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Mag à zine international.

Fin de la bataille de Diên Biên Phu

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Cette bataille est avant tout l’affrontement de l’arrogance et le mépris français contre la chafouinerie d’un général et le courage sans borne de soldats du Viêt Minh ; en nombre supérieur il est important de le noter – 45 000 pour le Viêt Minh, auxquels il convient d’ajouter 75 000 porteurs pour assurer la logistique, contre seulement 15 000 soldats français ; la demande de renforts du général Navarre ayant essuyée un refus de la part du Gouvernement français. D’un côté, un général sorti d’une grandes école militaire, de l’autre, un petit freluquet – titulaire d’un diplôme en économie politique et droit, mais « autodidacte militaire » comme il aimait à se définir – qui répondait au patronyme de  Võ Nguyên Giáp ; dont la passion était la lecture des campagnes militaires napoléoniennes, des textes de Clausewitz et des enseignements des condottieri vietnamiens qui s’étaient opposés pendant deux mille ans à toute tentative d’occupation. Il éprouvait une véritable vénération pour Napoléon, en qui il voyait un très grand stratège militaire, et très certainement un modèle. En face de lui, un général français répondant au nom de Henri Eugène Navarre, issu de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion 1916-1917 – aspirant pendant la Première Guerre mondiale. Promu général de brigade à la fin de la Seconde Guerre mondiale ; et envoyé en remplacement du général Salan en 1953, au poste de commandant en chef des forces françaises en Indochine.

 D’un côté un général aguerri aux grandes bataille, de l’autre, un tout petit bonhomme dépassant tout juste les 1, 50 m., l’issue de cette bataille ne faisait aucun doute ; dans l’esprit des Français tout du moins. Comment ce petit homme, qui n’a fait aucune école militaire, allait il pouvoir mettre à mal le génie militaire français ? Mais le génie stratégique ne sort pas nécessairement des grandes écoles, il peut être inné, tout comme le feeling ; comme est dit dans la chanson de Johnny (Le Bon temps de rock and roll) : « Le feeling ne s’apprend pas dans les écoles », et du feeling, il en avait le bougre.

Une question nous vient cependant à l’esprit : cette défaite pour les uns, ou victoire pour les autres, est elle due aux erreurs du premier ou au génie du deuxième ? Probablement un peu des deux. Il est très difficile, aujourd’hui encore, de le définir. Mais ce qui en revanche, ce ne fait aucun doute, c’est que les premiers avaient largement sous-estimé les seconds, une sous estimation qui confinait au mépris ; et ils devaient en payer le prix fort. Ajouter à cela que dans le camp français – à ce moment de la guerre – les généraux présents ne formaient pas vraiment un bloc homogène ; loin…, très loin s’en faut. Il n’est pas farfelu de penser qu’il régnait un climat que l’on pourrait aisément qualifier de délétère, entre le général Navarre, le général Cogny ou de Castries. La principale cause de la défaite, est la conviction profonde que le Viêt Minh serait bien incapable d’acheminer des pièces d’artillerie lourde à travers la jungle jusqu’aux collines surplombant la plaine de Diên Biên Phu, ce fut là, une erreur fatale.

Le 7 mai 1954 à dix sept heures trente, les principales poches de résistance : Anne Marie, Béatrice, Claudine, Dominique, Éliane, Françoise, Gabrielle, Huguette, Isabelle et Junon, chères au colonel de Castries (devenu entre temps général), rendent leurs tabliers. Le bilan est désastreux, les chiffres éloquents : 15 000 soldats français dans la cuvette, 3 000 sont morts au combat ; 10 998 ont été fait prisonniers, seulement 3 290 sont revenus.

 

Emmanuel de La Tour



07/05/2015
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