scène ses rêves les plus fous jusqu'au Mystérieux Voyage que le duo considère comme sa plus belle création. Une décennie couronnée par un nombre record de spectateurs, dix-huit albums studio, plus de trois cents chansons et trente-neuf millions de disques vendus.

En 1992, Jean-Jacques voit un rêve de vingt ans prendre forme. La comédie musicale Paul et Virginie se joue au Théâtre de Paris. Il s'y octroie le rôle de Bernardin de Saint-Pierre aux côtés de Claire Keim, Emmanuel Curtil ou Veronica Antico. L'année suivante, Chantal Goya effectue son grand come-back qui permet à l'auteur de continuer à écrire les aventures de Marie-Rose. Le 9 mars 1996, Jean-Jacques fête son anniversaire sur la scène du Palais des congrès de Paris pour un concert exceptionnel, renouant ainsi avec une carrière d'interprète mise entre parenthèses. Sa flamme plus ou moins ranimée, Jean-Jacques sort un nouvel album en 1997 : A Long Island.

En 2006 et 2013, il participe à la tournée Âge tendre et Têtes de bois. Jean-Jacques a perdu sa mère, Juliette Bonaventure (ayant été Miss Paris), le 28 mai 2011; à l'aube de ses 104 ans. Un nouvel album Bourlingueur des étoiles sort le 25 février 2013. Aujourd'hui, il peaufine l'écriture de plusieurs comédies musicales dont l'adaptation de Sans famille d'après Hector Malot.


Ornella Muti, née Francesca Romana Rivelli le 9 mars 1955 à Rome.

 

Résultat de recherche d'images pour "Ornella Muti"Actrice italienne, en 1994, elle est élue par les lecteurs du magazine Class « plus belle femme du monde ».

Ornella Muti, fille d'un père napolitain, journaliste, et de Ilse Renata Krause, femme sculpteur estonienne. Ses grands-parents maternels avaient émigré de Saint-Pétersbourg pour s'installer en Estonie. Elle a une sœur plus âgée, Claudia Rivelli, née en 1951. Francesca rêve de devenir danseuse, et débute comme mannequin à 14 ans. Alors qu’elle pose pour des romans-photos et des magazines, elle est remarquée par le réalisateur Damiano Damiani qui la fait débuter avec succès au cinéma l'année suivante, en 1970 avec Seule contre la mafia. Elle enchaîne alors les films en Italie.

Elle acquiert une large notoriété dans sa collaboration avec les réalisateurs italiens Mario Monicelli (Romances et confidences en 1974), Dino Risi (La Chambre de l'évêque en 1977) et Marco Ferreri (La Dernière Femme en 1976, Conte de la folie ordinaire en 1981 et Le Futur est femme en 1984). En France, elle s'est révélée au public aux côtés d'Alain Delon dans Mort d'un pourri de Georges Lautner ( 1977). Elle poursuit une carrière internationale dans les registres tant comiques que tragiques.

En 2008, Ornella Muti lance sa propre ligne de bijoux. Elle ouvre des magasins à Paris, Milan, Riga, Moscou et Alma Ata. En 2015, un tribunal italien la condamne à 6 mois et demi de prison pour avoir manqué un spectacle auquel elle devait participer au motif d'un dîner caritatif avec Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg en 2010, peine qui fut acquittée par un payement de 30 000 euros.

Ornella Muti a été mariée deux fois : la première avec Alessio Orano (1975-1981), la seconde avec Federico Facchinetti (1988-1996). De ce second mariage elle a eu deux enfants : un fils, Andrea, et une fille, Carolina.

Elle avait eu un premier enfant : une fille, Naike Rivelli (elle aussi devenue actrice), née en 1974 d'une brève relation avec le producteur espagnol José Luis Bermudez de Castro. Naike toutefois n'a jamais été reconnue officiellement par son père, portant donc toujours le patronyme de sa mère, "Rivelli".

En 1998, Ornella Muti s'est séparée de Facchinetti pour le chirurgien esthétique Stefano Piccolo ; toutefois, après 10 ans de vie commune - en 2008 - elle a quitté celui-ci pour s'établir avec le Français Fabrice Kerhervé.

Par sa fille Naike Rivelli, Ornella Muti est grand-mère d'un petit garçon né en 1996, et prénommé Akash.


Juliette Binoche : née le 9 mars 1964 à Paris.

 

Résultat de recherche d'images pour "Juliette Binoche"Actrice française de cinéma et de théâtre. Connue et reconnue internationalement, elle est la première actrice à remporter (et la seule avec Julianne Moore) un prix d'interprétation dans les trois plus grands festivals de cinéma — Cannes, Venise et Berlin —, ainsi qu'un César, un Oscar, un BAFTA, et le prix Romy-Schneider.

En 2001, elle est l'actrice française la plus nommée en étant sélectionnée aux Oscars, aux BAFTA, aux SAG Awards et aux Prix du cinéma européen pour Le Chocolat ainsi qu'aux César pour La Veuve de Saint-Pierre et aux Tony Awards pour Trahisons. Fait unique pour une comédienne française d'être nommée pour trois travaux différents la même année. Elle parle couramment le français, l'anglais et comprend l'espagnol.

Fille de Jean-Marie Binoche, mime, metteur en scène et sculpteur, et de Monique Stalens (née en 1939 à Częstochowa), comédienne française, elle est la sœur de la photographe de plateau Marion Stalens. Juliette Binoche s'initie très tôt aux cours d'art dramatique de sa mère, puis de Véra Gregh. À 17 ans, elle entre au conservatoire du VIème arrondissement et devient l'élève de Jean-Louis Bihoreau et Jean-Pierre Martineau. Elle suit des cours aux conservatoires du deuxième et du cinquième arrondissement de Paris. Une fois son baccalauréat décroché, elle entre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Après avoir joué dans quelques pièces de théâtre et travaillé comme caissière dans un grand magasin parisien, tourné quelques publicités télévisées, elle débute au cinéma auprès de metteurs en scène renommés comme Jean-Luc Godard, Jacques Doillon ou André Téchiné.

C'est sur le tournage de Mauvais Sang en 1986, qu'elle rencontre le réalisateur Leos Carax et devient sa compagne. Ils se séparent pendant le tournage des Amants du Pont-Neuf. C'est son interprétation face à Daniel Day-Lewis dans L'Insoutenable Légèreté de l'être (1987) ou dans Fatale (1992) face à Jeremy Irons qui la propulse au niveau international.

Déjà engagée avec Krzysztof Kieslowski pour le tournage de Trois couleurs : Bleu (1993), elle décline la sollicitation de Steven Spielberg pour Jurassic Park, et décroche ainsi le César de la meilleure actrice. Elle avait été nommée déjà quatre fois et trois autres nominations suivront.

Jouant les héroïnes romantiques dans Le Hussard sur le toit (1995) ou Le Patient anglais (1997) pour lequel elle reçoit l'Oscar du meilleur second rôle, elle est également nommée à l'Oscar de la meilleure actrice en 2000 pour sa participation à la comédie romantique Le Chocolat avec Johnny Depp.

Juliette Binoche joue une esthéticienne bavarde coincée dans un aéroport dans Décalage horaire (2002), puis tourne coup sur coup en 2005 le thriller fantasmagorique Caché de Michael Haneke et le drame Mary d'Abel Ferrara, entre autres.

En 2008, Juliette réalise une tournée mondiale de danse contemporaine avec le chorégraphe anglais d'origine bangladeshi Akram Khan pour le spectacle In I, et comme publicité s'offre la couverture de Playboy. Juliette Binoche explique ainsi : « J'ai été convaincue par une jeune équipe qui veut changer Playboy, comme on voudrait changer le monde, en parlant du corps différemment, en lui rendant son âme. »

En 2010, elle remporte le Prix d'interprétation féminine lors du 63e Festival de Cannes pour Copie conforme d'Abbas Kiarostami. Cette distinction la place parmi les actrices les plus récompensées au monde, car outre son Oscar et son César, elle a la spécificité d'être la seule actrice avec Julianne Moore à avoir réussi le « grand chelem », à savoir être primée dans les trois plus grands festivals de cinéma internationaux que sont Cannes, Venise et Berlin. Ainsi, elle est, avec Moore mais également Jack Lemmon et Sean Penn chez les acteurs, l'une des quatre artistes à avoir reçu le prix d'interprétation féminine ou masculine des trois plus grands festivals mondiaux.

25 ans après Isabelle Adjani, elle incarne, en 2013, la sculptrice Camille Claudel dans Camille Claudel 1915 de Bruno Dumont, un film très différent du précédent long métrage. L'année suivante, elle est à l'affiche de Sils Maria d'Olivier Assayas dans lequel elle partage l'affiche avec Kristen Stewart. Elle incarne une actrice qui a connu le succès en incarnant une jeune fille ambitieuse et au charme trouble qui fascine et conduit au suicide une femme mûre, Helena. Vingt ans plus tard on lui propose de reprendre cette pièce, mais cette fois de l'autre côté du miroir, dans le rôle d'Helena. Il s'agit de sa seconde collaboration avec le réalisateur après L'Heure d'été.

Elle a partagé la vie de Leos Carax de 1986 à 1991, rencontré sur le tournage de Mauvais Sang, dont elle se séparera sur un autre tournage, celui des Amants du Pont-Neuf. Elle entretient ensuite une relation avec André Hallé dont naîtra Raphaël le 2 septembre 1993. Elle joue dans Le Hussard sur le toit au côté d'Olivier Martinez avec qui elle sera en couple de 1995 à 1997. En 1999, pendant le tournage des Enfants du siècle, elle rencontre Benoît Magimel qui sera son compagnon jusqu'en 2003. Ils ont ensemble une fille née le 16 décembre 1999, Hannah. Santiago Amigorena fait appel à elle en 2005 pour Quelques jours en septembre et deviendra son compagnon jusqu'en 2009. Le réalisateur est par ailleurs l'ex-mari de Julie Gayet. Elle est aussi la marraine de cinq orphelins au Cambodge.


Décès :

 

Jules Raymond Mazarin (Giulio Raimondo Mazzarino, Mazarino né à Pescina, dans les Abruzzes (aujourd'hui en Italie), le 14 juillet 1602, dédédé à Vincennes le 9 mars 1661, plus connu sous le nom de cardinal Mazarin.

 

Résultat de recherche d'images pour "cardinal Mazarin"Mazarini, nom dont il francisa peu à peu lui-même l’écriture en Mazarin, alors qu'il signe encore Mazarini, à l'italienne, à la fin de sa vie au bas du Traité des Pyrénées. Il fut diplomate et homme politique, d'abord au service de la Papauté, puis des rois de France Louis XIII et Louis XIV. Il succéda à Richelieu en tant que principal ministre de 1643 à 1661.

La jeunesse de Mazarin est relativement peu documentée du fait de son origine sociale modeste. Deux sources existent : un témoignage anonyme non daté d’un soi-disant « ami d’enfance », récit riche en anecdotes vivantes mais aussi en invraisemblances, et les souvenirs publiés par l’abbé Elpidio Benedetti, un proche du cardinal, devenu son secrétaire en août 1635, puis son homme d'affaires à Rome ainsi que son rabatteur d'antiquités. L’essentiel n’est d’ailleurs pas là, mais dans la formidable ascension sociale d’un personnage que rien ne prédestinait aux fonctions qu’il occupa. À la veille de sa mort, et sans grande conviction, il demanda à des généalogistes de lui inventer une ascendance glorieuse. Les hypothèses les plus farfelues furent étudiées mais le cardinal mourut avant l’achèvement des recherches.

Giulio Raimondo Mazzarini, l'aîné, est né dans les Abruzzes, au centre-est de l'Italie. Il passa son enfance à Rome où ses parents demeuraient. Son père, Pietro Mazzarini, avait coutume d'aller de temps en temps chez son beau-frère, l'abbé Buffalini, lequel convia son épouse Hortensia, enceinte, à venir passer les dernières semaines de sa grossesse loin des miasmes de l'été romain. Elle accoucha ainsi de son premier fils qui naquit « coiffé » et doté de deux dents. On pensait alors que de tels signes présageaient d'une haute fortune. Plus tard, le cardinal s'en prévalait souvent.

La famille Mazzarini était d'origine génoise. Le grand-père de Mazarin, Giulio, partit s'installer en Sicile et s'établit en tant que simple citoyen palermitain, non noble. L'oncle Hieronimo et le père du cardinal, Pierre Mazzarini, eux, naquirent en Sicile. La relative réussite de la famille dans l'artisanat ou le commerce, les sources sont imprécises, permit d'envoyer les fils à l'école.

À quatorze ans, Pietro fut envoyé à Rome afin de terminer ses études, muni de lettres de recommandation pour Filippo Colonna, connétable du Royaume de Naples. Mazarin fut d'ailleurs toujours reconnaissant envers la famille Colonna, répétant toujours que sa fortune lui était venue de la faveur de cette maison. Fort de ses recommandations, son père sollicita en effet un emploi. Pietro plut au connétable, mais les fonctions qu'il exerça au départ pour ce dernier sont inconnues. Sans doute lui confia-t-il la gestion de certains de ses domaines. Par sa conduite habile et prudente, Pietro se vit proposer par son maître de réaliser un beau mariage avec Hortensia Buffalini, filleule du connétable, appartenant à une famille noble mais désargentée de Città di Castello en Ombrie. La jeune fille avait une réputation de beauté et de vertu. Le couple eut deux fils et quatre filles.

En avril 1639, naturalisé français, il retourne à Paris et se met à la disposition de Richelieu. En décembre 1640, il fait un heureux début en gagnant à la cause française les princes de Savoie ; un an plus tard, le pape lui accordait le chapeau de cardinal. Lors de la conspiration de Cinq-Mars et du duc de Bouillon, le pape n'obtint la grâce du duc qu'en livrant la Principauté de Sedan ; Mazarin signa la convention et vint occuper Sedan.

Le 16 décembre 1641, Mazarin est élevé à la pourpre cardinalice. Cardinal laïque (il n'a pas été prêtre), Louis XIII lui remet lui-même le bonnet et la barrette à Valence, le 26 février 1642.

Le 5 décembre 1642, lendemain de la mort de Richelieu, Mazarin est nommé Principal Ministre de l'État, comme l'avait recommandé Richelieu qui voyait en lui son digne successeur. Louis XIII le choisit comme parrain du dauphin, futur Louis XIV.

Après la mort de Louis XIII, il crée la surprise en obtenant le soutien de la régente. Longtemps opposée à Richelieu et estimée comme favorable à un rapprochement avec l'Espagne (étant elle-même espagnole), Anne d'Autriche fait volte-face à la surprise de la plupart des observateurs de l'époque. En réalité, le rapprochement entre Mazarin et la régente est antérieur à la mort de Louis XIII et de son principal ministre. Le souci de préservation de la souveraineté de son fils et la conscience des dommages qu'aurait causés pour celle-ci un rapprochement avec Madrid, ont été des arguments de poids dans sa décision de poursuivre la politique du feu roi et du cardinal de Richelieu – et donc d'appuyer Mazarin. Les inestimables compétences de ce dernier en politique extérieure sont un prétexte pour justifier ce soutien. Séducteur jusqu'à l'obséquiosité, Mazarin sait par la suite très vite se rendre indispensable à la régente, se chargeant habilement de compléter son éducation politique et l'incitant à se décharger entièrement sur lui du poids des affaires.

Ainsi, à partir de 1643, à la mort de Louis XIII, alors que Louis XIV n'est encore qu'un enfant, la régente Anne d'Autriche nomme Mazarin Premier Ministre. En mars 1646, il devient également « Surintendant au gouvernement et à la conduite de la personne du roi et de celle de Monsieur le duc d'Anjou ».

À peine au pouvoir, il doit affronter l'hostilité des « Grands » du royaume dans l'affaire dite de la « Cabale des Importants » (1643) où un complot pour l'assassiner fut déjoué.

De 1643 à 1646, il achète des terrains et fait construire un hôtel particulier, le palais Mazarin au 58 rue de Richelieu, en utilisant comme prête-nom l'intendant Jacques Tubeuf pour ne pas être accusé, en ces temps de forte pression fiscale de la part d'un État endetté, de dépenses somptuaires. Grand collectionneur de tableaux (notamment certains du roi Charles Ier), meubles, tapisseries, vases, livres et antiquités, cet esthète en soutane met en valeur ses collections dans les deux galeries hautes et basse de son palais (appelées aujourd'hui « galerie Mansart »et « galerie Mazarine »). À sa mort, son secrétaire Colbert acquiert en 1665 les antiques les plus belles pour Louis XIV. Le reste de la collection est partiellement dispersé et saisi à la Révolution pour le musée du Louvre.

Amoureux des arts, il introduisit l'opéra italien en France, invitant le chorégraphe Giovan Battista Balbi, le machiniste Giacomo Torelli ou le compositeur Francesco Cavalli. Il fut le protecteur de l'Académie royale de peinture et de sculpture fondée en 1648.

Au long de sa carrière de Premier Ministre, Mazarin s’enrichit. À sa mort, il dispose d'un actif d'environ trente-cinq millions de livres (dont 8,7 millions de livres en argent liquide et 4,4 millions en bijoux et objets précieux). Il s'agit de la plus gosse fortune du XVIIe siècle, correspondant à vingt-deux tonnes d'or et qui provient des largesses du roi, de ses nombreuses fonctions au gouvernement mais surtout des revenus et prébendes issus de 21 abbayes qu'il dirige (en premier lieu, l'abbaye Saint-Denis) et lui rapportent annuellement 572 000 livres à la fin de sa vie. Cela lui procura une grande souplesse financière, qui se révéla vite indispensable pour remplir ses objectifs politiques. Progressivement, Mazarin abandonne la gestion de sa fortune personnelle à Nicolas Fouquet et Jean-Baptiste Colbert, issu de la clientèle de Michel Le Tellier et qui venait d'épouser une Charron (cent mille livres de dot). Ils sont les véritables artisans de la démesure de sa fortune après la Fronde.

Bien que les sommes en question, en raison de la virtuosité du concerné et de ses aides (Fouquet et Colbert), dépassent de loin tout ce qui pouvait se voir à cette époque, il est nécessaire de relativiser le caractère exceptionnel de telles pratiques financières. Mazarin, aussi peu populaire chez les nobles dont il sapait l'autorité que dans le peuple dont il prolongeait les souffrances issues de la guerre, souffrit d'une large hypocrisie sur ce point. Postérieurement à la Fronde, période où il put mesurer toute la fragilité de sa position, Mazarin n’eut de cesse de consolider sa position. N'ayant aucun quartier de noblesse, son pouvoir était assujetti au bon vouloir d’une régente disposant elle-même d’un pouvoir contesté. Seule sa dignité de cardinal (d’ailleurs révocable) lui permettait de prétendre aux fonctions qu'il occupait. Sans une situation financière solide, une disgrâce aurait tôt fait de le faire descendre au bas de l’échelle sociale. Ce point explique en partie l’acharnement de Mazarin à s’enrichir de manière exponentielle.

Tourmenté par la goutte, les jambes décharnées, couvertes d'ulcères que les médecins soignent en lui appliquant des cataplasmes de fiente de cheval, Mazarin affronte la vieillesse et la maladie dans l'hôtel de Beauvais, le palais du Louvre, son hôtel particulier et enfin le château de Vincennes. La décoration des appartements prévus pour lui dans le pavillon de la Reine du château n'est pas terminée lorsqu'il y meurt le 9 mars 1661 dans un petit appartement aménagé provisoirement au rez-de-chaussée du pavillon du Roi. Diplomate madré, il laisse une Europe pacifiée après la fin de la guerre franco-espagnole et de la Première guerre du Nord ainsi qu'un royaume de France agrandi par les traités de Westphalie et des Pyrénées. Louis XIV ne protégera pas cet héritage de Mazarin, bien au contraire : soucieux d'affirmer sa grandeur par de vastes conquêtes, le roi trouvera dans les traités de paix, si difficilement obtenus par le Cardinal, les prétextes qui justifieront ses innombrables guerres.

Confronté à de nombreuses rumeurs sur l'acquisition illicite de sa fortune, Mazarin a fait venir un notaire près de son lit le 3 mars et lui a dicté un testament par lequel il reconnaissait que tous ses biens provenant de Louis XIV, il les lui restituait mais le roi, au bout de plusieurs jours de réflexion, a refusé cette donation testamentaire, ne pouvant accepter l'humiliation d'une tel cadeau de l'un de ses sujets. Mazarin a prévu ce refus et enregistré un nouveau testament le 6 mars 1661, par lequel il lègue la plus grande partie de sa fortune à sa nièce Hortense Mancini et son mari le duc de La Meilleraye, neveu de Richelieu, probablement pour rendre un dernier hommage au grand ministre qui avait été « son bienfaiteur ». En outre, Mazarin lègue au souverain des diamants (le Sancy et 18 diamants qui portent dès lors son nom, les Mazarins) et laisse des pensions à des gens de lettres, « ce qui était un excellent moyen de faire célébrer sa mémoire ».

À sa mort, Mazarin souhaite être inhumé, comme son prédécesseur le cardinal de Richelieu l’avait fait à la Sorbonne, dans la chapelle du Collège des Quatre-Nations. Sa dépouille est déposée dans un caveau provisoire de la chapelle du château de Vincennes avant d'être transportée en grande pompe, le 6 septembre 1684, dans les caveaux qui s'étendent sous la chapelle du collège dont la construction n'est pas encore finie. Le tombeau de Mazarin, destiné à trôner sous la coupole du Collège des Quatre-Nations, est sculpté par Antoine Coysevox, aidé par Étienne Le Hongre et Jean-Baptiste Tuby, et n'est achevé qu'en 1693. Dans cette chapelle-mausolée, le sarcophage de marbre noir veiné, soutenu par des consoles, est surmonté d'une statue en marbre blanc représentant le cardinal agenouillé sur un coussin, dans un geste d’offrande de sa personne (la main gauche sur le cœur, la main droite en avant). Mazarin est dans sa chape prélatice largement drapée qui recouvre le sarcophage et enveloppe à demi son chapeau cardinalice à glands tandis qu'un angelot funèbre, à califourchon sur la traîne de la grande cape, tient dressé le faisceau de licteur du blason cardinalice, qui rappelle opportunément le bilan civique de l'action du ministre. Sur les marches en marbre du socle sont assises, accoudées, trois figures féminines de bronze qui sont des allégories de Vertus (la Prudence à gauche, la Paix au centre et la Fidélité à droite).

À la Révolution française en 1793, sa tombe est profanée, les cendres du cardinal sont jetées à la voirie et son mausolée détruit comme de nombreux emblèmes de la monarchie. Alexandre Lenoir, conservateur des monuments, récupère le tombeau, le dépose dans l'ancien couvent des Petits-Augustins où il le fait reconstituer. Par la suite, il rejoint le musée du Louvre jusqu’en 1964, date à laquelle il retrouve la chapelle du Collège des Quatre Nations. Ce mausolée n'est donc plus qu'un simple cénotaphe.


Menahem Volfovitz Begin (en hébreu : מנחם בגין) : né Mieczysław Biegun le 16 août 1913 à Brest-Litovsk, décédé le 9 mars 1992 à Jérusalem.

 

Résultat de recherche d'images pour "Menahem Volfovitz Begin"Homme d'État israélien. Premier ministre d'Israël de juin 1977 à octobre 1983. Begin négocie les accords de paix de Camp David avec le président égyptien Anouar el-Sadate, sous la médiation américaine du président Jimmy Carter. Il est alors convenu du retrait de Tsahal de la péninsule du Sinaï, restituée à l'Égypte. Ces accords, qui concrétisèrent le principe diplomatique d'échange « Territoires contre Paix », valent aux deux négociateurs le prix Nobel de la paix en 1978. Les négociations continuent jusqu'à la signature du traité de paix israélo-égyptien de 1979.

Né à Brest-Litovsk à une époque où la vie des juifs y était très dynamique, Begin reçut une éducation combinant l'étude religieuse traditionnelle de la Torah et des études laïques ; il fréquenta notamment le mouvement de jeunesse juive sioniste de gauche hachomer hatzaïr. Il conserva toute sa vie l'application des principes religieux et resta proche du judaïsme rabbinique orthodoxe. Cela lui valut d'ailleurs le pseudonyme de « rabbi Haim Sussover » des années plus tard lorsqu'il luttait au sein de l'Irgoun contre le pouvoir britannique en Palestine. Le père de Menahem Begin était un leader de sa communauté et un sioniste convaincu, admirateur de Théodore Herzl. Les parents de Begin périrent au cours de la déportation. Begin finit ses études de droit à Varsovie en 1935. Mais le grand tournant de la vie de Begin fut sa rencontre avec Vladimir Jabotinsky, le fondateur du Sionisme révisionniste anti-socialiste et du mouvement de jeunesse Betar. Jabotinsky marqua beaucoup le jeune Begin. Begin intègrera le Betar dès sa création en 1928 puis en prendra la tête en 1939, malgré quelques désaccords avec Jabotinsky. Ce dernier décédera en 1940.

Cela marqua les débuts de l'engagement politique de Begin. En 1939 il s'enfuit à Vilnius ville faisant alors partie de la Pologne jusqu'à l'invasion de ce pays par l'Allemagne. Le 20 septembre 1940, il est arrêté par le NKVD et détenu à la prison de Lukiskes, il est accusé d'être un agent de l'impérialisme britannique, il est alors condamné à 8 ans de goulag puis transféré le 1er juin 1941 au camp de travail de Petchora en Sibérie. Toutes ces expériences seront racontées plus tard dans l'autobiographie qu'il publiera. Libéré après la signature des accords Sikorski-Maïski en août 1941, il s'engage dans l'armée polonaise en Union soviétique, armée placée sous le commandement du général Władysław Anders. Évacué d'URSS avec le gros de cette armée, début 1943, il transite par l'Iran, l'Irak, puis la Palestine où s'organise le 2e Corps polonais. Caporal à la 5e division d'infanterie polonaise, il déserte en septembre 1943 comme 3 000 autres soldats juifs alors que leur unité stationnait en Palestine.

Le Likoud gagna les élections de 1977 mais fut loin des 60 sièges sur 120 nécessaires pour appuyer un gouvernement sur une majorité parlementaire. Afin d'exclure le parti travailliste du futur gouvernement, il dut compter sur les 15 sièges du DASH (Mouvement démocratique pour le changement) fondé un peu plus tôt par des personnalités comme le général Yigal Yadin, le Professeur Amnon Rubenstein, Shmuel Tamir et Meir Amit. Yadin jouera un rôle important lors des négociations israélo-égyptiennes. Les 5 représentants du parti religieux Agoudat Israel se joignirent également à cette majorité de centre-droite. Moshe Dayan, ancien Ministre « travailliste » de la Défense de 1967 à 1973, devint ministre « Likoud » des Affaires étrangères.

Les principales réalisations du mandat de Menahem Begin furent les Accords de Camp David et le Traité de paix israélo-égyptien. Il procéda au retrait israélien du Sinaï, comme demandé partiellement par la controversée Résolution 242 (1967) qui avait formulé la nécessité qu'Israël se retire « de(/des) territoires » après la guerre des Six Jours pour mettre fin au conflit israélo-arabe. (Voir les articles qui y sont consacrés, notamment pour une explication sémantique des termes de la résolution de l'ONU).

Les bases militaires du Sinaï furent réimplantées dans le Néguev, avec des aides financières et des garanties politiques des États-Unis. La démolition de colonies de peuplement israéliennes dans le Sinaï (notamment la ville de Yamit) suscita une opposition interne dans le Likoud qui menaça de scinder le parti.

Begin prit très au sérieux l'anti-sionisme menaçant de Saddam Hussein. Israël discuta avec la France pour ne pas fournir à l'Irak son réacteur nucléaire de Osirak. Puis en 1981, Begin ordonna le bombardement et la destruction du réacteur nucléaire de Tamnuz par l'aviation israélienne. « À aucun prix, Israël ne permettra à un ennemi de développer des armes de destruction massive qu'il pourrait utiliser contre notre peuple » est connu comme la 'doctrine Begin'. Cette opération fut dénoncée par de nombreux gouvernements étrangers dont les États-Unis par le biais d'une lettre de protestation de Ronald Reagan, et la résolution 487 de l'ONU la condamna. La gauche israélienne condamna également l'opération, mais plutôt pour des raisons électorales car l'attaque s'était déroulée à trois semaines de nouvelles élections.

En 1982, Begin autorisa Tsahal à envahir le Liban pour en déloger l'OLP qui pilonnait la Galilée à partir de la frontière nord d'Israël. L'opération israélienne au sud-Liban dura trois ans puis se prolongea dans une moindre mesure avec une présence israélienne jusqu'en 2000.

Begin fut très marqué par les échecs de la campagne du Liban : le revirement puis l'assassinat de Béchir Gemayel, les nombreuses victimes parmi les soldats israéliens, la mauvaise image dans l'opinion d'une guerre non nécessaire à la sécurité d'Israël, le drame du Massacre de Sabra et Shatila... Il fut également très affecté par la mort de sa femme Aliza survenue en Israël alors qu'il était en voyage officiel à Washington.

Déprimé, Begin annonça sa démission le 15 septembre 1983, passa les commandes du gouvernement à Yitzhak Shamir le 10 octobre 1983.

Begin se retira de la vie politique et quitta rarement son appartement au cours de ses dernières années, sauf pour se rendre sur la tombe de son épouse. Il s'éteint à Jérusalem en 1992 et fut enterré sans grande cérémonie au mont des Oliviers.



09/03/2015
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