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Mag à zine international.

Sortir de la caverne de Platon

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Comment comprendre le monde d’aujourd’hui ? Prenons la machine à remonter le temps et fonçons jusqu’au Vème Siècle avant notre ère. Dans le livre VII de la République de Platon on trouve l’Allégorie de la caverne. On ne sait pas vraiment quand Platon parle en son nom ou au nom de son maitre Socrate. Mais il n’est pas interdit de pencher pour la seconde solution car ce dernier à été condamné à boire de la ciguë pour « impiété » – qui était une sorte de « maquillage » pour cacher la véritable accusation à savoir celle de « corrompre la jeunesse » – donc, on peut penser que Socrate déjà avait essayé d’ouvrir les yeux de ses compatriotes. Enfin bref, pour tout le monde, l’allégorie de la caverne c’est Platon.

 

Dans cette allégorie, Platon nous démontre que ce que nous voyons n’est pas la vérité, ou pas toujours. Car en fait, les images que l’on voit sur le mur et qui nous sont imposées par une caste dirigeante, n’est pas forcément, loin s’en faut, la vérité, et encore moins, dans le cadre d’un manichéisme, le « Bien ». Alors le philosophe invite à sortir de la caverne pour voir le jour tel qu’il est, sous un nouveau jour en quelque sorte. Mais le gros problème que rencontre la personne qui invite à sortir de la caverne, c’est l’adversité, le mépris et surtout, il s’expose à l’ultime punition, la peine de mort, comme pour le cas de Socrate cité plus haut. Les gens n’aiment pas cet esprit tordu qui essaye de leur faire croire que tout ce qu’ils ont appris n’est qu’un tissu de mensonge ; cela est très mal vu, et presque systématiquement rejeté. Les biens pensants trouveront alors toujours une raison, un motif, pour ridiculiser l’homme qui a décidé d’œuvrer dans le sens de la vérité ; dans le meilleur des cas. Mais bien souvent, ce sera la peine ultime évoquée plus haut. Certains s’en souviennent peut-être d’une chanson de Guy Béart qui dit : « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté. » Cette affirmation était d’actualité pour Socrate, elle l’est, hélas ! toujours aujourd’hui. Comment expliquer à des gens qu’on les trompe ? Non seulement ils n’aiment pas être trompés, mais de surcroît, ils ont l’impression que vous voulez du mal à celui ou ceux qui les ont trompés et qu’ils adorent comme on peut adorer un Dieu ; donc, pour ces gens, c’est une double aversion qui monte en eux, et vous qui avez en quelque sorte fomenté cette douleur, vous êtes ni plus, ni moins qu’un démon, un renégat, un déchet de la société dont il convient de se débarrasser le plus rapidement possible.

 

Pour toutes ces raisons, les dirigeants et les « grands » de ce monde se sont donnés tous les moyens de vous garder bien enchainés dans la caverne de Platon. Tous les médias, tout du moins les grands, sont entre les mains de cette caste dirigeante. Posez-vous juste une question, comment ces médias feraient pour dire du mal des gens qui les font travailler ? Et lorsqu’il y en a un qui craque et balance ce qu’il sait, c’est « direction la sortie », toujours dans le meilleur des cas. Mais bien souvent – et j’en sais quelque chose – cette sortie est accompagnée par toute une série de mesures administratives contribuant à pourrir la vie de la personne ; on veut le voir par terre, et si possible, pouvoir encore marcher sur son cadavre. Libre à vous de rester dans la caverne, mais vous avez aussi le choix d’en sortir.  

 

Emmanuel de La Tour  

 

 

 

 



21/10/2015
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