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Mag à zine international.

Le 28 janvier inauguration de la tombe du Soldat inconnu

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Dans un discours au cimetière de Rennes du 20 novembre 1916, François Simon, le président de la section locale du Souvenir français (association fondée en 1887 pour entretenir le souvenir des morts de la guerre franco-prussienne de 1870) évoque le premier l'idée « d'ouvrir les portes du Panthéon à l'un des combattants ignorés morts bravement ». « Pourquoi la France n'ouvrirait-elle pas les portes du Panthéon à l'un de nos combattants ignorés, mort bravement pour la patrie, avec, pour inscription sur la pierre, deux mots : « un soldat » ; deux dates : « 1914-1917 » [sic] ? Cette inhumation d'un simple soldat sous ce dôme, où reposent tant de gloires et de génies, serait comme un symbole ; et plus, ce serait un hommage rendu à l'armée française toute entière ». L'idée ne se concrétise véritablement qu'après la fin du conflit, mais elle prend d'abord la forme d'un livre d'or rappelant tous les morts de la guerre : ce livre serait placé au sein du Panthéon. Elle chemine grâce à la presse et le 19 novembre 1918, le député d'Eure-et-Loir Maurice Maunoury fait une proposition de loi dans ce sens. La Chambre des députés adopte finalement le 12 septembre 1919 la proposition d'inhumer « un déshérité de la mort ».

Le gouvernement a lui d'autres projets : profiter du 2e anniversaire de l'Armistice pour célébrer le cinquantenaire de la Troisième République et porter le cœur de Léon Gambetta au Panthéon : il s'agissait de donner un sens de continuité aux deux conflits, celui de 1870 perdu et celui de 1914-18 gagné, pour asseoir la victoire de la France sur l'Allemagne. Les deux projets, celui porté par l'exécutif et celui porté par la Chambre, alimentent un clivage politique d'autant plus perceptible que les tensions sont fortes entre le pouvoir avide de célébrer la victoire de son régime et les anciens combattants blessés ou traumatisés. Ces derniers préfèrent une cérémonie à l'arc de Triomphe dédié aux militaires tombés pour la patrie au Panthéon qui honore plutôt les gloires politiques et civiles. Finalement le 8 novembre 1920, la Chambre transige en proposant comme sépulture l'arc de Triomphe, réservant le Panthéon au seul Gambetta.

C'est André Maginot, ministre des Pensions et lui-même mutilé de guerre, qui préside la cérémonie de choix du soldat à inhumer : elle se déroule dans le lieu mythique de la Grande guerre : la citadelle de Verdun.

 

Auguste Thin, soldat de deuxième classe du 132e régiment d'infanterie, alors âgé de vingt et un ans, avait été chargé de désigner, le 8 novembre 1920, le soldat inconnu qui reposera sous l'arc de Triomphe.

Huit corps de soldats ayant servi sous l'uniforme français mais qui n'avaient pu être identifiés ont été exhumés dans les huit régions où s'étaient déroulés les combats les plus meurtriers : en Flandres, en Artois, dans la Somme, en Île-de-France, au Chemin des Dames, en Champagne, à Verdun et en Lorraine. Initialement, neuf soldats et neuf secteurs avaient été retenus mais dans l’un d’eux, aucun des corps exhumés n’offrait la garantie d’être français.

Le 9 novembre 1920, les huit cercueils de chêne ont été transférés à la citadelle de Verdun, dans une casemate où ils ont été plusieurs fois changés de place pour préserver l'anonymat de la provenance de chacun d'entre eux.

Le 10 novembre, les cercueils ont été placés sur deux colonnes de quatre dans une chapelle ardente dont la garde d'honneur fut confiée à une compagnie du 132e régiment d'infanterie. André Maginot, ministre des Pensions, s'est avancé vers un des jeunes soldats qui assuraient la garde d'honneur, Auguste Thin, engagé volontaire de la classe 1919, fils d'un combattant disparu pendant la guerre, pupille de la Nation.

Il lui tendit un bouquet d'œillets blancs et rouges, et lui exposa le principe de la désignation : le cercueil sur lequel ce jeune soldat allait déposer ce bouquet serait transféré à Paris et inhumé sous l'arc de Triomphe.« Il me vint une pensée simple. J'appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132, c'est également le chiffre 6 que je retiens. Ma décision est prise : ce sera le 6e cercueil que je rencontrerai. »

 

[Auguste Thin]

 

Partant par la droite, Auguste Thin fait un tour, puis longe les quatre cercueils de droite, il tourne ensuite à gauche, passe devant le 5e et s'arrête devant le 6e cercueil sur lequel il dépose son bouquet et se fige au garde-à-vous.

 

[Source Wikipédia]

 

 

 



28/01/2016
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